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Un peu de Yucatan dans sa cour

Comme plusieurs d’entre vous, les dernières années ont été tranquilles côté voyage. Nous avions comme tradition, ma blonde, sa famille et moi, de faire un séjour au Mexique chaque année autour du temps des Fêtes, à la fin de ma saison d’aménagement paysager, ce qui n’a pas été possible depuis belle lurette. N’allez pas imaginer que je n’aime pas l’hiver canadien ; je l’adore! En fait, si on m’offrait la possibilité de passer mes hivers dans le sud, je préférerais rester ici, au Québec, à profiter des sentiers de raquette et de ski de fond. Mais j’aime bien aussi me retrouver dépaysé et découvrir la faune et la flore d’autres régions. Sans oublier, la culture locale!

Homme sur une motocyclette dans un village
Village d’El Cuyo. Photo: Misael Lavadores.

Je dois avouer que j’étais bien heureux de retrouver l’accueil et la générosité des gens de la péninsule du Yucatan. Cette année, nous avons passé quelque temps dans le petit village de pêcheurs d’El Cuyo. Situé à quelques heures de route de Cancún, El Cuyo se trouve sur une étroite bande de terre (plutôt de sable), serrée entre le golfe du Mexique et les lagons du Parc de la réserve naturelle de Ría Lagartos.

Les jardins du Yucatan

Bien qu’on y retrouve 74 km de plage, je préfère la pêche et l’exploration aux bains de soleil. J’ai donc parfois laissé ma blonde sur le bord de la mer pour aller satisfaire mes envies. J’ai passé toute une journée sur un vrai bateau de pêche avec William May et son équipage, de vrais pêcheurs locaux, et j’ai rapporté quelques belles prises que la famille a mangées pour souper. Fierté du chasseur-cueilleur!

pêcheurs à l'œuvre sur un bateau
L’équipage de William May travaille très fort pendant de longues heures, usant de méthodes de pêche soutenables. Photo: Mathieu Hodgson.

Je suis aussi parti en exploration des jardins du village d’El Cuyo.  On ne parle pas ici des jardins publics, mais plutôt des petits espaces que, tout comme nous, les gens du village remplissent de verdure ou abandonnent à la nature. Je me suis bien vite rendu compte que ce qui unissait ces jardins, ce sont certaines plantes, typiques du coin, soit parce qu’elles sont indigènes ou simplement parce qu’elles sont disponibles en jardinerie.

Ça vous dirait d’amener un peu de la côte mexicaine dans votre jardin? J’ai choisi quelques-unes de ces plantes pour créer un coin yucatèque dans votre jardin. Bien sûr, ce ne sont pas des plantes qui résistent au froid. Dans certaines de nos régions, elles devront donc passer l’hiver à l’intérieur. J’ai aussi basé mes choix sur la disponibilité de ces végétaux chez nous. Et non, les cocotiers ne sont pas sur la liste étant donné qu’il est très difficile (mais pas impossible) de les préserver sans beaucoup de chaleur et d’humidité.

Sisal (Agave sisalana) sous un cocotier. Photo: Mathieu Hodgson.

L’agave

Je ne parle pas ici de l’agave bleu (Agave tequilana), indigène du Mexique occidental et central, et à la base de la tequila, la boisson nationale. En arpentant les rues du village, j’y ai découvert des sisals (Agave sisalana) dans les terrepleins au pied des cocotiers. Cet agave, aux longues feuilles dentelées bleu vert, est probablement originaire de la péninsule du Yucatan ou de l’état du Chiapas, mais on le retrouve aussi en culture et il est naturalisé à travers le monde. Jusqu’aux années 1970, sa fibre servait à fabriquer de la ficelle et on l’utilise encore de nos jours comme matériel de construction ou dans l’artisanat, entre autres.

Sisal (Agave sisalana). Photo: Mathieu Hodgson.

Non, vous ne pourrez probablement pas trouver de sisals au Canada, mais peut-être en Europe ou dans certains états américains. De toute façon, voulez-vous vraiment d’un agave aux feuilles piquantes de 2 mètres de haut et de large dans votre salon? Il existe toutefois un bel éventail de mini-agaves disponibles sur le marché chez nous. Découvrez-en dans l’article Je craque pour les mini agaves de Julie Boudreau.

Voici quelques indications pratiques au cas où vous décidiez d’adopter un agave. En général, il préfère un éclairage intense, mais il tolère l’air sec. Utilisez un terreau drainant ou pour cactée et succulent, que vous laisserez sécher entre les arrosages. D’ailleurs, il vaut mieux réduire les arrosages en hiver alors que la croissance ralentit. Un engrais à tout usage peut être ajouté en période de croissance. Quant au rempotage, il se fait au printemps; vous pouvez le laisser dans un pot trop petit pour ralentir sa croissance au besoin. En outre, il est normal que les feuilles sèches s’accumulent sous la rosette. Vous n’avez qu’à les éliminer.

Palmier chat (Chamaedorea cataractarum) accompagné d'un Ti (Cordyline fruticosa)
Palmier chat (Chamaedorea cataractarum) accompagné d’un Ti (Cordyline fruticosa). Photo: Mathieu Hodgson.

Les palmiers

Ma promenade m’a fait découvrir également quelques espèces de palmiers, mais la plupart du temps, c’était le Chamaedorea cataractarum, communément appelé palmier chat ou palmier cascade.

Ce petit palmier originaire du sud du Mexique, y compris du Yucatan, semble ne pas avoir de tronc et forme des touffes de de 2 à 3 mètres de large à l’extérieur. On l’utilise d’ailleurs comme haie informelle à cause de cette tendance à s’étendre, qui lui permet de mieux s’enraciner et ainsi de se protéger contre les mouvements de l’eau lors d’inondations.  Ses 4 ou 5 feuilles dressées mesurent jusqu’à 2 m de long, 1 mètre, lorsque cultivé à l’intérieur.

Bien que ce soit un palmier très résistant à l’extérieur, le palmier chat peut souffrir de l’air sec, lorsque cultivé dans nos maisons. Il est mieux de laisser sécher son terreau légèrement entre les arrosages. Fertilisez avec la moitié de la dose recommandée d’engrais tout usage lors de la période de croissance. Puisqu’il y a habituellement plusieurs spécimens dans chaque pot à l’achat, on peut le multiplier en les séparant. Autrement, le palmier chat est produit par semis.

Ce palmier, commun dans les années 1970, est plus difficile à trouver maintenant. Si vous n’en trouvez pas en commerce, le palmier majestueux (Ravenea rivularis), plus populaire et facile à cultiver, donnera à votre terrasse un air tropical l’été, en plus de verdir votre intérieur en hiver.

Sansevière
Sansevière utilisée pour cacher un compteur électrique. Remarquez sa hauteur, presque 1,8 m, preuve que les sansevières s’épanouissent au soleil. Photo: Mathieu Hodgson.

Les dracénas

Vous avez peut-être déjà une variété ou une autre de dracéna à la maison. Sinon, vous avez dû en voir dans des espaces publics comme des bureaux ou des commerces. La raison de leur popularité est simple : ils tolèrent les conditions difficiles de nos immeubles, avec peu de lumière et d’humidité. On dit même de certaines espèces qu’elles sont increvables.

La première de ces plantes que j’ai remarquée dans les aménagements à El Cuyo est la sansevière ou la langue de belle-mère (Dracaena trifasciata), en particulier la variété Laurentii, avec ses feuilles vertes striées de vert foncé à marge jaune. Elle est utilisée à toutes les sauces : seule, comme haie basse, pour cacher des éléments indésirables, en pots, etc. Son feuillage contraste particulièrement bien avec le sable omniprésent dans le village.

Sansevière
Petite haie de sansevières. Photo: Mathieu Hodgson.

J’ai aussi aperçu plusieurs dracénas fragrants (Dracaena fragrans) panachés vert et blanc qui faisaient plus de 1,5 mètre de haut. Ce dragonnier est facile à trouver et se cultive aisément à l’intérieur. Ces deux variétés sont originaires d’Afrique, mais ont été naturalisées dans la péninsule du Yucatan.

Dracéna fragrant (Dracaena fragrans)
Dracéna fragrant (Dracaena fragrans) panaché vert et blanc. Photo: Mathieu Hodgson.

Même si je n’en ai pas vu de dracéna de Madagascar lors de mon expédition, j’en ai un dans ma chambre à coucher qui berce mes rêves tropicaux et qui serait tout à fait à sa place dans ce type de jardin.

Ces trois sortes de dracénas tolèrent un éclairage faible, mais préfèrent de loin plus de lumière. Ils adoreront passer du temps à l’extérieur en été. Ils acceptent aussi l’air sec, mais, encore une fois, une atmosphère humide est préférable. Laissez leur terreau s’assécher entre les arrosages. La sansevière peut même passer plusieurs semaines ou même des mois sans eau en période de repos. Pour cette raison, un terreau drainant est préférable, car ces plantes ont tendance à pourrir en cas d’arrosage trop abondant. En plus d’ajouter une touche exotique à votre terrasse en été, ce sont des plantes d’intérieur de culture facile pour votre maison.

Je vous reviens la semaine prochaine avec plus de suggestions pour ajouter une touche de Yucatan à votre cour ainsi que quelques éléments d’aménagement tropical!  D’ici là, hasta luego amigos!

Couché de soleil sur le lagon du Parque Natural Ria Lagartos.
Couché de soleil sur le lagon du Parque Natural Ria Lagartos. Photo: Mathieu Hodgson.

 

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commentaire sur "Un peu de Yucatan dans sa cour"

  1. Gaëtane LeBlanc dit :

    Très intéressant.
    J’aime bien vous lire.

  2. Anonyme dit :

    J’ai un petit jardin au Yucatan, et apprend à me familiariser avec toute cette flore. J’aime vous en entendre parler.

  3. Diane dit :

    Ahhh, votre article nous fait rêver ce matin, Mathieu! Merci!
    J’ai déjà hâte à la semaine prochaine pour découvrir plus de plantes du Yucatan et voir d’autres magnifiques photos! Bonne journée! 🙂

  4. Anonyme dit :

    merci tellement pour ces magnifiques photos.

  5. Vernet dit :

    Venez faire un petit tour dans le Sud de la France près de Montpellier j’ai tout çà dans mon jardin pas bien grand , des cactus, bougainvilliers, oiseaux de paradis, lauriers-roses . Tout est en sommeil sous le froi…relatif de 3 comparé à Montréal ! Bel hiver à tous

  6. Mireille dit :

    Bonjour
    On parle de période de repos de la sansevière,période durant laquelle la plante peut rester sans arrosage.
    Comment savoir c’est quand cette période de repos,merci de m’éclairer.
    Ça serait très pratique lorsqu’on s’absente.
    Bon dimanche

  7. Louise.m dit :

    Bien intéressant de te lire ce matin , comme Diane mentionner plus haut à suivre la semaine prochaine

  8. Hervé dit :

    Quel plaisir de voir ces plantes apprivoisées dans nos intérieurs nordiques s’épanouir dans les moindres recoins et bordures de rue du Yucatan. Merci

  9. Ghislaine Carpentier dit :

    Toujours aussi intéressant de vous lire. Bonne fin de vacances.

  10. Caroline Jarry dit :

    Si je ne me trompe pas, le sisal était autrefois utilisé pour faire de la jute. J’ai bien ri quand vous avez demandé si on voulait vraiment d’un agave aux feuilles piquantes de deux mètres de long et de large dans votre salon. Mon conjoint trouve qu’il y a déjà trop de plantes dans la maison, alors un sisal…! Rigolo.

  11. Mathieu Hodgson dit :

    La période de repos correspond habituellement à notre hiver. Le raccourcissement de la durée des jour ralenti la croissance des plantes. On peut donc réduire l’arrosage. On peut aussi mettre une sansevière dans un espace plus sombre pour simuler une période de repos. Il suffit de bien l’arroser avant et on dit qu’elles peuvent survivre jusqu’à 6 mois. Elle pourrait être ratatinée à votre retour, mais un retour graduel à un arrosage normal devrait la remaner à son état normal.

  12. Isabelle Dubuc dit :

    Merci pour ce voyage en photos et en tranches de vie…

  13. Suzanne dit :

    Bonjour Mathieu,
    Vous ne me croirez pas, ma belle mère est décédée en 1971, elle a laissé une belle sansevière que je possède depuis ce temps. Les soins ne sont pas difficiles, un peu d’arrosage. Elle est belle et j’en ai fait plusieurs rejetons depuis ce temps que je partage.
    Merci pour avoir pris la relève de papa. ??

  14. Jacinthe dit :

    Bonjour Mathieu! Incroyable! En plus de nous instruire et nous faire rire, tu nous fait voyager! Mille mercis!

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