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L’hibiscus : la reine des plantes d’intérieur?

L’hibiscus (Hibiscus rosa-sinensis) est-elle devenue la reine des plantes d’intérieur, détrônant ainsi la violette africaine qui joue ce rôle depuis presque 40 ans? À juger par les lettres et les courriels que je reçois, on dirait que oui: c’est de loin la plante qui suscite le plus d’interrogations. Côté ventes, cependant, on se rend compte que c’est la violette africaine qui est toujours au sommet du palmarès et que l’hibiscus traîne loin derrière. La différence est que les gens trouvent la violette plus facile: elle donne satisfaction à la majorité des gens. L’hibiscus est nettement plus difficile à cultiver… d’où les nombreuses questions.

Photo: Jess Loiterton

Pas pour les débutants

En tout premier lieu, je suggère de commencer avec autre chose comme première plante d’intérieur et de préférence une plante verte: philodendron, aglaonéma, sansevière, spathiphyllum, etc. Faites-vous la main avec ces plantes avant d’aller vers les plantes à fleurs, comme la violette africaine ou le phalaenopsis (probablement la plus facile des orchidées sous nos conditions). Et quand les plantes à fleurs «ordinaires» n’auront plus de secrets pour vous, essayez une plante qui est un vrai défi, comme l’hibiscus.

Pourquoi l’hibiscus est-il si difficile à réussir? Parce qu’il demande 2 choses qui ne sont pas très courantes dans nos intérieurs: une intensité lumineuse maximale et une forte humidité.

Éclairage et humidité

«Ben voyons donc!», dites-vous. Mon intérieur est parfaitement éclairé! Vraiment? N’oubliez pas que l’hibiscus tolère sans problème le plein soleil des tropiques: douze heures par jour de soleil si intense qu’il fait fondre le caoutchouc. Notre soleil ne dure même pas neuf heures par jour à l’équinoxe d’hiver et il arrive de façon si oblique qu’il a perdu presque toute sa puissance.

Photo: Hiu Hoàng

Côté humidité, l’air de la maison moyenne au Québec est plus sec que celui du Sahara! Vous pouvez donc imaginer le désarroi d’une plante habituée à 70% d’humidité relative quand l’air n’atteint qu’à 10 ou 15%! Si vos lunettes ne s’embuent pas quand vous entrez dans la maison, si vos fenêtres ne sont jamais le moindrement embouées, même à -15 °C, c’est qu’il n’y fait pas assez humide pour un hibiscus.

Donc, l’hibiscus a beaucoup de difficulté avec nos hivers. Par contre, il est très heureux avec nos étés, notamment si on le met à l’extérieur l’été où le soleil est vraiment intense. Et l’humidité estivale est excellente. Le truc est donc de réussir à faire passer l’hiver à nos hibiscus, car ils reprendront très bien l’été… s’ils survivent jusque-là.

Soleil et humidificateur

D’abord, l’hibiscus devrait être devant la fenêtre la plus grande et la plus éclairée dont vous disposez, et ce, d’octobre à avril. Vous pouvez rajouter de l’éclairage supplémentaire pour compenser l’éclairage naturel faible. Une lampe fluorescente ouverte 14 à 16 heures par jour, combinée avec le soleil naturel, peut parvenir à créer une situation «presque normale».

Maintenant, augmentez l’humidité. La façon la plus logique, c’est au moyen d’un humidificateur réglé à «maximum». Où encore, cultivez beaucoup de plantes d’intérieur, car chacune dégage de l’humidité. On peut même enfermer son hibiscus dans un sac de plastique transparent pour l’hiver: cela assure une excellente humidité.

Autres exigences de l’hibiscus

À part son besoin de plein soleil et d’une forte humidité, l’hibiscus n’est pas si exigeant. Presque tout terreau légèrement acide (et les terreaux commerciaux sont légèrement acides) conviendra. Par contre, à force d’arroser les hibiscus avec l’eau du robinet, qui est alcaline, le terreau devient de moins en moins acide avec le temps. Ainsi, il est sage de rempoter l’hibiscus annuellement dans un terreau frais.

L’arrosage est un jeu d’enfants: on arrose, abondamment, dès que le terreau est sec. S’il n’est pas sec (touchez-le!), n’arrosez pas! La même plante peut demander des arrosages aux 4 à 5 jours en plein été ou quand l’air est très sec et seulement aux 2 semaines si la lumière est faible et l’air humide.

Photo: Huynh Phong

Côté température, c’est très facile: l’hibiscus aime les mêmes températures que nous! Entre 18 et 29 °C le jour, un peu plus frais la nuit.

Aussi, l’hibiscus n’entre pas en dormance. Il faut le fertiliser à l’année, même l’hiver. Tout engrais «complet» (avec une part d’oligo-éléments) convient. Évitez toutefois les engrais riches en phosphore (le chiffre du milieu), car trop de phosphore nuit à la floraison des hibiscus. Fertilisez à plein dosage d’avril à septembre, à moitié de la dose l’hiver.

L’hibiscus fleurit sur la croissance de l’année. Ainsi, moins vous la taillez, plus il devrait fleurir. Il reste que la plante devient grosse et dégarnie à la base si on ne la taille jamais. Le compromis est de rabattre les branches les plus longues d’un tiers, mais de ne pas tailler les branches les plus courtes. Répétez chaque printemps, entre la fin de février et le mois d’août. Ainsi vous aurez toujours quelques branches «matures» qui fleuriront et de nouvelles branches, stimulées par la taille, qui les remplaceront à leur tour.

Et les bibittes?

L’hibiscus est presque toujours infesté d’araignées rouges quand l’air est sec. Ces bestioles, à peine visibles à l’œil, créent de petits picots jaunes sur les feuilles qui peuvent alors tomber. Aussi, quand elles sont très nombreuses, elles créent des «fils d’araignée» entre les branches. Les aleurodes (mouches blanches) et les pucerons peuvent aussi être problématiques. Heureusement que le traitement de tous ces ravageurs est simple. D’abord, augmentez l’humidité de l’air (les insectes s’attaquent surtout aux plantes stressées et l’air sec est la première cause de stress chez l’hibiscus). Et «douchez» votre plante une fois par semaine, tant qu’il y a des symptômes d’infestation. En effet, de forts jets d’eau sont bien plus efficaces que le plus puissant des insecticides dans le contrôle des insectes.

Les petites poussières qui bougent sur nos plantes d’intérieur sont les araignées rouges.

Les transitions

Un dernier truc: l’hibiscus a de la difficulté avec les transitions et ses feuilles jaunissent quand ça va trop vite à son goût. Ainsi au début de l’été, il faut l’acclimater peu à peu aux conditions extérieures, lui offrant seulement de l’ombre et 2 ou 3 heures d’exposition aux conditions extérieures la première journée, un peu plus le lendemain, etc. Au bout de 2 semaines, votre plante sera prête à affronter le plein soleil et à rester à l’extérieur 24 heures par jour.

Mais aussi à la rentrée, il faut l’acclimater. D’abord, commencez tôt, dès la fin d’août, avant que les nuits à l’extérieur ne rafraîchissent. Aussi, passer directement du soleil et de l’humidité de l’extérieur à la lumière plus faible et l’air sec de la maison est difficile pour l’hibiscus. Rentrez-le 2 ou 3 heures la première journée, 3 ou 4 le lendemain, etc. Ou encore, utilisez le truc du sac de plastique: enfermez la plante dans un sac de plastique transparent, où elle conservera son humidité, et percez-y un trou à tous les jours avec un crayon. Quand le sac est en miettes, enlevez-le: votre plante sera bien acclimatée à l’air plus sec. Aussi, augmenter l’humidité aide à compenser une luminosité faible.

Et voilà! Un résumé rapide de la culture de l’hibiscus. Ce n’est pas la plus facile des plantes d’intérieur, mais sa culture est possible… si on sait quoi faire!

Photo: Vishal Govada

Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 24 février 2007.


commentaire sur "L’hibiscus : la reine des plantes d’intérieur?"

  1. Benoit dit :

    Bonjour. Si vous me permettez, Je suis en désaccord sur un point. L’hibiscus entre en dormance. Mes hibiscus les plus beaux ainsi que les plus facile a garder étaient mis en dormance dans le caveau a patates l’hiver est l’été dehors. Arrosages très réduits et pertes de feuilles, dodo pour 5 mois.
    A bientôt.

  2. Sylvie Turner dit :

    Bonjour, j’ai un hibiscus sur tige tressée, que j’ai eu sur mon balcon cet été et que j’ai rentré graduellement en début d’automne. Il allait assez bien jusqu’au moi de janvier ou il a perdu beaucoup de feuilles et où les mouches blanches se sont mis de la partie. Je l’ai traité plusieurs fois au savon noir mais sans grand résultats et les feuilles ont continué à tomber. Bref, on m’a conseillé de le tailler drastiquement, ce que j’ai fait. Je ne sais pas s’il va survivre mais je voudrais savoir quoi faire maintenant, après cette taille. Arroser? Combien? Fertiliser? Avec quoi? Le rempoter? J’ai une photo de l’hibiscus en question mais comment vous l’envoyer?

  3. Claude Desautels dit :

    Il est beaucoup plus difficile de garder et souligner les articles de votre site. Lorsque Larry vivait, j’imprimait et obtenais un PDF utilisable.

    Pourriez-vous m’indiquer pourquoi ces changements qui sont désagréable pour l’utilisateur que je suis?

    • Raphaëlle Petitjean dit :

      Vous pouvez faire un clic droit avec votre souris, n’importe où sur la page de l’article, pour afficher le menu contextuel. Cliquez sur “imprimer”, puis choisissez l’imprimante PDF. Ça devrait fonctionner.

    • Mathieu Hodgson dit :

      Je ne crois pas que l’impression relève du site web, mais plutôt du fureteur que vous utilisez.

  4. Pierre Boissonneault dit :

    C’est toujours possible
    Clic droit – imprimer, puis choisissez votre format

  5. Monique dit :

    Est-ce qu’il faut arrosé l’hibiscus avant de mettre un sac de plastique dessus ?
    Ont laisse tu la plante a la claireté pareil.
    Merci

    • Mathieu Hodgson dit :

      Le mieux est d’arroser le jour avant de mettre en sac, question que le terreau puisse séché un peu. Ne laissez pas une plante en sac au soleil direct car cela cause un effet de serre qui peut affaiblir et même tuer votre plante.

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