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Un peu plus de Yucatan dans sa cour

Port d’El Cuyo. Photo: Mathieu Hodgson.

La semaine dernière, dans Un peu de Yucatan dans sa cour,  je vous ai présenté quelques plantes que j’ai croisées dans les rues sablonneuses du petit village de pêcheurs d’El Cuyo, situé dans la péninsule du Yucatan, au Mexique (Même en vacances, je ne peux m’empêcher de penser au jardinage!). Cette sélection représentait une synthèse de ce que j’ai pu apercevoir dans les petits jardins privés des villageois, mais aussi une liste de plantes qu’on pourrait faire pousser dans les endroits plus nordiques, comme plantes d’intérieur en hiver et d’extérieur en été. Certains de nos lecteurs pourront sans doute les cultiver à l’extérieur ou, du moins, trouver des variétés plus résistantes d’agaves, de palmiers et de dracénas.

Tout en fleur

Mis à part les sébestiers (Cordia sebestena), qu’on ne retrouve pas ou peu comme plante d’intérieur, la majorité des fleurs que j’ai observées poussaient sur le laurier-rose (Nerium oleander). Cet arbuste se retrouve à l’état sauvage autour de la Méditerranée jusqu’en Asie du Sud, mais a depuis été naturalisé dans plusieurs parties du Mexique, dont le Yucatan.

Laurier-rose (Nerium oleander). Photo: Mathieu Hodgson.

Cultivé à l’extérieur, le laurier-rose peut atteindre 7 m, tandis qu’à l’intérieur on voit rarement des spécimens de plus de 2 m. Cet arbuste est très utile en aménagement de par sa résistance à la sécheresse et sa taille. Personnellement, j’adore les plantes comme celle-là, qui ont un feuillage lancéolé, puisque leur texture se démarque dans un jardin. En outre, quel plaisir lorsque le vent fait bruire ses feuilles!

Cependant, malgré la beauté de son feuillage foncé, le principal intérêt du laurier-rose demeure sa floraison. Ses fleurs, roses à l’origine, font maintenant place au blanc, jaune, rouge, saumon et, selon le cultivar, peuvent même être bicolores.

Le laurier-rose est assez facile à faire pousser à l’intérieur, mais plus difficile à faire fleurir. Pour y arriver, il aura besoin d’une période de repos. Laissez-le dans un endroit aux nuits fraîches pendant l’hiver (16 °C) et avec moins de lumière (ce qui est assez facile compte tenu du raccourcissement de la durée des jours). Réduisez aussi les arrosages pendant cette période. Ensuite, ressortez-le dans votre jardin lorsque les températures nocturnes restent au-dessus de 10 °C. Recommencez à le fertiliser à faible dose avec un engrais à tout usage et laissez le terreau s’assécher entre les arrosages. Le laurier-rose s’adapte à l’air sec de nos maisons, mais, comme la majorité des plantes, préfère des conditions plus humides.

Ti (Cordyline fruticosa). Photo: Mathieu Hodgson.

Du rouge svp!

Avec toutes ces plantes au feuillage vert et le sable qui les entoure, les plantes aux teintes rouges ou roses se distinguent et sont très prisées dans les jardins d’El Cuyo. Ainsi, le Ti (Cordyline fruticosa) ou le Rhoéo (Tradescantia spathacea) se retrouvent dans la plupart des jardins pour cette raison.  

J’ai souvent vu le Ti seul. À cause de sa taille considérable (4 m à l’extérieur, 1,5 m à l’intérieur) et de  ses tiges dégarnies formant une houppe de feuilles de 30 à 50 cm à son sommet, on le retrouve souvent en isolé où il constitue le centre d’intérêt. Comme il requiert un éclairage moyen à intense, un arrosage régulier (ne pas trop laisser son terreau s’assécher) et des conditions humides, ce n’est pas la plante d’intérieur la plus facile. Sans ces conditions de croissance, il dépérira. Même s’il est originaire de l’ouest du Pacifique, on le retrouve maintenant à l’état sauvage au Mexique. Si vous ne pouvez en trouver en jardinerie, le dragonnier de Madagascar (Dracaena marginata) est aussi disponible en version panachée de rose et pourrait le remplacer.

Rhoéo (Tradescantia spathacea). Photo: Mathieu Hodgson.

Pour sa part, le Rhoéo, originaire du Mexique et du Guatemala, est souvent utilisé au village comme petite haie ou bordure, parfois devant une clôture pour en réduire l’impact visuel. Presque sans tige lorsque jeune, il forme des rosettes de 20 à 30 cm de haut ainsi que de larges feuilles, vertes sur le dessus et pourpre en dessous. Il peut atteindre 70 cm. Plus facile à conserver que le Ti, il lui faut quand même un éclairage moyen, un arrosage régulier et une atmosphère humide. Sous une luminosité intense, il peut même produire de petites fleurs blanches.

Nopal côtier (Opuntia dillenii). Photo: Mathieu Hodgson.

Mettez-y du piquant

Ma prochaine plante de choix n’était pas visible dans les jardins, mais j’ai été si surpris de l’apercevoir sur le bord de l’eau, dans les lagons du Parc de la réserve naturelle de Ría Lagartos, que je l’ai ajouté à ma liste. L’épineux nopal côtier (Opuntia dillenii) est originaire du Mexique et de la Jamaïque, mais on le retrouve maintenant dans le sud de l’Europe, en Asie du Sud et en Australie, à l’état sauvage. Ce cactus peut atteindre 1 à 2 mètres de haut et de large et est composé de feuilles aplaties (parfois appelées « raquettes » pour cette raison). Il produit des fleurs jaunes et des fruits comestibles.

Vous ne le retrouverez pas en culture, toutefois le genre Opuntia est composé d’environ 250 espèces, dont certaines peuvent pousser dans des climats plus frais. On retrouve même l’oponce de l’Est (Opuntia cespitosa) au Canada, dans le sud de l’Ontario. En général, les oponces (c’est-à-dire le nopal ou la raquette) ont besoin d’un éclairage intense, mais tolèrent l’air sec. Cultivez-les dans un terreau drainant ou un terreau pour les cactus et succulentes, qu’on laisse sécher complètement entre les arrosages. Faites très attention avec les oponces, car les glochides, de fines aiguilles miniatures qu’on retrouve sur l’auréole à la base des épines, peuvent pénétrer sous la peau. Touchez-y à vos risques et périls!

Alors, ajoutez donc un peu de piquant à votre jardin avec un oponce!

Béton estampé rougeatre
Le béton est le principal matériel de construction à El Cuyo, comme cet espace de béton estampé… et une Acalyphe de Wilke (Acalypha wilkesiana). Photo: Mathieu Hodgson.

Aménager un jardin du Yucatan

Si je devais choisir un matériel incontournable à un aménagement côtier, comme on en retrouve dans la péninsule du Yucatan, ce serait le sable! Malheureusement pour notre jardin (mais heureusement pour la personne qui passe l’aspirateur), ce n’est pas réaliste pour plusieurs d’entre nous de l’utiliser dans notre cour. Mais, outre le sable, ces aménagements sont composés de bois, de pierre et de béton.

Béton

 Le béton est utilisé comme matériel de construction par excellence dans cette région méridionale, autant pour les édifices que pour les jardins. On retrouve donc des patios et allées de béton, parfois estampés avec un motif de pierre naturelle, mais aussi des murs de béton à des endroits où ici, au Canada, on utiliserait une clôture de bois. Bien que le béton soit souvent peint, il est toujours pâle et délavé à cause de l’usure du vent et du sable. Au nord, un pavé de couleur beige ou gris beige à texture de pierre naturelle pourrait être utilisé à sa place, car le béton non renforci a tendance à se fissurer dans les climats nordiques.

Bordure de Pierre jaune,
Pierre jaune, typique des aménagements d’El Cuyo. Photo: Mathieu Hodgson.

Pierre jaune

On voit aussi de la pierre beige-jaune dans les aménagements yucatèques. Au Québec, où j’habite, on trouve beaucoup de roche grise, ce qui explique sa prépondérance comme matériau de construction.  D’ailleurs, le gravier utilisé dans le sud du Mexique est plutôt jaunâtre. Un gravier décoratif beige-jaune pourrait donc être utilisé dans vos zones piétonnières, vos patios ou comme paillis. Les murs de jardins à El Cuyo sont souvent construits avec cette même pierre, mais en plus gros morceaux, empilés environ 1 m de haut. Sinon, une pierre taillée de même couleur est utilisée comme parement sur un mur de béton.

Clôture de branche
Clôture de branche. Photo: Mathieu Hodgson.

Branches

Dans ce village, les clôtures de bois sont habituellement fabriquées de branches minces, plus ou moins droites, fixées sur des poteaux ou carrément plantées dans le sol. Le bois de construction est peu utilisé dans cette région, alors on obtient un style plutôt rustique que raffiné. Chez vous, le bambou pourrait être une bonne alternative, mais aussi le bois tressé.


Alors, ramenez un peu du Yucatan chez vous, que ce soit dans votre salon ou dans votre cour! Avec une petite cerveza dans le corps (ou plusieurs), vous entendrez peut-être même les déferlantes se briser sur la plage…

Étiquettes + el cuyo, peninsule du yucatan


commentaire sur "Un peu plus de Yucatan dans sa cour"

  1. Diane dit :

    Merci Mathieu pour ces très belles idées de décors et plantes inspirantes! 🙂
    En passant, comme je n’avais pas reçu de courriels m’avisant de nouveau contenu dans votre blog, ni hier ni aujourd’hui, je viens de me réinscrire sur votre site. À suivre demain…
    Bonne journée! Bon pelletage!

    • Mathieu Hodgson dit :

      Merci de votre commentaire et aussi de m’avertir pour le courriel. La programmeuse a été avertie de la situation.

  2. Richard L. dit :

    Oui, on peut se poser la question!

    Merci pour cet article.Très réussi!

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