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Un petit raisin pour la nouvelle année?

Vous pensiez que ma série de Noël sur les fruits était terminée? Eh bien non! Je ne vais pas vous laisser sur votre soif comme ça, entre Noël et le jour de l’An! Même si je vous ai déjà raconté une coupe d’histoires, qu’on s’en va verre l’année 2024, j’ai mis le grappe-in sur un sujet tout à fait pétillant!

Vous avez de-vin-é? C’est un fruit fa-bulle-eux!

J’ai nommé le raisin, ainsi que ses déclinaisons liquides et alcoolisées qui soulignent si bien la nouvelle année: le vin et le champagne!

Photo :  Julia Larson

Le raisin, d’où ça vient?

Bien que différentes variétés de raisins poussent maintenant sur presque tous les continents, il n’en a évidemment pas toujours été ainsi. Si vous êtes un cultivateur nordique de raisins, vous avez sans doute plus de mal que ceux bénéficiant d’un climat plus chaud, et pour cause! C’est loin d’être un fruit adapté aux conditions trop froides: cultivateurs de raisins du Québec, vous êtes courageux!

Petite note

Pour nos amis français, sachez que le début de l’été 2023 a été catastrophique pour beaucoup de cultivateurs. Une grosse gelée nous a frappés en mai, moment où on aurait dû avoir plutôt des 15 °C confortables. Les viniculteurs ont passé des nuits à alimenter des feux entre les vignes, et certains ont même survolé leurs champs en hélicoptère pour tenter de contrôler les couches d’air et éviter le gel de leur récolte!

Le fruit de la vigne, qui est originaire du Caucase et de la Mésopotamie, est très vieux: il était cultivé des millénaires avant notre ère! Toutes les variétés de raisin, qu’il soit de table ou pour la fermentation, viennent de là. C’est dire à quel point les hommes ont fait la sélection et l’importation de cette plante merveilleuse!

Photo : Jill Wellington

Les premières traces de fermentation de raisin proviendraient, selon les découvertes archéologiques actuelles, de la Chine, et dateraient de 7000 ans av. J.-C. Impressionnant, non? Le vin existait à la préhistoire!

Eh oui! J’ai été surprise moi aussi de découvrir que le berceau de cette boisson n’était pas l’Europe. Toutefois, on n’est jamais à l’abri d’une nouvelle découverte! Le jus de fruits étant amené à fermenter naturellement, il est fort probable que plusieurs peuples aient «inventé» le vin plus ou moins en même temps.

Je ne vous ferai pas tout l’historique du vin parce qu’on est en vacances et qu’on n’a pas envie de s’assommer avec un cours d’histoire. D’autant plus qu’on pourrait écrire un livre sur cette histoire! Alors à la place, je vous propose…

La petite histoire de l’ébriété

Je suis une biologiste, après tout, alors, plutôt qu’un cours d’histoire, je vous propose… un cours de bio! Mais court et amusant, c’est promis!

Les humains et les grands singes (gorilles, chimpanzés, orang-outang et cie) partagent plusieurs points communs, je ne vous l’apprends sans doute pas. Là où c’est intéressant, c’est que les grands singes ont eux aussi la capacité de métaboliser l’alcool rapidement, comme nous!

Photo : Nirav Shah

L’hypothèse émise par les spécialistes est que notre ancêtre commun (appelons-le Billy Banane), il y a quelques années (10 millions, juste ça!), a développé cette habileté en mangeant des fruits pourris. Je sais, ça commence drôlement comme anecdote!

Lors d’un événement climatique particulier, les fruits se sont faits plus rares dans les arbres, incitant Billy Banane à se nourrir de fruits tombés au sol. Ceux-ci ayant quelque peu fermenté, ils présentaient un certain taux d’alcool qui n’était certes pas élevé pour nous, mais qui l’était assez pour lui donner une bonne cuite.

Évoluer pour mieux survivre

S’endormir saoul sur une branche est un bon moyen pour tomber au sol, autant qu’avoir la gueule de bois peut être risqué devant un prédateur.

Certains de nos ancêtres auraient donc développé la capacité de digérer l’éthanol (l’alcool) 40 fois plus rapidement, leur permettant de continuer à se nourrir, sans trop se saouler. Ces individus avaient alors une espérance de vie plus longue que les autres puisqu’ils risquaient beaucoup moins de se retrouver en situation fâcheuse! D’autant plus que ces fruits fermentés, au final, étaient loin d’être mauvais…!

On avance un peu dans le temps: au Paléolithique, les humanoïdes ont découvert une nouvelle source d’alcool: l’hydromel! On ne sait pas trop comment c’est arrivé, mais après les fruits, le miel fermenté fut la seconde rencontre avec l’alcool, qu’ils commencèrent tant bien que mal à faire fermenter avec leurs moyens de l’époque.

Les grands singes, quant à eux, ont continué de manger les fruits fermentés et, oui, il arrive encore aujourd’hui qu’ils se saoulent!

L’alcool et les festivités

Si l’hydromel est moins populaire aujourd’hui, ce sont surtout la bière et le vin qui dominent nos tables (du moins en Occident). Je dois vous confesser que moi, Audrey, 30 ans, n’ai commencé à boire du vin que cette année. Je sais, je sais… Pendant longtemps, je ne buvais que des cocktails et comme il n’y a bien souvent que vin et bière, je me suis retrouvée à boire de l’eau plus d’une fois. (Je ne buvais pas de café non plus alors, pour le côté social de la chose, on repassera!)

C’est là tout le point du vin (et de l’alcool en général): c’est festif! Bien sûr, on n’a pas besoin de ça pour avoir du plaisir, mais le caractère rassembleur, l’euphorie, les inhibitions qui tombent… c’est festif, et ce, depuis toujours. Après les singes, il y a eu Dionysos, Bacchus, Jésus: tous ont festoyé ou souligné des moments importants avec du vin. Pas étonnant qu’aujourd’hui on mette la pression pour que tout le monde partage la même expérience: c’est devenu un symbole, une communion, un pacte!

Photo : Mark Amores

Mais attention à toujours le faire dans le respect de tous, hein! Je vous parle de bio, d’histoire et de culture, mais ce n’est pas une raison pour tomber dans l’excès ou forcer tante Régine à sortir de son régime! Lever un verre d’eau à la nouvelle année, c’est tout aussi acceptable.

Le champagne au jour de l’An

Je me dois quand même de mentionner la tradition qui veut qu’au Nouvel An ce soit du champagne qui sera traditionnellement levé dans plusieurs foyers européens et québécois. Pourquoi CE vin en particulier pour fêter la nouvelle année?

Tout d’abord, si vous vous posez la question: «c’est quoi du champagne?», sachez qu’il s’agit d’un vin pétillant qui a une «appellation d’origine contrôlée». Cela signifie que pour qu’une boisson se nomme «champagne», elle doit absolument provenir de la région de Champagne au nord-est de la France. Sinon, c’est un vin mousseux, un cidre pétillant ou du 7up, mais ce n’est pas du champagne avec un grand C.

Vous savez, ces bombes effervescentes pour le bain? Eh ben, ça non plus, c’est pas du champagne, même si elles sont au raisin. Photo : Marta Dzedyshko

On croit souvent que le mousseux est la version «cheap» (pas chère et pas de classe!) du champagne, mais en fait, il est seulement fabriqué ailleurs, avec peut-être d’autres sortes de raisins. Un mousseux peut donc tout à fait être prestigieux et dispendieux, tout comme un champagne «cheap», ça existe.

À noter que je n’y connais pas grand-chose: tant que c’est bon, je me fiche pas mal de l’étiquette! Comme dirait mon beau-père: c’est juste de la péteuserie! (de l’expression «péter plus haut que le trou», synonyme de snob)

Bref, d’où vient le fait de célébrer une nouvelle année avec du champagne?

Plusieurs légendes circulent, mais l’une des plus récurrentes est liée aux rois de France. Les couronnements avaient lieu à Reims, et pour l’occasion, on trinquait avec le vin local qui n’était autre que le champagne. Ce ne serait que sous Louis XV que des bouteilles ont commencé à être exportées dans les autres régions françaises (et donc à être accessible en dehors des couronnements). Un nouveau roi, une nouvelle ère, une nouvelle année… même chose, non?

À noter que ceci n’est pas la statue d’un roi français! Photo : Mike Bird

Une tradition originale!

Quoi qu’il en soit, si le raisin fermenté est bien populaire lors des célébrations en tout genre, et ce, partout dans le monde, il y a une tradition espagnole qui met bel et bien en valeur le raisin frais au Nouvel An.

Pour une année prospère, il faut manger douze raisins, mais pas n’importe comment! Il faut les manger au rythme des douze coups de minuit. Essayez ça (sans vous étouffer!) en écoutant le Bye Bye! Mais attention, on ne doit pas laisser de côté nos propres traditions non plus, alors à vos marques, prêt… 10! (un raisin) 9! (un raisin) 8! (un raisin)… et sur le dernier coup de minuit… on s’embrasse avec la bouche pleine en criant BONNE ANNÉE!

Photo : cottonbro studio

Je vous souhaite à tous une merveilleuse année 2024, remplie de rires et de météo favorable au jardinage. Merci de m’avoir suivie tout au long du mois pour cette série sur les fruits de Noël, vos commentaires m’ont beaucoup touchée. On se retrouve l’année prochaine, dès le mois de février avec de nouveaux articles!


commentaire sur "Un petit raisin pour la nouvelle année?"

  1. Denise dit :

    Merci pour cette belle histoire fa-bulle-euse, ça a mis du pétillant en ce matin moche de décembre.
    Bonne et heureuse année, de la santé et plein de belles récoltes en 2024

    • Audrey Martel dit :

      Matin moche? Mais non, mais non! Faut voir le positif: ça va être plus facile de retirer les décos s’il n’y a pas de neige, ça ne sentira pas le poil de manteau mouillé dans la maison… Et puis un beau ciel gris, ça me rappelle le pinot gris, mon cépage préféré: que du positif haha!

  2. Denyse Brissette dit :

    Un autre article intéressant instructif et amusant . Merci et bonne année à vous.

  3. Kiki dit :

    J’appuie entièrement ton commentaire, Denise. Et pour être moche, oh oui.

  4. celadon7 dit :

    In vino veritas .La culture de la vigne ,travail ingrat. Toujours baissé avec les nouvelles normes européennes 30cm pour faciliter les vendanges mécaniques En dehors de mon travail de jardinier ,une occupation chez un vigneron me convenait au début de ma première retraite , taille, tirage des bois , accolage montage des fils de fer ou abaissement et diverses occupations d’entretien de cette liane .Cela payait mon vin annuellement (deux cartons de six flacons).Une rémunération en régime agricole .Il est normal que peu de gens se précipitent vers cette activité pour bien gagner sa croûte .Cépages de l’exploitation : Gamay, Pinot noir, Pineau d’Aunis, Cabernet franc ,Côt pour les rouges Romorantin , Chardonnay, Sauvignon pour les blancs. J’ai vu des chevreuils , des merles saouls d’avoir usé de trop de raisins “cul par dessus tête”. Des frelons avec les prunes Quetsches pourries sur le tas à la renverse. Attention aux vins blancs tranquilles ou pétillants , Champagnes riches en acide urique à consommer avec modération , préférer les cépages Merlot, Grenache, Cabernet franc , Chardonnay peu acides vôtre estomac vous dira merci .Je trinquerai avec vous via la toile avec un rouge pétillant .Tchin, Santé, et bonne année 2024

  5. Hélène Bédard dit :

    Fameux ton article ce matin! Culture et bon goût , diversité et bonne humeur.
    Merci et je te souhaite une excellente année 2024.

  6. Lise dit :

    Bonne année chère Audrey, tes articles sont toujours instructifs et intéressants, ta petite touche d’humour apporte de la joie. Tu est vive et pétillante, pas besoin de champagne au party quand Audrey est là !
    Amour Santé et Joie pour 2024

  7. Martine dit :

    Merci Audrey pour tes articles pertinents et instructifs.
    Je te souhaite une excellente année 2024.

  8. Natacha dit :

    Merci beaucoup pour cette article Pétillante !! Je suis toujours euphorique à lire tes chronique ? Bonne année à toi et toute l’équipe derrière ?

  9. Mariette dit :

    Merci pour ce texte pétillant et savoureux. Je lève mon verre à votre santé. BONNE ANNÉE 2024 !!!

  10. Christine dit :

    J’adore te lire chaque matin ??
    J’aime la façon dont tu abordes chaque sujet
    MERCI de prendre le temps de rendre chaque article interessant et drôle
    Ça débute bien ma journée
    Passe un bon temps des fêtes ?

  11. Céline dit :

    Une autre joyeuse lecture encore ce matin.
    Merci Audrey et une très bonne année à toi.
    J’ajoute ici qu’à chaque fois que je brasse mon immense fougère avant de l’arroser pour simuler la tempête je pense à toi et je ris. La chasse aux pères Noël cachés pour les 4 petits-fils a encore été populaire cette année ? Je lève mon verre de Crément à ta santé!
    Au plaisir de te lire en 2024.

  12. Tellement intéressant Audrey et éducatif tes chroniques . Me cultiver est une passion chez moi et tu es unique dans ton style d’ enseignements. Ton humour pétille comme les bulles rendant le thème du jour fabuleux! Bonne Année éclatante Audrey!

  13. Juliette au balcon dit :

    Bonne année Audrey Tutti Frutti ! Tes billets me font bien rigoler et me mettent de bonne humeur. Jamais je n’aurais pensé que le vin tire son origine des fruits tombés au sol et qui fermentent gentiment. Vive la bio!

  14. Yves Dugas dit :

    Merci Audrey, une très bonne nouvelle année 2024, tchin tchin! Et beaucoup d’autres écrits ludiques ou pas ( je les aime aussi). Merci

  15. Claude Bolduc dit :

    Je n’ai jamais autant ri lors de la lecture d’une chronique. Merci Audrey pour cette bonne humeur matinale et Bonne Année à toi.

  16. Francine dit :

    Toujours agréable de te lire. Petit côté humoristique qui s’ajoute à l’instructif me fait bien démarrer mes journées. Merci. Tu sais ce que j’ai demandé au Père Noël? L’ÉTÉ. Bonne année!

    • Audrey Martel dit :

      Hahah, vous êtes comme moi! La neige, je la prendrais du 23 décembre au 3 janvier… après, pouf! On sort s’occuper de la laitue haha

  17. Jacinthe dit :

    Merci Audrey et bonne année! Psst… moi, cette année, j’ai demandé de la neige… vive nos hivers enneigés!

  18. Johanne dit :

    Merci Audrey, commencer la journée en rigolant et en s’instruisant c’est tellement agréable. Bonne année à toi et à tous les collaborateurs du Jardinier Paresseux !

  19. Lulu dit :

    Vous m’avez bien fait rire tout en m’instruisant.Toujours pertinent et intéressant vos textes. Bonne année 2024 à vous !

  20. Marie dit :

    Merci Audrey, tu mets de la joie à mon réveil. J’ai découvert en visitant l’Abbaye St-Hilaire près de Limoux que Dom Perignon serait parti avec la recette des bulles fermentées dans leur grotte. C’est la raison pour laquelle les bulles vendues chez Sieur d’Arques s’appellent Première Bulles. Leur manière eux de reprendre possession de la découverte. Elles sont excellentes!

  21. Lalou dit :

    Love it, merci. Bonne année pétillante a toi aussi.

  22. J.J. dit :

    Les vins mousseux, genre clairette, crémant et autres appellations se distinguent du champagne par leurs origines territoriales comme chacun sait. Mais parmi ces vins mousseux on distingue encore deux catégories : ceux dont le “pétillant” est obtenue par la méthode champenoise, une fermentation naturelle qui comporte de nombreuses et assez complexes manipulations, et ceux obtenus par simple adjonction de gaz carbonique, procédé bien moins délicat mais qui en général fournit des produits de qualité plutôt médiocre (les pires ayant la fâcheuse propriété de taper sur la coucourde et de provoquer de fameux maux de tète).
    Le champagne n’est pas vraiment mon favori. Mon régime ne le le permettant pas actuellement en réalité, “pour de vrai”, je lèverais virtuellement un verre de mon vin préféré, le Lambrusco, si possible frizante, à votre santé, en vous souhaitant une Bonne Année 2024…et la suite.

  23. Jacques dit :

    J’adore votre humour “pétillante” Mme Audrey, c’a “ennivre” positivement l’esprit. Merci beaucoup et Bonne Année à vous.

  24. Jacquie C dit :

    Bonjour Audrey merci pour cet article très drôle , j’adore votre humour ! Moi qui ne boit pas de vin vous avez été mon champagne !
    Très bonne année !

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