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Suggestions potagères pour réflexions hivernales – 3

Est-ce que votre plan de jardin est fait? Est-ce que vos semences sont achetées? Je sais très bien que nous sommes encore en plein hiver (du moins au Québec!). Mais mine de rien, les balbutiements du jardinage sont à nos portes! Si vous faites des semis intérieurs, il sera bientôt le temps de vous mettre en action. Si jamais vous manquez d’inspiration où qu’il vous reste une petite place à combler dans votre potager, je termine aujourd’hui ma minisérie de suggestions hivernales. Encore une fois, je vous présente un légume que j’adore, autant au jardin qu’en cuisine (évidemment!).

Choisir cette ultime plante potagère n’a pas été facile. J’ai compilé une bonne liste d’idées au fil des années, toutes aussi pertinentes les unes que les autres. Mais ne vous inquiétez pas, je trouverai bien le moyen de vous les présenter lors de prochaines chroniques. J’ai choisi ce légume, car il fut une découverte pour plusieurs à la ferme urbaine, mais également parce que certains qui le connaissaient ne savaient pas qu’il était possible de le faire pousser ici. C’est un légume de la famille des brassicacées, comme mes deux dernières suggestions, le chou-rave et la rabiole. Il se décline en une multitude de variétés, vous pourrez en essayer plusieurs! Je vous présente aujourd’hui le bok choy.

Des bok choys récoltés au printemps
Crédit : Les Urbainculteurs

Versatiles verdures asiatiques

Le bok choy fait partie d’un groupe de plantes potagères que l’on appelle souvent les « verdures asiatiques ». On y retrouve également le tatsoi et le gai lan. Ce que j’aime de ces verdures, c’est leur texture ferme et craquante. Elles peuvent être récoltées à n’importe quel stade de croissance, pourvu que ce soit avant qu’elles ne montent en graines. Elles se consomment en minilégumes comme à maturité, juste à couper à la base.

Un peu comme la rabiole, j’ai toujours cultivé le bok choy comme légume printanier et automnal. Durant les chaleurs de l’été, il a tendance à monter en graines plus rapidement. Vous verrez probablement sur les sachets de semences qu’il est possible de faire un semis direct, c’est-à-dire de mettre directement la semence au potager. Pour ma part, j’aime bien préparer des transplants à l’intérieur, environ 30 jours avant la mise en terre. Je transplante fin avril et mi-mai, puis fin juillet et début août. N’oubliez pas de fertiliser à la plantation. J’espace les transplants de 30 cm sur le rang et prévois un espace de 20 cm entre les rangs. Sachez que ces dimensions peuvent varier selon la verdure asiatique choisie.

Des tatsois à l’automne
Crédit : Les Urbainculteurs

Si vous êtes restreint dans l’espace, les verdures asiatiques sont intéressantes à cultiver avant une culture de temps chaud ou après la récolte d’une plante entière. Elles se cultivent bien en bacs car elles ont un faible enracinement.

Les bok choys et le froid

Il y a de cela quelques années, nous nous occupions du potager de façade de l’Assemblée nationale, à Québec. Nous avions transplanté des bok choys très tardivement et testé leur « résistance au froid ». Je n’ai pas de données scientifiques pour appuyer mon propos, mais j’ai souvenir qu’ils aient survécu à plusieurs petits gels (-1 à -3 degrés Celsius disons). Nous arrivions le matin et leur feuillage était tout affaissé et figé. Pourtant, après quelques heures au soleil, ils retrouvaient leur vigueur comme si de rien n’était.

Des bok choys le matin
Credit : Les Urbainculteurs

Ce « super pouvoir » est détenu par une quantité impressionnante de plantes potagères, il existe même plusieurs niveaux de résistance. Si cela vous intéresse, je vous invite à vous pencher sur la question, un autre sujet fascinant à explorer et expérimenter!

Voici rapidement comment elles fonctionnent. Ces plantes accumulent une protéine « antigel » qui leur permet d’abaisser le point de congélation à l’intérieur de leurs cellules. Elles arrivent à déplacer la majeure partie de l’eau de leurs cellules vers les rebords extérieurs, pour ne geler que partiellement (c’est ce qui donne leur allure flétrie en temps de gel). Finalement, elles peuvent changer la composition des gras qui composent la membrane de leurs cellules. Ceci afin de rendre cette dernière plus flexible et donc moins susceptible d’éclater si des cristaux de glace devaient se former dans la cellule. Impressionnant n’est-ce pas? Certains disent aussi que ce mécanisme permet de concentrer les sucres dans la plante et que ça améliorerait leur qualité gustative. Pourquoi ne pas l’essayer? 

Récolte tardive de bok choys
Crédit : Les Urbainculteurs

Attention aux insectes

Les verdures asiatiques doivent être couvertes d’un filet anti-insectes dès le semis ou le transplant. Les altises adorent ce type de feuillage, elles pourront le transformer en dentelle en un rien de temps! Croyez-moi, je l’ai appris à mes dépends la saison dernière. Par inadvertance, nous avons omis de couvrir des bok choys suite à une plantation. Résultat, je n’ai jamais vu le déploiement de ces verdures, elles ont disparu! Comme pour la rabiole, il est préférable de pratiquer la rotation des cultures afin de diminuer la pression pouvant être causée par l’altise. Si jamais vous retrouvez quelques trous dans les feuilles, sachez que le légume reste tout à fait comestible.

Des bok choys
Crédit : Les Urbainculteurs

En cuisine

Peu importe la variété que vous choisirez, elles sont toutes très versatiles en cuisine. L’été, j’aime bien les griller directement sur le BBQ. Elles peuvent se couper finement pour bonifier un sauté de légumes ou être cuites à la vapeur, entières. L’hiver, j’aime les couper en gros morceaux pour les laisser frémir dans une soupe-repas. Vous reconnaîtrez certainement le petit goût discret de chou avec une légère amertume, mais elles sont généralement beaucoup plus fraîches et gorgées d’eau. Je ne les ai jamais essayées crues dans une salade, mais dans le fond, pourquoi pas?

Que la saison 2023 soit remplie d’autres belles découvertes potagères!

Étiquettes + Bok choy


commentaire sur "Suggestions potagères pour réflexions hivernales – 3"

  1. Denise B, Québec, Qc dit :

    Vous parlez de fertiliser à la plantation, qu’est-ce que vous utilisez exactement?
    Merci beaucoup

  2. Brigitte dit :

    Merci, vous m’avez donné le goût d’essayer ce légume.
    Bonne journée

  3. Diane dit :

    Merci de la suggestion, Marie-Andrée!
    J’avais fait la tentative de cultiver des mini bok choy l’an dernier, sans succès. 🙁
    Je ne savais pas que ce légume préfère les conditions printanières ou automnales… je l’avais planté en plein été. Vous me donnez le goût de retenter l’expérience cette année.

  4. Chantal dit :

    Je le cultive depuis quelques années. Je cueille à mesure les feuilles les plus grosse et c’est long avant qu’il monte en graines. Pas de problème d’altise, mais les limaces l’aiment bien…

  5. diane dit :

    quel zone pour le bok choy

    • Mathieu Hodgson dit :

      Le bok choy serait rustique jusqu’en zone 3b, mais on l’utilise comme une annuelle, bien que c’est une bisanuelle.

  6. Yllen dit :

    Bonjour et merci pour cet article !
    Pouvez-vous m’expliquer le sens que vous donnez au terme “versatile”, s’il vous plaît (en France, ce mot n’est pas très élogieux et désigne quelque chose ou quelqu’un de changeant, capricieux, inconstant et autres joyeusetés pas très engageantes pour la culture d’un légume) ?
    Merci de votre réponse.

  7. Rachel Lamontagne dit :

    Délicieux en salade ou dans un sandwich pour remplacer la laitue!

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