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Comment un décembre doux peut-il affecter nos végétaux?

Les températures plus douces sont plutôt bénéfiques pour les végétaux. Aucune plante n’a réellement besoin de -40 °C pour sa survie; tout au plus, les plus résistantes tolèrent de telles températures. Mais il faut tout de même que les températures soient assez basses pour rencontrer les minimums nécessaires aux végétaux de climat tempéré (plusieurs exigent une longue période de températures inférieures à 7 °C pour pouvoir fleurir). Si vous n’avez pas encore récolté vos choux kale et vos poireaux, ils sont encore en parfait état dans plusieurs régions et d’ailleurs, plus sucrés que jamais. Si la température douce se poursuivait jusqu’à la fin janvier, on risquerait même de voir certaines plantes commencer à fleurir, notamment les bulbes (perce-neiges, crocus, narcisses), les hellébores et même certains arbustes (forsythias, faux-amandiers, etc.).

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Idéalement, l’automne progressera lentement, devenant de plus en plus froid sur une longue période.

Le problème est plutôt que le froid peut arriver trop rapidement par la suite, avant que les végétaux ne soient prêts à l’affronter. Un décembre et un janvier très doux suivis d’un coup de froid en février pourraient être désastreux pour plusieurs végétaux.

Acclimatation

C’est que les plantes s’acclimatent graduellement aux températures froides. La situation idéale serait un automne où les températures baissent graduellement, suivi d’un début d’hiver où les températures continuent de baisser peu à peu. Ainsi les végétaux s’acclimateront très bien au froid à venir. Mais si les températures continuent de se maintenir à 10 °C au-dessus de la normale, comme c’est le cas actuellement, donc au-dessus de 0 °C en janvier, beaucoup de plantes ne seront pas prêtes aux températures de -15, -25 et -35 °C qui peuvent survenir au Québec et leurs cellules peuvent alors être endommagées ou tuées. Évidemment, il est fort possible que nous n’ayons pas ces températures extra froides cet hiver, et d’ailleurs on prédit un janvier très doux, mais les mêmes prévisions météorologiques semblent indiquer que février et mars, du moins, seront plus près des températures hivernales normales.

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La neige protège les plantes contre le froid.

Aussi, la neige, qui a un effet isolant important sur le sol et donc sur les végétaux (elle protège leurs racines et leurs bourgeons dormants), est quasiment absente jusqu’ici cette année, même en montagne. Les régions qui comptent habituellement sur une bonne couche de neige en décembre pour protéger les végétaux des grands froids habituels de janvier et de février n’auront pas cette protection cette année. Nous ne pouvons qu’espérer que la neige commence à s’accumuler bientôt.

Les ennemis de nos plantes se la coulent douce

Les hivers froids nuisent énormément aux insectes et autres petits prédateurs de nos plantes, car la mortalité chez les œufs, les chrysalides et les insectes hivernants est alors importante. Un hiver doux, par contre, est souvent suivi d’un été où les ennemis de nos plantes sont très nombreux et les dégâts peuvent être majeurs. Même les mauvaises herbes risquent d’être plus nombreuses l’été prochain, car peu de leurs graines auront été tuées par le froid.

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Effets sur différents végétaux

Un automne/début d’hiver doux suivi d’un froid subit, ou encore, de températures en dents de scie, où on passe de chaud au froid de façon répétée, affectent chaque type de plante différemment. Voici quelques exemples:

Végétaux hors zone

Les plantes cultivées au-delà de leur zone de rusticité habituelle, peu importe leur catégorie (arbre, arbuste, fruitier, vivace, etc.), risquent d’être les plus endommagées (exemple: un arbuste de zone 6 cultivée en zone 4), car ils s’acclimatent encore moins au froid. Il n’est pas trop tard pour couvrir leur base de feuilles mortes ou de paillis, un excellent remplacement pour la neige absente.

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Boutons séchés sur un rhododendron.

Arbustes et arbres à fleurs

Les arbustes et arbres qui fleurissent au printemps risquent de voir leur floraison réduite ou éliminée, car ces espèces portent déjà les boutons de la floraison à venir et ils sont alors exposés aux soubresauts du climat. Déjà, les boutons de certains forsythias, rhododendrons, azalées et magnolias commencent à gonfler, signe qu’ils se préparent à ouvrir, alors qu’ils ne devraient pas le faire avant le mois d’avril. Ces boutons ne pourront plus s’endurcir et ainsi leur floraison 2016 pourrait être sévèrement diminuée. Dans mon voisinage, j’ai déjà vu un forsythia avec quelques fleurs ouvertes! C’est certain que cette floraison ne durera pas longtemps… et que les branches qui fleurissent maintenant ne fleuriront pas une deuxième fois au printemps.

Notez que les protections hivernales en jute ou en géotextile que certains jardiniers installent sur ces plantes ne les protègent nullement contre le froid (elles coupent plutôt l’effet asséchant du vent) et seront donc essentiellement inutiles.

Fruitiers

Vignes à raisin, cerisiers, pruniers, abricotiers, framboisiers, ronces, etc., risquent de voir leur production réduite ou éliminée par un automne/hiver doux suivi de coups de froid, car ils ont alors tendance à moins s’endurcir pour l’hiver. De plus, si le temps doux continue jusqu’en janvier, leurs boutons floraux peuvent commencer à gonfler, ce qui les laissera vulnérables au moindre gel. Les pommiers sont généralement moins influencés par les facteurs mentionnés que les autres fruitiers.

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Même si un bulbe fleurit hors saison, cela n’aura pas de séquelles à moyen ou à long terme.

Bulbes rustiques

Certains peuvent se mettre à fleurir trop tôt, mais au pire cela ne fera qu’avorter la floraison de la saison. Le feuillage de certains bulbes (notamment les muscaris) peut aussi déjà être en train de pousser, mais ce n’est pas grave non plus. Le bulbe lui-même, profondément enfoncé dans le sol, ne sera pas trop touché par cette  anomalie météorologique. Au pire, sa floraison sera écourtée, mais il sera en mesure de refleurir l’année suivante.

Vivaces

L’hellébore (Helleborus spp.) est probablement la seule vivace qui risque de fleurir hors saison et ainsi voir sa floraison au printemps 2016 réduite. Les autres vivaces sont en dormance et bien emmitouflées par la masse de terre qui les entoure: ainsi elles sont relativement bien protégées des froids soudains. Cela est d’autant plus vrai si vous n’avez pas coupé leurs feuilles à l’automne, car leurs propres feuilles sont conçues pour les protéger contre les méfaits de l’hiver. Si vous avez fait le ménage de vos plates-bandes cet automne, il serait sage de couvrir les plantes de feuilles mortes ou de paillis sans tarder.

Pelouses

Un long automne doux est plutôt bénéfique pour les pelouses, surtout celles fraîchement installées, car cela permet à leurs racines — qui sont présentement encore en croissance! — de bien s’établir et donc de mieux affronter les rigueurs de l’hiver. Aussi la plupart des graminées de pelouse utilisées dans les régions septentrionales résistent assez bien aux coups de froid. Par contre, un coup de froid exceptionnel peut quand même faire des dégâts.

Ce texte a été publié pour la première fois sur ce blogue le 12 décembre 2015. Il a été révisé et la mise en page a été actualisée.

Étiquettes + Effect sur les végétaux d'un automne doux, Automne doux et les plantes, Décembre doux et les plantes, Hiver sans neige et les plantes, Automne doux et les végétaux, Décembre doux et les végétaux


commentaire sur "Comment un décembre doux peut-il affecter nos végétaux?"

  1. Sylvie Parent dit :

    Est-ce que le temps doux peut-être néfaste aussi pour l’ail ? Un paillis de paille sera t’il suffisant pour protéger les caïeux ?

  2. Maryse Alain dit :

    Je suis inquiète pour mon ail que j’ai planté ã la fin d’octobre.

    • Anne dit :

      Mmm
      Je ne veux pas vous décourager mais…
      J’ai sorti le reste des topinambours dimanche et trouvé des bulbes d’ail (pelleté dans mauvais endroit) avec une nouvelle pousse de 5 cm :/
      Est-ce qu’ils survivront ?!?

  3. C'est dans l'adresse dit :

    Une remarque, les professionnels savent qu’un hiver rigoureux pose plus problèmes. Car, si en effet il tue plus d’ennemis, il laisse aussi les plus forte qui à leur tour engendre des générations plus résistantes. Il suffit de savoir ce que nous préférons !

  4. […] inhabituelles actuelles sur les végétaux d’ornement. Je vous en suggère la lecture : lien ici. Parfois, les plantes subissent des phénomènes météorologiques extrêmes isolés, qui peuvent […]

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