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Dans les jardins de Métis

Il est rare qu’on publie des critiques de livres sur le site jardinierparesseux.com, à part celles en lien avec mon père, Larry Hodgson. Mais dans le cas de l’ouvrage Dans les Jardins de Métis. À la rencontre d’Elsie Reford, texte d’Alexander Reford accompagné des photographies de Louise Tanguay, je sentais que je devais faire une exception. Tout d’abord parce que mon père et Alexander se connaissaient depuis de nombreuses années et correspondaient régulièrement. Mais aussi parce que Larry raffolait des Jardins de Métis et y faisait de fréquentes visites.

Chalet de pêche

J’ai reçu le livre par la poste récemment, ayant oublié que je devais en faire une recension, ne sachant rien à son sujet, mis à part qu’il traitait d’Elsie Reford et des jardins qu’elle a fondés, les Jardins de Métis, situés dans la région touristique de la Gaspésie.

Ce qui a suscité mon intérêt en premier est que les jardins ont été construits sur le lieu d’un ancien chalet de pêche (mes lecteurs assidus savent que j’aime la pêche presque autant que le jardinage!). L’oncle d’Elsie Reford, George Stephen, avait établi un camp de pêche aux abords de la rivière Mitis. Dès les années 1900, Elsie Reford et son mari Robert Wilson Reford visitaient régulièrement le camp pour s’adonner à la pêche au saumon dans la rivière Mitis.

L’histoire d’une personne, d’un jardin et de l’horticulture

Le principal attrait de ce livre est qu’il aborde l’histoire des Jardins de Métis de divers points de vue. Tout d’abord, on suit l’achat de la propriété en 1886 et la construction du «camp» en 1887. Le Estevan Lodge se trouve d’ailleurs toujours dans les jardins. Ensuite Elsie Reford se joint au récit comme invitée du camp et puis comme propriétaire après que son oncle lui fit cadeau de la propriété en 1918.

Elsie Reford. Photo : Site web des Jardins de Métis

On apprend qu’Elsie Reford ne connaissait que peu l’horticulture avant de commencer l’établissement des jardins en 1926 et que les conditions dans la région n’étaient pas propices au jardinage, du moins c’est ce qu’on croyait à l’époque. Mais cette grande dame de l’horticulture au Canada a su confondre les sceptiques qui soutenaient qu’il faisait trop froid ou que le sol n’était pas approprié à la culture.

À travers le regard d’Elsie Reford, on observe les débuts de l’industrie horticole au Québec et dans le monde. Elle est en contact avec divers spécialistes et hybrideurs qui tentent de créer des plantes rustiques pour les jardins nordiques. Elsie participe involontairement à cet effort à travers ses expériences dans son jardin.

Pas que de l’histoire

Après cette leçon d’histoire, l’autre partie du livre nous présente les plantes qui ont fait la renommée des Jardins de Métis. Alexander Reford, arrière-petit-fils d’Elsie et directeur des jardins, et son équipe ont puisé dans les notes de la fondatrice pour redonner, autant que possible, aux jardins leur forme originale, et cela avec les plantes qui étaient disponibles à l’époque. On découvre le pavot bleu de l’Himalaya (Meconopsis betonicifolia), l’emblème des Jardins de Métis, mais aussi l’histoire de sa découverte et de sa distribution, ainsi que des conseils de culture. On mentionne même mon père dans cette section, puisqu’il trouvait la culture de ce pavot trop difficile et suggérait de l’éviter.

Pavot bleu de l’Himalaya. Photo : Site web des Jardins de Métis

D’autres plantes significatives des jardins, dont le lis, les pivoines, les fougères, les azalées et plusieurs autres ont droit à ce traitement: un mélange de conseils de jardinage, mais aussi d’histoire. On découvre des végétaux et des variétés qui se trouvaient dans les jardins de l’époque, mais on assiste à l’essor de l’industrie horticole au Canada du même coup.

Beauté du texte et des photographies

Je ne peux passer outre la grande beauté de ce livre, autant dans les thèmes abordés que dans la qualité de l’écriture et des photographies. Alexander Reford, historien de formation, ne fait pas que nous informer avec précision de l’évolution des jardins, mais nous éblouit par l’élégance de sa plume et ses anecdotes révélatrices sur la grande dame que fut son arrière-grand-mère.

Les photographies mélangent l’historique à l’actuel et, bien qu’on en parle moins que du texte, elles représentent tout autant d’intérêt. Louise Tanguay a puisé dans les archives de Robert Wilson Reford, photographe amateur et mari d’Elsie Reford, mais aussi dans ses propres photos prises lors de visites aux Jardins de Métis ces vingt dernières années. On apprécie particulièrement la juxtaposition de photos historiques et de photos actuelles qui permettent de voir l’évolution du jardin et le grand travail de restauration fait par l’équipe du jardin.

Legs

Je ne peux m’empêcher, en lisant ce livre, de penser au legs que nous a laissé mon père, décédé en 2022, avec ses 40 ans de carrière à partager ses connaissances sur le jardinage. Maintenant que je suis responsable de ses écrits, j’espère que je saurai garder son œuvre vivante avec autant de rigueur et de classe que le fait Alexander Reford dans ce livre et avec son travail dans les jardins de son arrière-grand-mère.

Dans les Jardins de Métis. À la rencontre d’Elsie Reford, d’Alexander Reford et Louise Tanguay est disponible chez Les Éditions de l’Homme depuis le 3 mai 2023.

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commentaire sur "Dans les jardins de Métis"

  1. Ginette Ross dit :

    Merci. J’adore lire sur les plantes et les beaux jardins même si ma santé ne me permet plus d’aménager mon petit jardin de…fleurs. Vous faites un excellent travail. Il est toujours permis de rêver.

  2. Shaballa dit :

    Il serait intéressant d’avoir plus de photos horticoles

    • Line Gauthier dit :

      Merci Mathieu pour cet article sur l’histoire des Jardins de Métis. C’est un article des plus intéressants. Et bien sûr, je vais me procurer le livre que je lirai avec grand intérêt. J’adore le jardinage, les fleurs, les légumes, les plantes … faut dire que je suis une petite-fille de fleuriste!
      J’ai visité les Jardins de Métis à deux reprises et ce sont des moments inoubliables pour moi. C’est un petit coin de paradis!
      Félicitations et bravo de continuer l’oeuvre de votre père, Larry.
      Je vous suis avec intérêt, c’est toujours un plaisir renouvelé de vous lire ou de voir les vidéos. Merci! Bonne saison !

  3. Geneviève Sylvestre dit :

    Bravo Mathieu pour la reprise du blog le jardinier paresseux. Vos sujets m’intéresse toujours autant que les sujets que votre père abordait.
    J’ai visité les jardins de métis à l’âge de 10 ans, donc il y a plus de 35 ans et je me souviens très bien du sentiment incroyable que j’ai ressenti en marchants dans les allés remplis de beauté. Les papillons qui virevoltaient d’une fleur à l’autre.
    Merci ??

    • Claire Picard dit :

      Merci Mathieu. Merci pour cet article et aussi pour ce travail pour honorer et poursuivre le travail si précieux de ton père. J’avais assisté à une de ses conférences il y a plusieurs années et j’ai manqué sa visite à mon jardin Le Tourne-Sol à Québec parce que j’étais ailleurs. Merci encore, je te souhaite une excellente poursuite et longue vie au site du Jardinier paresseux.

  4. Pierre Jutras dit :

    Merci Mathieu de poursuivre l’œuvre de ton cher père.

  5. J’ai visité plusieurs fois ce beau jardin et j’ai aussi pris le temps pour déguster un petit plat à la salle à manger.C’est un enchantement pour moi à chaque fois car c’est tellement magnifique.C’est sûr que je vais me procurer ce livre.Merci Mathieu et continue ton beau travail.

  6. Cécile Lavoie dit :

    Bonjour Mathieu,
    C’est très satisfaisant ce matin de vous lire en lien avec les jardins de Métis. J’y suis allée à quelque reprises et c’était toujours un réel enchantement de constater tout ce travail qui a été réaliser pour arriver à des jardins aussi magnifiques.
    Votre travail de promoteur de l’horticulture est très apprécié et vous êtes un digne embrassades de votre père.

  7. Jocelyne Lachapelle dit :

    Merci de votre partage de ce livre, les Jardins de Métis que j’ai visitée il y a 20 ans et j’y retourne en août. J’ai aussi vue un reportage avec M. Refort qui était d’un grand intérêt et racontant le travail qu’il voulait faire au site.

  8. Mathieu, La mention du livre et du travail photographique remarquable de Louise Tanguay est très apprécie. Merci d’avoir pris le flambeau de ton père. Il était notre visiteur le plus fidèle, seul ou avec ses groupes, il nous a toujours amener un regard intéressant et sa vaste connaissance des plantes et des jardins qu’il avait visité a travers le monde. Il nous manque beaucoup ; tu est le bienvenue quand voulu. Alexander

  9. Anne-Marie dit :

    Pour ceux et celles qui seraient intéressés à voir les fameux pavots bleus, je crois qu’il faut y aller fin printemps, début été. Je les ai vus à la fin juin il y a de cela plusieurs années. Ayant plusieurs semaines de retard avec le sud du Québec, à ce moment en Gaspésie, les lilas sont en fleurs, les fossés le long de la route sont remplis de lupins, et le jardin « version printemps » superbe! … j’espère retourner voir le jardin en plein été.

  10. Diane Hébert dit :

    Bel article, cela me donne encore plus envie d’aller voir ce jardin, depuis le temps que j’en rêve.

  11. Georges Normand dit :

    Merci d’avoir partagé l’information sur ce livre. Non seulement votre article m’a donné le goût de me le procurer mais aussi de me rendre à nouveau visiter ce merveilleux jardin que j’ai vu il y a plusieurs années.

  12. Harry Gow dit :

    Suie à ce billet sur le livre au sujet d’Elsie Reford je vais en commander un exemplaire de la librairie Wilkie à Sorel.

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