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Repiquer à l’intérieur ou pas?

Quelques semaines après avoir semé vos graines de fruits et légumes à l’intérieur, elles ont germé et grandi. Maintenant, elles ont 4 à 6 feuilles et on vous dit qu’il faut absolument repiquer ces plantules. C’est une étape essentielle de la production de semis à l’intérieur, nous dit-on parfois!

Pourtant, je ne transplante que rarement mes semis. Comment est-ce possible? Je vous l’explique, mais avant, quelques précisions.

Le repiquage

On utilise le mot repiquage de différentes façons, mais à la base, il s’agit de prendre une plante et la mettre dans un autre contenant ou emplacement. On peut aussi le remplacer par les termes «transplantation» ou «replantation».

Souvent, cependant, on utilise «repiquage» pour désigner la transplantation de jeunes plantules qui ont été semées en vrac dans un plateau à germination et puis transférées dans des pots individuels, ou pour parler du fait de rempoter un semis dans un plus gros pot.

Pourquoi repiquer?

Bien évidemment, en prenant de l’ampleur, vos plants ont besoin de plus de place pour le développement de leurs racines. Un contenant plus grand contient plus de terreau et donc plus d’eau et de nutriments, ce dont ont besoin les semis grandissants. C’est aussi une question de partage de ressources. En transférant des plants dans des contenants plus volumineux, on les espace et ils reçoivent plus de lumière et une meilleure aération, ce qui diminuera l’incidence de maladies fongiques.

Photo: pundapanda

Mais pourquoi ne peut-on pas planter nos semences directement dans des pots plus gros? On accuse cette technique de toutes sortes de problèmes tout en prêtant des vertus au repiquage. Entre autres, on entend parfois dire que le choc de transplantation renforcit le système racinaire des plants et stimule la croissance. On dit aussi qu’un pot trop gros pour une plante ne s’asséchera pas assez vite et mènera à la pourriture des racines.

La vérité

Le repiquage endommage les racines de vos semis et ce stress retarde leur croissance. Si on remarque que le développement des racines augmente après la transplantation, ce n’est pas de la stimulation. Soit la plante a perdu des racines dans le processus et doit en produire d’autres, soit elle n’avait pas assez de place dans son pot d’origine et elle peut maintenant se permettre de s’étendre.

Les racines des semis dans de grands pots ont un meilleur accès aux ressources et sont moins entravées par le mur du contenant. Puisque la croissance des feuilles et celle des racines sont interdépendantes, un petit pot limite cette croissance. Dans certains cas, comme celui des tomates, les grands contenants pourraient augmenter le rendement de certaines cultures.

L’idée selon laquelle le terreau reste trop humide et fait pourrir les racines des plantes est un mythe. Les plantes en pot peuvent être complètement imbibées d’eau sans dommage, à condition de laisser le pot s’égoutter ensuite. Ce qui est nocif pour les plantes, c’est un arrosage excessif quotidien.

Une petite plante dans un grand pot doit être arrosée moins souvent. Les terreaux commerciaux, qui sont extrêmement poreux, ne présentent pas ce problème. En fait, il y a plus de chances de perdre des semis à cause d’un manque d’eau qu’à cause d’un excès, car de petits contenants peuvent s’assécher très rapidement dans certaines conditions.

Pourquoi repiquer, alors?

Il y a toutefois plusieurs avantages à commencer dans de petits contenants et à augmenter leur taille selon la croissance de la plante, mais cela est plus intéressant quand on produit des semis en grande quantité.

Pour commencer, en semant plusieurs graines dans un plateau à germination, on peut choisir les plantules les plus saines. On évite aussi de se retrouver avec des pots vides.

Aussi, on réduit l’espace et les ressources utilisées. Partir des semis dans des plateaux multicellules réduit considérablement l’espace nécessaire versus des semis dans des pots de 10 cm. Dans le cas de production en serre, en réduisant l’espace, on peut réduire aussi le chauffage et l’éclairage artificiel, donc utiliser moins d’électricité ou de gaz.

On peut aussi diminuer les quantités d’engrais utilisées. Tout cela engendre des réductions importantes de coûts et a été bien étudié par l’industrie horticole.

La méthode du jardinier paresseux

Faut-il vraiment repiquer les semis à l’intérieur? Pour ma part, mon potager consiste en une vingtaine de contenants, de toutes sortes, sur une terrasse au centre-ville. Ce n’est donc pas une grande production! J’utilise la même lumière à semis que ce soit pour une plante ou pour 40. Je n’ai donc pas besoin d’optimiser mon espace et l’utilisation des ressources.

Semez trois graines au centre du pot.

Pour cette raison, je plante presque toutes mes semences directement dans des pots. J’utilise des petits pots de 5 cm pour les végétaux de petite taille qu’on cultive à l’intérieur pendant une courte période (moins de 4 semaines), comme les laitues.. Pour les végétaux qu’on garde plus longtemps en dedans comme les tomates et les poivrons, j’utilise des pots de 10 cm et ils y resteront jusqu’à ce que je les transplante à l’extérieur. C’est la technique que m’a enseignée mon père.

Pour empêcher d’avoir des pots vides, je plante 2 à 3 graines par pot et si plusieurs germent, je choisis la plus belle plantule. J’ai besoin, bien évidemment, de plus de semences, mais avec la quantité qu’on retrouve dans chaque sachet, je n’arriverais pas à les utiliser au complet de toute façon!

Si vos semis deviennent trop grands pour leur pot d’origine et qu’il reste du temps avant la transplantation au jardin, il est quand même recommandé de les repiquer dans des pots plus grands. Garder un jeune plant dans un pot trop étroit peut nuire à son développement une fois transplanté en plein air.

C’est pour cette raison que je commence rarement des semis plus de 6 semaines avant de les transplanter à l’extérieur. Ça m’évite de devoir les repiquer. Ceux qui sèment plus tôt à l’intérieur et repiquent auront leurs récoltes plus tôt aussi, je sais. Mais des études ont démontré que ça n’augmente pas la quantité des récoltes.

Une solution hybride?

Je ne dirais pas qu’une façon de faire est meilleure qu’une autre; elles sont seulement plus ou moins adaptées à certaines situations. Vous pourriez aussi opter pour une solution hybride en repiquant de jeunes plantules produites dans un plateau de germination directement dans des pots de 10 cm. Le meilleur des deux mondes? Je ne sais pas n’ayant jamais essayé. Y en a-t-il parmi vous qui utilisent cette méthode?


commentaire sur "Repiquer à l’intérieur ou pas?"

  1. Rachel.lamontagne dit :

    Le repiquage me permet d’installer mes plants un peu plus profondément. Je crois que cela les solidifie. Peut-être ai-je tort. Qu’en pensez vous?

    • Mario StNic dit :

      Je crois que c’est vrai avec les tomates parce que sa tige est capable de produire de nombreuses racines. Ce qui n’est pas courant.

      • Brigitte L. dit :

        Vous me donnez une idée. Je vais partir mes plants de tomates dans des pots de 10 cm mais je vais les remplir qu’à la moitié. Ceci me permettra d’ajouter de la terre autour de la tige au besoin.

    • Raphaëlle Petitjean dit :

      Pour les tomates, je sème dans des pots de yaourt rempli au quart seulement. Au fur et à mesure que mes plants poussent, j’ajoute de la terre. C’est moins de travail qu’un repiquage.

      • Romain dit :

        Vous pouvez utiliser des “sac de lait” individuel provenant des sac de 4 litres. En roulant les rebords puis en les déroulant et ajoutant du terreau au fur et à mesure que le semis pousse ?

  2. Pierrette dit :

    Je vais essayer votre méthode cette année. Ce sera vraiment plus simple. Merci cher fils de paresseux!

  3. SOLANGE LEPAGE dit :

    Comment les producteurs arrivent-ils à produire des annuelles avec des tiges fortes et un feuillage abondant, comme on les achète au centre jardin en cellule de 4 cm?

    • Anne dit :

      La lumière !
      Les serres ont des systèmes d’éclairage puissants et x16 heures. Lors ciel nuageux, on peut voir la lumière sous les nuages!
      Les serres sont chauffées.
      C’est l’été dans la serre.
      Après, l’application d’engrais comme en été.

    • Grobèr dit :

      Bonjour Mathieu. Je pense que la méthode doit être adapté à chaque légume. Je sème mes tomates en multi-cellules entre 1er et 15 avril et je les repique en pots de 4 pouces quand les dicotylédons jaunissent, signe de la fin de la réserve emmagasinée dans la semence. Je sème tard car nos printemps sont maintenant frais jusqu’à mi-juin et les garder à l’intérieur fait que les plants dépassent souvent la hauteur disponible sous mes fluorescents. Quand ça arrive malgré tout, comme je fais beaucoup d’indéterminées, je les coupe à mi-tige et les tomates refont une tige principale. Ça fait toutefois sortir les tiges latérales (gourmands) dont je dois ensuite réduire le nombre.
      Pour avoir des plants trapus, toutes plantes confondues, les serriculteurs donne le plus de lumière possible le jour et descendent les températures la nuit de 2 à 4 degrés. Mais le truc plus facile à appliquer à la maison, c’est de brancher un ventilateur devant les plants : entre-nœuds plus courts et meilleure adaptation au vent lors de la transplantation à l’extérieur. C’est très bon pour les tomates.
      J’ai noté que les piments-poivrons semblent bien aimer quant à eux à être semés dans des pots plus grands ou ils restent jusqu’ à la sortie au jardin. Bon été.

  4. Anne dit :

    Hello
    C’est ce que je compte refaire cette année : semer dense dans pots 4po et transplanter ensuite dans pot de 4po ou dans un bac de fleurs que je divise pour replanter dehors ensuite.
    Oui ça marche. Faut être minutieux ! Attendre que le terreau soit un peu asséché pour éviter de briser les racines. Plus de travail selon moi. Mais, j’ai moins besoin d’espace pour les semis & moins d’espace occupé par les bacs (ayant une serre 4′ x 4′ x 6′ – 1.20m x 1.20m x 1.80 m -que j’installe au sous-sol avec système d’éclairage + minuterie).
    Cette année, je vais tenter d’attendre les 6 feuilles pour mes plants de tomates au lieu des 4.
    Pour moi, c’est du plaisir.
    Le temps ne compte plus lorsque je joue dans “le vert”.

  5. Viviane Bouchard dit :

    Vous n’avez pas parlé du type de terreau utilisé. Terreau à semis ou à plantation? J’ai réalisé que si vous semez directement des graines de tomates dans des pots de 10cm, le terreau à semis s’épuise rapidement. Il faut y ajouter de l’engrais. Ce que je n’aime pas. Je préfère partir mes semis dans de petits pots individuels de yoghourt remplis de terreau à semis et une fois la plantule bien feuillue, je la transplante avec son terreau dans un pot de 10cm rempli de terreau d’empotage. Succès assuré.

  6. Mario StNic dit :

    Pour ma part, je crois que l’approche utilisée dépend beaucoup de l’espèce. Par exemple, je sème mes concombres dans un gros pot décomposable qui sera lui-même enterré directement. Pour les tomates, je sème plusieurs variétés. Pour m’assurer d’avoir au minimum un plant de chaque beau et fort, je débute avec de petits contenants, pour transplanter ma sélection dans de plus plus gros ensuite. Idem pour les poivrons. Anecdote: j’ai déjà transplanté avec succès des haricots (je voulais avoir qql plants pour remplacer ceux qui n’avaient sortis de terre avec succès) !

  7. Véronique dit :

    Pour ma part, je pars mes semis dans des pastilles de tourbe et ensuite je les mets en pots. Je fais mes semis plutôt comme ça mes plants sont plus forts lorsque je les transplante au jardin, surtout que maintenant avec le climat houleux, je donne des chances de plus.

    Merci beaucoup pour vos conseils bien précieux.

  8. Clémence Carrier dit :

    Bonjour Mathieu, moi je fais un test de germination avec mes semences et je mets individuellement en pots celles qui ont le mieux germé et dans un autre pot celles qui semblent plus faibles ou qui n’ont pas germé, que je trie par la suite. Je fais ça depuis quelques années pour les piments, les poivrons et les tomates surtout et j’ai moins de pots vides.
    Merci Mathieu de poursuivre la passion de ton père à ta manière!

  9. Danielle dit :

    Depuis vingt ans je procède de la façon que vous proposez en dernier, cad plants partis en caissette (6 semaines avant la mise au jardin) et repiqués lorsqu’ils ont leurs deux premières vraies feuilles. Et ça fonctionne très bien. Pour les tomates, je plante au jardin entre le 15 et 20 juin et récolte en septembre.

  10. Renée dit :

    Merci Mathieu pour tes précieux conseils (je me permets de vous tutoyer par rapport à notre importante différence d’âge, il ne s’agit pas d’un manque de respect bien au contraire).
    Il est certain que si j’avais eu toutes tes informations dès que j’ai commencé mes légumes, (il y a fort longtemps) j’aurais appliqué tes méthodes qui sont pleines de savoir et de bon sens. J’ai quand même eu la chance d’avoir une grand-mère avec une grande expérience qui m’a beaucoup appris et aidée mais selon les légumes que je semais certains ont toujours été replantés !
    Ce blog est particulièrement intéressant et d’une grande importance pour les débutants comme les expérimentés parce qu’il y a souvent une information ou un simple “détail” qui nous échappe.
    Pour cette raison je ne cesserai jamais de suivre et défendre ton site du Jardinier Paresseux auprès d’amis.ies et connaissances.
    Bonne journée à tous

  11. Merci de m’envoyer la manière de semer les petits pois en lignes. Est l’époque Dans le 69250
    Cordialement .
    Gérard papy de 88 ans.

  12. Renée dit :

    Mes excuses pour l’orthographe : spontanée

  13. Brigitte L. dit :

    Super Mathieu, vous venez de me faire sauver une étape. Un vrai conseil à une paraisseuse. À partir de maintenant je vais partir mes plants de tomates, de piments et aubergines directement dans des pot de 10 cm.
    Merci beaucoup !

  14. Andrea F. Charlevoix dit :

    Bonjour,
    Merci pour vos infolettres elles sont très instructive!
    J’ai commencé des semis, majoritairement de fleurs, l’an passé à l’intérieur et au repiquage, j’en ai perdu énormément.
    Cette année, j’ai une belle serre extérieur 26X14 pieds! 🙂
    Alors, étant dans Charlevoix, j’aime beaucoup l’idée de faire mes semis que 6 semaines avant de les mettre en terre et votre position sur le repiquage me parle beaucoup.
    Par contre je me demande si cette technique s’applique également pour les semis de fleurs?!
    Au plaisir de vous lire!

    • Mathieu Hodgson dit :

      Absolument, c’est la même technique pour tout les semis qu’on commence à l’intérieur, sauf exception (il y en a toujours!). Il faut seulement vérifier sur le sache combien de temps avant de transplanter on doit planter les semences.

  15. Romain dit :

    Bonjour, savez-vous si les shock de transplantation sont plus difficile à surmonter pour la plante si je débute mes semis dans une terre non organique ( Pro-mix premium tout usage 112L. Orange) et les transplante dans un terreau organique (Pro-mix organique pour fine-herbes legumes, rouge)?

    Aussi, es-ce que le fait de mélanger du terreau non-organique avec de la terre organique va nuire à la vie du sol? Et si oui, combien de temps cela prend-il au terreau de synthèse pour devenir organique?

    Merci pour vos réponses, se sont des questions quasi existentielles qui me hante chaque printemps.

    • Mathieu Hodgson dit :

      À ma connaissance, la différence entre un terreau certifié biologique ou non est qu’un contient une petite quantité d’engrais de synthèse et l’autre un engrais organique. S’il y a une différence dans les taux de choc de transplantation, elle sera négligeable. À l’intérieur de quelques mois, l’engrais de synthèse sera utilisé par les plantes ou délavé, mais n’aura pas d’influence importante sur le vie du sol car il n’est a pas assez. Les engrais de synthèse sont néfaste pour la vie du sol lorsqu’utilisés en grande quantité.

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