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De la verdure hivernale, grâce aux micropousses!

La semaine dernière, je vous présentais mon matériel à semis et j’y faisais l’éloge du casseau à champignons comme contenant parfait pour faire des semis. Or, sur mes photos, mes maintenant célèbres casseaux à champignons contenaient des micropousses. Vous avez été plusieurs à manifester votre intérêt sur le sujet. Voici donc une petite initiation à la culture des micropousses.

Des pousses de brocolis, prêtes à être récoltées… et mangées! Photo Amartha yahya sur Unsplash.

Qu’est-ce que les micropousses?

Les micropousses, ce sont des plantes que l’on fait pousser à partir de la graine, mais que l’on récolte à un jeune stade pour les consommer. D’une certaine façon, c’est comme si on faisait un semis super dense, mais qu’au lieu de repiquer les plantes pour continuer la culture, on sortait les ciseaux pour tout couper… et tout manger! Dépendant des plantes, on récolte les micropousses au stade des cotylédons (les 2 premières choses vertes qui sortent du sol, et qui ne sont pas les vraies feuilles) ou au stade 2 à 4 vraies feuilles.

L’intérêt des micropousses, c’est qu’elles sont très faciles de culture et qu’elles permettent de cultiver dans la maison des plantes fraîches, pleines de vitamines, de minéraux et de protéines. On dit souvent (selon les sources et selon la plante cultivée) que les micropousses peuvent contenir de 10 à 50 fois plus de nutriments que les mêmes plantes en version mature. C’est donc une forme concentrée d’éléments nutritifs et de verdures si importantes pour la santé, surtout dans les climats nordiques où l’hiver nous prive de bons légumes frais pendant presque 6 mois.

Certains qualifient les micropousses d’aliments vivants et c’est assez juste, puisqu’on les consomme généralement dans les minutes qui suivent la récolte.

Les micropousses se cultivent sur du terreau, contrairement aux germinations qui sont cultivées sans sol. De mon côté, je fais mes germinations dans des pots Mason… et mes micropousses dans mes casseaux à champignons!

Quelles plantes cultiver en micropousses?

Ce ne sont pas toutes les plantes qui conviennent à la culture des micropousses et tout le monde a ses préférées. Pour ma part, ma favorite est le pois. Son goût est très neutre et il est possible de faire plusieurs récoltes à partir d’un semis, en ne coupant pas trop près de la base.

De nombreuses plantes de la famille du chou sont aussi très convoitées: le chou, le brocoli, la moutarde, le radis et la roquette. D’ailleurs, le chou rouge et le radis daïkon sont reconnus comme deux des micropousses très nutritives.

Le cresson germe très rapidement. Photo: Pexels.

Certains raffolent des tournesols, car ce sont de grosses pousses au goût tendre que l’on récolte à un très jeune stade, dès l’apparition des cotylédons. Si on attend trop, les plants deviennent fibreux.

Puis, il y a le cresson, qui est la micropousse la plus rapide de croissance. Celle-ci propose une saveur bien piquante qui est fort appréciée pour donner de la personnalité à une salade verte.

L’amarante, les trèfles, la luzerne, la coriandre (il n’y a jamais trop de coriandre), le blé et le chia sont aussi des plantes populaires pour faire des germinations.

Se procurer des semences: mes astuces pour économiser

Faire des germinations c’est comme faire un semis très dense: ça prend beaucoup de semences. Et si on considère une production permettant de faire des récoltes tous les jours, on doit semer quelques plateaux chaque semaine, donc, encore plus de semences! Même si cela est pratique d’écouler nos surplus de betteraves et de choux sous forme de micropousses, on arrive vite au fond des sachets.

C’est pourquoi, en général, on commande nos semences chez une entreprise spécialisée en micropousses et germinations. Toutefois, il y a quelques trucs pour obtenir des semences sans avoir à payer très cher. Par exemple, les semences de tournesol utilisées pour la germination sont celles du tournesol noir, le même que l’on utilise dans les mangeoires pour oiseaux! C’est sensiblement pareil pour le trèfle, que l’on peut se procurer en sac de semences pour pelouse écologique. Aussi, les semenciers offrent parfois un gros format, qui s’adresse aux producteurs de légumes. On peut donc commander les brocolis et les radis en sacs de 250 grammes. Et enfin, les magasins d’aliments en vrac et les boutiques d’aliments naturels offrent parfois des graines de tournesol crues, de chia et d’amarante qui peuvent germer et qu’on peut dérober à une fraction du prix des boutiques spécialisées. En général, il y a amplement de quoi passer au travers de l’hiver avec 250 grammes à un kilo de semences, dépendant de la grosseur des semences.

Comment procéder pour faire des micropousses?

La préparation d’un plateau à micropousse débute par le même procédé qu’un semis régulier: la préparation du terreau. On choisit un terreau pour semis de bonne qualité. J’ai fait plusieurs tests, avec de la perlite, de la vermiculite et des semis directement dans le compost de vers de terre et ma conclusion est que cela ne fait absolument aucune différence. Ces derniers produits étant plus coûteux, on peut les garder pour d’autres projets de jardinage.

Le terreau doit préalablement être humidifié dans un bac. Il doit être gorgé d’eau, sans être détrempé. On dépose une couche d’environ 2 ou 3 centimètres de terreau au fond d’un contenant à semis muni de trous de drainage. Les vrais plateaux à micropousses mesurent à peine 2 cm de haut. Puisque la saison de culture des micropousses est courte, il ne faut pas plus de terreau que cela.

Après avoir égalisé la surface, on répartit une couche bien dense de semences. Puis on les presse contre le terreau. En production, les plateaux sont empilés les uns sur les autres jusqu’au moment où les graines commencent à germer. De mon côté, j’ajoute un peu de terreau par-dessus les semences, même si cela n’est pas nécessaire.

J’humidifie la surface du terreau avec un vaporisateur et je place le tout dans un grand plateau noir sans trous, recouvert d’un dôme de plastique. Presque chaque jour, je m’assure que le terreau reste bien humide et au moindre assèchement, je vaporise la surface. Ici, il faut bien doser, entre le terreau sec et un surplus d’eau qui peut provoquer la moisissure des semences.

Une fois les semences germées, on peut arroser, au lieu de vaporiser. Souvent, je procède simplement en versant de l’eau dans le plateau noir, pour qu’elle entre dans les contenants par le dessous.

La plupart des semences prennent 7 à 10 jours pour germer et en général, on commence les récoltes après trois ou quatre semaines de production. On récolte les micropousses à l’aide de ciseaux, quand les plants ont deux cotylédons ou quand le petit plant a entre 2 et 4 feuilles. Ces pousses sont mangées fraîches, dans les salades, les sandwichs ou en simple ajout dans l’assiette.

En somme, quand on est déjà habituée à faire des semis, les micropousses sont d’une grande simplicité et cet apport de verdure fraîche fait le plus grand bien quand il tombe des mètres de neige à l’extérieur!

Photo: Wikimedia Commons.

Étiquettes + Micro-pousse


commentaire sur "De la verdure hivernale, grâce aux micropousses!"

  1. Anonyme dit :

    Merci pour cet article très utile et bien rédigé, enfin je vais pouvoir faire mes micros pousses.

  2. Anonyme dit :

    Merci ça semble plus simple que la germination. Je vais m’essayer pour les micropousses.

  3. DREMEAUX Catherine dit :

    Merci beaucoup pour cet excellent article très utile !

  4. Daniel Fantino dit :

    Bonjour Audrey je ´ai pas le coeur
    d´assassiner ces bébés. J´ai planté 10 légumineuses différentes d´un sac de haricots secs de l´épicerie pour voir si elles pouvaient germer. TOUTES ont germées. Maintenant je
    n´ose les arracher….Bon faut que je les mettent en pot….

  5. Anonyme dit :

    Pour faire des micropousses hydroponique
    Quel engrais et quel tapis de semence ?

  6. Richard dit :

    Bonjour, merci pour l’information. Je fais des micro pousses depuis trois mois environ. J’utilise un germoir quatre étages. Cela fonctionne très bien. Au début il y avait comme de la mousse ou moisissure mais j’ai appris en consultant que c’était des micros-racines. Je vais les étudier au microscope. Merci pour vos conseils.

  7. Carolane Guay dit :

    Bonjour!
    Je fais mes micropousses depuis quelques années déjà et j’adore! Dès que mes laitues sont finies dans la serre, environ au mois de novembre/décembre, j’embarque dans les micropousses pour les sandwichs, burgers, salades et compagnie.
    Je suis tout à fait d’accord, on a jamais assez de coriandre. Pareil pour le basilic! Miam miam! Ils poussent tellement vite et on les mange encore plus vite qu’en fait que je n’utilise même plus de terreaux. Deux épaisseurs d’essuie-tout font la job et ça s’en va direct au compost quand j’ai tout récolté. 🙂
    Bonne fin de semaine!

  8. Pascale dit :

    Petite question: pourquoi il est nécessaire d’utiliser que les tournesols noirs? J’ai plein de graines de tournesol qui ont poussés dans mon jardin, la majorité sont blanches/grises, je ne pourrais pas les utiliser pour faire des micropousses? Merci! ?

  9. Pascale dit :

    Petite question: pourquoi il est nécessaire d’utiliser que les tournesols noirs? J’ai plein de graines de tournesol qui ont poussés dans mon jardin, la majorité sont blanches/grises, je ne pourrais pas les utiliser pour faire des micropousses? Merci! ?

    • Mathieu Hodgson dit :

      D’après moi c’est une question de disponibilité. Les tournesols noirs sont facile à trouver et peu dispendieuses. Vous pourriez esseyer!

    • Julie Boudreau dit :

      Toutes les variétés de tournesols peuvent convenir. L’avantage du tournesol noir est qu’il est facilement disponible et peu dispendieux.

  10. Francine B. dit :

    Excellente chronique…..je vais m’y mettre ….. merci,

  11. Éléna dit :

    Formidable!!!! Et une fois coupées les micropousses, on jette la terre ou on resème direct dans la même terre?

  12. J. S. Hamel dit :

    J’ai essayé plusieurs variétés en pot macon et le seul que ça fonctionne bien c’est la luzerne. Les brocolis, et les choux se mettent à puer et les salades deviennent vraiment louche au look, j’ai pas osé les manger.
    Je crois que je vais essayer dans les cassaux de champignons pour ces variétés et continuer à avec le pot macon pour la luzerne!

  13. Manon dit :

    Doit-on recouvrir les bacs d’un couvercle plastique ??

  14. Monique Dufresne dit :

    Merci pour cette chronique. Je me suis mise à la culture des micropousses et ce midi je vais profiter de ma première récolte avec ma salade.

  15. Pelletier dit :

    Bonjour et merci pour cette chronique. Je fais des essais actuellement, pas toujours heureux. Je vais essayer avec le terreau. Est-ce qu’on réutilise le terreau où on le jette?

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