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9 résolutions pour un jardinier paresseux

Beaucoup de gens prennent des résolutions pour débuter le Nouvel An, et pourquoi pas les jardiniers aussi? Voici 9 résolutions qui feront de vous non seulement un meilleur jardinier, mais aussi une personne plus respectueuse de l’environnement, car, à mon avis, un bon jardinier doit travailler avec Dame Nature plutôt que contre elle.

Photo : cottonbro studio

1. Je n’appliquerai plus de pesticides nuisibles à l’environnement.

Pourquoi les utiliser, quand il existe de nos jours tant de solutions de rechange? Nombre de produits biologiques contrôlent les insectes, les maladies et les mauvaises herbes. Mais il faut apprendre aussi à accepter la présence de quelques dommages aux végétaux et de rarissimes mauvaises herbes. Une belle résolution! Ensuite, n’utilisez les produits biologiques qu’en cas de problème très sérieux, car même ces derniers perturbent l’environnement. Le savon insecticide, par exemple, bien que considéré biologique, ne fait pas la distinction entre les bons insectes et les mauvais. Si on laisse Dame Nature s’occuper des petits cas, elle intervient presque toujours pour éliminer les ennemis. Par exemple, quand il y a un début d’infestation de pucerons, il apparaît assez rapidement des prédateurs comme la chrysope ou la coccinelle et le problème disparaît de lui-même.

2. J’apprendrai à utiliser des paillis plutôt que de sarcler.

Photo: Maria Sbytova

Sarcler est nuisible à l’environnement: cela détruit la texture du sol, élimine la flore microbienne bénéfique aux plantes, brise le système racinaire des plantes désirables… et demande beaucoup de temps. Chaque fois qu’on sarcle, on fait remonter en surface des graines de mauvaises herbes qui se mettent alors à germer… et dès qu’il pleut, le sol devient croûté de nouveau. Quel cercle vicieux! Sous un paillis de 7 à 10 cm, par contre, aucune mauvaise herbe ne peut germer… et le sol, protégé désormais de la pluie, reste meuble, ne formant jamais cette croûte qui empêche l’air de circuler jusqu’aux racines. De plus, le paillis, en se décomposant, nourrit le sol en matière organique et en minéraux. Reste à rajouter du paillis frais quand l’ancien commence à s’amincir.

3. Je respecterai davantage les limites de mon climat.

Une bonne partie des efforts investis dans le jardinage vient du fait que les jardiniers semblent oublier qu’ils vivent dans une région froide et plantent des végétaux de régions plus chaudes. Pour protéger ces plantes frileuses du froid, il faut faire des pieds et des mains à l’automne: buttage, cages, géotextile, etc. Pire, les plantes souffrent malgré tout. Or, rien de cela n’est nécessaire si on plante des végétaux adaptés à notre zone ou à toute zone inférieure. Et le choix de plantes rustiques est si vaste!

Photo: cottonbro studio

4. Je m’informerai avant achat de la résistance des végétaux aux insectes et aux maladies.

On éviterait la plupart des applications de pesticides si, au départ, on avait choisi des végétaux qui sont naturellement résistants aux insectes et aux maladies. Pourquoi planter une haie de chèvrefeuilles de Tatarie (Lonicera tatarica) quand on sait qu’elle est sujette au dévastateur balai de sorcière et qu’il existe de nombreux autres chèvrefeuilles qui n’en font pas? Tout comme il y a des pommetiers sans tavelure, des carottes qui ne sont pas dérangées par la mouche de la carotte et même des hostas qui ne sont nullement touchés par les limaces. Il y a des végétaux qui ne devraient même plus être vendus en pépinière (le pommier «Macintosh», par exemple) tellement ils sont sujets aux maladies. Puisque les pépinières ne prennent pas leurs responsabilités en ce sens, malheureusement, il relève du consommateur de bien s’informer avant l’achat.

5. J’apprendrai à fertiliser ma pelouse dans le respect de l’environnement.

La pelouse est une cause importante de la pollution des eaux dans les zones urbaines et périurbaines. Pas seulement à cause des pesticides qu’on y verse, mais aussi parce qu’on la fertilise de façon excessive. Tenez-le-vous pour dit: une seule application annuelle d’engrais biologique à dégagement lent ou de compost, au printemps ou à l’automne, est amplement suffisante pour avoir un beau gazon, surtout si vous prenez l’habitude, très écologique, de laisser les rognures de gazon sur place. Les gens qui suggèrent trois ou quatre applications d’engrais essaient de faire des profits sur votre dos.

6. Je commencerai à fabriquer mon propre compost.

Photo: fotomem

N’attendons plus que nos villes décident enfin qu’il est à la fois plus économique et plus écologique de faire du compostage municipal plutôt que de brûler ou d’enfouir les déchets décomposables. Il est presque criminel de jeter aux ordures des produits que l’on aurait pu retourner à la terre et comme vous produisez des déchets, ça devrait être à vous de vous en occuper. Faire du compost est si facile ! Il s’agit de lancer les déchets de table et de terrain dans un tas et de le retourner de temps en temps.

7. Je n’arroserai plus qu’en cas de nécessité absolue.

Que d’eau traitée est gaspillée sur les jardins… et presque toujours pour rien ! La plupart des végétaux sont parfaitement capables de subir un peu de sécheresse de temps en temps (sinon, plantez des végétaux qui le peuvent). Une pelouse établie qui ne reçoit pas de pluie pendant un mois ou plus ne meurt pas, elle ne fait qu’entrer en dormance estivale et reverdira au retour de la pluie. En cas de sécheresse, donnez la priorité aux végétaux les plus fragiles (notamment les plantes cultivées en contenant, les légumes ainsi que toute plante fraîchement plantée). La plupart des autres peuvent facilement s’en passer. Et svp, pas d’arrosage en plein soleil, ceci ne fait que gaspiller une partie de votre eau à cause de l’évaporation!

Photo: Karolina Grabowska

8. J’aménagerai un coin pour la faune sauvage.

Tout le monde veut voir des oiseaux et des papillons chez eux… mais ce n’est pas tous les gens qui se rendent compte que ces animaux, ainsi que d’autres, moins jolis, mais tout aussi utiles, comme les crapauds, les abeilles et les chauves-souris, ne peuvent survivre si on entoure nos terrains uniquement de pelouses. Plus il y a de la variété dans la vie végétale, plus il y aura de la variété dans la vie animale. Installez donc des plates-bandes et plantez des arbres, des conifères et des arbustes. Créez un petit coin d’eau, quand bien même ce ne serait qu’un bain d’oiseau. Et pourquoi ne pas désigner un coin moins visible «zone sauvage», où vous laisserez une place pour les fleurs sauvages indigènes… et même les «mauvaises herbes»? Plusieurs des papillons les plus désirables ne vivent que sur de «mauvaises herbes», après tout. Une autre belle résolution pour l’année!

9. J’apprendrai à faire davantage confiance à Dame Nature.

Curieusement, c’est lorsqu’on intervient le moins possible sur son terrain qu’on a souvent les meilleurs résultats. C’est triste, mais vrai: vos plantes n’ont pas besoin de vous pour survivre. Alors, reposez-vous davantage cette année et laissez Dame Nature prendre soin de votre terrain. Vous serez surpris de voir à quel point la méthode «paresseuse» est souvent non seulement la plus écologique, mais aussi la meilleure.

Bonnes résolutions, chers lecteurs!


Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Ce texte sur les résolutions a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 9 janvier 2005.


commentaire sur "9 résolutions pour un jardinier paresseux"

  1. André Masse dit :

    Il y a quelques années, j’utilisais du paillis de bois déchiqueté sur une partie de mes jardins, et sur une autre partie du jardins j’étendais du paillis de débris végétaux, surtout des feuilles mortes. Quand j’ai fouillé sous le paillis pour constater l’état du sol sous-jacent, sous le bois déchiqueté aucune vie, un sol plutôt sec, sous les feuilles toute une vie d’invertébrés à la surface ou tout juste sous le sol bien humide, affairée à bouffer les feuilles et travailler la terre à ma place….Depuis, je recycle. chez moi les rognures de gazon et les feuilles mortes de tous mes voisins.

  2. Josée dit :

    Cet article, même presque 20 ans après sa parution est toujours d’actualité, merci et bonne continuation 🙂

  3. Louise Couillard dit :

    Étant donné notre âge, nous pratiquons ces résolutions depuis quelques années, et les résultats sont très satisfaisants.
    Nous avons appris à ne plus chercher la perfection… que nous n’atteignions jamais !

  4. Jacinthe dit :

    Les bonnes pratiques sont tellement simples finalement! C’est quand même étonnant que l’humain ne comprenne pas encore… même des gens qui se disent pros… Le paillage, par exemple, est si important… en imitant la nature, on obtient de bien meilleurs résultats sans se fatiguer à sarcler… Merci pour ces résolutions! Et bonne année!

  5. Line dit :

    Et pourquoi pas recueillir l’eau de pluie dans des barils. Quand j’ai besoin d’arroser j’utilise l’eau de mes 5 barils.

  6. Salim dit :

    Quand paresse et sagesse ne font qu’un!

  7. Rosemond Caron dit :

    Le paillis de rebus de bois; est-ce bon pour un potager de légumes???
    Serait-il trop acide et de trop tanin??? qui nuirait aux légumes.?
    Une petite information me serait utile.

    • Mathieu Hodgson dit :

      Qu’est-ce que vous voulez dire par rebut de bois? On peut utiliser les branches d’arbres déchiquetées comme paillis, mais le tronc des arbres, non, car il contient trop de carbone. Les copeaux de bois aussi font de mauvais paillis, ainsi que le bois de construction. Ils pourraient cependant être compostés.

  8. Jocelyne dit :

    En défaisant mon arbre de Noël, je me suis rendu compte qu’il y avait de jeunes pousses sur de très nombreuses branches. J’ai décidé de garder le petit sapin d’environ 6pi. au salon. Pourrais-je espérer le planter dehors au printemps et que ça marcherait ou je rêve?

    • Mathieu Hodgson dit :

      Malheureusement, je ne crois pas qu’il survive. Il aurait trop de difficulté à se refaire un réseau racinaire. Lorsque j’ai moi-même un sapin, je le met dans ma cour avec le tronc dans la neige. C’est beau et les oiseau peuvent s’y percher.

  9. Martin dit :

    J’ai tenté l’expérience du paillis de bois de 10 cm, mais j’ai eu de la difficulté au moment de mettre des semences directement en terre. Le vent (et possiblement des petites bêtes) poussait le paillis sur les semences, les rendants ainsi non productives. Avez-vous des suggestions?

  10. Moy dit :

    Bonjour
    J’adore l’idée du paillis,mais chez moi il y’a un gros Erable et vers le 6 juin les samares envahissent les plates-bandes.
    Enlever les samares sur la terre et pour moi plus facile que sur le paillis.
    Quelqu’un vit le même problème,si oui quelle est votre solution à part le paillis?
    Merci

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