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Greffage en tête: rarement un choix judicieux

Vous les avez tous vus: des arbres miniatures avec un tronc droit et une boule de feuillage au sommet ou de longues branches qui descendent jusqu’au sol. Les arbres et arbustes greffés en tête sont créés en greffant un type d’arbre (en fait, généralement un arbuste plutôt qu’un véritable arbre) sur le sommet de la tige verticale d’une plante apparentée, ce qui donne l’impression d’un petit arbre.

Caragana arborescens ‘Pendula’. Photo: Wilrooij.

Variétés

Les variétés pleureuses comme le caragana pleureur (Caragana arborescens ‘Pendula’) ou le mélèze pleureur (Larix decidua ‘Pendula’) sont les plus courantes, mais vous verrez aussi ce que j’appelle des sucettes vertes: des arbustes arrondis greffés sur une tige, comme le lilas nain de Corée (Syringa meyeri ‘Palibin’) ou les rosiers en arbre (Rosa cv). Ces plantes peuvent sembler être une très bonne idée, car elles ne grandissent jamais en hauteur et donnent un effet d’arbre miniature qui s’intègre bien dans de nombreux paysages… mais malheureusement, elles vivent rarement très longtemps.

Greffe en tête sur cerisier. Photo: Kobako.

Point faible

Chez les plantes, un greffon reste un point faible pendant toute la durée de vie de la plante. Lorsque le greffon se trouve à la base de la plante, comme dans le cas des pommiers nains, il est relativement bien protégé des éléments et survit généralement pendant des décennies. En revanche, dans le cas des arbres greffés en haut, le greffon, comme son nom l’indique, se trouve au sommet de la tige. Il est donc toujours exposé aux éléments: soleil, froid, vent, neige abondante, tempêtes de glace, etc. Parfois, la partie greffée devient tout simplement trop lourde et se détache directement de l’arbre.

Par conséquent, il est probable que moins de 3 arbres greffés sur 5 soient encore en vie 5 ans après leur plantation. Au bout de 10 ans, il n’y en a pas 1 sur 5. Même lorsqu’ils survivent quelques années, la moitié de la greffe meurt souvent, ce qui crée un effet déséquilibré, toute la croissance se produisant d’un côté. Il y a toujours des exceptions, bien sûr: un arbre greffé par le haut qui vit une vie normale et survit aussi longtemps que n’importe quel autre spécimen de son espèce, mais il s’agit de l’exception à la règle.

Larix decidua ‘Pendula’. Photo: Weeping varieties

Ces mini-arbres sont chers, éphémères et sujets au drageonnement, aux fissures dues au gel, aux infestations d’insectes, à la pourriture pernicieuse et à bien d’autres choses encore. Le jardinier avisé les évitera et plantera quelque chose de moins cher et de plus durable.

Ce texte a été publié pour la première fois sur laidbackgardener.blog le 1er septembre 2014. Il a été révisé et la mise en page a été actualisée.

Étiquettes + arbustes sur tige


commentaire sur "Greffage en tête: rarement un choix judicieux"

  1. celadon7 dit :

    Des greffes j’en ai pratiqué en école d’horticulture années 60 à 64 si je me souviens des noms , la pratique a bien disparue pour
    cela je fait des stages 3ième âge me remémorant ce que j’ai appris étant jeune, Mon greffoir pradines m’a toujours suivi .Les professeurs des jeunes étudiants horticoles n’ont pas la patience des anciens une greffe faîte par apprenant après explications verbales .J’ai aimé faire des écussonnages, la récompense des profs d’antan pour l’élève studieux , pratiqué sur fruitiers divers .

    • Catherine dit :

      Bonjour,
      En Normandie, climat différent c’est sûr, on greffe traditionnellement les pommiers en tête. Pommiers haute tige, qui vivent au moins 80 ans. Variétés locales, adaptées au sol.
      On greffe par exemple des pommiers endommagés par des tempêtes. On conserve les branches saines, parfois aucune. On greffe tout en haut du tronc, un ou deux greffons.
      J’avais chez moi des pommiers ainsi greffés, en pleine vigueur, de 15/20 ans .

  2. Diane dit :

    Merci de « recycler » cet article très intéressant et instructif de ton père, Mathieu!
    J’apprécie aussi lire les commentaires des autres jardiniers amateurs ou pas si amateurs que ça, comme « celadon 7». 😉 Je ne connaissais pas la technique d’écussonnage. Je viens de m’informer un peu sur internet. Bien que ça me semble un peu compliqué, je n’ai aucun doute que ça doit être très efficace comme technique de greffage. Merci du partage!

  3. Anne dit :

    Merci pour ces informations précieuses
    Elles expliquent pourquoi mon caraganier a dépérit malgré mes bons soins et pourquoi certains arbustes sur tige ne performent tout simplement pas.
    Autrefois on disait “sous notre climat difficilement ” et aujourd’hui il faut ajouter “avec les changements climatiques ” car l’hiver n’est plus l’hiver, le printemps tarde et gel à chaque début de juin…
    Tout ceci n’aide pas ces “greffés”!
    Celadon 7, j’aimerais bien discuter de votre expertise et expérience ! Merci pour vos mots qui me sont nouveaux.
    Mathieu, comme quoi peut importe l’âge, l’expertise que l’on a acquise (ou croit XD), on peut toujours apprendre encore et encore! Plaisirs de l’horticulture pour nous!

  4. Marie-Thérèse dit :

    Bonjour,
    J’ai un petit lilas (3 pieds de haut à peu près) greffé en tête, (probablement Syringa meyeri)qui a survécu à nos hivers québécois et qui a plus de trente ans maintenant. Nous l’avons protégé les premières années et quand il a fendu, nous l’avons enté avec une vis (énorme). Il a survécu. Il fleurit tous les ans et je n’ose pas m’en débarrasser car sa floraison, tardive, est si belle. Ce petit lilas doit être l’exception à la règle…

    • Mathieu Hodgson dit :

      Si tous les arbres greffés en tête mouraient, on en vendrait peu, mais les risques sont tout de ême plus élevés qu’avec des végétaux non-greffés. En tant que paysagistes j’ai remplacé de nombreux de ces arbustes. Habituellement, si on en plantait quelques-uns, il y en avait au moins un à remplacer, et ce dès l’année suivante. S’il ne vous pose pas de soucis, gardez-le!

  5. Bonjour J’ai un caravanage sur tige depuis plus de 30ans ,oui il drageonne que je coupe chaque année ,il a des fissures mais il vit toujours il a hébergé des oisillons
    Je suis d’accord avec le message de Larry ,plusieurs ne passent pas le temps
    Mais quand on est horticulteur on aime essayer

  6. Chantale Emond dit :

    J’ai un orme “pleureur” greffé sur un merisier depuis plus de 20 ans, et qui se porte à merveille. Chaque été je dois le tailler 2-3 fois tellement ses branches poussent rapidement; alors pour conserver son aspect parasol je n’ai pas le choix. C’est un bon compromis à l’arbre majestueux et différent des autres qu’est l’orme, mais qui malheureusement il ne survit plus très longtemps dû à une maladie fongique, la Graphiose de l’orme.

  7. Catherine dit :

    Bonjour,
    En Normandie, climat différent c’est sûr, on greffe traditionnellement les pommiers en tête. Pommiers haute tige, qui vivent au moins 80 ans. Variétés locales, adaptées au sol.
    On greffe par exemple des pommiers endommagés par des tempêtes. On conserve les branches saines, parfois aucune. On greffe tout en haut du tronc, un ou deux greffons.
    J’avais chez moi des pommiers ainsi greffés, en pleine vigueur, de 15/20 ans .

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