Truc du jour

La récolte des gousses de graines de vivaces

À l’automne, les plantes commencent à remplir leur mission ultime dans la vie: se reproduire. De nombreuses plantes le font au moyen de gousses ou de graines intéressantes.

Ici, dans nos jardins nordiques, les ancolies, les pavots, les iris et autres plantes fleuries forment des capsules ou des gousses* intéressantes et attrayantes. En observant ces plantes dans le jardin, à mesure qu’elles sèchent et que les graines mûrissent à l’intérieur, vous remarquerez que les gousses s’ouvrent (iris) ou que de petits trous se forment près du sommet (pavots). Ces plantes dépendent largement du vent et de la gravité pour disperser leurs graines et assurer ainsi la propagation de l’espèce.

*Pour simplifier les explications, nous utiliserons surtout le terme «gousse» dans ce billet.

Gousses immatures de l’iris d’Alaska, pas encore prêtes à récolter.
Ayez l’œil sur les gousses immatures, comme celles de l’iris d’Alaska (Iris setosa), en vous assurant de ne les récolter que lorsqu’elles commencent à brunir.

Dans les climats les plus froids, ce processus de maturation se produit assez rapidement, car les mois d’été sont courts. Cette «course vers la maturité» est une adaptation que les plantes utilisent pour leur survie dans le climat rigoureux du Nord.

La récolte des graines… et des gousses

Souvent, les jardiniers aiment ramasser les graines, mais oublient que les gousses aussi peuvent leur être utiles. Voici comment profiter des deux:

Gousse de pivoine anomala.
Les gousses de pivoine anomala (Paeonia anomala) ajoutent un attrait à la platebande quand elles s’ouvrent.

Ayez un œil sur votre jardin et surveillez l’apparition des gousses, capsules ou autres structures porteuses de graines vers la fin de la saison.

La plupart des gousses formées après la décoloration des fleurs seront vertes au début. Cependant, il faut attendre qu’elles brunissent et commencent à s’ouvrir avant de récolter les graines et les gousses.

Attention! Les graines ont tendance à ne pas mûrir si la gousse est récoltée trop tôt. Si vous voulez des graines viables, il faut généralement les laisser mûrir sur la plante. 

Lorsque les gousses sont sèches, coupez simplement la tige au ras du sol. Vous pourrez raccourcir la tige plus tard, si vous le souhaitez, pour qu’elle corresponde à la hauteur de votre vase ou autre récipient.

En tenant la capsule à l’envers, glissez-la dans un sac à lunch en papier* ou un sac de rangement en plastique. Après quelques semaines, secouez-le jusqu’à ce que toutes les graines tombent. 

*L’avantage de l’utilisation d’un sac en papier est qu’il permet la transpiration
et ainsi vos graines ne risquent pas de moisir.

Gousses séchées du pavot bleu de l’Himalaya
Gousses séchées du pavot bleu de l’Himalaya (Mecanopsis baileyi).

Une fois que la gousse est vidée, retirez les feuilles mortes de ce qui reste des tiges si cela améliore leur apparence, car maintenant on va changer de cap et les mettre en valeur. Placez alors les tiges debout dans un vase ou un contenant qui les mettra en valeur. Certaines vont même sécher davantage. 

Vous avez maintenant sous la main un joli rappel d’un été de jardinage, ainsi que quelques graines à semer.

Parfois, il vaut mieux supprimer les fleurs

Mais il n’est pas toujours souhaitable de laisser les graines mûrir sur la plante. En effet, certaines plantes exagèrent, produisant vraiment trop de semis si on les laisse faire à leur guise. Si vous ne voulez pas des milliers de semis dans votre jardin, allez-y: supprimez les fleurs dès qu’elles commencent à faner. En les éliminant avec les gousses qui s’ensuivraient, cela empêchera les plantes de se multiplier de façon exagérée.

Dans le cas du géranium du Nord (Geranium erianthum), par exemple, il est généralement préférable de supprimer les fleurs dès leur fanaison. À moins que vous ne vouliez un jardin plein de géraniums sauvages! Ses graines sont littéralement à ressort et peuvent se lancer jusqu’à 7 m de la plante mère quand elles arrivent à maturité!

L’ancolie gracieuse (Aquilegia formosa), la variante alaskaine de l’ancolie, est une autre espèce qui distribue parfois ses graines trop généreusement. Ses gousses me rappellent le chapeau d’un bouffon!

Ajouter plus de couleur

Iris d’Alaska peints de couleur cuivre.
La pulvérisation de ces capsules de graines d’Alaska (Iris setosa) avec de la peinture cuivrée leur donne un intérêt supplémentaire.

Vous pouvez pulvériser les tiges et les capsules sèches de peinture. À cette fin, soutenez-les par-dessus quelques feuilles de papier journal pendant l’application. Une fois qu’elles sont sèches, placez les tiges dans un joli vase et profitez-en pendant les mois d’hiver. Choisissez une couleur métallique pour un effet saisissant: argent, bronze, cuivre ou or.

Semer des graines de fleurs sauvages

Alors, que faire de toutes ces graines que vous avez récoltées? 

Vous pouvez les semer directement dans le jardin à l’automne ou dans des plateaux que vous laisserez à l’extérieur tout l’hiver.

En utilisant des plateaux à semis ou d’autres petits pots, vous suivez en fait la méthode de dispersion des graines de mère Nature. La différence étant toutefois que c’est vous qui avez le contrôle sur l’endroit où les plantes pousseront. 

Généralement, il faut semer les graines de plantes indigènes à l’automne, car la plupart nécessitent une stratification ou un traitement par le froid, comme dans la nature. Au printemps, il suffit de transplanter les semis des plateaux ou des pots à l’emplacement souhaité.

Intérêt hivernal

Une troisième option? Vous pouvez laisser les capsules debout dans le jardin pour l’hiver pour le plaisir des yeux et pour servir de source de nourriture pour certains oiseaux et animaux sauvages.

Plus d’infos

Les livres sur les fleurs séchées peuvent être une source d’apprentissage pour créer des arrangements d’aspect professionnel. Mais très souvent, je trouve les tiges et les capsules non modifiées très intéressantes en soi et aucun artifice n’est nécessaire.

Billet traduit de l’américain par Larry Hodgson. 

Patrick Ryan est un maître jardinier d'Alaska et le spécialiste de l'éducation du jardin botanique d'Alaska. Enseignant du primaire à la retraite, Patrick est membre du conseil de la forêt communautaire d'Anchorage et siège au conseil d'administration d'Alaska Agriculture in the Classroom.

5 comments on “La récolte des gousses de graines de vivaces

  1. Pingback: La récolte des gousses de graines de vivaces - joliplantarium.com

  2. Bonjour,
    Est-ce le même principe pour les capsules d’hibiscus pour récolter les graines ?
    Si oui, y a-t-il un truc pour savoir si les graines sont viables avant de les semer ?

  3. Caroline Jarry

    Que c’est beau! Plaisir des yeux. Et magnifiquement écrit/traduit. Merci!

  4. Bonjour. Chez moi, c’est bizarre, les gousses des hémérorcales disparaissent, il n’y a rien au bout des tiges florales. Je regarde par terre, rien. C’est dans la cour, donc c’est pas qqn qui les ramasse. Merci de m’éclairer.

  5. Pingback: La saison des récoltes n’est pas terminée ! | Société écocitoyenne de Montréal

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