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Hey les bibittes! Je peux faire le ménage de mon jardin maintenant?

Attendre que les températures printanières restent au-dessus de 10 °C avant de faire un ménage dans vos parterres est une pratique courante pour préserver les insectes bénéfiques. Cette stratégie a pour but de protéger les pollinisateurs, les prédateurs d’insectes nuisibles et les insectes décomposeurs qui peuvent encore être en diapause ou au ralenti. Les feuilles mortes et les tiges séchées intactes représentent un refuge pour les insectes qui contribuent à l’équilibre écologique du jardin. Cependant, il est important de reconnaître que cette approche simple peut parfois nécessiter des nuances, car la réaction des insectes au réchauffement printanier peut varier en fonction de leur espèce et des conditions locales.

Voici quelques exemples d’insectes bénéfiques que l’on trouve dans les jardins nord-américains, ainsi que leur rôle et leur réaction face à l’adoucissement de la température.

Abeilles pollinisatrices

Photo: Thijs van der Weide

Les abeilles pollinisatrices, indigènes ou domestiques, se réveillent au printemps habituellement lorsque la température se situe entre 10 et 15 °C, et elles apprécient particulièrement les journées ensoleillées. Certaines espèces d’abeilles solitaires deviennent actives dès que les températures atteignent environ 5 °C, mais en général, ce sera autour de 8-10 °C. Elles deviennent plus énergiques à mesure que les températures augmentent, intensifiant leur recherche de nectar et de pollen. Les abeilles jouent un rôle crucial dans le jardin car elles pollinisent les plantes à fleurs, favorisant ainsi la production de fruits, de légumes et de graines.

Coccinelles

Photo: Thijs van der Weide


Durant l’hiver, les coccinelles entrent en diapause, un état de dormance qui réduit leur métabolisme pour économiser de l’énergie en période de froid et de pénurie alimentaire. Elles se regroupent souvent en grands nombres dans des endroits abrités comme sous l’écorce des arbres, dans les fissures des rochers, ou à l’intérieur des bâtiments, pour rester au chaud et protégées.

Quoique certaines coccinelles puissent commencer à se réveiller à des températures moins élevées, la plupart ont besoin de températures plus chaudes, autour de 10-12 °C avant d’être plus actives. Elles sont très appréciées en agriculture et en jardinage pour leur rôle de contrôle naturel des nuisibles, en mangeant de grandes quantités de pucerons et de cochenilles ainsi que d’autres petits insectes nuisibles aux plantes.

Chrysopes

Photo: Erik Karits

Comme les coccinelles, les chrysopes, communément connues sous le nom de demoiselles aux yeux d’or, passent l’hiver en entrant en diapause. Elles recherchent également des abris protecteurs comme sous l’écorce des arbres, dans des piles de feuilles ou des fissures de bâtiments pour se protéger du froid et des prédateurs. On les voit communément sur nos plantes d’intérieur.

Elles se joignent à l’agitation printanière lorsque les températures dépassent les 10 °C, devenant plus actives à mesure que le mercure augmente. Leur contribution au jardin est précieuse en tant que prédatrices importantes de pucerons, de cochenilles et d’autres ravageurs. Leurs larves sont particulièrement efficaces dans le contrôle biologique des nuisibles. Leurs larves sont particulièrement voraces et sont souvent utilisées en agriculture et en horticulture pour le contrôle biologique des nuisibles. Elles sont connues pour leur appétit pour un large éventail d’insectes nuisibles et peuvent consommer une grande quantité de pucerons pendant leur développement.

Guêpes parasitoïdes

Photo: Egor Kamelev


Durant l’hiver, les guêpes parasitoïdes entrent aussi en diapause, mais certaines espèces de guêpes parasitoïdes pondent leurs œufs dans des hôtes à la fin de l’été ou à l’automne, et les larves n’émergent qu’au printemps, perpétuant ainsi leur cycle de vie.

Les guêpes parasitoïdes sont en activité dès que les températures dépassent les 10 °C, en cherchant activement des hôtes pour pondre leurs œufs. Leur rôle bénéfique au jardin réside dans leur capacité à parasiter les œufs ou les larves d’autres insectes nuisibles.

Araignées prédatrices

Photo: Pixabay

Les araignées emploient plusieurs stratégies pour survivre au froid. Beaucoup entrent en diapause, mais d’autres espèces produisent un antigel naturel pour éviter de geler. D’autres pondent leurs œufs à l’automne, les œufs passant l’hiver à l’abri dans des cocons, prêts à éclore au printemps. Cette période de faible activité est essentielle, car la nourriture est rare et les araignées dépendent de leurs réserves énergétiques accumulées. Ces adaptations leur permettent de survivre à l’hiver et de reprendre rapidement leurs activités avec l’arrivée du printemps.

Les araignées redeviennent actives quand la météo se réchauffe, souvent autour de 10 à 15 °C, cependant, leur activité et leur efficacité augmentent généralement à mesure que la température continue de monter. Elles nécessitent souvent 15-20 °C, pour être pleinement actives. Les araignées, comme beaucoup d’autres arthropodes, sont à sang-froid, ce qui signifie que leur niveau d’activité est fortement influencé par la température ambiante.

Syrphes

Photo: Alvesgaspar

De nombreux syrphes, qui sont des mouches prédatrices à sang-froid, pondent leurs œufs en fin d’été ou en automne, et les œufs ou les larves passent l’hiver en diapause, prêts à éclore ou à reprendre leur croissance au printemps suivant lorsque les conditions redeviennent favorables.

Les syrphes présentent une activité accrue lorsque les températures dépassent 10 °C, leur activité dépendant fortement de l’exposition solaire et de la chaleur accumulée. Bien qu’elles puissent rester quelque peu actives à des températures relativement basses, elles sont particulièrement efficaces dans des conditions plus chaudes, où elles chassent activement les pucerons. Les larves de syrphes jouent un rôle crucial dans la gestion des populations de pucerons, car elles consomment ces nuisibles voracement, réduisant ainsi la nécessité d’utiliser des pesticides et contribuant à la santé des écosystèmes agricoles et naturels.

Vers de terre

Les vers de terre adaptent leur comportement pour survivre aux températures froides en migrant vers des couches plus profondes du sol où il ne gèle pas, ce qui leur permet d’éviter les dommages du gel. Ils entrent également dans un état de torpeur, réduisant significativement leur métabolisme pour diminuer leur besoin en nourriture et en oxygène. De plus, ils réduisent leur activité, se nourrissent moins et peuvent se regrouper pour conserver la chaleur et maintenir l’humidité nécessaire à leur respiration.

Ils commencent à devenir actifs au printemps lorsque la température du sol se situe généralement entre 5 et 10 °C, et leur activité s’intensifie avec le réchauffement des températures. Ils jouent un rôle crucial dans l’amélioration de la structure du sol en creusant des tunnels qui favorisent l’aération et la circulation de l’eau, tout en contribuant significativement à la décomposition de la matière organique. Cette activité transforme les déchets organiques en humus enrichissant le sol, libérant des nutriments essentiels qui soutiennent la croissance des plantes.

Papillons pollinisateurs

Photo: Pixabay

Les papillons utilisent diverses stratégies pour survivre à l’hiver, selon leur espèce. Certains, comme le Monarque, migrent vers des climats plus chauds, tandis que d’autres entrent en diapause. Ceux qui ne migrent pas ni n’entrent en diapause cherchent des abris protecteurs comme des fissures dans des rochers ou des troncs d’arbres pour se protéger des éléments et des prédateurs, réduisant leur activité jusqu’au retour du printemps.

Ils sont particulièrement efficaces pendant les journées ensoleillées, étant actifs lorsque les températures dépassent 10 °C, cependant, la température idéale pour que la plupart des papillons puissent voler et se nourrir efficacement est souvent un peu plus élevée, généralement autour de 20 °C. Ils sont importants pour la pollinisation des plantes à fleurs, favorisant ainsi la production de fruits, de légumes et de fruits et leurs larves nourrissent les oiseaux.

Papillons de nuit

Photo: Egor Kamelev


En hiver, les papillons de nuit entrent souvent en diapause pour réduire leur métabolisme, recherchent des abris pour se protéger du froid et des prédateurs, et certains peuvent produire des substances antigel, permettant ainsi à leurs œufs ou larves de survivre jusqu’au printemps pour continuer leur cycle de vie.

Enfin, les papillons de nuit, actifs lorsque les températures se réchauffent au-dessus de 10 °C, sont souvent plus actifs la nuit ou à l’aube. Cependant, de nombreuses espèces nécessitent des températures plus élevées, souvent autour de 15-20 °C, pour une activité significative. Leur rôle bénéfique réside dans leur contribution à la pollinisation des plantes à fleurs nocturnes, ainsi que dans leur rôle de source de nourriture importante pour divers animaux nocturnes, incluant les oiseaux nocturnes comme les chouettes et les chauves-souris.

Pourquoi 10 °C?

La température de 10 °C est un déclencheur physiologique pour de nombreux insectes, stimulant leur métabolisme, leur mobilité et leur activité reproductive. Les processus biochimiques internes des insectes s’intensifient à cette température, fournissant l’énergie nécessaire à leurs activités quotidiennes telles que la recherche de nourriture et de partenaires reproducteurs. Certains insectes sortiront tranquillement de leur torpeur avant ce seuil, mais seront moins actifs. De plus, le réchauffement à 10 °C déclenche souvent le développement larvaire. En outre cette température signale aussi le réveil de leurs proies, tels les pucerons. 

Photo: wal_ 172619

Il est important de noter que certains insectes peuvent aussi être influencés par d’autres facteurs, comme la disponibilité de la lumière du jour ou les conditions météorologiques spécifiques à leur habitat.

Quand est-ce qu’il va faire assez chaud?

En Amérique du Nord, le maintien de températures nocturnes supérieures à 10 °C au printemps varie en fonction de la latitude, de l’altitude et du climat local. Les nuits plus douces permettent d’atteindre ce seuil dans le sud des États-Unis et dans certaines parties de la côte ouest dès le début du printemps, parfois en mars. Plus au nord des États-Unis et dans certaines régions du Canada, cela survient plus tard, généralement fin avril ou mai, mais cela peut se prolonger jusqu’en juin, particulièrement dans les zones montagneuses.

Les insectes ne se réveillent pas tout d’un coup, ils s’activent progressivement à mesure que la température augmente. Cela commence quelques degrés au-dessus de zéro et s’intensifie avec le réchauffement, avec un pic d’activité lorsque les températures se situent entre 20 et 30 °C. 

10 n’est donc qu’un chiffre! Il est peu précis, mais c’est tout de même une bonne moyenne et il est facile de se le rappeler! Quoi qu’il en soit, faites preuve de patience envers les insectes bénéfiques. Attendez avant de faire un ménage printanier et faites-en le minimum. Les insectes vous le rendront au centuple.


commentaire sur "Hey les bibittes! Je peux faire le ménage de mon jardin maintenant?"

  1. Micheline Daigle dit :

    Bonjour Mathieu, J’ai vraiment un problème avec quelques bibites qui mangent les feuilles des jeunes pousses de rhubarbe, ayoye, pourtant les feuilles sont supposées être poisson. S.V.P. dites-moi quoi faire. Merci de votre grande générosité. Au plaisir de vous lire. Micheline Daigle

    • Mathieu Hodgson dit :

      Pour lutter contre les insectes ravageurs qui endommagent les feuilles de vos jeunes pousses de rhubarbe, je vous recommande d’inspecter soigneusement les feuilles pour les identifier. En général, les plantes odorantes aident à éloigner on confondre les ravageurs et avoir une diversité de plantes dans votre jardin peut encourager la présence d’insectes bénéfiques. Selon le type de ravageur, une protection physique comme des filets anti-insectes peut aider. Si le problème persiste, l’utilisation de savon insecticide en dernier recours.

  2. Lafleur dit :

    Grand merci, info très utile et facile à retenir.

  3. Louise Dyotte dit :

    Très enrichissant. Un sujet qui me serait utile, la division des plants et arbustes au printemps. J’ai un immense cornouiller que j’aimerais diviser en 2, à partager si je peux conserver les racines.

  4. Céline Gagnon dit :

    Bonjour, j ai eu des problèmes l été dernier toutes mes tomates ont pourries, les plants ont été atteints du mildiou,il y a eu trop de pluie en saison, est ce que je dois faire quelque chose dans ma terre pour éviter que ça recommence . Merci à vous

    • Mathieu Hodgson dit :

      Le problème du mildiou sur les plants de tomates, causé par une humidité excessive, peut être prévenu en prenant certaines mesures dans votre jardin. Voici quelques actions que vous pouvez envisager pour limiter le risque de mildiou l’été prochain :

      Rotation des cultures : Évitez de planter des tomates au même endroit chaque année. La rotation des cultures peut aider à réduire la propagation des maladies spécifiques à un type de plante.

      Sol bien drainé : Assurez-vous que votre sol est bien drainé pour empêcher l’accumulation d’eau stagnante autour des racines. Cela peut aider à réduire les conditions favorables à la croissance du mildiou.

      Aération : Favorisez une bonne circulation de l’air autour des plants de tomates en espaçant les plants et en évitant la surdensité végétale, ce qui peut contribuer à réduire l’humidité et la propagation du mildiou.

      Paillis : Appliquez un paillis autour des plants de tomates pour protéger le sol de l’humidité excessive, réduire les éclaboussures pendant les averses et maintenir une certaine régularité dans l’humidité du sol.

      Arrosage : Arrosez les plants de tomates à la base plutôt que par aspersion sur les feuilles. Privilégiez un arrosage le matin pour permettre aux feuilles de sécher rapidement pendant la journée.

      En combinant ces pratiques culturelles, vous pouvez aider à réduire les conditions propices à la croissance du mildiou dans votre jardin. Chaque jardin et situation spécifique sont uniques, donc il est également important d’adapter ces recommandations à vos propres conditions et de consulter des ressources locales pour des conseils plus spécifiques à votre région.

  5. Viviane Haeberlé dit :

    Wow! Quel timing! Si j’étais parano, je croirais que Mathieu a placé un micro dans mon cellulaire… je discutais justement hier avec mes amies jardinières du bon moment pour couper les tiges mortes de mes plates-bandes, lesquelles, avouons-le, ont l’air du diable en ce début de printemps. Cet article (combiné a la tmepérature glaciale de ce matin et à la neige annoncée pour les prochains jours) va m’aider à patienter avant de faire le ménage. Merci beaucoup!

    • Manon fournier dit :

      Tellement la même chose chez moi ! Quand le beau temps arrivera on aura plus besoin de faire le ménage … les feuilles vont être sorties

  6. Nicole Lanthier dit :

    J’aimerais avoir le nom des petits arbustes pour les oiseaux
    Gros merci d’avance.
    Nicole Lanthier

  7. Alice Martin-Obled dit :

    Pour protéger mon potager (bac de 4×8) surélevé j’ai mis un paillis de feuilles mortes déchiquetées qui ne s’est pas décomposé. Je me demandais quand enlever ce paillis pour laisser la terre se réchauffer. Lorsque mes semis d’épinard et de radis seront fait est-ce que je peux remettre ce paillis ou dois-je le mettre au compost et en mettre un nouveau.

    • Mathieu Hodgson dit :

      Il est normal que votre paillis de feuilles ne e soit pas décomposé car les microorganismes qui font le travail ne sont pas actif par temps froid. Plus il fera chaud, plus la décomposition s’accélérera. Pour vos semis, vous n’avez qu’à mettre le paillis de côté et le remettre lorsque les plantes auront poussé un peu.

  8. Jacinthe dit :

    Merci Mathieu pour cet article! Depuis quelques années, je « nettoie » très peu mes platebandes ayant appris les besoins des insectes. De plus, ce qui reste sur le sol le nourrit. Donc maintenant, j’interviens très peu et le plus tard possible… avec de très beaux résultats… et moins d’efforts! Apprendre m’a aidé à changer mon regard… J’en suis arrivée à considérer ce qui était « sale, non entretenu et négligé » comme une valeur ajoutée, donc une richesse! Bon Jour de la terre à tous et toutes!

  9. Gale West dit :

    Quand je lis ces consignes pour les ‘insectes benefiques’, je me demande toujours dans quels endroits les insectes nuisibles passent l’hiver. L’impression que je retiens c’est qu’il n’y a aucun insecte nuisible qui hiverne dans nos jardins; il n’y a que les benefiques?

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