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Pourquoi certaines plantes attirent-elles les bibittes et d’autres pas?     

 Un syrphe visitant une fleur de vipérine. Photo: imagebrokermicrostock, depositphotos

Par Victoria Baeker

Les plantes et les insectes et autres bibittes* ont une longue relation; ils ont évolué ensemble pendant des millions d’années! Bien que la présence de bibittes dans nos jardins nous dérange parfois, nos plantes ont tout avantage à en attirer certaines. Dans cet article, explorons pourquoi les plantes attirent les bibittes bénéfiques et pourquoi certaines plantes attirent plus de bibittes nuisibles que d’autres, ainsi que la botanique des plantes et leur relation avec les bibittes.

*Le terme bibitte (ou bébitte ou bibite) s’emploie au Québec pour désigner toute petite bestiole, d’abord des insectes, les araignées et les autres arthropodes, mais aussi les vers et bien d’autres petites créatures.

Pourquoi les plantes attirent-elles les bibittes?

Vous avez peut-être remarqué que toutes les plantes n’attirent pas les mêmes bibittes. Certaines plantes fabriquent même des substances chimiques puissantes pour les repousser. Par contre, il y a des bibittes qui peuvent plus facilement les approcher, comme les abeilles, les coccinelles et les chrysopes. Et tout cela fait partie d’une stratégie de survie.

Stratégie de survie

Certaines bibittes servent à des fins bénéfiques comme la pollinisation. Les abeilles, justement, sont nécessaires pour la pollinisation des jardins, et les humains peuvent, de plus, en obtenir du miel. Les plantes ont développé des moyens d’attirer les abeilles et d’autres pollinisateurs comme des pétales aux couleurs vives, un parfum séduisant et un nectar sucré. Les fleurs labiales offrent même de plus grands pétales qui forment une plate-forme d’atterrissage pour les abeilles!

Certaines fleurs s’épanouissent même à différents moments de l’année afin que les pollinisateurs aient suffisamment de nourriture tout au long de la saison et que les plantes ne se fassent pas concurrence. Cette stratégie maximise les chances de survie de la plante aussi.

Source de nourriture

Pomme coupée en deux, révélant un asticot à l’intérieur.
La plupart d’entre nous ne sommes pas trop ravis lorsque les bibittes endommagent nos cultures. Photo: SusaZoom, depositphotos

De nombreuses bibittes encore sont capables d’anéantir de vastes cultures de légumes et de fruits. La plupart des plantes cultivées pour l’alimentation ont évolué d’une façon qui les laisse sans défense contre ces ravageurs. Le problème survient lorsque l’infestation de bibittes est suffisamment importante pour décimer les populations de plantes. Vous vous trouvez parfois obligé d’utiliser certaines méthodes de lutte antiparasitaire pour les freiner.

Humidité élevée

De nombreuses petites bibittes sont attirées par les zones très humides, car elles ont du mal à retenir l’humidité elles-mêmes. D’autres, comme les moustiques, pondent leurs œufs dans l’eau stagnante. Quand, en raison des conditions climatiques, d’un excès d’eau ou d’un engorgement, l’humidité est excessivement élevée, cela peut provoquer un surplus de bibittes nuisibles.

Mauvaise qualité du sol

Quand le sol est sain, l’écosystème a tendance à arriver à un équilibre naturel de nutriments, d’humidité et d’aération qui soutient des populations durables de micro-organismes et d’insectes bénéfiques et nuit aux parasites. Un sol de mauvaise qualité, par contre, perd sa capacité naturelle à éloigner les bibittes nuisibles en raison de la perturbation de l’équilibre des arthropodes bénéfiques. Cette perturbation est souvent due à un déséquilibre du pH du sol ou à des niveaux de salinité élevés.

Quand les insectes deviennent-ils des parasites gênants?

Pour les passionnés de jardinage, les bibittes sont indispensables. Même les insectes comme les termites, les fourmis et les vers de terre sont utiles et constituent un élément nécessaire d’une couche arable saine dans leur environnement d’origine. Lorsque l’équilibre est rompu, par contre, les problèmes surgissent et les parasites peuvent endommager votre maison, votre ferme ou votre jardin.

Les termites, par exemple, sont des habitants naturels des forêts, mais vous ne voulez pas qu’ils se cachent dans les murs de votre maison. Les collemboles sont inoffensifs dans le jardin, mais une infestation dans votre sous-sol peut être ennuyeuse.

Des plantes plus résistantes aux bibittes nuisibles… la raison de leur existence

Les agriculteurs et les jardiniers ont tout intérêt à trouver des plantes compagnes à leurs cultures, dont certaines ont montré un potentiel prometteur pour décourager les ravageurs. La nature dispose également d’un arsenal de composés insecticides naturels produits par les plantes.

Fleurs d’ail dans un jardin.
L’ail contient des allicines et peut aider à éloigner plusieurs insectes du jardin. Photo: Akchamczuk, depositphotos

Le mécanisme le plus connu de résistance aux phytoravageurs est la production de composés toxiques allant des sesquiterpènes aux allicines. C’est ainsi que des plantes comme le basilic, les tagètes et les plantes du genre Allium ont la réputation d’éloigner certains parasites. Les composés sont volatils et ont différents mécanismes de fonctionnement, comme irriter les membranes des parasites ou interférer avec leurs phéromones.

Enfin, il convient de mentionner que certaines plantes OGM (organismes génétiquement modifiés) contiennent un gène de résistance aux insectes importé de la bactérie Bacillus thuringiensis. Les cultures qui comprennent le gène Bt produisent une toxine qui peut solubiliser les intestins des ravageurs.

Cependant, de nombreuses informations erronées circulent sur les capacités des plantes compagnes à repousser les bibittes nuisibles. D’abord, peu de plantes sont résistantes à tous les ravageurs. Ainsi, bien que les plus résistantes puissent repousser certains parasites, elles peuvent toujours être attaquées par d’autres. Après tout, les insectes ont co-évolué avec les plantes et certains ont développé des défenses efficaces contre les meilleures protections des végétaux.

Par exemple, les asclépiades produisent des composés appelés cardénolides qui se lient à la pompe à sodium des cellules de l’insecte et l’empêchent de se nourrir. Les dommages causés aux cellules sont mortels. Les papillons monarques, cependant, ont une mutation du gène Na+-KATPase, réduisant l’efficacité de la liaison des cardénolides. Ainsi, leurs larves peuvent se nourrir de ces plantes sans mourir.

Que faire lorsque les parasites s’attaquent à nos plantes?

L’ail contient des allicines et peut aider à éloigner plusieurs insectes du jardin. Photo: Akchamczuk, depositphotos
Pulvériser une solution savonneuse sur les plantes peut aider à lutter contre les pucerons. Photo: spyrakot, depositphotos

Si vous prenez une infestation de ravageurs à ses débuts, vous pourrez peut-être vous débarrasser des insectes avec des mesures simples comme vaporiser les plantes avec une solution de savon doux ou un insecticide biologique. Une infestation plus grave, par contre, peut être plus difficile à éliminer. La stratégie de lutte antiparasitaire doit tenir compte des facteurs suivants:

1. Pourquoi vous cultivez cette plante

Vous jardinez peut-être pour obtenir de bons rendements de produits frais pour votre table… mais peut-être aussi que c’est pour épater les gens avec un jardin de style zen. Dans le premier cas, il vous faudra faire très attention aux types d’insecticides utilisés, car utiliser le mauvais produit peut rendre les végétaux impropres à la consommation.

2. L’esthétique du jardin

Vous aurez sûrement beaucoup réfléchi à l’apparence de votre jardin, décidé où placer des arbres, des arbustes, des fleurs, des haies, etc. Il se peut toutefois que pour éliminer définitivement un parasite, il vous faille bannir complètement certains de ces végétaux de votre jardin.

3. La proximité de votre domicile

Les méthodes de lutte antiparasitaire ne doivent pas chasser les parasites du jardin vers votre maison ni vice versa. Si vous avez une infestation à la maison, il vous faut tout de même vous assurer que le jardin demeure bien protégé.

4. À quel point le ravageur est-il dangereux?

Certaines bibittes ne sont pas nocives pour les gens. Elles ne sont qu’une nuisance. Par contre, d’autres (même les insectes autrement bénéfiques comme les abeilles) peuvent être dangereuses pour l’humain et n’ont pas leur place n’importe où dans le jardin. Des méthodes qui agissent rapidement et efficacement conviendraient mieux pour ce type de ravageur.

Il y a plusieurs cas où il serait préférable de faire appel à des professionnels dans le contrôle des insectes, comme un exterminateur, plutôt que d’affronter une bibitte dangereuse vous-même.


La prévention est la meilleure solution, et c’est pourquoi il est important que vous vous assuriez de fournir des conditions optimales pour la croissance de vos plantes, mais sans accidentellement encourager la prolifération des ravageurs.

À propos de l’auteur

Victoria Baeker est la rédactrice en chef de HomeWarrantyReviews.com. Elle aime trouver des moyens de minimiser ses frais de subsistance et est une passionnée de jardinage. Bien qu’elle se spécialise dans la finance et l’assurance, elle aime aussi écrire de longues diatribes sur les livres et les films. La pandémie de COVID l’ayant privée de ses passe-temps habituels à la recherche de sensations fortes, elle s’est donc tournée vers la spéculation sur séance («day trading») pour obtenir cette montée d’adrénaline.

Billet traduit et adapté de l’américain par Larry Hodgson

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 500 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

4 comments on “Pourquoi certaines plantes attirent-elles les bibittes et d’autres pas?     

  1. Berenice Rioux

    Oui mais comment se débarrasser des taupes

  2. S.LaFerrière

    Voilà des conseils sensés mais bien généraux… Pour savoir quoi faire face à chacune des bibittes évoquées, mieux vaut lire (ou relire) les blogues appropriés du Jardinier paresseux! 😉

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