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Les plantes font des sons… que les animaux entendent!?

Depuis quelques semaines, je vois passer et repasser cette nouvelle découverte selon laquelle les plantes stressées émettraient des sons.

Parfois, mes deux chiens font le saut au même moment et jappent pour m’avertir qu’ils ont entendu quelque chose (que je n’ai évidemment pas entendu)… Coïncidence? Je ne crois pas!

L’étude scientifique

Je dis souvent que mes plantes me parlent. Elles le démontrent quand ça ne va pas: taches, perte de tonus, de coloration… Mais on sait maintenant qu’elles émettent également des ultrasons pour se lamenter.

J’imagine ma plante un peu molle qui hurle d’une voix très aiguë: «J’AIIIII SOIIIIIIF!!»… Et immanquablement, mon esprit scientifique se questionne: est-ce que les animaux entendent? À quoi servent ces sons? Sont-ils tous équivalents selon le type de stress ou le type de plante? Quelle cacophonie, ça doit être en forêt en pleine sécheresse!

J’ai consulté l’article scientifique à la source de cette découverte parce qu’en lisant les différents textes, je me suis rendu compte que les journalistes n’ont pas tous saisi la même information… Et je veux savoir si mes chiens entendent vraiment mes plantes!

Voici donc pour vous quelques informations tirées directement de l’article en question, traduites et vulgarisées par mes bons soins:

1. Comment les plantes émettent-elles des sons?

On sait depuis longtemps que les plantes stressées (pas par l’école ou le travail, on parle ici d’un stress environnemental comme un manque d’eau ou de lumière) peuvent émettre des vibrations. Celles-ci sont évidemment minimes et sont causées par des changements de pression dans la plante.

Pour ce qui est des sons aéroportés (les sons sont des vibrations qui voyagent dans l’air), il y a fort à parier qu’ils viendraient aussi de changement de pression dans les canaux des plantes. Pensez à une flûte, ou à un ballon: ils ne produisent pas les mêmes sons selon la force de l’air (la pression), ou selon les «voies de sortie» de cet air. Ces changements de pression créent des vibrations qui sont audibles. Pensez à la corde d’une guitare qui vibre.

Photo : Nothing Ahead

2. Comment entendre ces sons?

Nos oreilles humaines ne le peuvent malheureusement pas. En même temps, je ne voudrais pas entendre toutes mes plantes se lamenter des mauvais traitements qu’elles reçoivent.

Ces sons ne portent pas très loin. Lors de l’étude, les micros étaient positionnés à quelques dizaines de centimètres des plantes. De plus, les sons sont dans une fréquence inaudible pour l’oreille humaine (un peu comme les ultrasons des chauves-souris).

J’aurais aimé vous en dire plus sur les décibels et les hertz, mais après avoir lu l’article, ainsi que la page Wikipédia sur les décibels, je dois me rendre à l’évidence: je ne comprends rien à tous ces calculs sonores!

Contentons-nous de dire que les sons sont trop aigus et trop faibles pour l’oreille humaine. Il faut des micros particuliers capables d’enregistrer ces sons, des programmes informatiques pour les modifier et les amplifier pour qu’on puisse les entendre (ou plutôt les voir grâce aux courbes de son) et, de toute évidence, être un expert dans le domaine!

Une des images tirées de l’article. Aux figures C et D, vous avez un aperçu de ces sons émis par les plantes. Source : Cell

3. Qui entend ces sons (à quoi servent-ils)?

Très bonne question! À quoi ça peut bien servir de «dire»: AYOYE! ON M’A COUPÉ UNE BRANCHE!

Ici, on est dans les suppositions. L’étude a réussi à démontrer que les plantes émettent des sons différents en fonction des différentes espèces et de la nature du stress (en l’occurrence, la sécheresse ou le fait d’en couper des bouts). Certaines hypothèses font cependant beaucoup de sens.

Certains papillons nocturnes qui peuvent entendre ces sons pourraient s’en servir pour choisir le bon arbre où pondre. En effet, un arbre stressé risque d’être un moins bon choix: on veut un hôte en santé pour y mettre ses bébés!

Aussi, les plantes pourraient réagir aux sons pour se protéger de la sécheresse. Si un voisin est en manque d’eau et qu’on perçoit son stress, on s’arrange pour ne pas perdre sa propre eau inutilement et on ralentit sa transpiration (ben oui, les plantes respirent et transpirent!).

Je me souviens d’avoir déjà entendu parler d’un arbre qui émettait des phéromones lorsqu’il était grignoté par un animal. Il prévenait ainsi ses voisins qui envoyaient un composé dans leurs feuilles pour présenter un goût désagréable et se protéger. Peut-être y a-t-il une influence semblable avec les sons?

J’espère vraiment une prochaine étude ayant pour sujet Pourquoi les plantes ont développé ce mécanisme et quel est son rôle dans la nature?, mais pour le moment, savoir que ça existe est déjà un bon début!

Les auteurs de l’article aimeraient bien que ces connaissances puissent servir un jour, notamment pour comprendre les plantes dans les champs ou dans les serres afin d’augmenter la productivité, ou encore repérer les stress très tôt. Ils ont découvert que la plante émet des sons de plus en plus rapidement selon l’intensité du stress. Pourquoi attendre que notre plante ait la mine basse? Dès qu’elle fait des sons, hop! Un peu d’eau!

Quoi faire de tout ça?

Pour le moment, pas grand-chose. C’est une super découverte, mais on est encore trop tôt pour pouvoir dire qu’on comprend les plantes. Trop peu d’espèces ont été testées et on n’est jamais à l’abri que l’expérience ait donné de faux résultats puisqu’elle est la seule documentée jusqu’à maintenant. Ça reste vraiment cool!

Constat personnel

L’article mentionne que les sons émis pas les plantes (entre 20 et 100 kilohertz (kHz)) peuvent être détectés par plusieurs mammifères et insectes à une distance de 3 à 5 mètres.

Comme ceux-ci sont émis dans le spectre audible par les chats et chiens (qui entendent respectivement jusqu’à 60 et 50 kHz), j’aime à croire que (même si je ne connais rien aux sons) ceux-ci peuvent les entendre. Les humains pour leur part n’entendent pas au-delà de 20 kHz.

Photo : Brixiv

Est-ce que votre chien a un arbre préféré où faire ses besoins? Peut-être qu’ils ont des grosses conversations ensemble!

Est-ce que votre chat se roule toujours dans votre plante araignée? Peut-être qu’il aime ses cris de souffrance! (Les chats sont sadiques, que voulez-vous?)

On est très loin de tout savoir sur ce qui nous entoure, alors pourquoi ne pas faire de suppositions un peu farfelues?


commentaire sur "Les plantes font des sons… que les animaux entendent!?"

  1. Daniel Fantino dit :

    Le céleri assoiffé s´ouvre comme une fleur pour se refermer une fois abreuvé. Fait il des sons ? Lorsque je croque une de ses branches, on peut tous l´entendre se faire grignoter. Une fois bien mou et mort, on
    n´entend plus rien. Je doute que vous parliez de ce genre de son mais qui sait ? ?

  2. Sandra Beauregard dit :

    J’en suis convaincue d’autant plus que les plantes aiment la musique douce et classique.
    Elles nous envoient une forme d’énergie magnétique lorsqu’on approche nos mains près d’elles. On peut ressentir cette énergie si on laisse nos mains quelques secondes autour de leur feuillage…Alors j’imagine que le stress, une blessure peut faire réagir un chien. On a pas fini de faire des découvertes avec Mèee Nature.

  3. Thibault dit :

    Depuis au moins 50 ans et plus que je cultive des plantes d’intérieur, je faisais germer des noyaux d’avocats, à l’époque la plante était somptueuse, mes visiteurs et amis ont toujours été éblouis par mes plantes, j’en ai moins maintenant, on disait de moi elle a le pouce vert, dans les faits c’est que j’adore les végétaux soit dehors ou à l’intérieur, ce sont mes amis. Je me sens bien avec eux et c’est si beau une belle plante en fleurs ou en santé. Jeune , j’étais intuitivement persuadée qu’elles percevaient les sons et j’en suis certaine, mais les bons soins restent la meilleure chose à faire. Vous lire peut aider à mieux comprendre le monde végétal, la botanique aurait été un très bon choix de vie pour moi.

  4. Louis Paré dit :

    A propos des sons des plantes, j’aimarais apporter un complément d’information ou de réflexion:
    Il n’y a rien qui nous dit que ces sons ont une utilité ou une intention quelconque. Plein de phénomène physiques font du bruit, sans intention ou message; Les arbres craquent en hiver mais personne ne prête aux l’arbres l’intention de signaler leur détresse au froid; mon estomac fait des gargouillis, mais je ne crois pas qu’il s,agisse d’un message; la rivière qui coule fait des sons, mais elle n’émet pas de message volontaire. Capter des sons qui témoignent des phénomène physique au sein des plantes n’a peut-être pas plus de sens (message) que les gargouillis de mon estomac. Évidemment, on peut interpréter les sons, comme on interprète les sons des battement du coeur pour y déceler des pathologies, mais il faut faire attention à ne pas prêter des intentions aux plantes, avec des messages. Les animaux pourront vraisemblablement interpréter certains sons qu’ils entendent, mais là encore, je doute beaucoup qu’une vache qui broute tienne compte des sons des plantes. Une plante qui souffre de sécheresse a certainement moins d’eau et de goût qu’une plante bien arrosée. La vache ira simplement brouter du coté le plus vert.

    Bravo pour vos chroniques, elles sont fort intéressantes.

    • Audrey Marel dit :

      Vous avez totalement raison! Peut-être que mon article peut porter à confusion, mais effectivement, l’arbre n’a pas nécessairement d’intention. Les sons peuvent être une simple mécanique comme les bulles d’air qui circulent dans nos intestins et font des gargouillis.

      Mais cette absence d’intention ne veut pas dire que les autres espèces ne profitent pas de ces sons! Après tout, le clapotis de la rivière guide les animaux assoiffés!

    • Diane Parisien dit :

      Entièrement d’accord avec M. Paré. Attention aux anthropomorphismes! Quand j’arrose mes plantes intérieures j’entends parfois un petit son… le bruit de l’eau qui s’infiltre dans la terre. C’est poétique si je dis que la plante me dit merci.

  5. Jasmine dit :

    Merci pour ces informations!
    (Et les chats sont de grands sensibles, doux, bien que parfois éprouvés par de durs expériences. Je tenais à le souligner. ??)

  6. Francis Ross dit :

    Eh Eh Eh, Audrey vient de se dévoiler: “En même temps, je ne voudrais pas entendre toutes mes plantes se lamenter des mauvais traitements qu’elles reçoivent.” Elle maltraite ses plantes.
    Mais FAUTE AVOUÉE À DEMI PARDONNÉE. 😉
    Bel article différent.

    • Audrey Martel dit :

      Eh oui, ma grande philosophie avec mes plantes: la vie veut vivre, mais si t’es trop capricieuse pour ça, too bad! Hahaha

  7. Diane Perron dit :

    1971, UQTR, je suis dans un cours d’anglais. Un chercheur vient glisser un mot à l’oreille de mon prof. Celui-ci revient dans le cours, l’air un peu bouleversé. Une expérience vient de se dérouler au local d’à côté. Pendant qu’un chien y subissait une chirurgie, un chercheur avait branché un oscillateur (genre sismographe) sur des plantes. Le chien avait émis des petits gémissements pendant l’opération. L’oscillateur avait émis des graphes grandiloquentes à chaque plainte de l’animal, au grand étonnement du chercheur. Tout le monde était ému de cette découverte. Quelqu’un avait même suggéré qu’il y avait peut-être eu un certain degré de compassion entre les plantes et le chien. Peut-être que l’empathie existe sous d’autres formes au-delà du 20 kHz humain. L’avenir des mesures quantifiables nous le dira. Oh! Un superbe cardinal vient de se poser sur une branche de mon pomme d’api… Douce nature… Vivement la fin des guéguerres de conquête. Que Poutine aille donc planter des fleurs! Paix, merde, Paix!

    • Diane Perron dit :

      Oh! Je faisais juste allusion à la disparition de cette douce nature…je fantasme très fort à imaginer Poutine planter des rosiers. Il y a un rosier gagnant chez Vesey’s IPE, EN CE MOMENT. Ses couleurs changent au gré des variations de sa maturité. Amerloques…c’est du jargon français vernaculaire péjoratif importé ici, ça non? Je hume le tussilage qui vient de sortir après la neige, il dégage les voies respiratoires en tisane. Merkel, mon idole. Elle avait dit aussi: « À chacun sa merde! » Ah ah ah!

      • Diane Perron dit :

        Prenons le temps d’encercler Poutine… Pendant ce temps, les humains et la nature disparaissent… bin oui, effeuillons la marguerite… Poutine m’aime, Poutine ne m’aime pas… il a la nature (dictature) bien sise entre les 2 jambes… voyons, je fais de la bio, moi là? « Tout est dans tout et ce réciproquement »comme a dit Sacha Guitry. Clin d’oeil! Pardon Audrey, je sais que ta rubrique était sur les sons audibles! … bombardements… ah non! Je récidive! Je promets de ne plus politiser le débat! Clin d’oeil.

  8. Jacinthe Lafrenaye dit :

    Bonjour,

    je dirais plutôt à Vlodimir Zélensky de cesser de se plier aux diktats des Amerloques qui n’ont pas respecté les accords de Minks. Angela
    Merker nous a bien renseignés sur le sujet: il fallait gagner du temps pour continuer à encercler la Russie et laisser l’Ukraine s’armer aux dépens des pays de l’OTAN.

    Il faut se méfier de la propagande des USA et consorts.

    Bonne journée

    Jacinthe Lafrenaye

    • P.Boissonneault dit :

      Peut-être que tu rêves trop, peux-tu me citer juste 1 pays qui voudrait envahir la Russie, s’en défendre oui, il y en a des dizaines.

      • Jacinthe Lafrenaye dit :

        Personne ne veut envahir la Russie car elle a l’arme nucléaire, comme personne ne veut envahir les États-Unis car ils ont aussi l’arme nucléaire. Par contre, les États-Unis ne se sont pas gênés pour envahir la Libye, l’Afghanistan, le Kosovo, l’Irak, le Laos, la guerre du Golfe en 2003, etc. et aussi sans l’accord de l’Otan non plus. Je veux juste souligner que les États-Unis ne sont pas blancs comme neige, mais plus hypocrites.

  9. Nelly dit :

    Bonjour et merci pour cet article.
    Pour évoquer les rapports des chats et des plantes, voilà ma toute petite histoire.
    J’ai eu un chat qui me suivait pas à pas systématiquement et se plaçait au plus près du pot que j’arrosais (plantes d’intérieur).
    Je ne sais pas s’il entendait les soupirs d’aise des plantes et que ça lui faisait plaisir ou s’il appréciait simplement l’odeur d’humus mouillé que dégage le substrat à ce moment, mais il n’a jamais failli et s’est toujours montré très intéressé par mes actions d’arrosage alors que le reste de ce que je pouvais faire ne provoquait aucun intérêt de sa part.

  10. Xavier Mallet dit :

    Bonjour, très intéressant votre article. J’ai lu dans le passé des articles sur ce phénomène. Si ma mémoire est bonne, je crois qu’ils appelaient ça l’effet “kirlien”. Je suis content que cela soit enfin reconnu et je vous remercie pour votre article très instructif.

  11. Salim dit :

    Merci pour cet article très intéressant! On ne peut aimer les plantes sans se dire qu’elles communiquent avec nous car intuitivement l’on se sent bien en leur compagnie et que ce sentiment nous a toujours semblé être “partagé”. Mon épouse parle à ses plantes et me dit se sentir comme “interpelée” par elles lorsqu’elles manquent d’eau ou qu’une “bibite” les agresse…intuition, empathie, signal sonore…ou les trois à la fois!?

  12. Grobèr dit :

    Bravo pour cet article intéressant mais je suis sur que vos plantes ne hurlent pas si souvent. Un petit cri de temps à autre peut être ? Une petite théorie pour l’utilité de ces cris : comme la fonction des insectes grignoteurs est de débarrasser l’environnement des plantes faibles, malades ou inadaptées, ces cris pourrait les avertir de venir faire leur travail. Du genre : “On ne m’a pas plantée au bon endroit, achevez-moi pour que ma prochaine vie se passe à un meilleur endroit”. C’est toutefois une hypothèse à tendance bouddhique.

    • Brigitte dit :

      J’ai adoré votre article! Je vais en parler à Bambou, mon bon chien! J’attends avec impatience la suite de cette étude, ils me semble que des scientifiques russes il y a des années avaient déjà abordé le sujet du langage des plantes dans une autre perspective, non? Merci aussi pour votre humour, Brigitte

  13. Brigitte dit :

    J’ai adoré votre article! Je vais en parler à Bambou, mon bon chien! J’attends avec impatience la suite de cette étude, ils me semble que des scientifiques russes il y a des années avaient déjà abordé le sujet du langage des plantes dans une autre perspective, non? Merci aussi pour votre humour, Brigitte

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