Halloween Truc du jour

Pour cette Halloween, une citrouille sculptée à l’Orientale

Citrouille sculptée

Par Larry Hodgson

En cette veille d’Halloween, de nombreux enfants, et des adultes aussi, prendront grandement plaisir à sculpter des citrouilles en gargouille : des visages tantôt souriants, mais surtout grimaçants, méchants, horrifiants que l’on éclairera au moyen d’une chandelle ou d’une ampoule pour attirer les enfants du quartier. La citrouille est ainsi devenue un genre de panneau lumineux annonciateur de bonbons, qui indique aux enfants déguisés en sorcière, lutin, fantôme et autres costumes à quelle maison frapper pour avoir leur dû. 

Avec la sortie graduelle de la COVID un peu partout, beaucoup de gens attendent avec hâte de renouer avec cette tradition, que nous avons dû mettre de côté l’an dernier, et de placer une belle citrouille sculptée à la porte de leur demeure pour annoncer : «Les enfants, les bonbons vous attendent!»

L’origine de la tradition

Navet sculpté.
Sculpture traditionnelle sur un navet. Photo: Bodrugan, Wikimedia Commons

Il n’en a pas toujours été ainsi. La tradition de la citrouille sculptée d’Halloween vient de l’Irlande, où l’on sculptait de gros navets en lanternes à la veille de la Toussaint en souvenir des âmes perdues en cette fête où, l’on croyait, les âmes des gens morts durant l’année quittaient les limbes pour monter au ciel. De plus, une lanterne effrayante pouvait dissuader les morts errants de pénétrer dans la demeure. Les Irlandais importèrent cette tradition en Amérique du Nord, mais avec une différence : la citrouille, un légume indigène qu’ils ne connaissaient pas en Irlande, mais qui était plus grosse et plus facile à sculpter que le navet, est venue remplacer ce dernier comme légume à sculpter. 

Du moins, c’est ce que vous lirez si vous faites des recherches sur l’origine des citrouilles sculptées. Mais il y a aussi une autre origine à cette tradition, une qui vient d’une autre partie du monde complètement : l’Orient.

Les légumes sculptés de l’Orient

Citrouille sculptée
La sculpture orientale peut être très détaillée. Photo: Takehiro Kishimoto, gakugakugakugakugakul, Instagram

Bien avant les Irlandais, les Chinois, les Thaïlandais, les Vietnamiens et d’autres peuples orientaux avaient l’habitude de sculpter des légumes, mais dans un autre but complètement. En effet, il y a chez eux une tradition de sculpter des légumes strictement aux fins ornementales. Ne soyez pas surpris de trouver sur la table, si vous y allez, dans les restaurants mêmes assez modestes, des carottes converties en roses, des radis en œillets, des ananas en lanternes et autres merveilles semblables. Nous voyons parfois cela chez nous, dans une forme très simple, dans les restaurants chics où l’on décore parfois notre assiette d’un radis sculpté en une fleur très simple. Mais en Orient, les sculptures sont beaucoup plus complexes. Il y a d’ailleurs des artisans qui se spécialisent dans la sculpture sur légume et, lors des festivals, on tient des concours et des démonstrations de cet art très apprécié. 

Citrouille sculptée en soupière
Citrouille sculptée en soupière. Photo: Fabulous Foods.

Mais pour les Orientaux, la sculpture végétale du plus haut raffinement est la soupière sculptée. On dessine sur l’écorce des citrouilles, des melons ou des melons d’eau des fleurs, des paysages, des tableaux et bien plus encore. Contrairement à notre habitude de percer de trous dans nos citrouilles pour laisser sortir davantage la lumière de la chandelle placée à l’intérieur, les légumes sculptés orientaux sont laissés intacts, car dans le fruit évidé on servira une soupe chaude ou froide. Une soupe à la citrouille servie à même la citrouille, n’est-ce pas que c’est une idée des plus sophistiquées? 

Sculpture de citrouille intacte avec face de clown méchant, illuminée de l’intérieur.
Sculpture de citrouille intacte, illuminée de l’intérieur. Photo: prettyviscera, imgur.com

Si vous recevez un petit groupe intime (COVID oblige!) pour la fête de l’Halloween, pourquoi ne pas combiner les deux traditions? Sculptez votre citrouille en visage lugubre, mais sans la percer, puis servez dedans une bonne soupe chaude à la citrouille (il vous faudrait une autre citrouille pour avoir assez de chair pour préparer la soupe). Une fois le service fait, retirez la citrouille sculptée, posez une chandelle dedans, et baissez les lumières, puis replacez-la sur la table. Même si elle n’est pas complètement percée, la lumière percera pour le plus bel effet. De quoi épater les convives.

Bonne Halloween! 

7 comments on “Pour cette Halloween, une citrouille sculptée à l’Orientale

  1. Christine, France

    Merci pour toutes ces précisions et ces belles images

  2. Caroline Jarry

    Fascinant! Autant l’origine irlandaise de cette coutume (ne pas laisser entrer les morts errants la veille de la Toussaint) que la créativité époustouflante des sculpteurs de légumes orientaux. Vraiment beau et intéressant. Bien aimé la sculpture de la dinde sur la soupiere!
    Merci!

  3. Christiane Allard

    De petites oeuvres d’art. Rafraîchissant.

  4. Michèle ADAM

    chez nous (Wallonie – Belgique) c’était des betteraves que l’on sculptait quand j’étais plus jeune, juste des yeux et une bouche avec une bougie. Aujourd’hui, c’est la tradition américaine qui a pris le dessus. De notre faute si nous oublions notre vieux folklore.

  5. Splendide ces sculptures orientales ! Un art consommé.

    La tradition d’Halloween, importée aux Amériques par les Irlandais est en fait un tradition celtique qui remonte probablement aux temps préhistoriques. C’était chez les Celtes la fête de Samain qui correspond à la prise de conscience de la diminution du temps de jour, de la afin des récoltes et aussi rites de passage et rappel du culte des ancêtres(Toussaint chrétienne).
    Sans que cela relève comme maintenant d’une véritable institution, à cette saison, souvent les enfants ou les jeunes gens creusaient une citrouille (qui avait probablement remplacé avantageusement une rave ou une betterave), la munissaient d’une bougie et l’installaient à une croisée de chemin par exemple, pour effrayer le malheureux piéton qui cheminait dans la nuit.
    « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans, (et même de moins de 50 ou 60 ans) ne peuvent pas connaître. « 

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