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5 variétés de courges à découvrir

Au pays des courges, comme au pays des Hommes, il ne faut jamais se fier aux apparences. Mes courges favorites sortent tout droit du musée des horreurs! Et pourtant… quelles merveilles! Amenez-en des verrues, des malformations et des teintes d’une pâleur cadavérique. Vive les courges étranges… et bonnes!

Blue Hubbard: la courge Frankenstein

La courge Blue Hubbard. Photo: Jamain sur Wikimedia Commons.

Avouez qu’elle a les allures du monstre mythique avec ses extrémités étirées et sa chair bosselée, d’un vert-de-gris incertain. Elle est la favorite de plusieurs jardiniers, surtout en raison de sa très longue durée de conservation sur les tablettes. De toutes les courges conservées pour l’hiver, c’est la toute dernière à plonger dans les chaudrons. Sous ses allures de bête hideuse se cache une chaire orange vif au léger goût de muscade. Un ravissement pour le fin palais des experts dégustateurs de courges.

La légende veut que cette courge ait fait la traversée par bateau, entre les Indes occidentales et le Massachusetts, en 1854. Une certaine Miss Hubbard est impliquée dans l’aventure, mais son apport demeure flou.

C’est une courge énorme qui peut peser jusqu’à 18 kilos (40 livres), mais en général, au jardin, on s’en tient à la moitié de ce poids. On obtient des fruits matures après 110 jours de culture.

Turban Turc: la fausse greffée

La courge Turban Turc. Photo: National Garden Bureau.

Au premier coup d’œil, on est vite porté à croire que cette courge est en réalité deux courges différentes greffées ensemble en leur centre, comme le seraient les petits cactus greffés (Gymnocalycium spp.). Que nenni.

On l’appelle aussi le giraumon, le turban d’Aladin ou la citrouille iroquoise. On retrace les origines du Turban Turc aux Antilles, vers le début du 17e siècle. À partir de la transplantation au jardin, il faut attendre 95 jours avant de récolter. Cela en fait une bonne variété pour les climats plus nordiques. Sa chair orange est légèrement sucrée. Parce que sa chair est épaisse, c’est une courge que l’on peut évider pour y servir un potage. Il n’est pas rare de la trouver dans les grandes épiceries.

North Georgia Candy Roaster: une banane orange?

Au bas de la photo, la courge ‘Candy Roaster’. Photo: Veseys Seeds.

Je voulais au départ vous vanter les mérites de la courge ‘Pink Banana’, parce qu’une banane rose, on ne voit pas cela tous les jours! Par contre, mon dévolu s’est jeté sur une de ses proches cousines, la ‘Candy Roaster’ qui lui est semblable en tout point, si ce n’est la petite étoile verte qui termine le fruit.

Elle aussi, c’est une excellente courge de conservation. Dépendant de la source des semences, elle est parfois plus petite que la ‘Pink Banana’, d’autre fois, aussi grosse. Cette variété ancienne est cultivée par la nation Cherokee et on suppose qu’il s’agit d’une descendante de la courge ‘Pink Banana’. Comme l’indique son nom, c’est une bonne courge à faire griller au four.

Marina Di Chioggia: la boutonneuse

La courge Marina du Chioggia. Photo: Frerk Meyer sur flickr.

Certains la qualifieront de monstre ou de chose hideuse. Avec tous ses replis, on pourrait même dire que c’est le shar-pei des courges! Popularisée dans la ville italienne de Chioggia, au sud de Venise, à la fin du 17e siècle, cette variété ancienne est en vérité une curieuse variante du ‘Turban Turc’. Elle était alors appréciée comme légume d’hiver, puisqu’on peut la conserver assez facilement pendant 6 mois. D’une saveur plutôt sucrée, c’est une favorite pour farcir des raviolis. On peut même en faire des gnocchis!

Rouge vif d’Étampes: la fausse citrouille

Le potiron Rouge vif d’Étampes. Photo: National Garden Bureau.

On les voit souvent entassées dans les montagnes de citrouilles des marchés d’automne et pourtant on les reconnaît au premier coup d’œil. D’abord parce que c’est une courge de forme aplatie aux larges côtes et ensuite parce qu’elle est d’un beau orange foncé, presque écarlate, qui se démarque du orange citrouille. Elle sort du lot.

Elle fait plus précisément partie du groupe des potirons (Cucurbita maxima) que l’on reconnaît généralement par leur forme aplatie et leur pédoncule de forme cylindrique et d’apparence spongieuse.

C’est une variété ancienne, remontant au début des années 1800, originaire de la ville d’Étampes, non loin de Paris, en France. Vilmorin la citait comme la courge la plus populaire de tout Paris! Elle fut offerte pour la première fois en Amérique dans le catalogue Burpee en 1883.

Pour ma part, c’est une courge que j’apprécie pour la bonne saveur de sa chair. On en fait d’excellents potages. Facile à faire pousser, on récolte entre deux et quatre fruits après 105 jours de culture. C’est aussi une de mes courges qui se conserve le plus longtemps en chambre froide. Je peux parfois les cuisiner aussi tard qu’en mars. Et c’est une beauté!

Fait intéressant que je n’avais pas remarqué quand j’ai fait ma sélection, je découvre en même temps que vous que mes courges favorites sont toutes des courges d’hiver qui ont un très bon potentiel de conservation. C’est peut-être parce que je les vois sur une plus longue période de l’année qu’elles ont su se tatouer une place dans mon cœur. Dans mon cas, l’amour est aveugle! Je mentionnerai quand même rapidement deux autres courges que j’apprécie particulièrement: la ‘Delicata’ et les courges de type ‘Red Cury’. À vous de les découvrir! Toujours avide d’essayer de nouvelles choses, je serais bien curieuse de connaître vos courges préférées.

Étiquettes + Courges d'hiver


commentaire sur "5 variétés de courges à découvrir"

  1. Joceline Dubosq dit :

    J ai toujours privilégié le potiron car il est à mon avis beaucoup plus facile a découper contrairement à la traditionnelle citrouille mais depuis j ai découvert d autres curcubitacés….cette fois ci vous m avez convaincu je vais me chercher une Hubard
    Merci de la suggestion
    Joceline

  2. J.J. dit :

    La courge, la citrouille, le potiron …un monde infini ! Cette année la sécheresse et la grande chaleur m’ont fait rater mes Bleus de Hongrie, et je n’ai récolté que de misérables potimarrons pourtant nourris au goute à goutte. Mais j’ai eu souvent de belles réussites, comme ces Hokkaido qui avaient escaladé un vieux pommier, et qu’il a fallu aller récolter avec une grande échelle.

  3. Mireille Delisle dit :

    Merci pour ces découvertes! Moi aussi j’ai depuis longtemps adopté le plus « souple » potiron en cuisine et redécouvert la courge spaghetti mais vous avez définitivement piqué ma curiosité avec ces nouvelles variétés!!

  4. Hélène C. dit :

    Malheureusement mes courges ont été atteintes de Phytophthora sp. Vous avez des solutions?

  5. Jacinthe dit :

    J’explore depuis quelques années les différentes courges offertes aux kiosques de légumes et fruits frais des agriculteurs de mon quartier… J’adore faire provision de courges diverses pour l’hiver… et bien sûr je cuisine mes citrouilles d’Halloween! Fini le gaspillage!!!
    Surprise cette année: des courges ont poussé dans mon potager sans en avoir semé… cadeau des petits mammifères ou des oiseaux?
    Merci à qui de droit et aussi à vous Julie!

  6. Claire Duval dit :

    Merci pour les informations, il y en a une que je ne connaissais pas la boutonneuse? pour les autres elles sont délicieuses en potage, purée, mrcs grillées alors il faut simplement essayer…bonne dégustation ?

  7. Michèle dit :

    Merci ?pour la continuité de l’information pour honorer cher Larry?

  8. Salem dit :

    La courgette blanche est très peu connue, elle offre un fruit parfait pour cuisiner et aussi à croquer comme un concombre quand on le cueille à 10 cm ou moins. Un plant très productif

  9. Sylvie dit :

    Merci beaucoup Julie pour les informations sur les courges. Et bonne continuité!

  10. Isabelle Meunier dit :

    Bonjour, question conservation: vous dites que vous conservez vos courges en chambre froide, j’ai toujours pensé qu’on devait les conserver à température pièce. Qu’en est-il au juriste ? Merci

  11. Mariette dit :

    Chaque année, il me faut une citrouille que je transforme en potage et en muffins au parfum d’épices d’automne, promesses de belles soirées cocooning.

  12. Bettina Van Hassel dit :

    Je suis aussi une adepte de courges d’hiver. Cette année, j’ai cultivé la Blue Hubbart, la Buttercup, Butternut et Poivrée. La Red curry n’a pas poussé ces deux dernières années. J ai pourtant acheté de nouvelles semences! Il y a quelques année j’ai beaucoup aimé cultiver la pink banana dont j avais recueilli les graines dans un fruit du marché Jean-Talon. Mais celle qui m’a é paté par le passé c’est la Tromboccino que je ne retrouve plus ces dernieres années. C est une courge musquée géante en forme de trombonne. Elle provenait de La Société des plantes.
    Depuis quelques annees , les chrysomèles me rendent la vie difficile. Je dois repartir des plants et les couvrir de moustiquaire jusqu’à ce qu’elle grandissent assez pour survivre aux attaques…

  13. Louise dit :

    Avez-vous vu la caricature de Côté ce matin dans la Presse (probablement en provenance du Soleil)? Un bel hommage à Larry.

  14. cigalette 106 dit :

    Bonsoir et merci avant au jardin j’ai déjà cultivé le rouge vif d’Etampe très bon bon WE

  15. regis4 dit :

    Je rêve d’un jardin pédagogique et sensoriel conçu comme une promenade de découvertes émerveillées ! Donc merci Julie ! j’épingle dans ma webothèque (ouais beau thèque !)

  16. Marielle dit :

    Bonjour Hélène,

    Si je peux me permettre quelques conseils (je suis agronome 😉 ).

    Faites une rotation dans votre jardin. C’est à dire : n’utilisez pas le même endroit deux étés consécutifs pour vos courges (et concombres). Essayez d’attendre au moins un beau 3 étés avant d’y remettre des courges. Ça aidera à briser le cycle de la maladie qui s’est installé. (Ce conseil est bon pour tous les légumes.)

    Ensuite, évitez de planter dans les endroits frais et humides, qui sont les préférés des maladies.

    Enfin, si c’est possible, arrosez le matin. Ça permet aux feuilles et fruits de sécher avant le soir. La maladie aura moins de chances de se développer.

    Bonne chance pour l’an prochain!
    Marielle

  17. Louise dit :

    Très heureuse de faire, maintenant, parti du groupe

  18. Anonyme dit :

    Ça m’a fait plaisir de lire des articles aussi intéressants!
    Merci et Bonne continuation

  19. janpigo dit :

    Un détail que personne ne mentionne, me semble-t-il, c’est que pour les potages, il n’est pas nécéssaire de peler la plupart des courges et potirons. Le broyage avec un bon robot plongeur transforme toute la courge en purée, crème ou velouté. Mais je n’ai jamais esssayé avec la “boutonneuse” et autres laideronnettes.
    Par contre je m’interroge sur les recettes de graines de potiron non épluchées et grillées pour l’apéritif, recettes aberrantes que l’on trouve sur la toile. Je n’ai jamais obtenu que des bouts de bois immangeables. Quelqu’un/e a peut-être une bonne suggestion.

  20. Anonyme dit :

    J’en fait tous les ans et c’est un régal, il faut les manger comme on mange les graines de tournesol , on mange l’intérieur et dispose le reste.

  21. Anonyme dit :

    Merci pour ce beau descriptif. Je le aime toutes elles sont trop belles elles mettent mon coeur en joie simplement.

  22. claudette dit :

    Merci pour cette belle description qui me donne le goût de manger autre chose qu’une courge spaghetti.

  23. yves1964 dit :

    Merci beaucoup pour les informations! C’est très appréciés!

  24. Anonyme dit :

    Bonjour,
    Perso, je suis un inconditionnel de la bleue de Hongrie dont J.J. parlait ci-dessus..
    Une llante coureuse donnant 2 à 3 fruits par pied de 3 à 5 kilos. Délicieuse en gratin, en velouté lors d’un petit diner d’hiver ou en purée. Il m’est même arrivé de la tenter crue en salade : un régal.

    Sa jolie peau aux tons gris bleu surprend souvent mais sa chair est de couleur jaune orangé comme les autres courges de la même famille. C’est un potiron qui n’était pas très connu mais avec le retour des légumes anciens, cette courge est revenue “tendance” et souvent citée dans les colonnes des articles consacrés aux cucurbitacées

    Sa chair très épaisse devient très fondante avec la cuisson. Sur le plan “saveur”, elle se rapproche de le courge butternut avec une touche légèrement sucrée qui permet de tenter une tarte accompagnée de poudre d’amandes … génial !!!

    Avant de la cuisiner, il m’arrive souvent de bien la nettoyer, de frotter la peau avec un linge doux pour la faire briller et de l’installer au milieu de la table de la salle à manger, en déco. Le plaisir des yeux avant celui des papilles.

    Oh, j’oubliais … vous avez tenté la confiture de courge ? Avec cette bleue de Hongie, sur du pain grillé, c’est “le bon Dieu en culotte de velours” …
    Et bon appétit …

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