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La fertilisation des plantes d’intérieur: un besoin mineur

Les plante d’intérieur n’ont pas besoin d’autant d’engrais qu’on le croit. Photo: Valerii Honcharuk, depositphotos

Par Larry Hodgson

Je reçois régulièrement des questions au sujet de la fertilisation des plantes d’intérieur. Les intervenants semblent généralement convaincus que la fertilisation est de prime importance dans la survie de leurs plantes. Et pourtant, la fertilisation ne joue qu’un rôle relativement mineur dans leur croissance. 

Si vos plantes ne reçoivent jamais d’engrais, elles vont quand même pousser et même fleurir. Leur croissance sera un peu plus lente et leur floraison, moins abondante, voilà tout. Même, beaucoup de jardiniers appliquent trop d’engrais à leurs plantes.

Les deux facteurs les plus importants

Deux facteurs sont beaucoup plus importants dans la survie et la croissance des végétaux que l’engrais: la lumière et l’arrosage.

C’est la lumière et non pas l’engrais qui est la véritable «nourriture» des végétaux: grâce à la chlorophylle contenue dans leurs feuilles et leurs tiges, ils convertissent l’énergie solaire en sucres et amidons nécessaires à leur croissance. Une plante qui ne reçoit pas assez de lumière va mourir, souvent à petit feu, essentiellement d’épuisement. Vous aurez beau la bourrer de fertilisants, ses jours seront comptés. Chaque plante a sa préférence en ce qui concerne l’intensité de la lumière, mais il faut la rencontrer pour avoir du succès.

L’arrosage est tout aussi important que l’éclairage. Quand une plante manque d’eau, elle s’effondre souvent très rapidement. C’est physiquement si saisissant que la plupart des jardiniers apprennent très vite à ne plus la laisser manquer d’eau… ou encore, ils se déclarent «pouce noir» et abandonnent le jardinage intérieur. Mais trop d’eau n’est pas meilleur que pas assez. Attendez toujours que le terreau soit sec au toucher avant d’arroser de nouveau.

D’autres facteurs 

En troisième lieu dans les besoins des végétaux d’intérieur, il y a l’humidité ambiante. Exception faite des succulentes, les plantes d’intérieur préfèrent l’air humide et il faut parfois trouver les moyens d’augmenter l’humidité ambiante pendant les mois d’hiver.

La température aussi est vitale dans la survie des plantes d’intérieur. Placez votre crassula à l’extérieur en plein hiver et vous comprendrez vite qu’une température tropicale est nécessaire pour la plupart des végétaux que nous cultivons dans nos maisons. Heureusement que nous chauffons nos maisons à des températures tropicales! Ainsi, offrir aux plantes d’intérieur une température acceptable va souvent presque de soi.

Et l’engrais?

Comblez d’abord les besoins des végétaux en lumière, en arrosage, en humidité et en température. Seulement après devez-vous penser à l’engrais.

Pourquoi? D’abord, les terreaux d’empotage contiennent déjà des minéraux (éléments nutritifs)… et à mesure qu’ils se décomposent, ce qu’ils font naturellement avec le temps, ils continuent d’en libérer. Et chaque fois que vous rempotez vos plantes, vous leur donnez encore des minéraux. Aussi, l’eau du robinet en contient. Enfin, les plantes en assimilent aussi de la poussière qu’elles absorbent. C’est pour cela que les plantes qui ne reçoivent jamais d’engrais commerciaux réussissent néanmoins à pousser et même à bien fleurir.

L’engrais n’est donc pas essentiel: c’est plutôt un «supplément de croissance». Il faut l’utiliser avec modération, de préférence seulement pendant la période de croissance de la plante. Et quand vient le temps de fertiliser une plante, sachez que n’importe quel engrais conviendra: après tout, les plantes ne savent pas lire les étiquettes d’engrais!

Billet adapté d’un article paru dans ce blogue le 22 décembre 2015.

9 comments on “La fertilisation des plantes d’intérieur: un besoin mineur

  1. S.LaFerrière

    Bonjour monsieur Hodgson
    Merci pour (encore une fois) une leçon de sagesse. Peut-être seriez-vous d’accord avec ce truc pratiqué par ma grand-mère (née en 1886), à l’époque où le lait arrivait en pintes de verre. Une fois la pinte bien vidée, Véronique la rinçait et versait cette eau de rinçage dans ses fougères et aspidistras. Le laitier récupérait une pinte propre et les plantes semblaient heureuses. Je profite de l’occasion pour vous souhaiter un très beau temps des Fêtes, et une année 2022… très verte!

  2. Marcelle Fortin

    Mon conjoint se demande: l’orientation d’un cactus d’intérieur par rapport à la luminosité d’une fenêtre le fait-il se courber vers cette lumière? Doit-on tourner le pot 2-3 fois par semaine pour que le cactus pousse droit (genre mini-saguaro)? Et en hiver, les cactus ont-ils encore moins besoin d’eau? Passez de Belles Fêtes avec votre Bulle Familiale Monsieur Hodgson!
    Marcelle

  3. En effet, l’humidité… On n’y pense pas toujours. Reste que c’est bien difficile en hiver dans nos maisons. J’ai une mini-station météo, comme on les appelle dans le commerce. Elle donne entre autres l’humidité en plus de la température. Eh bien, le petit bonhomme indicateur qui me dit si ces deux facteurs sont adéquats, fait la baboune tout l’hiver – exactement comme ça : 🙁 Et c’est clairement le taux d’humidité la cause de son mécontentement, car la température est souvent plus élevée en hiver qu’à la mi-automne avant qu’on ouvre les calorifères, et pourtant il est alors bienheureux – comme ça : 🙂 – même si parfois il fait un peu frisquet pour les humains que nous sommes.

    Sur l’engrais, je mets toujours dans tous mes arrosoirs préparés d’avance du 20-20-20 quart de dose (pour quelques rares plantes, telle l’orchidée, je prends de l’eau déminéralisée avec le même traitement). Il fut un temps où je préparais mes arrosoirs avec des algues, mais c’était désagréable avec le temps (très, très tachant). A l’époque j’ai aussi soupçonné, à tort ou à raison, que cela contribuait à créer une couche d’algues vertes au bas et en dessous de certains pots en terre cuite non glacée, ainsi que dans la soucoupe également en terre cuite, mais déposée dans une soucoupe en plastique pour éviter l’excès d’humidité sur les meubles.

    Avec cette approche ¼ de dose, je ne mets plus jamais d’engrais à pleine dose en renfort au printemps comme je le faisais avant – sauf du vermicompost en surface, mais pas toujours – j’y vais au pif, disons. Et je rajoute aussi un peu de terreau en surface quand le niveau a baissé à force d’avoir une chute d’eau sur le dos à chaque arrosage.

    Puis, comme vous avez bien dit dans une autre chronique (merci de ce conseil), si du calcaire se forme autour du collet du pot, alors c’est clair qu’il est temps de changer de terreau. Et sur ce dernier point, j’emploie depuis un bon bout de temps déjà du mélange commercial style ‘promix’ que je complète avec mon vermicompost maison. Je prends parfois du terreau commercial standard pour plantes d’intérieur, en le mélangeant habituellement avec ce ‘promix’ + mon vermicompost, mais de moins en moins. Seuls les cactus (et bientôt l’orchidée) ont un terreau commercial dédié. Pour les cactus, je mets aussi un ajout de vermicompost au terreau et ensuite en surface.

    Ce traitement semble leur convenir à toutes pour la base. Mais je dois être vigilante car j’ai tendance à avoir la main (l’arrosoir) lourde pour l’eau. Le doigt dans le pot, comme vous dites souvent, est l’indice auquel je tente d’obéir – mais même là, si le pot est en hauteur, il m’arrive de penser que c’est sec alors qu’au fond, même avec des trous de drainage, il arrive que ce soit trop tôt pour remettre de l’eau.

    Mais pas à pas, on apprend ! Notamment grâce à vos précieux conseils, très sincèrement dit.

  4. Suzanne Goulet

    Merci pour tous vos bons conseils. Lorsque je tente d’accéder à votre page pour « augmenter l’humidité ambiante », je reçois ce message en rouge « Ce site est signalé comme n’étant pas sûr ». Ce n’est pas la première fois que cela se produit en utilisant les hyperliens de votre infolettre. Notre antivirus serait-il trop sensible?

  5. Moi aussi cela me dit que ce site n’est pas sécuritaire

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