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Une protection hivernale sensée

On ne peut plus nier que l’automne est arrivé. La chute des feuilles, le gel des plantes, la froideur des nuits: ce n’est plus le mois de juillet! Aussi, il est temps de penser à protéger nos plantes pour l’hiver.

Il n’y a pas à dire, la protection hivernale est populaire dans la région: les conifères emballés comme des momies et les haies couvertes de clôtures à neige orange fluo sont nombreux sur nos terrains. Pourtant, de telles protections sont rarement nécessaires et peuvent même sérieusement endommager les arbustes qu’on tente de protéger. Si vous avez choisi des végétaux bien adaptés à notre climat et que vous les avez placés dans des emplacements convenables, ils ne devraient pas avoir besoin de protection.

Une scène typique dans les climats nordiques.

Une protection sage et discrète

Le plus important pour toutes les plantes est bien sûr de bien protéger leurs racines. C’est la partie la plus délicate de la plante, beaucoup plus que les rameaux ou les aiguilles. Les gens qui protègent les branches et les autres parties aériennes de leurs plantes, mais laissent les racines exposées au froid, risquent de les voir être endommagées malgré tout. La meilleure protection hivernale qui soit consiste à bien recouvrir les racines de 7 à 10 cm de paillis. Vous pouvez utiliser du paillis acheté ou encore, déchiqueter des feuilles. Les feuilles déchiquetées ne partent pas au vent et donnent une excellente protection hivernale.

Pour les plantes un peu plus sujettes à la brûlure hivernale, comme les conifères et les rhododendrons, il est doublement important de voir à ce que leur système racinaire soit bien protégé, car elles perdent de l’humidité l’hiver en raison de leurs feuilles persistantes. Il faut donc non seulement appliquer un paillis, mais aussi bien les arroser tout l’automne si la pluie manque, jusqu’à ce que le sol gèle.

Une protection supplémentaire

Pour les arbustes ou conifères qui risquent de plier sous le poids de la neige (notamment les thuyas pyramidaux), la première ligne de défense est d’éviter les emplacements sujets à une chute rapide de neige, comme sous l’avancée d’un toit. Si cela est impossible, enfoncez dans le sol, du côté le moins visible de la plante, un tuteur solide de couleur neutre et attachez la plante au tuteur avec un fil solide de couleur discrète ou un filet transparent. Ne pas trop serrer! (On voit beaucoup de gens qui endommagent leurs arbustes en voulant trop les «remonter».) Il suffit de les emballer en douceur, voilà tout. Quand ce travail est bien fait, on ne devrait même pas voir la différence.

Les rosiers: un cas spécial?

Autrefois, il était de mise de butter les rosiers à l’automne et de les recouvrir d’un cône à rosier… mais c’était à l’époque des rosiers hybrides de thé et grandifloras, peu rustiques. De nos jours, ces rosiers sont de moins en moins cultivés, ayant cédé la place aux rosiers rustiques. Et le nom dit tout: un rosier rustique est rustique, donc résistant au froid, et il n’a pas besoin de protection hivernale.

Les conifères et arbustes fraîchement plantés

La seule occasion où une protection hivernale risque d’être utile est sur les végétaux nouvellement plantés. En effet, les arbres, arbustes et conifères plantés à l’automne n’ont pas nécessairement eu le temps de bien s’enraciner avant l’arrivée du temps froid. Un ajout de paillis peut être utile pour les aider à passer l’hiver, mais ne suffit pas toujours. Il est alors utile de les protéger du vent dominant en piquant deux tuteurs du côté nord-ouest de l’arbuste et d’y fixer un morceau de jute ou d’agrotextile.

Il est seulement nécessaire de protéger les végétaux du côté du vent dominant. Photo: www.hometalk.com

La toile ne doit toutefois pas toucher la plante, sinon il y a danger de brûlure. Certaines personnes préfèrent poser quatre piquets et entourer l’arbuste au complet, formant un genre de tube à ciel ouvert. Il est, par contre, essentiel que la plante puisse respirer en tout temps et que la chaleur puisse s’évacuer: à cette fin, ne fermez jamais le haut de votre protection.

Une bonne protection hivernale est essentiellement invisible. Elle peut être facile et discrète et en même temps efficace. Il s’agit d’utiliser un grain de bon sens plutôt que de se lancer dans la protection outrée qui enlaidira tout le paysage.


Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 2 novembre 2003.


commentaire sur "Une protection hivernale sensée"

  1. Anonyme dit :

    Bonjour! Un aspect à considérer est l’avantage de la protection des haies de cèdres et des cèdres lorsqu’il y a présence de chevreuils dans son quartier tel que c’est le cas chez moi à Lac-Megantic. Dès que le sol est bien couvert de neige et que ces bêtes ont moins de nourriture disponible, ils se régalent dans nos haies faisant des ravages! Merci!

    • Mathieu Hodgson dit :

      Effectivement, il n’y a rien d’autre à faire (à part une cloture de quelques mètres) pour empêcher les cerfs de manger les cèdres à part une protection de toile géotextile ou autre, mais on ne parle plus de protection hivernale dans ce cas! Quand on a déjà une haie mature, pas grand chose à faire, mais je pense qu’il faudrait remettre en question l’utilisation généralisée des cèdres pour les haies à l’avenir.

  2. Pierre alarulippe dit :

    Voir commentaire ci-haut!

  3. jean-marc blouin dit :

    J’ai planté un tilleul en façade de ma maison et je voudrais le protéger de la neige soufflé par le déneigeur de mon entrée d’automobile d’ici à ce qu’il prenne de la force. Il mesure environ 10 pieds. Est-ce que vous auriez une suggestion ?

    • J. Gagnon dit :

      J’ai 3 hydrangea paniculata de 4 ans. Ils ont été très rabattus par les grosses bordés de neige de l’hiver dernier. J’ai taillé toutes les mini branches du bas qui étaient courbées vers le sol. Est-ce que je devrais attacher les branches plus grosses ensemble et couper les fleurs ? J’aime pas trop couper pour rien avant le printemps.
      Merci !

  4. Josée dit :

    Taillez-vous vos rosiers à l’automne ou au printemps? J’ai la variété Explorateurs.

    • Sylvain Marineau dit :

      Taillez vos rosiers au printemps.
      Les explorateurs ont enlève le bois morts et les fleurs fanées. Vous pouvez le rajeunir en enlevant le vieux bois, pas plus du tiers des tiges et vous les enlever au complet jusqu’au sol. N’oubliez d’appliquer compost et engrais après l’avoir nettoyé. À partir du mois d’août pas de taille et d’engrais.

  5. gisele Lavoie dit :

    merci

  6. Esther dit :

    Bonjour, j’ai un arbre planté chez moi zoné 5 et je suis en zone 4. Comment le protéger le plus efficacement possible ?
    Merci

  7. richard cote dit :

    problèmes constant a toute les années de mes climatiques même après de nombreux fongicides . Je les jettes?

  8. Anonyme dit :

    Votre courier est très intéressant,je le consulte régulièrement,et appris beaucoup de choses.
    Merci pour les bons conseils.

  9. celadon7 dit :

    Rustique ne veut pas dire non gélif 0° à-5° voire -7°si bien exposé, pas plus sinon il faut protéger le pied Les pics de froidure chez nous c’est Avril -Mai .ce sont surtout les vignes qui “trinquent”en gelant les bourgeons

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