Truc du jour Vivaces

Une vivace mystère

Fleur jaune pâle de céphalaire géante.

Par Larry Hodgson

Question : J’ai une belle vivace depuis plusieurs années dans mon jardin. La fleur ressemble beaucoup à celle d’une scabieuse. Débutante dans le domaine floral lors de l’achat, je ne me suis pas souciée d’en garder l’étiquette et je ne trouve pas d’informations sur elle. Aujourd’hui, j’aime bien identifier chacune de mes plantes et donc aimerais bien connaître son nom. 

Raymonde Sirois

Réponse : Il s’agit d’une céphalaire géante (Cephalaria gigantea), une très haute vivace (de 1,5 m à 2,5 m) à fleurs jaune très pâle. Et effectivement, elle ressemble beaucoup à une scabieuse (Scabosia), à tel point qu’on l’appelle souvent scabieuse jaune ou scabieuse géante. 

C’est une vivace assez rare de nos jours, rarement mentionnée dans les livres ou les récits, mais elle fut sans doute plus populaire autrefois, car on la trouve souvent dans les vieux jardins et même dans les jardins abandonnés. Malgré sa rareté, elle est très jolie et florifère… elle manque juste un peu de publicité ! 

Plusieurs plantes de céphalaire géante avec fleurs jaune pâle.
On voit bien les feuilles de la céphalaire géante dans cette photo, mais souvent elles sont cachées. Photo: Leonora (Ellie) Enking, Flickr

Le genre Cephalaria contient quelque 65 espèces annuelles et vivaces, surtout eurasiatiques, généralement à fleurs jaune pâle, blanches ou lavande, mais seule la céphalaire géante, originaire du Caucase et de la Turquie, est couramment cultivée. Elle forme une rosette d’environ 60 cm de hauteur et de diamètre d’assez grandes feuilles bipennées, vert foncé au revers duveteux et d’ailleurs très attrayantes. Malheureusement, on les voit rarement puisque cette très grande plante est presque toujours cultivée en arrière-plan où le feuillage est habituellement bien caché. 

Fleur de céphalaire géante en
La fleur rappelle une pelote d’épingles. Photo: Cillas, Wikimedia Commons

On voit très bien les fleurs toutefois : portées sur de hautes tiges minces, raides et ramifiées, peu feuillues, elles sont jaune primevère. Comme pour sa cousine plus populaire, la scabieuse (Scabiosa), ses inflorescences sont composées d’un disque central bombé aux étamines proéminentes, donnant un effet de pelote d’épingles, entouré de plusieurs rangées de bractées aplaties de la même couleur. Les fleurs sont nombreuses et se relaient sans arrêt pendant huit semaines et plus, de juin à août, mais elles sont si bien espacées, sur des tiges si aériennes, qu’elles font davantage un effet de rideau éthéré que de mur. Et ce n’est pas parce qu’elles sont petites : à 6,5 cm de diamètre, elles sont assez grosses. Ce port vaporeux fait de la céphalaire géante une plante qui plaît énormément à l’œil… mais qui est très difficile à photographier ! 

Même après la floraison, les capsules de graines en forme de bouton maintiennent un bel effet. La céphalaire géante donne une excellente fleur coupée, qu’on retrouve d’ailleurs parfois dans les bouquets des fleuristes, et les abeilles et les papillons l’adorent. 

Cultiver une céphalaire géante

Bourdon visitant une fleur jaune de céphalaire géante
Les fleurs attirent les papillons et les abeilles. Photo: Mike Finn, Flickr

C’est une vivace de culture facile : une bonne plante pour les débutants. Presque tout sol lui convient, mais comme le feuillage brûle sur les marges dans les emplacements trop secs, mieux vaut la planter dans un sol assez humide ou utiliser à tout le moins un paillis. Idéalement, la plante profitera du plein soleil, car ses tiges ont tendance à pencher ou même à plier dans les endroits mi-ombragés. 

C’est une plante réputée pour sa capacité à résister à toutes les épreuves. Elle est adaptée aux zones de rusticité 3 à 8, notamment. Elle semble intéresser peu les insectes et les maladies et habituellement les mammifères (cerfs, lapins, marmottes, etc.) l’ignorent.

Tête florale de céphalaire géante avec graines.
Les graines sont faciles à récolter et mûrissent à l’automne. Si vous laissez la plante debout, elle nourrira les oiseaux pendant l’automne et l’hiver. Photo: Salicyna, Wikimedia Commons

On multiplie habituellement la céphalaire géante par semences. Ordinairement, les graines germent en trois à quatre semaines, sans traitement spécial, qu’on les sème à l’intérieur ou en pleine terre. Si la germination retarde toutefois, un traitement au froid peut stimuler un regain de vie. 

La division est théoriquement possible, mais difficile à effectuer, car les racines sont très profondes et malaisées à extraire. La transplantation des plants matures pose problème pour la même raison. Les jeunes plants, par contre, sont faciles à déplacer.

Si les semis et la division ne vous conviennent pas, sachez qu’on peut aussi multiplier cette plante par boutures de racine. 

La plante se ressème timidement, ce qui assure une présence permanente. Si vous trouvez une plante qui a germé à la mauvaise place, il suffit de la déplacer. 

Où en trouver?

Je le sais, mes lecteurs veulent toujours savoir où trouver une plante que je présente ici… dans une pépinière à deux pas de chez eux. Je vais donc vous décevoir avec cette plante. Elle est rarement offerte sous forme de plant et, à moins qu’il y ait une pépinière spécialisée en vivaces de collection dans votre région, vous ne trouverez pas cette plante localement.

Il vous faudra sans doute faire venir des semences… comme j’ai fait moi-même. Soit vous prenez une chance sur un site de commerce en ligne comme Amazon (où n’importe qui peut vendre des semences et donc on n’est jamais certain des résultats), soit vous les commandez auprès d’une source plus fiable comme un semencier spécialisé en graines de vivaces comme Plant World SeedsSeedaholic ou Jelitto Perennial Seeds


La céphalaire géante est réellement une vivace fort intéressante. À vous maintenant de la découvrir!




Texte en partie adapté du livre La bible des vivaces Tome 2.



Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

16 comments on “Une vivace mystère

  1. Très intéressant le fait de laisser les plants pour que les oiseaux se nourrissent l’hiver, est-ce qu’il y a d’autres plantes que les oiseaux aiment?

  2. Sur les sites en France on en trouve en godets. J’aimerais savoir si cette plante peut fournir de bonnes en fleurs à couper. Mon jardin est très loin de ma maison et j’aime pouvoir profiter un peu à domicile de mes cultures.

    Cette plante un peu oubliée me rappelle une jolie fleur (parmi beaucoup d’autres) que je voyais en mon enfance dans le jardins que mes vieilles voisines cultivaient avec soin et qu’elles m’invitaient à venir visiter ; parfois même elles m’offraient un bouquet de leurs productions.
    J’avais remarqué une plante qui me plaisait particulièrement mais dont personne ne connaissait le nom.
    Je m’en suis souvenu et ai fini par trouver son nom, il s’agit du Physostegia de Virginie, une labiée vivace que l’on peut trouver parfois dans les jardins dits « de curé ».

    • C’est une excellente fleur coupée.

    • dorisbruxelles

      Ah oui, vraiment très très joli! Mais je lis qu’il s’agit plutôt d’une plante de terre très humide, même marécageuse ou en bordure d’un plan d’eau. Ce qui n’est pas le cas chez moi. Mais j’essaierais bien: puis-je vous demander dans quelles conditions vous les cultivez? Merci!

      • Chez moi, une terre bien drainée; même (comme cet été), assez sèche pour que le feuillage fane et pourtant, aucun véritable problème.

  3. dorisbruxelles

    Pour les français-es, et pays limitrophes, j’en ai trouvé chez Promesse de Fleurs (promessedefleurs.com). J’en ai un plant, ainsi que des petites scabieuses jaunes, fleurs très petites mais hautes tiges également, d’une adorable couleur beurre fondu. Se naturalisent très facilement, et j’utilise donc les 2 espèces, l’une aussi jolie que l’autre, sur un sol plutôt sableux, très très drainant et en plein soleil, pour faire la transition entre un gazon et la prairie qui s’étend au-delà. L’effet est très naturel, sauvage sans l’être vraiment, et vraiment ravissant, en tout cas pour cet usage. Quant aux cerfs, castors, marmottes et autres ours bruns très présents dans ma région, je ne peux que confirmer ce qu’en dit le jardinier paresseux 😉

  4. Mahiloulou

    Bonjour!

    Plus tôt, au printemps, j’ai écrit au service a la clientèle de Seedaholic et pour le moment, ils n’expédient plus au Canada. Ils espèrent pouvoir recommencer à le faire dès que la situation reviendra à la normale.

  5. Suzanne Lalonde

    11-09-2021
    J’ai un gros plant de pivoines qui n’a pas fleuri depuis 4 ans ! On m’a dit que l’endroit actuel où il se trouve n’offrait pas assez d’heures d’ensoleillement. Est -il trop tôt pour le déplacer ? Ou dois-je attendre fin septembre ou début octobre ? J’habite près de Montréal, sur la rive nord. Merci pour vos conseils. J’adore lire vos chroniques 👍👏😄

  6. Apollinaire Bagwarhekone

    Je suis en RDC, j’ai envie de m’adonner à la culture des fleurs aromatiques, mais je ne sais pas trouver des semences.
    Des conseils m’aideraient

  7. J’ai des céphalaria chez moi depuis au moins 20 ans. Une superbe fleur, solide, aimée des abeilles. Il est vrai que la division est difficile, mais j’ai eus la chance d’avoir quelques semis qui sont partis par eux même dans la plate bande, ce qui m’a permis de les déplacer à d’autres endroits sur la terrain.

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