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Une seconde vie pour des bulbes

Le 20 juin 2022, lors de la séance ordinaire du conseil de la Ville de Québec, Isabelle Roy, conseillère municipale du district de Robert-Giffard, appuyée par Madame Patricia Boudreault-Bruyère, conseillère municipale du district de Neufchâtel-Lebourgneuf, a proposé que la ville «s’inspire du programme de don de bulbes de la Commission de la capitale nationale du Canada pour récupérer et redistribuer les bulbes de tulipes et qu’elle profite des journées de distribution d’arbres, afin que les citoyens puissent facilement se les procurer et ainsi participer à fleurir la ville.»

Maison Girardin, arrondissement de Beauport, Ville de Québec. Photo Isabelle Roy.

Chaque année, la ville de Québec, comme de nombreuses municipalités à travers le monde, plante des milliers de bulbes sur son territoire, dont des tulipes. Après leur floraison et une fois leurs feuilles fanées, ces bulbes sont retirés et jetés avec les matières résiduelles, donc compostés.

Je crie au SCANDALE! (J’aime beaucoup crier scandale, je dois l’avouer.)

Pourquoi ne pas redistribuer ces bulbes aux citoyens ou à des organismes communautaires?

Réaction de la Ville de Québec

Le 4 juillet 2002, Benjamin Aubert écrivait dans son texte Québec refuse de distribuer ses bulbes de tulipes, publié dans Métro Québec, que «des analyses environnementales, techniques et économiques sont nécessaires afin d’être en mesure d’évaluer adéquatement la faisabilité de cette proposition» et qu’il «n’est pas possible de réaliser ces analyses à court terme».

À mes demandes d’information auprès de la Ville de Québec, on a répondu que «l’an dernier, un premier projet pilote de dons de bulbes à un organisme, l’Engrenage Saint-Roch, a été fait. Des analyses sont en cours cette année pour déterminer les modalités de dons d’une deuxième année de projet pilote. De plus, il n’est pas prévu d’organiser une distribution des bulbes pour le moment.»

Un autre projet pilote non officiel

Au même moment, dans l’arrondissement de Beauport, Mme Roy menait un autre projet pilote, celui-ci non officiel. Avec l’aide du directeur d’arrondissement et la collaboration de Croque ton Quartier et de citoyens du quartier, 1000 bulbes ont été récoltés sur le site de la Maison Girardin. Ils ont ensuite été transportés par l’entreprise d’entretien vers l’espace collectif de l’organisme.

Les tulipes en libre-service. Photo: Facebook de Croque ton quartier

Mme Roy a aussi récolté quelques bulbes pour les redistribuer aux citoyens de son district. Le tout a été organisé via le site Facebook de Croque ton quartier avec peu d’implication de la ville de Québec. C’est donc un mouvement populaire et informel plutôt que centralisé qui a réussi à mener à bout ce projet, avec peu de moyens.

Commission de la capitale nationale

Mme Roy a été inspirée, en partie, par le programme de don de bulbes de la Commission de la capitale nationale qui plante 100?variétés de tulipes dans 120?platebandes réparties à 30?endroits différents à Ottawa et Gatineau.

Ceci est en plus des milliers de tulipes mis en place pour le Festival canadien des tulipes, qui se déroule toutes les années à la mi-mai.

Le programme de don de la CCN concerne les organismes à but non lucratif seulement. Les écoles, les hôpitaux, les églises, les municipalités, les sociétés d’horticulture et autres organismes à but non lucratif sont invités à envoyer leur demande à la CCN au début maiavec les informations suivantes:

  • Nom de l’organisation à but non lucratif (sur papier en-tête) 
  • Raison de la demande
  • Nom, numéro de téléphone et adresse courriel de la personne-ressource
  • Quantité de bulbes requise

Les bulbes doivent être utilisés dans les jardins de la propriété de l’organisation. De plus, les bulbes ne peuvent pas être utilisés pour des collectes de fonds, ou pour l’usage personnel des membres du public.

Bulbes récoltés sur le site de la Maison Girardin. Photo: Isabelle Roy.

L’Ancienne-Lorette

La ville de L’Ancienne-Lorette, située aux abords de la ville de Québec, a une autre approche. Lorsque la floraison des bulbes est terminée, ils sont récoltés et mis en sac par 8. Cette collecte représente donc le gros du travail pour les employés de la ville.

Les bulbes sont disponibles lors de la distribution annuelle de pousses d’arbres, fin mai. Premier arrivé, premier servi, avec un maximum de 8 bulbes par personne. Chaque année, c’est environ 6000 bulbes de tulipes qui sont remis aux citoyens.

Auparavant, les bulbes étaient envoyés à l’Écocentre. C’est l’initiative d’un conseiller municipal qui a mené à cette initiative.

Comment s’impliquer

Pour les citoyens de la ville de Québec qui souhaitent que la pratique de redistribution des bulbes se répande à la grandeur de leur belle municipalité, le mieux est d’écrire à la ville par courriel.

Vous pouvez aussi signifier votre intérêt aux conseillers municipaux.

Pour les autres, que se passe-t-il dans votre ville avec les bulbes? Est-ce que votre municipalité a un programme de redistribution de bulbes?


commentaire sur "Une seconde vie pour des bulbes"

  1. Pierre Mongeau dit :

    Il me semble que la question est pourquoi enlever des bulbes qui vont encore fleurir?!

    • Hélène dit :

      Parce qu’ils ne refleurissent pas tous. Certaines variétés fleurissent seulement 1 an et les bulbes qui n’ont pas été enlevés par les écureuils peuvent refleurir mais avec des fleurs plus petites. Donc, pour les villes, difficile de faire des jolies plate-bandes

  2. Diane dit :

    Bonjour Mathieu, je cris au SCANDALE moi aussi! 😉
    J’habite à Gatineau, tout près des très beaux sites magnifiquement fleuris par la Commission de la Capitale Nationale. Je t’avoue que je n’avais jamais pensé (Mea Culpa…) à ce qui advenait de tous ces beaux et bons bulbes après qu’ils aient accompli leur tâche initiale d’égayer le printemps des citoyens et des touristes. Ma première idée, si je m’étais arrêtée pour y penser…, aurait été que les employés de la CCN récupéraient ces bulbes pour les replanter à l’automne. Quel gaspillage d’argent et de ressources que de tout recommencer à chaque année! Au moins, ils en font don à des organismes sans but lucratif. J’aime l’idée d’élargir ces dons à tous les citoyens qui en feraient la demande, dans le but de fleurir le maximum de quartiers et, en même temps, d’aider à conscientiser la population à l’importance de redonner une seconde vie aux fleurs, plantes, vêtements, appareils électroniques, téléphones, et j’en passe… il en va de l’avenir de notre belle planète! Petit bulbe va loin ce matin! 🙂

  3. Simoneau, Claudie dit :

    Pourquoi les retirer? Ils pourront refleurir l’année suivante!

    • celadon7 dit :

      non pas forcement pour une nouvelle floraison de bulbes il te faudra récolter les caïeux et les mettre en culture trois ans en évitant la floraison les deux premières années la tige centrale coupée la sève redescendra dans le bulbe le faisant forcir .Il te faudra du temps et un grand terrain .

  4. Juliette dit :

    J habite en France dans le Rhône à Saint genis laval. Ici c est pire toutes les années des annuelles sont mises pétunia pensées et bulles puis jetés mais le pire est en décembre achat de 200 petits sapins mis sur un grillage pour faire un immense sapin et en janvier on enlevé et on broie tout ça pour le compost. Ici cela ne dérange nullement la mairie…

  5. Nathalie dit :

    En France, près de Paris (Montreuil) la commune à organisé une journée portes ouvertes dans les serres, et à cette occasion les bulbes étaient mis à disposition du public. J’en ai pris un peu trop, alors j’ai partagé le surplus avec mes voisins ! Pas de gâchis ?

  6. Diane Hébert dit :

    Qu’elle bonne idée

  7. celadon7 dit :

    Montreuil il y a eu une école d’horticulture il doit en rester des vestiges avec les murs aux pêchers palissés. C’est là que mon brevet horticole a été validé .

  8. Anonyme dit :

    Vous avez raison. C’est scandaleux!

  9. Odette St-Pierre dit :

    Vous avez raison. C’est scandaleux!

  10. Rachel Lamontagne dit :

    On pourrait mentionner la ville de Montréal qui arrache toutes ses fleurs encore en pleine floraison à l’automne. Pourquoi???

  11. Gilles Laplante dit :

    Encore un exemple du gaspillage de nos élus. Pourquoi ne pas planter des bulbes qui pourraient fournir de belles fleurs à chaque année? En donner aux citoyens ce serait faire compétition aux commerçants ce qui n’est pas dans le mandat d’une ville.

  12. Annik K dit :

    Quelle bonne idée, la distribution des bulbes. Je vais soumettre cette option aux membres du conseil municipal de ma commune …..À voir si, comme moi, ils la trouvent bonne !

  13. bourquin dominique dit :

    Petite ville des Vosges Maintenant ils gardent les bulbes de tulipes , jacinthes et narcisses
    Mais les autres années j’en ai récupère autant que je voulais pour mon jardin et mes voisins
    En automne ce sont des fausses giroflées et des rudbeckia et coreopsis que j’ai transplanté dans mon jardin
    Je récupère aussi les semences et des boutures
    Merci pour vos lettres

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