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Le Shinrin Yoku… dans ta cour!

Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler de cette nouvelle tendance d’origine japonaise, le Shinrin Yoku. Librement traduite comme la thérapie par la forêt, cette pratique mérite qu’on s’y intéresse et, oh surprise!, si vous jardinez, vous bénéficiez déjà d’une grande partie des bienfaits du Shinrin Yoku.

Le Shinrin Yoku est un bain de forêt qui a le pouvoir presque magique de recharger nos batteries. Photo: Kiwihug sur Unsplash.

C’est en 1982 que le gouvernement du Japon lance un programme de soins préventifs basés sur le Shinrin Yoku. Ce n’est pas d’hier que l’on reconnaît les bienfaits des plantes et de la nature sur la santé humaine (sous toutes ses facettes), mais il est relativement récent de considérer le contact avec la nature comme une sorte de prescription médicale. En effet, pour arriver à ce constat, il faut, bien sûr, que les réels effets bénéfiques du bain de forêt soient validés par des études scientifiques. Et depuis les années 1990, c’est exactement ce qu’a fait le Japon (et quelques autres pays).

S’offrir une séance de Shinrin Yoku, ça ressemble à quoi?

Dans sa plus pure expression, le Shinrin Yoku est une simple balade en forêt où la détente, le silence et la solitude sont de mise. C’est en quelque sorte un moment contemplatif et méditatif qui, sans qu’on s’en rende compte, aura des effets bénéfiques sur la santé physiologique et psychologique du baladeur. Le Shinrin Yoku s’inscrit dans une pratique plus générale que l’on appelle la thérapie de la nature.

On vend souvent l’expérience du Shinrin Yoku comme un art très raffiné, où seules quelques forêts anciennes, composées de certaines espèces d’arbres particulières, ont droit de visite. Le promeneur doit se mettre en état de pleine conscience afin d’éveiller ses cinq sens. Il faudrait circuler en sandales de bambou et en pantalons de lin et, à la limite, la pratique ne serait réservée qu’aux «élus». Or, la science nous révèle qu’il n’en est rien et que le Shinrin Yoku est vraiment, mais vraiment à la portée de tous!

Quelques faits sur les bienfaits

Avant de vous donner le secret d’un Shinrin Yoku réussi, parlons un peu des réels effets qu’a cette expérience de la nature sur la santé humaine. Le plus important avantage (et le plus documenté scientifiquement), c’est la diminution du niveau de stress. On entre dans la forêt stressé… et on en ressort moins stressé! Et la bonne nouvelle, c’est que plus la personne vit un stress intense, plus important sera l’effet sur la réduction du niveau de stress! Dans le même ordre d’esprit, le Shinrin Yoku a aussi des effets bénéfiques sur l’anxiété et la dépression.

On commence aussi à confirmer les effets sur les problèmes cardiovasculaires, comme l’hypertension, la réduction du risque d’épuisements professionnels et même des effets sur le système immunitaire, comme la réduction des risques de cancer. Les troubles respiratoires et étonnamment, les allergies, peuvent aussi diminuer grâce au Shinrin Yoku. Les personnes atteintes de certains types de diabète soutirent également des bénéfices de ces balades en forêt.

Enfin, et c’est une évidence, après une balade en forêt, on se sent plus relaxé, notre sentiment de gratitude augmente et on devient soudainement plus altruiste!

La révélation-choc!

Wow! Que c’est formidable, tous ces avantages! Ça vaut vraiment la peine d’aller faire un tour dans le bois? Et la réponse est oui, bien sûr! C’est toujours chouette d’aller marcher en forêt, mais…

En réalité, tous ces effets bénéfiques presque miraculeux, on les obtient aussi… en jardinant! Eh oui, les études sur le jardinage nous donnent sensiblement les mêmes résultats. Une petite recherche japonaise a même révélé que certains bénéfices sont obtenus après une marche en forêt de 15 minutes seulement. Nul besoin de gravir des montagnes ou de s’acheter des bottes de rando! Une autre analyse fort intéressante révèle qu’il suffit de contempler trois dracénas… dans un laboratoire, et hop! C’est le bonheur! Cette dernière étude démontre que les plantes d’intérieur, elles aussi, sont très, très bonnes pour «nos» santés.

Le jardinage procure sensiblement les mêmes effets bénéfiques que le Shinrin Yoku! Photo: Pexels.

Les chercheurs se sont même posé la question: est-ce l’odeur de la forêt, est-ce le son de l’eau d’un ruisseau, est-ce la vue de la forêt? Qu’est-ce qui fait que la forêt nous fait du bien? Et bien, c’est tout cela! Les fameux phytoncides, que l’on associe beaucoup au Shinrin Yoku, sont en fait des composés organiques volatils antimicrobiens. Simplement dit, ce sont les odeurs de la forêt expliquées scientifiquement! Bref, les grands bienfaits du bain de forêt ne se résument pas seulement aux phytoncides. Les sons, la vue et même les écorces que l’on touche contribuent aux effets globaux du Shinrin Yoku.

Comment expliquer tout cela?

Certains scientifiques ont avancé l’hypothèse que le sentiment de confort que procure la nature est étroitement lié avec notre évolution. À nos origines, nous vivions carrément dans la nature. Le mode de vie artificiel de nos sociétés modernes serait donc une source permanente de stress. C’est comme si on retournait «chez soi» quand on va dans la forêt.

Et au fond, même sans preuves scientifiques, nous nous en doutions bien qu’une promenade en forêt, ça fait du bien. Sans pleinement comprendre tous les fondements de la pratique, Cyrus le Grand, au 6e siècle avant J.-C., faisait construire des jardins dans les villes surpeuplées de la Perse. Paracelse faisait l’éloge de la nature qui guérit (cela dit, il est aussi un fervent adepte de la théorie des signatures). Et nous, qui jardinons, savons à quel point se mettre les mains dans la terre fait du bien!

Alors, même si le Shinrin Yoku, par sa définition même, nous invite à déambuler dans le milieu boisé, ne perdons pas de vue qu’on peut soutirer les mêmes effets bénéfiques lors d’une séance de jardinage de 30 minutes dans notre propre cour!

Profitez de la nature et de vos jardins! C’est excellent pour la santé! Photo Pexels.

Étiquettes + Forêt naturelle


commentaire sur "Le Shinrin Yoku… dans ta cour!"

  1. S.LaFerrière dit :

    Au nom de tous ceux et celles qui, comme moi, n’ont ni sandales de bambou ni pantalons de lin (et encore moins accès à une forêt vierge…), merci pour cet article ! Vivement le printemps pour pouvoir recommencer le jardinage!

  2. Diane Perron dit :

    Votre recherche confirme ce que la tradition orale des Amérindiens Hurons Wendats dit que l’on ressent lorsque l’on passe un moment sous un érable mature à contempler et à méditer. Ce grand arbre puise des litres d’eau de la terre à chaque jour pour s’hydrater et l’être humain situé dans son giron et sous sa canopée bénéficierait de ce bienfait antistress et regénérateur.

  3. Carole dit :

    J’ai la chance d’habiter en ville avec derrière la maison un boisé de plusieurs kilomètres d’arbres ou les gens circulent avec leurs enfants, en couple ou avec leurs chiens par un petit sentier fait à partir de leurs propres pas, en hiver aplati par des raquettes.. Je me sens bénie à chaque matin, alors votre article est tout à fait juste. Merçi vous lire aussi nous rend heureux!

  4. J.J. dit :

    Tel monsieur Jourdain, qui faisait de la prose sans le savoir, je pratique depuis, vu mon âge, des temps immémoriaux le Shinrin Yoku (sans sandales en bambou, mais avec de bons gros godillots de marche).et je m’en suis toujours bien trouvé.

  5. Diane dit :

    Simplement MERCI!, Julie, pour ce bel article qui nous fait du bien ce matin!! Tout comme une belle promenade en forêt ou dans nos jardins… 🙂

  6. Sylviane Guillot dit :

    La forêt et le jardinage ont toujours fait partie de mon hygiène de vie sans trop savoir que scientifiquement cela contribue à ma santé. Le plaisir et la détente que cela me procure c’est mon bonheur.SG

  7. yves1964 dit :

    Tout à fait d’accord avec vous! Pendant des milliers d’années nos ancêtres étaient des chasseurs-cueilleurs, alors, c’est sûr que c’est encore quelques parts dans nos gênes!

  8. Jacinthe dit :

    J’ai le bonheur d’habiter moi aussi en bordure d’une forêt… Tous mes sens en bénéficient et ce, quotidiennement… peu importe la saison… De l’apercevoir par la fenêtre de ma cuisine est un cadeau du ciel, et bien sûr, je reçois régulièrement la visite de ses habitants dans mon jardin… dont le renard… Quand je , le temps s’arrête…
    Un bain de forêt est en effet très thérapeutique… Dès que je je pénètre dans cet univers, ma respiration change… plus calme… plus profonde… Le jardinage extérieur ou intérieur m’apporte aussi un bien-être… Merci Julie de nous rappeler le lien entre l’homme et la nature… nous en faisons partie!

  9. Nono dit :

    L’hiver quand je vais prendre soin de mes poules, j’arrête dans ma serre vide, je m’assoie et je médite…j’ai des fois l’impression de sentir mes semis.

  10. Pierre Jutras dit :

    Moi de même, j’ai la chance de vivre entouré d’arbres et de jardiner dès que le temps le permet. Merci d’avoir publié cet article chère Julie!

  11. Sylvie dit :

    Mille mercis!

  12. Je crois que le bienfait qui existe a s’occuper des plantes, ne serait-ce d’une seule, est que cela nous oblige à nous décentrer de nos propres besoins et tourments pour porter notre attention sur autre chose que soi-même,..

  13. EAllaire dit :

    Merci pour ce beau commentaire qui me questionne, alors comment un Huron Wendat peut-il réussir à s’extirper d’une certaine expérience alors qu’il ne fait qu’un avec elle.

  14. Pauline Chevrier dit :

    Merci pour ces explications qui confirment les bienfaits que je retire de la nature.
    J’habite l’Ile des Soeurs et je me sens privilégiées d’être entourée d’arbres et de pouvoir m’amuser avec les plantes.

  15. Marie Authier dit :

    Bonjour,
    Est ce possible d’avoir les références
    des études auxquelles vous référez lors que vous nommez les bénéfices svp

  16. Sylvie Germain dit :

    Bel article fort intéressant. Si chacun le faisait, ce serait un monde en santé et équilibré !

  17. JULIEN C. dit :

    Quand j’ai passé 3 mois à Madrid, coincé entre la ville et le désert, j’ai fait une dépression… Je suis vite reparti dans ma forêt landaise ! 😉

  18. Lalou dit :

    Oui, évidemment, les sandales de bambou et les pantalons de lin font toute la différence!!! et sont tellement commodes au Québec en février. Merci pour cet article très intéressant même si, comme vous dites… on le savait déjà.

  19. Michel Garneau dit :

    Bonjour Mme Boudreau, j’aimerais que vous me confirmiez le 21 juin 2023 pour un conférence à St-Félicien… merci.

  20. Irène dit :

    Vous avez réveillé de vieux souvenirs Je me souviens comment les enfants (9-10 ans) à l’école, lors de projets de plantation, aimaient se mettre les mains dans la terre. Je les sentais relaxés et heureux. Ils prenaient plaisir à la manipuler et même à se salir. Quel beau souvenir. Je revois encore leurs sourires et le bonheur dans leurs yeux.

  21. Mélanie dit :

    C’est tellement prouvé que les médecins et certains autres professionnels de la santé peuvent (au Québec) vous le prescrire. Ça s’appelle PrescriNature. Et si oui avez ni foret ni jardin ou balcon pour jardiner, ça fonctionne aussi avec les parcs urbains. (Parait que c’est encore mieux si on y va en transport en commun pour la santé….de la planète 😉 )

  22. […] Oui, il y a pire dans la vie. Et le jardinage est quand même une activité dont on soutire bien plus de bénéfices que d’inconvénients. Tout de même, voir la lame se tordre, se plier en deux ou même carrément […]

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