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La bataille du printemps

Pendant des années, mon père et son épouse se sont disputés à propos du ménage printanier de leur jardin.

Pour mon père, nettoyer un jardin au printemps était à faire en cas de nécessité absolue seulement: ramasser les déchets (du plastique ou des jouets pour enfants déposés par le vent durant l’hiver), récolter les feuilles qui se sont amassées sur les sentiers pour les mettre dans les plates-bandes, et parfois couper les tiges florales des vivaces ayant réussi à tenir debout malgré la neige. Et encore, souvent, submergé de travail au printemps, il négligeait même de tailler les tiges de plantes mortes qui finissaient par disparaître sous le nouveau feuillage de l’année. Toute cette matière organique recouvre le sol tel un paillis, le protégeant de l’érosion, des mauvaises herbes, des caprices de la météo, tout en se décomposant pour nourrir la vie qui s’y trouve et par le fait même, les plantes.

Pour sa conjointe, cet amas de feuilles mouillées et de tiges cassées, tombées les unes sur les autres était un fouillis total, jurant avec la beauté des bulbes et des vivaces à floraison printanière.

Maintenant que je m’occupe de leur jardin, je me sens obligé de perpétuer la traditionnelle bataille du printemps, mais j’ai une autre solution qui pourrait convenir aux jardiniers méticuleux et aux paresseux et peut-être même sauver des couples!

Ménage du printemps pour paresseux et méticuleux

Vous vous rappelez quand je vous ai dit de garder vos feuilles d’automne et même de voler celles de vos voisins? Le printemps est un bon moment pour s’en servir. Idéalement, vous les aurez déchiquetées à l’automne avant de les entreposer, mais ce n’est pas obligatoire, elles se seront probablement émiettées quelque peu d’elles-mêmes pendant l’hiver.

Commencez par coucher au sol les tiges des vivaces, comme les graminées. Vous pouvez aussi les couper et les laisser tomber au sol. Ensuite, recouvrez vos plates-bandes d’une couche de ces feuilles déchiquetées, assez pour cacher ce qui ne saurait être vu. C’est aussi simple que ça!

Les feuilles déchiquetées, quelque peu décomposées, auront pris une belle couleur foncée semblable à celle de la terre ou du compost et votre jardin aura l’air aussi propre, sinon plus, qu’un jardin au sol nu dont toutes traces de déchets organiques auraient été éliminées.

Vos plates-bandes seront paillées pour l’année! Le «fouillis» se décomposera, sans qu’on le voie et nourrira la vie du sol. Il sera un abri pour les insectes et animaux bénéfiques qui garderont votre jardin en santé.

Le meilleur des deux mondes, non?

Pas si vite!

Si vous tenez à faire un ménage printanier de votre jardin ou n’avez pas de feuilles pour recouvrir vos plates-bandes, je vous suggère tout de même d’attendre un peu.

Pour commencer, pendant quelques semaines après la fin de la fonte des neiges, le sol est susceptible à la compaction, car l’humidité excessive le ramollit et le rend plus vulnérable à la compression. Attendez plutôt que la terre soit sèche avant d’y circuler. Ceci inclut les surfaces gazonnées.

Pour protéger les insectes bénéfiques, il est préférable d’attendre que les températures se réchauffent davantage, généralement vers la fin du printemps ou le début de l’été, avant de commencer à nettoyer votre jardin. On dit souvent d’attendre que les températures restent au-dessus de 10 °C la nuit. Cela permet aux insectes utiles, qui hivernent sous les feuilles ou dans les tiges mortes, de sortir de leur torpeur. Ces insectes simplifieront vos tâches horticoles en mangeant des quantités phénoménales d’insectes nuisibles et en pollinisant vos fleurs et cultures.

Si vous attendez qu’il fasse assez chaud pour les insectes, probablement que le problème du ménage se résoudra de lui-même, car le feuillage aura déjà commencé à pousser…

Les vacances de mai

Une autre solution serait de partir en vacances au printemps. Partez lorsque la neige fond et revenez lorsque les feuilles commencent à pousser et cachent ces détritus organiques. Vous vous éviterez d’avoir à faire le ménage et/ou d’endurer la vue des feuilles en décomposition.

Photo: Jack Redgate

Ou, essayez au moins une fois de ne pas toucher à vos plates-bandes cette année et voyez ce qui se passe. C’est peut-être le temps d’en finir avec cette bataille printanière?


commentaire sur "La bataille du printemps"

  1. Danielle dit :

    Je n’ai plus de gazon sur mon terrain que j’ai transformé en potager à l’arrière de la maison et en plate bande à l’avant. Par contre j’ai 2 gros pins blancs devant la maison qui laissent tomber leurs aiguilles dans la plate-bande. J’ai toujours ramassé ces aiguilles au printemps pour éviter l’accumulation et il semblerait que la décomposition des aiguilles n’apportent rien au sol?? Est-ce que je pourrais tout laisser sur place sans nuire à la plate-bande ?
    Merci de l’information

    • Mimi dit :

      Bonjour Danielle,

      On a déjà habité dans le sud des USA.

      Savez-vous ce qui est utilisé le plus couramment comme paillis ? Eh oui, des aiguilles de pin. Elles sont vendues en pépinière. On les voit autant dans les plate-bandes de ‘grandes’ demeures que devant les commerces et tout et tout.

      Depuis, je vais chercher les sacs d’aiguilles de pin à l’automne, chez les voisins qui les ramassent. Je m’en sert comme paillis dans mes plate-bandes et bonus, ça sent super bon.

    • Mathieu Hodgson dit :

      Il n’est pas vrai que les aiguilles de pin n’apportent rien au sol, mais ce qui est vrai, c’est qu’elles se décomposent lentement et donc n’apportent pas de nutriments rapidement. C’est donc un bon paillis pour des plates-bandes ornementales.

    • Denise Godin dit :

      J’ai aussi le problème des aiguilles de pin qui tombent sur mon jardin. Faut-il les ramasser ou non. Merci

      • Mathieu Hodgson dit :

        Vous pouvez les laisser, ils se décomposeront et nourriront le sol.

  2. Sophie Gingras dit :

    Merci de ce texte, je devrais le faire lire à mon conjoint qui fait le nettoyage de plates-bandes en ce moment, quand je voulais laisser les feuilles se décomposer d’elles-mêmes… heureusement il est travaillant! 🙂

  3. Paquin dit :

    Merci beaucoup Mathieu.
    J’ai un immense jardin de vivaces et graminées, j’essayerai ton conseil cette année , après mon retour de vacances en Italie.
    Ça devrait aider la maniaque de propreté de jardin du printemps, que je suis …

  4. Lucie dit :

    Notre vision d’êtres humains est bizarre, selon moi, on considère tout ce que la nature nous offre comme quelque chose à détruire sous prétexte de malpropreté, alors que la nature chercher l’équilibre. Je suis toujours étonnée de voir à quelle vitesse se composte les feuilles poussées par le vent dans mes plates-bandes. Nous avons beaucoup à apprendre de la nature.

  5. richard hamel dit :

    Le problème se sont les feuilles de chêne. Tellement coriaces.

    • Mathieu Hodgson dit :

      Elles sont coriaces ou, mais mettent beaucoup de temps à se décomposer, et donc protège le sol plus longtemps! Dans certaines circonstances ça peut être un avantage.

  6. Anonyme dit :

    bon dimanche. Je suis une disciple assumée de votre père. Aujourd’hui encore je ratisse quelques feuilles que je remets sur mes plates-bandes. Mes voisins de me dire qu’ils viendront m’aider “à faire le ménage”. Je tente tant bien que mal de les rassurer sur ma santé, mes capacités. Bref vous trouvez que ça a l’air pas propre moi je trouve que c’est rendre a la terre ce que j’ai récolté l’an passé.

  7. Guylaine dit :

    il y a les longues aiguilles du pin que j’utilise en paillis décoratif

  8. Obled dit :

    J’ai recouvert mon bac “potager” de 4×8 de feuilles déchiquetées qui ne se sont pas décomposées. J’avais idée de les enlever, faire mes semis et les remettre comme paillis, est-ce une bonne idée ?

    • Mathieu Hodgson dit :

      C’est exactement ce qu’il faut faire. Il est normal que les feuilles ne se soient pas décomposées pendant l’hiver car les microbes ne sont pas actifs lorsqu’il fait froid. Vous n’avez qu’à tasser les feuilles pour faire transplanter vos semis ou faire un semis direct et remettre les feuilles lorsque les semences ont germé et pousser un peu.

  9. Denise dit :

    Moi je manque de feuilles mortes, c’est pourquoi je mets comme paillis la phragmite, elle ne se ressème pas, car je ne récupère pas ses racines. Cette année je vais cueillir les phragmites plus jeunes non en fleurs, elles seront plus tendres et je pourrai les passer plus facilement à la tondeuse pour en faire du paillis. On les retrouve partout le long des routes, dans les fossés, appliqué comme paillis sans leurs racines elles ne sont pas envahissantes. J’ai lu cet excellent truc dans le dernier livre de M. Serge Fortier.

    • Mathieu Hodgson dit :

      Assurez-vous que la plante est morte avant de la placer dans un tas de paillis ou de compost. Séchez-la au soleil ou mettez-la dans un sac en plastique noir résistant. S’il y a des fleurs et/ou des graines sur la plante, ne les utilisez pas.

  10. suzanne breton dit :

    Bonjour Mathieu! Sur les sites de prévention des tiques, on dit de ramasser les amas de feuilles pcq des tiques pourraient s’y cacher.. Est-ce que de mettre des feuilles au jardin pourrait causer le problème d’y introduire des tiques? J’espère que non, mais j’ai un doute …

  11. Yeshua dit :

    Les feuilles déchiquetées, quelque peu décomposées, auront pris une belle couleur foncée semblable à celle de la terre ou du compost et votre jardin aura l’air aussi propre, sinon plus, qu’un jardin au sol nu dont toutes traces de déchets organiques auraient été éliminées.

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