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Humidité : plantes, santé et bâtiment

Il y a quelques suggestions qui reviennent année après année pour bien entretenir nos plantes d’intérieur pour la saison hivernale: maximiser la lumière naturelle, ajouter de l’éclairage artificiel, arrêter de fertiliser, surveiller la température et augmenter l’humidité. Cette dernière recommandation est importante pour nos végétaux, mais aussi pour notre santé et l’état de nos demeures. Et comme dans bien des cas, trop c’est comme pas assez. On doit trouver le juste niveau humidité!

Si vous faites des recherches, on vous suggérera probablement de garder l’humidité relative entre 30 et 50%, mais d’où viennent ces chiffres et sont-ils exacts?

L’humidité et les plantes

On parle souvent de photosynthèse en horticulture, mais de quoi s’agit-il exactement? Pour l’expliquer simplement, disons que les feuilles des végétaux (et quelques autres organismes) absorbent le dioxyde de carbone et l’eau dans l’air et, avec l’aide de l’énergie solaire, les transforment en glucose et en oxygène. Ce glucose nourrit les plantes et est utilisé pour former de nouvelles cellules. Il permet donc aux plantes de grandir.

Photo: cottonbro studio

L’eau est essentielle à ce processus et, lorsque l’air est très sec, les plantes en perdent plus que la normale. Pour se protéger, elles ferment leurs stomates, de petites ouvertures dans les feuilles qui permettent les échanges gazeux. Pas d’échange gazeux, pas de photosynthèse. (Les cactus fonctionnent un peu différemment, bien sûr. Leurs tiges charnues stockent l’eau et un revêtement cireux à leur surface permet de retenir l’eau.)

Les symptômes typiques d’un manque d’humidité atmosphérique sont le flétrissement, le ralentissement de la croissance, de nouvelles feuilles plus petites et des feuilles recroquevillées ou aux bouts brunis. Les plantes en état de détresse seront aussi plus sujettes aux maladies, ce qui explique leur prévalence en hiver.

Trop, ce n’est pas mieux!

Lorsque l’air est très humide, les plantes n’absorbent pas l’eau contenue dans leur substrat pas plus que les minéraux qui s’y trouvent. Dans ce cas, on pourrait observer des signes de carences. Cependant, il y a peu de chances que ça vous arrive, surtout en hiver!

La majorité des plantes d’intérieur sont d’origine tropicale et préféreront une humidité relative de 60 à 80%, parfois même plus. Ces mêmes plantes tropicales peuvent tolérer une humidité entre 40 et 60%, qui est généralement un bon taux pour des végétaux d’origine subtropicale ou tempérée. En dessous de 40%, vous commencerez à voir des symptômes de sécheresse chez certaines plantes et sous les 20% peu survivront longtemps à part les cactus et les succulentes. En somme, garder le niveau d’humidité relative entre 40 et 60% est adéquat pour la majorité des plantes d’intérieur.

Un hygromètre permet de mesurer la taux d’humidité dans la pièce. Photo: Daria Sakharova de Getty Images.

L’humidité relative

On entend souvent dire que le chauffage assèche l’air, mais c’est plutôt le contraire. C’est le froid qui réduit la quantité d’eau dans l’atmosphère. Voyez-vous, plus l’air est froid, moins il peut contenir d’eau et vice-versa. À titre d’exemple, à 20 C, l’air peut contenir 17,3 grammes par mètre cube d’air; à 10 C, c’est plutôt 9,39 g/m3; et au point de congélation, on parle de 4,89 g/m3. Lorsqu’il fait très froid, disons -20 C, l’air ne peut contenir plus de 1,05 g/m3!

Lorsque l’air froid de l’extérieur entre dans nos demeures, il contient très peu d’eau. En se réchauffant, son taux d’humidité relative est donc très bas.

L’humidité relative est simplement le pourcentage de la capacité maximale d’eau que peut contenir l’air, d’où sa relativité. 1 gramme d’eau à -20 C avoisine le 100% d’humidité relative tandis qu’à 20 C c’est environ 6%.

On nomme cette capacité maximale le point de rosée, car, lorsqu’on dépasse 100%, il y a condensation. C’est ce qui explique la rosée. L’air chaud du jour baisse de température la nuit et peut contenir moins d’eau. Lorsqu’il dépasse sa capacité maximale, l’eau se condense et on retrouve de la rosée.

L’humidité et la santé humaine

Le Règlement sur la santé et la sécurité du travail et le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST) a établi à 20% le taux d’humidité minimale dans un édifice, et ce pour empêcher la peau et les muqueuses de s’assécher. Chez l’humain, les symptômes d’air trop sec sont la sécheresse des yeux, du nez, de la gorge et de la peau.

Au-delà de 60 à 70% d’humidité, les conditions sont propices à l’apparition de moisissures, de bactéries et d’acariens qui peuvent avoir une incidence sur notre santé. On pourrait en conclure qu’avec un taux d’humidité entre 40 et 60%, plantes et humains seront confortables tout l’hiver.

L’humidité et les bâtiments

Et si c’était si simple! J’imagine très bien un ingénieur en bâtiment, parmi les lecteurs, lever la main: «60% d’humidité en hiver, c’est vraiment trop élevé pour nos maisons!». Bon, c’est quoi le problème encore!

Eh bien, par temps froid, lorsque l’air chaud, qui contient beaucoup d’eau, rencontre une surface froide, une fenêtre par exemple, la température de l’air baisse et sa capacité à contenir de l’eau aussi. C’est pour cette raison qu’on retrouve souvent de la condensation sur les vitres en hiver.

En hiver, lorsque l’humidité est trop élevée, on retrouve de la condensation sur les fenêtres. Photo: Pixabay

Imaginez que l’air dans une maison est à 20 C avec un taux d’humidité de 60%. Il contient donc 10,38 g/m3. Disons qu’il fait -20 C à l’extérieur et que la température des fenêtres descend à 10 C. Souvenez-vous qu’à cette température l’air ne peut contenir plus de 9,39 g/m3 et dépasse donc le point de rosée et de la condensation se forme sur les vitres. À long terme, ces accumulations d’eau pourraient abriter de la moisissure et d’autres indésirables.

Quels problèmes peuvent survenir avec un mauvais taux d’humidité?

La situation est pire dans des édifices qui sont mal isolés puisque le froid pénètre à l’intérieur les murs. Quand l’air intérieur chaud et humide entre en contact avec ce froid, la condensation se forme dans la structure du bâtiment, à l’abri des regards. Ça pourrait causer des ennuis de santé pour les personnes qui y habitent, mais aussi des problèmes structuraux pour le bâtiment. Outre la moisissure, la corrosion et d’autres détériorations peuvent être liées à l’humidité.

En contrepartie, une humidité relative trop faible peut entraîner des problèmes d’électricité statique, des fissures dans la peinture et un rétrécissement des meubles et des planchers en bois.

Pour ces raisons, on recommande de baisser le taux d’humidité dans nos maisons en hiver. Santé Canada suggère de garder le niveau autour de 30%. Du côté de La société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), on offre plus de précisions: ne pas dépasser 45% d’humidité relative en hiver et, lorsque le mercure descend sous les -10 C à l’extérieur, baissez à 30%, et même à 25% en cas de froids extrêmes.

À vos humidificateurs!

En somme, la suggestion de garder l’humidité entre 30 et 50% est généralement bonne, mais ce niveau d’humidité relative n’est pas adapté à toutes les situations. Pour le bien-être de tous, humains, plantes et bâtiments, un peu d’humidité conviendra, mais si vous en voulez plus, faites un voyage dans le sud ou faites la visite d’une serre!

J’ai plusieurs humidificateurs Levoit parce que… ils ne sont pas laids, comme bon nombre de ces machines. Photo: Amazon.

Avec le temps des fêtes qui approche, un humidificateur et un hygromètre feraient de bons cadeaux pour l’amateur de plantes d’intérieur, non?


commentaire sur "Humidité : plantes, santé et bâtiment"

  1. Viateur dit :

    Merci de démystifier tout ça pour nous.

  2. Sylvie dit :

    Merci pour ces précisions. J’ai encore une fois appris quelque chose de nouveau aujourd’hui !

  3. Diane Perron dit :

    Merveilleux article. Merci!

    • Marthe Thériault dit :

      Fort intéressant! Maintenant, j’arrose mes géraniums 2 fois semaine. Ils étaient à l’extérieur plein soleil tout l’été. Je les entrés pour l’hiver et pendant le premier mois, les feuilles séchaient parce que je les arrosais 1 fois semaine. Maintenant,je les arrose 2 fois semaine et ils semblent allés mieux. Merci de vos conseils.

    • Renée dit :

      Merci Mathieu votre billet est très intéressant et instructif. J’ai beaucoup appris ce matin. J’ai toujours pensé, qu’en cette saison, l’air chaud de l’appartement asséchait les plantes et qu’elles avaient besoin d’un plus d’eau dans leur substrat… Je me suis bien plantée !

  4. celadon7 dit :

    J’ai replongé dans mes cours au lycée horticole de 1960 à 1963 cela fait une révision pour mon intellect sans la modernité des outils .Les serres chaudes et tempérées fonctionnaient au bois avec les chaudières nos bons vieux thermomètres à mercure indiquaient la température. C’est toujours un plaisir de voyager chez vous .

  5. Martine dit :

    Merci Mathieu,
    pour ces précieuses informations qui m’aident enfin à comprendre le phénomène de buée sur le bas de mes fenêtres!

  6. Céline Duhamel dit :

    Merci Mathieu Hodson pour tous ces renseignements et joyeux temps des fêtes.

  7. Céline Duhamel dit :

    Oups erreur d’orthographe désolée
    Mathieu Hodgson….

  8. Francine Trudeau dit :

    Article fort intéressant, Merci?

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