Le cyclamen: pour un hiver tout en fleurs!
Cyclamen des fleuristes (Cyclamen persicum). Photo: depositphotos
Par Larry Hodgson
À la fin de l’automne, les jardineries et boutiques de fleuristes, et même les supermarchés, se remplissent de magnifiques cyclamens… une vente qui continuera tout l’hiver et même jusqu’au printemps. Avec ses fleurs multicolores et sa rosette de belles feuilles souvent marbrées d’argent, c’est une plante des plus attrayantes… mais pas toujours une plante d’intérieur facile à cultiver.
Un peu d’histoire

Dans la nature, le cyclamen de Perse (Cyclamen persicum) pousse dans l’est de la région méditerranéenne et au Moyen-Orient, mais curieusement, malgré son nom, jamais en Perse (Iran). Il produit des fleurs blanches ou roses à œil rouge de la fin de l’automne au printemps, profitant du temps frais et relativement pluvieux qui y règne à cette saison, puis entre en dormance pendant l’été chaud et sec grâce à un tubercule souterrain. Mais le cyclamen de Perse sauvage est rarement cultivé.
Ce que vous trouverez en magasin est une plante plus grosse et plus colorée qu’on est venu à appeler, avec raison, le «cyclamen des fleuristes». Domestiqué en Europe surtout à partir de la fin du 19e siècle, le cyclamen des fleuristes demeure botaniquement un C. persicum, mais il diffère de l’espèce par un nombre de chromosomes plus grand (c’est un triploïde ou tétraploïde). Il est cultivé à travers le monde en serre froide.
Contrairement à la plupart des autres «bulbes», ce cyclamen ne forme pas de tubercules secondaires ni ne se divise au pied. Ainsi, il faut toujours le multiplier par semences. Les plantes que vous voyez en magasin ont donc été semées 18 mois à 2 ans auparavant dans une serre peu chauffée en vue d’une floraison à la fin de l’automne et au début de l’hiver.
Description

Les fleurs du cyclamen des fleuristes sont curieusement formées. Portées sur une tige rouge arquée, les fleurs s’ouvrent normalement, puis leurs pétales se plient vers l’arrière, leur donnant l’allure d’un papillon à l’atterrissage. La gamme de couleurs est vaste, comprenant le blanc, le rose, le mauve, le violet, le saumon et le rouge. La plupart sont d’ailleurs bi- ou même tricolores, souvent avec un centre qui contraste avec le reste de la fleur. Certains cultivars ont des fleurs joliment frangées.

La forme sauvage était très parfumée, mais les variétés hybrides ont souvent peu ou pas d’odeur. Si le parfum est un facteur dans votre choix, il faut sentir les fleurs en magasin pour déceler les spécimens les plus odorants.

Lors de votre sélection, ne négligez pas le feuillage non plus. Cordiforme et parfois un peu découpée sur son pourtour, la feuille est rouge à l’envers et verte et argent sur le dessus. La quantité d’argent et le motif qu’il décrit varient d’une plante à l’autre. La meilleure combinaison est, bien sûr, une plante avec de jolies fleurs et un beau feuillage.
Le cyclamen mérite-t-il sa réputation de prima donna?
Le cyclamen a la réputation d’être capricieux et de mourir rapidement quand les conditions ne lui plaisent pas… et il y a plus qu’un peu de vérité là-dedans. Cependant, les variétés modernes ne sont pas aussi difficiles que celles disponibles il y a 40 ans. Après tout, les hybrideurs travaillent beaucoup avec cette plante et lancent régulièrement de nouvelles lignées, chacune réputée être «plus facile à cultiver» que les précédentes. Les variétés naines, surtout, tolèrent mieux la chaleur de nos maisons et peuvent être un meilleur choix pour une première expérience.

Quant à la température, visez un maximum de 20°C (15°C est encore beaucoup mieux!) avec une baisse de température significative la nuit. Elle peut tolérer jusqu’à 1°C sans broncher… même le gel s’il ne persiste pas. Donc, l’idéal serait une pièce à peine chauffée.
S’il fait chaud chez vous le jour, essayez de placer la plante dans un endroit réellement froid la nuit, comme un garage un peu chauffé. Vous trouverez que quand le cyclamen profite de nuits froides (mais sans gel), il tolére mieux la chaleur pendant la journée.
Il faut lui offrir un bon éclairage, avec du soleil direct. Un emplacement près d’une fenêtre convient alors très bien. Une fenêtre à l’est serait sans doute la plus appropriée, car elle est généralement moins chaude qu’une fenêtre orientée au sud ou à l’ouest, mais l’hiver, même un emplacement près d’une fenêtre au sud est souvent très acceptable.
Au printemps, quand le soleil devient plus intense et — surtout! — plus chaud, il faut souvent éloigner la plante de la fenêtre. En été, on peut l’installer devant une fenêtre orientée au nord ou au jardin.
Un arrosage assez précis

Le cyclamen aime un terreau également humide pendant sa période de floraison. Dès que le terreau est sec au toucher, arrosez bien. Mieux vaut l’arroser par la soucoupe, en laissant le terreau absorber l’eau qu’on y a déposée, car quand on arrose par le haut, il y a un risque que, par mégarde, on verse de l’eau dans la dépression au centre du tubercule, ce qui pourrait causer de la pourriture.
Attention toutefois: il ne faut pas laisser le pot tremper dans l’eau trop longtemps, car cela aussi peut provoquer une pourriture. Après 15 ou 20 minutes, mieux vaut vider la soucoupe de tout surplus d’eau.
Il faut surveiller attentivement l’état du terreau: entre une plante au terreau encore un peu humide et pétante de santé et une plante complètement affaissée et en train de mourir parce que le terreau est trop sec, il est souvent question de 2 ou 3 jours seulement. Ma suggestion: vérifiez l’état du terreau de cette plante plus capricieuse que les autres au moins deux fois par semaine.

Si jamais vous trouvez la plante fanée et son terreau desséché (malheureusement, un événement trop courant), arrosez bien et la plante devrait récupérer… mais vous perdrez sûrement quelques feuilles et fleurs. Mais il y a une limite au nombre de fois que la plante peut récupérer d’un tel traumatisme. Il ne faut pas que ce scénario se répète.
Par contre, si vous trouvez votre plante affaissée, mais que son terreau est détrempé, c’est plutôt un cas de pourriture, une situation beaucoup plus grave. Allez-y mollo avec les arrosages pendant quelque temps, le temps que le cyclamen se fasse de nouvelles racines, et parfois il arrivera à reprendre. Si le tubercule même est pourri, toutefois, il n’y a rien à faire.
Une bonne humidité ambiante est importante aussi… et la plante s’assèchera beaucoup moins rapidement si l’air est humide. Or, l’air de nos logis est souvent très sec entre l’automne et le printemps. Ainsi, l’utilisation d’un humidificateur est bénéfique ou encore, entourez-le d’autres plantes, car cela crée un microclimat plus humide.
Curieusement, c’est en automne et en hiver, ainsi qu’au début du printemps, qu’on fertilise le cyclamen (le contraire des autres plantes d’intérieur). À cette saison, ajoutez un peu d’engrais à l’eau d’arrosage, environ à un 1/8 de la dose recommandée. Le type d’engrais n’a pas d’importance, pas plus qu’une formule NPK spécifique. Tout engrais que vous lui donnerez conviendra.
Il faut aussi faire le ménage régulièrement pour enlever les feuilles et les fleurs fanées afin de laisser la place aux nouvelles.
Un été en croissance…

Plusieurs s’étonneront de voir que je suggère de continuer à cultiver le cyclamen en été, car, autrefois, la consigne était de le mettre en dormance à cette saison. Le cyclamen moderne, cependant, n’a pas nécessairement besoin d’une véritable période de repos. Si vous pouvez lui éviter tout coup de chaleur, il continuera probablement de fleurir au moins légèrement pendant l’été pour reprendre une floraison et une feuillaison plus abondantes avec l’arrivée des températures plus fraîches de l’automne.
À la fin du printemps, donc, quand sa floraison diminue et qu’il commence à produire moins de feuilles, il est temps de changer son environnement. Déplacez-le dans un endroit plus frais (maximum 20°C), mais quand même bien éclairé. Une fenêtre avec une orientation nord peut alors convenir (elle reçoit quand même un éclairage relativement intense l’été).
Certaines personnes le placent à l’extérieur l’été, dans un coin frais, insérant le pot dans le sol pour que le tubercule reste plus frais. Personnellement, je le place dans le sous-sol l’été, car il m’est encore plus facile de lui trouver de la fraîcheur. Souvent, il pousse très bien sous des lampes de culture (lampes fluorescentes ou DEL) dans un sous-sol assez frais.
Il faut alors continuer de l’arroser dès que son terreau s’assèche.
… ou en dormance
Si vous n’avez pas de coin frais, alors oui, il vaut mieux laisser votre cyclamen entrer en dormance l’été. Quand vous voyez que la floraison s’arrête et que le feuillage commence à jaunir, habituellement à la fin de mai ou au début de juin, arrêtez de l’arroser. Le feuillage persistera peut-être encore quelques semaines. Quand il jaunira enfin, supprimez-le.
Vous pouvez alors placer le pot dans un coin sombre jusqu’à l’automne (la recommandation traditionnelle) ou encore le laisser au soleil ardent: la plante sera en dormance et ne remarquera pas la différence. Ajoutez une cuillérée d’eau de temps à autre si vous jugez que le tubercule se ratatine, mais autrement, aucun arrosage n’est nécessaire.
Quand vous voyez de petites feuilles surgir du tubercule en août ou septembre, recommencez l’arrosage, doucement au début, puis plus abondamment quand le feuillage commence à repousser plus visiblement. Remettez-le dans un coin frais et quand même bien éclairé… et bientôt votre cyclamen sera de nouveau en pleine floraison!
Rempotage

Le tubercule du cyclamen grossira avec le temps et il sera éventuellement nécessaire de le rempoter dans un pot plus gros. Le meilleur moment pour le faire est au début de la reprise de la croissance, soit à l’automne. Utilisez, à cette fin, un terreau léger et replantez le tubercule comme il l’était au début, avec sa couronne légèrement exposée.
Le cyclamen comme annuelle d’hiver

Dans les régions aux hivers doux, comme sur la Côte d’Azur, on utilise le cyclamen comme annuelle d’hiver. Ainsi, on le plante en pleine terre, habituellement en octobre ou novembre. Quand sa floraison est terminée en avril ou mai, on l’arrache pour le remplacer par des annuelles d’été (tagètes, cosmos, etc.).
On peut aussi cultiver le cyclamen en pot à l’extérieur pendant l’hiver, non seulement dans le Sud, mais même dans les régions plus tempérées, par exemple à Paris, tant qu’on le rentre à l’abri pendant les nuits de gel. Dans les régions aux hivers froids comme le Québec, par contre, le cyclamen doit rester à l’intérieur pendant l’hiver.
Le cyclamen des fleuristes: des mois de belles fleurs et une plante pas si difficile à cultiver si vous pouvez lui offrir des températures fraîches. Pourquoi ne pas l’essayer?
Billet adapté d’un article paru dans ce blogue le 15 novembre 2016.
Je retrouve des petites bosses brunettes sous les feuilles que je peux enlever avec un essui tout mais cela revient toujours. Il y a aussi un genre de sève très collante qui tombe au sol. Quoi faire?
https://jardinierparesseux.com/2016/09/29/les-cochenilles-a-carapace-sournoises-et-difficiles-a-controler/
Cochenille à carapace
Bonjour! J’ai trouvé un site canadien qui offre des cyclamens rustiques, il dit zone 4 à 9, est-ce que c’est vrai cette merveille?
C’est de cyclamen hederifolium, coum et cilicium.
je possède un cyclamen depuis plus de 15 ans et il fleurit presqu’à temps plein…
un peu d’eau, d’engrais et une fenêtre à l’ouest et le tour est joué…
j’adore cette potée fleurie…
?
Je me suis procurée un cyclamen il y a une dizaine de jours. Il est bien fleuri mais ses feuilles jaunissent. La terre est humide. Il est placé près d’une fenêtre sud-ouest. La température de la pièce est de 21 c. Que faire?