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Exposition sur les plantes étranges: visiter comme un biologiste

Je suis fan de jardins botaniques. J’aime être dans un environnement paisible et plein de choses vivantes à observer. J’aime apprendre aussi et, si je pouvais visiter un musée différent chaque semaine, je le ferais! Cette année est peut-être ma chance: j’ai acheté ma passe annuelle pour Espace pour la Vie.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Espace pour la Vie regroupe le Jardin botanique de Montréal, l’Insectarium, le Biodôme, le Planétarium, ainsi que la Biosphère.

Je suis donc allée, à la fin de février, profiter de l’exposition temporaire sur les plantes étranges et, franchement, ce fut une activité très plaisante. Je ne vais pas trop en dévoiler sur l’exposition en soi pour vous garder la surprise, mais je vais vous partager quelques observations du point de vue d’une biologiste amatrice de plantes.

Autrement dit, je vous permets d’entrer dans ma tête le temps d’un article! Je m’excuse d’avance, je n’ai pas pris de photos… je ne suis pas du tout le genre à me coller le nez contre un écran quand je fais une activité.

Une visite à mon rythme

Nous sommes un couple de biologistes avides d’apprendre. Faire le tour du jardin de l’étrange nous a pris une heure et demie.

Nous avons vu des familles avec de jeunes enfants qui avaient également du plaisir, mais qui ont fait le tour de la serre en 15 minutes.

Au fond, l’important, c’est de vivre l’activité à votre rythme et d’en tirer le maximum pour vous. En ce qui nous concerne, on adore être curieux et se donner le temps de s’émerveiller, de discuter et d’analyser ce qu’on voit. C’est une chance de pouvoir partager nos passions; ça enrichit encore plus l’expérience!

La fleur de l’arbre aux houpettes (Calliandra haematocephala).

Le coup de cœur de ma visite est la fleur de l’arbre aux houpettes (Calliandra haematocephala), un arbre dans la famille des fèves. Ayant toujours fait mes visites au jardin botanique à l’automne, pour le bal des citrouilles, je n’avais jamais vu cet arbre en fleur (qui se trouve pourtant… dans la serre d’exposition des citrouilles!)

Exemple de questions que mon conjoint et moi échangeons devant une plante:

– Est-ce que ce bourgeon, c’est une seule fleur ou une inflorescence? (Faudra revenir dans deux semaines…)
– C’est dans la famille des asperges, mais ça ne ressemble à rien que je connaisse…
– Je veux cette plante! (Ça, c’est moi devant les plantes à troncs et les bégonias)
– Comme j’aimerais voir les UV; cette fleur doit être particulièrement colorée puisqu’elle est verte pour nous!
– Tu crois que ça respire le jour ou la nuit?
– Cette plante est la cousine des conifères, regarde: elle fait des cocottes!


Dans la serre numéro 10: le jardin de l’étrange

À notre entrée dans la serre, la température m’a impressionnée. Ce n’est rien d’extravagant, c’est très confortable, et pourtant, des plantes tropicales gigantesques cohabitent avec des petites plantes toutes fragiles et venant des quatre coins du monde.

(Il faut dire que pour atteindre cette serre, il faut en traverser d’autres, dont celle des bonsaïs qui est glaciale, car les arbres miniatures sont en mode «hiver» et dépouillés de feuillages. La transition est donc saisissante.)

Avant de m’engager dans le parcours, j’observe autour de moi: je repère des plantes qui sont résidentes dans cette serre et d’autres qui y sont pour l’exposition. Certaines sont énormes et touchent le plafond, d’autres sont petites et passent inaperçues si on ne prête pas attention. Tout est si bien aménagé qu’on n’y voit que du feu. Tout a l’air d’être bien planté depuis longtemps et il faut un œil exercé pour différencier les ajouts. L’équipe de jardiniers a fait un travail remarquable!

La décoration aussi renforce l’immersion dans le monde des plantes étranges. On se croirait dans un laboratoire un peu en fouillis, envahi de plantes étranges. Certaines sont en évidence, comme des sujets d’étude, et d’autres sont là, au sol et un peu sauvages, comme en attente. Le tout donne une impression du labo dans le film d’animation Un monstre à Paris.

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En profiter tout au long de la visite

Apprenez-en davantage grâce aux étiquettes

Certaines plantes résidentes ont une étiquette supplémentaire pour attirer l’attention sur leur appartenance au monde de l’étrange: oui, c’est un bananier, il est tout le temps là, mais regardez sa taille incroyable!

J’aime prendre le temps de lire le nom des plantes: pas les mémoriser, juste les lire. Parfois, je reconnais un nom, ou bien un mot étrange retient mon attention, et parfois j’oublie ce que j’ai lu dans l’instant.

L’objectif, c’est de prendre mon temps et de ne rien manquer. Il y a peut-être une plante spéciale un peu cachée derrière un gros monstera que je n’aurais même pas vu sans la carte. Alors je m’assure de bien voir TOUTES les cartes. J’ai payé pour entrer, alors je vais en avoir pour mon argent!

Exposition à l'Espace pour la vie de Montréal.
Photo : Jardin botanique de Montréal (Michel Tremblay)

Où regarder pour ne rien manquer? Levez les yeux!

Souvent, on regarde au sol ou à la hauteur de notre visage. Mais plus haut, il y a peut-être des merveilles! Et l’exposition des plantes étranges a une jolie façon d’exploiter l’espace aérien. J’ai adoré passer dans une espèce de tunnel au toit végétal, avec les fleurs en pompons de mon arbre à houpettes, sans oublier la décoration.

Voici la feuille de l’arbre aux belles fleurs mentionné ci-dessus. Ce sont mes deux seules photos, prises pour une identification avec l’application PlantNet… Quand je vous dis que je ne suis pas une kid kodak!

Finalement, une autre manière de bien observer: approchez-vous!

Penchez-vous et regardez de près, parce que certaines plantes sont minuscules et faciles à rater si on ne regarde que LA plante qui est devant nos yeux. Ma seconde plante préférée s’est avérée être un népenthès absolument minuscule dans un terrarium. Les cloches ne faisaient que quelques millimètres et je devais avoir le nez contre la vitre depuis une bonne minute quand je l’ai enfin remarqué! Merci la carte. 😉

Exposition à l'Espace pour la vie de Montréal.
Photo : Iman Taufik

Ça bouge… même si ce sont des plantes!

J’ai beaucoup aimé le procédé technologique de l’exposition: on nous remet une carte qui permet de répondre à des questions ou de faire bouger certaines parties du décor. Tout au long de la visite, ça émerveille les jeunes (et les moins jeunes), en plus de renforcer l’immersion dans ce laboratoire de l’étrange.

De plus, en tant que scientifique experte en vulgarisation, j’ai été satisfaite des informations données: ni trop simplifiées au point où l’information n’est pas vraie, ni trop poussées. Et si d’autres questions vous titillent, il y a des animateurs et bénévoles sur place pour répondre.

C’est très interactif et dynamique pour une visite végétale!

Mes conclusions

Honnêtement, je m’attendais à voir énormément de plantes carnivores. J’ai été agréablement surprise de voir qu’en fait, une réelle recherche a été faite pour présenter d’autres types de plantes «étranges», en plus de ces intrigantes gobeuses d’insectes.

J’ai aimé me dire «ben oui, c’était sûr qu’il y aurait un lithops quelque part!» et sentir que j’étais en quelque sorte en phase avec l’équipe qui a créé l’exposition.

Mais j’ai également été bien heureuse de découvrir des plantes avec un nom étrange, une ressemblance avec un animal, ou encore une forme bizarre. Des plantes qui sont nouvelles (ou non) pour moi, mais qui m’ont permis de m’arrêter un instant et de les regarder sous un nouveau jour. «Oui, j’ai cette plante à la maison, mais wow: je n’avais jamais remarqué que…»

J’ai eu le plaisir de m’arrêter à plusieurs reprises devant une plante et débattre sur «est-ce que c’est une fleur, une inflorescence, un bourgeon?» Parfois, voir des choses étranges suffit, mais moi, j’aime comprendre. Je me suis retrouvée en équilibre précaire, ou carrément à genoux, la tête tournée vers le haut, pour saisir les subtilités des plantes exposées.

De temps en temps, j’aurais voulu plus d’informations, alors je sortais mon téléphone pour chercher comment fonctionne la reproduction d’une plante. Si j’avais attendu d’avoir terminé la visite, j’aurais oublié, et de toute façon, je pouvais rester jusqu’à la fermeture: j’allais prendre le temps de faire une recherche. C’est ça, la curiosité!

J’ai eu une agréable discussion avec une bénévole, j’ai vu des gens s’extasier, j’ai appris des choses (on ne cesse jamais d’apprendre) et j’ai passé une très agréable journée.

Bonus

Si vous prévoyez y aller, dépêchez-vous, car ça se termine le 30 avril. Mais surtout, n’oubliez pas d’aller faire un tour dans la serre des orchidées. Je n’étais jamais allée dans les serres à ce moment de l’année et ce fut un plaisir de voir toutes ces fleurs multicolores aux formes parfois extravagantes. J’ai vu des espèces dont je n’avais vu les fleurs qu’en photo.

Que voulez-vous? J’ai beau préférer les beaux feuillages, les fleurs des orchidées sont des merveilles de la nature. Et elles sont parfois… étranges!

Plante vue à l'exposition de l'Espace pour la vie de Montréal.
Photo : Madison Inouye

Étiquettes + Jardin botanique de Montréal


commentaire sur "Exposition sur les plantes étranges: visiter comme un biologiste"

  1. Rachel Lamontagne dit :

    Merci pour la suggestion de sortie. J’y cours…

  2. Hélène Bédard dit :

    Merci . J’avais l’impression de visiter avec vous.

  3. Jacquie CHERI dit :

    Bonjour Audrey, quel bonheur de vous lire et de faire la visite avec vous, j’avais vraiment l’impression d’être à vos côtés, frustrée quand même de ne pas pouvoir admirer toutes ces merveilles ! Et d’autant plus frustrée que je n’aurais jamais l’occasion de voir ni l’expo, ni le jardin botanique car j’habite dans le sud de la France, et ayant deux enfants expatriés nos voyages se concentrent sur la Silicon Valley et La Réunion…
    Comme vous , je suis très curieuse et je veux en savoir un max sur les plantes que je contemple, et à la Réunion je suis gâtée pour ça, les plantes étranges ne manquent pas !
    Merci pour votre article, c’était une évasion très agréable
    Cordialement

  4. Jacinthe dit :

    Merci Audrey! Je ne manquerai pas d’y aller! Une merveille de biodiversité ce jardin!

  5. Jeannine Malo dit :

    J’avais prévu y aller aujourd’hui alors votre article tombe bien, merci pour les conseils de visite.

  6. Clémence Julien dit :

    Grand merci de nous partager votre émerveillement. Une qualité que j’ai toujours appréciée de Larry Hodgson.

  7. Louise D. dit :

    Bonjour,
    Je suis guidé bénévole au Jardin botanique depuis plusieurs années. Deux précisions pour votre information et celle de vos lecteurs. D’abord, la serre que vous avez traversée avant d’entrer dans la grande serre d’exposition des plantes étranges est celle du Jardin céleste. On y expose des penjings et non des bonsaïs, c’est-à-dire des paysages en pot de tradition chinoise et non des arbres en pots de tradition japonaise (les Japonais ont développé leur tradition longtemps après les Chinois).
    D’autre part, les orchidées présentées dans la serre des orchidées et des aracées sont changées au gré des floraisons pour que la serre soit toujours intéressante à visiter. Les serres de production ont en réserve beaucoup de spécimens.

  8. Bon essai. Merci!

  9. drift hunters dit :

    Merci pour les conseils de chacun!

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