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Deux petites règles pour avoir le pouce vert

Homme avec un pouce vert

Photo: depositphotos

Par Larry Hodgson

J’ai donné beaucoup de conférences un peu partout au Canada et aux États-Unis et elles sont inévitablement suivies par une période de questions. C’est l’occasion pour les participants de se vider le cœur sur tout ce qui va mal sur leur terrain. Souvent, il s’agit de questions plutôt culturales: quand semer telle plante, la planter, la tailler, etc. Mais encore plus couramment, on me demande des solutions aux ennemis des jardins: insectes, mollusques, maladies, mammifères, etc. 

En général, je joue le jeu: j’essaie de donner une solution réaliste pour éliminer ou réduire l’impact du prédateur en question. Mais souvent, je me sens coupable. Est-ce que j’aurais vraiment mis cette méthode en pratique chez moi si je vivais la même situation ? 

Règle des 15 pas

Car, en fait, j’applique très rarement des traitements contre les ravageurs. J’ai plutôt tendance à laisser dame Nature s’en occuper, surtout quand c’est un problème mineur. Et pour déterminer si je devrais réagir ou non, j’ai une règle que j’aime bien appliquer: la règle des 15 pas.

La règle des 15 pas résout beaucoup de problèmes! Ill.: www2-scouts-ca, thenounproject-com, worldartsme-com; montage: jardnierparesseux.com

Je recule de 15 pas: si je ne vois pas le problème, c’est qu’il n’y a pas de problème. Cela paraît peut-être un peu simplet, et pourtant, la plupart des «dégâts» qu’on voit sur les végétaux — trous, boursouflures, taches — sont mineurs, n’affectent pas la santé de la plante à long ni même à moyen terme et sont vite cachés par la plante. Alors, pourquoi paniquer?

La règle des 3 prises

Mais je dois admettre que certains prédateurs sont plus tenaces, revenant année après année ou faisant des dégâts plus visibles. Sûrement donc que cela mériterait un traitement? Là encore, dans ma tête de jardinier paresseux, je fais un petit calcul: si je traite aujourd’hui, est-ce que cela va régler le problème une fois pour toutes? Si oui, sans doute que je réagirais. Mais sinon, est-ce que je vais être obligé de répéter le traitement encore et encore, probablement pendant des années?

Joueurs de baseball.
Trois prises et vous êtes retiré. Photo: depositphotos

Là, ce n’est plus la règle des 15 pas qui s’applique, mais la vieille règle du baseball: «3 prises et vous êtes retiré». Si, au bout de 3 tentatives d’éradication, le problème est toujours présent, je considère que ce n’est pas le prédateur qui est en faute, mais la plante. Un végétal qui nécessite tant de soins ne mérite pas une place dans mes jardins, voilà tout. Et je l’arrache.

Feuilles d’hosta abîmées par des limaces. Photo: John Zvirovski, jamestownsun.com

Et c’est très efficace! Quand je me suis écœuré d’écraser limace après limace sur mes hostas, sans réellement éliminer le problème, j’ai déterré les hostas fautifs (attention: pas tous les hostas, car certains ne sont jamais mangés par les limaces) et je les ai mis au compost. Résultat? Non seulement les hostas restants sont-ils demeurés beaux, mais les limaces ont fui mon terrain comme la peste, car il n’y avait plus rien de très intéressant à manger pour ces mollusques gloutons!

Quand vous arrachez les lis, il n’y aura plus de criocères. Photo: Max Pixel.

J’ai arraché tous mes lis (Lilium) aussi, non pas à cause des limaces, mais des criocères. Les criocères du lis, ces coléoptères allongés orange, les retrouvent toujours, peu importe les efforts que je fais. 

Le bilan est que, moins je travaille sur mon terrain, meilleurs sont les résultats! 

Vive la paresse dans le jardinage!

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

28 comments on “Deux petites règles pour avoir le pouce vert

  1. philosophie interessante. 🤔

  2. Pendant plusieurs années, j!ai eu un très beau lis de couleur rouge orangé qui s!est fait mangé par les crioceres …je n’avais que quelques jours par année pour admirer mon beau lis avant qu’il ne ressemble à un coton sec…mais je n’ai (paresseusement 😉) rien fait…Or, curieusement (et heureusement aussi) ces petites bestioles semblent disparues depuis une couple d’années…et mon beau lis est toujours là. Mystère…

  3. 😂🤣😂 J’adore votre philosophie! Je crois que je vais appliquer la méthode des 15 pas à d’autres domaines de ma vie!
    Et que je vais, moi aussi arracher mes hostas. Vous auriez dû me voir l’été dernier à 10 heure le soir. En robe de chambre et bottes de caoutchouc, une lampe de poche à la main, à faire la chasse aux limaces! Mon mari a tellement ri.

  4. Bonjour, j’applique vos règles des 15 pas et des 3 prises depuis des années. J’ai aussi arraché mes lys 🙂

    Par contre j’avoue que je suis embêtée en ce qui concerne les scarabées japonais. Je vois ces pestes seulement depuis quelques années et j’ai entendu dire qu’ils avaient maintenant un prédateur et que le nombre de ces scarabées devrait réduire au cours de prochaines années. Est-ce que cette information fait du sens? J’ai un hibiscus qui se fait carrément dévoré et Je ne voudrais pas l’arracher pour rien.

    Merci beaucoup pour votre blogue!

    Soohie

  5. bonjour jardinier paresseux .
    J’applique aussi votre règle des 15 pas ,j’ai abandonné la culture des lys que j’aime pourtant beaucoup à cause des criocères .J’ai gardé quelques hostas en pot uniquement,je fais quand même barrage aux limaces en laissant de l’eau dans les soucoupes .Pour les pucerons sur les rosiers je ne fais absolument rien et le problème est réglé en deux semaines ,les prédateurs ont tout bouloté !
    Si on traite on tue les prédateurs il faudra retraiter !

  6. J’applique ces règles depuis des années. Je n’ai plus de rosiers hybrides, plus de lys. Je suis en zone 4, longtemps je me suis acharnée à faire pousser des plantes zonées 5 à cause de leur beauté, fini tout cela. Je parle à mes plantes, je leur dis si vous voulez vivre chez moi , bienvenue mais ne me causez pas de problème..

  7. Gabrielle Girouard

    Génial ! Je suis encore plus paresseuse: je me dis « Si c’est vert », c’est parfait » et je ne m’acharne pas sur les soi-disant mauvaises vertes à moins qu’elle soit énorme et au milieu d’une plate-bande ou de la pelouse. Tout le monde me dit que j’ai un très beau jardin… et je les crois.

    • En général, je suis toute avec vous, cher jardinier paresseux! Cela dit, je considère mon jardin aussi un peu comme abri pour plantes indigènes, car j’aime bien voir nos papillons et nos oiseaux, et parce que les insectes qui dépendent de ces plantes forment la base d’un écosystème en bon fonctionnement. Seulement… les herbivores sont tellement nombreux ici vu le manque de leurs prédateurs, que beaucoup de ces plantes disparaissent de nos bois, bouffées jusqu’au dernier individu. Alors si veux faire pousser certaines plantes, je suis bien obligée de les défendre contre cerfs, lapins, et surtout marmottes. Idem pour le potager. Et là, j’en ai pour longtemps, du travail.

  8. J’ai des lys blancs de casablanca que je trouve magnifiques. Ils sont placés tout près de mon entrée, donc je jette un coup d’oeil à chaque fois que je passe et j’élimine les criocères du lys dès que j’en vois, et cela règle rapidement le problème. Cependant, je ne les planterais pas ailleurs car je n’ai pas envie d’avoir trop de plantes à vérifier. Comme vous le dites souvent, « la bonne plante au bon endroit ».

  9. Daniel Fantino

    Un plant de tomate a poussé sur mon tas de compost. Je met le plant dans un contenant avant le gel. Bien au chaud il pousse comme une pieuvre ! Surprise des bébés limaces. J´ai pris le nid avec la plante. J´en ai expédié dehors. Que faire avec celles restantes ? Une petite recherche m´apprend qu´elles peuvent être consommées CUITES. JAMAIS CRUES. Peuvent avoir un parasite comme les escargots qui se loge dans le cerveau. Grenouilles et rats ( mulots souris …) peuvent en avoir mangé une et être contaminés. Donc attention aux animaux domestiques, pitous et surtout minous qui peuvent se régaler des souris. Idem pour l´eau d´un étang à grenouilles qui peut contenir le parasite.

    La ponte de 100 à 500 oeufs a lieu au printemps et à
    l´automne avec des nids de 10 à 50. À 20 degrés celsius les oeufs de limaces vont éclore en 2 à 3 semaines et vivre 18 mois. Comme le compost est chaud et que ma tomate est au chaud, ils ont rapidement éclos. Mangent les rhizomes, fientes et même leur congénères. Se déplacent peu si la bouffe est présente. Alors je vais suivre ces limaces et voir la suite.
    Question: étant en campagne où la végétation ne manque pas, que fait ce nid dans mon tas de compost peu végétalise ? Certes il contient des champignons et des champignons ont poussés à l´intérieur au pied de mon plant de tomate. Les limaces peuvent s´en nourrir.

    Beau dossier d´étude pour cet hiver (Tien, il neige). Tout ça parce qu´un plant de tomates à poussé hors saison…car j´ai du y en jeter une dans le tas de compost. Qui aurait pu deviner la suite des choses ?

  10. Aidez moi SVP, j’ai des petites bibittes volantes dans mes plants intérieurs. Auriez vous un produit pour m’en défaire. Je ne peux pas changer la terre de tous à la fois, elles sont trop nombreuses. J’ai essayé le savon à vaisselle et ça ne fonctionne pas. Auriez vous une suggestion?

  11. Jocelyne Coderre

    Merci pour votre sens de l’humour, vous me faites bien rire ! Sages conseils que vous nous donnez, j’en prends bonne note, et je calmerai ma personne dans le futur. Merci encore !

  12. Tellement ma philosophie! Moi non plus je n’ai plus de lys et j’achète mes vivaces en fonction des prédateurs. Je commence à connaître les goûts des chevreuils. Je ne me bats pas avec la nature comme ça.

  13. Rita Fortin

    Bonjour, M. Paresseux! Hihi,,,j’ai un plant de laurier sauce, acheté en serre l’été dernier. Il est resté dans la maison tout l’été. A l’automne j’ l’ai remporté, car les racines sortaient au fond du pot.
    A partir de ce moment la, il a commencé à perdre ses feuilles, elles brunissaient , se tortillaient, séchaient, pour finir par tomber une à une.
    Il faisait plein de nouvelles feuilles, mais elles ont toutes subi le même sort.
    J’ai fini par le couper à cinq pouces du sol.
    Après deux semaines , je vois apparaître de petits bourgeons. Je l’ai arrosé avec du savon noir, à deux reprises.
    J’espère le sauver.
    Qu’en pensez vous ? Cher M. Jardinier Paresseux 🥰🙏

    • Je pense qu’il récupérera peu à peu… mais attention au savon noir: il est toxique à beaucoup de plantes! Préférez un savon insecticide, qui est de plus biologique.

  14. Jean Côté

    Bonjour, j’ai ramassé sur le bord du Saguenay aujourd’hui les restes d’une plante qui ressemble à de la paille. Est-ce dangereux de m’en servir comme paillis dans mon jardin? Merci!

  15. J’adhère à votre vision des choses. Par contre, mon jardin est surtout constitué de tomates et quand les vers gris me bouffent un plant aux deux jours, malgré votre truc de poser des rouleaux en carton à chaque pied, je suis au désespoir de trouver une solution. À 15 pieds, je vois bien qu’un autre jeune plant que j’ai mis tant de soin à faire pousser à partir d’une graine. a disparu 😡

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