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Les traitements préventifs perturbent l’équilibre naturel

Le traitement préventif aux pesticides est l’application de pesticides avant l’apparition d’un parasite afin d’empêcher son apparition dans votre jardin. Il s’agit d’une composante du concept plus large de lutte préventive contre les ravageurs, qui comprend également l’utilisation de variétés de plantes résistantes aux organismes nuisibles et de pratiques culturales qui améliorent la santé des plantes afin de les aider à résister à diverses infections.

août 19.highlands.ifas.ufl.edu
Image: httphighlands.ifas.ufl.edu

L’équilibre de la nature

Outre le fait qu’ils demandent du temps, de l’énergie et donc de l’argent, les traitements pesticides préventifs perturbent l’équilibre de la nature dans le jardin. À quelques exceptions près, les traitements préventifs ne sont pas spécifiques, mais plutôt généralisés : la plupart des insecticides tuent indistinctement tous les insectes et la plupart des fongicides détruisent tous les champignons. Et ce n’est pas une bonne nouvelle, car la plupart des insectes et des champignons sont soit inoffensifs, soit bénéfiques.

En éliminant les bons et les mauvais acteurs de l’environnement local, on crée un vide… qui est généralement rapidement comblé par quelque chose d’indésirable. En effet, la plupart des parasites des plantes se propagent plus rapidement que les champignons et les insectes bénéfiques. Ainsi, en essayant de prévenir un problème, hypothétique de surcroît, vous en créez souvent un autre, généralement plus grave.

Prévention des ravageurs pour le jardinier paresseux

La solution du jardinier paresseux? N’essayez pas de vous prémunir des ravageurs à l’aide de pulvérisations et de poudres. Prévenez-les plutôt en cultivant des plantes connues pour leur résistance aux prédateurs et en les plantant dans des conditions appropriées (les plantes stressées par des conditions inappropriées sont plus sujettes aux problèmes de maladies et d’insectes).

En cas de problème, reculez de 15 pas. Si vous ne voyez pas le problème, il n’est probablement pas assez grave pour justifier une intervention de votre part. S’il semble vraiment grave, c’est le moment de sortir l’artillerie lourde : essayez un traitement approprié, mais ne l’appliquez qu’aux plantes affectées. Enfin, si le problème revient l’année suivante, envisagez sérieusement de planter autre chose : la vie est trop courte pour passer son temps à appliquer des pesticides !

Ce texte a été publié pour la première fois sur laidbackgardener.blog le 19 août 2014.

Étiquettes + traitements préventifs


commentaire sur "Les traitements préventifs perturbent l’équilibre naturel"

  1. Henri Jacques MOLLERON dit :

    Pas d’accord en ce qui concerne les rosiers par exemple (pucerons, oïdium, taches noires) : je n’en connais pas beaucoup qui sont résistants à tout ça ! Il faut donc plutôt échanger sur les “bons” traitements.
    L’inconvénient des traitements “doux” (huile et savon noir, purin de prêle et d’ortie, voire bouillie bordelaise) est qu’ils sont peu efficaces en curatif et qu’il faut les répéter souvent : si on veut être respectueux des équilibres naturel et des insectes auxiliaires, il faut donc se résoudre à ce type de traitement préventif …et choisir entre de beaux rosiers parfumés et la paresse qui nous tient pourtant tant à cœur. Quel dilemme !

    • Mathieu Hodgson dit :

      Mon père, Larry, n’était pas un grand amateur de rosiers (je crois que c’était parce que son père à lui en était obsédé!). Il avait toutefois 2 beaux rosiers dans son jardin qui fleurissent jusqu’aux neiges. Je m’occupe maintenant de son jardin et je n’ai jamais eu à les traiter. Cependant, s’ils étaient malades, je m’en débarrasserais et j’aurais l’occasion d’essayer quelque chose de nouveau!

      • jocelyne Stevani dit :

        complètement alignée! encore merci pour ce blog génial et respectueux de la nature.

  2. Je ne traite pas mes quelques rosiers et je n’y découvre pas de problèmes spécifiques qui nécessiteraient un traitement, et ils prolifèrent sans histoires.

  3. Marie dit :

    À la maison où j’ai grandi il y avait un bosquet de rosiers dont on ne s’est jamais occupé et ils ont toujours été en santé.
    Quelques décennies plus tard, on a hérité de plusieurs rosiers sur le terrain d’une maison où on a habité.
    Mon temps de jardinage est allé à créer des plate-bandes et, comme le faisait ma mère, je les ai laissé pousser sans m’en occuper et ils sont restés en santé.
    C’était possiblement des rosiers ‘paresseux’? Probablement des rosiers rustique?. Bref, je confirme qu’il en existe au moins certains qui ne sont pas compliqués.

  4. louloub dit :

    Quel rosier qui fleuri jusqu aux neiges?

  5. Normand dit :

    Bonjour à tous,
    Dans mon jeune temps, je traitais mes rosiers dès l’apparition du moindre ” ennemis” et je voulais bien faire. Je voulais des belles fleurs J’ai utilisé des pesticides de contact et aussi des systémiques. D’années en années, j’avais de plus en plus de traitements à faire annuellement. Un jour, je me suis demandé si j’étais sur la bonne voie… Après réflexions, j’ai décidé d’arrêter afin de voir ce qui se passerait. Effectivement je me suis débarrassé de quelques rosiers qui n’ont pu résister à la tache noire. Pour les insectes, les coccinelles sont réapparues pour faire la job avec les pucerons et pour les chenilles j’ai utilisé la bonne vielle méthode du pouce et de l’index(je les écrase). Cela fait plus de 40 ans que je n’utilise plus aucun pesticides dans mon jardins.

  6. Graff Laurent dit :

    Bonjour Monsieur Hodgson

    Merci pour votre blog intéressant et inspirant.
    Le titre de l’article « Les traitements préventifs perturbent l’équilibre naturel» prête à confusion, car vous mentionnez les traitements préventifs avec des produits phytosanitaires chimiques de synthèse, qui évidemment sont tout à fait inappropriés pour toutes les raisons que vous énoncez.

    Mais en règle générale, un vieux dicton nous les rappelle: Prévenir vaut mieux que guérir.

    Dans cette optique toutes les mesures de protection préventives (lutte intégrée) qui consistent à choisir des variétés résistantes, à pratiquer une bonne rotation des cultures, à associer les cultures (plantes compagnes), à nourrir le sol plutôt que les plantes par l’apport de matière organique, à fortifier les plantes par l’apport de biostimulants (mycorhizes, extraits d’algues, poudre de roche,…) et de stimulants des défenses naturelles (poudre d’ortie, extraits végétaux,…) permettent aux plantes de se développer dans un milieu sain, propice à stimuler leurs propres capacités de défenses contre les divers bioagresseurs.

    Les traitements curatifs devraient se faire avec des produits de biocontrôle (micro & macroorganismes, extraits végétaux, minéraux ou animaux, médiateurs chimiques tels que les phéromones), qui rendent les pesticides chimiques de synthèse superflus (dans les jardins amateurs en tout cas).

    • Mathieu Hodgson dit :

      Vous avez tout à fait raison! J’ai traduit le texte de l’anglais et il y a une distinction au niveau de la langue entre traitements de pesticide préventifs et les mesures de protection préventive. Merci de nous le rappeler.

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