Maladies des plantes Truc du jour

Taches noires sur feuilles de pommetier

Par Larry Hodgson

Question: J’ai un pommetier devant ma maison qui est affligé d’une maladie que j’appelle la tache noire pour le troisième été consécutif. Il a bien fleuri cette année, mais la maladie récidive depuis deux semaines: ses feuilles commencent à se tacher de noir, à jaunir puis à tomber.

J’ai reçu toutes sortes de conseils concernant le traitement: je l’ai aspergé de chaux soufrée, puis d’un produit à base de cuivre… mais rien ne semble fonctionner. Peut-être ne l’ai-je pas fait assez assidûment? D’ailleurs, comme l’arbre est très haut (plus haut que ma maison, qui a deux étages), impossible de l’asperger en entier, ce qui, j’imagine, empêche la guérison.

Que me conseillez-vous de faire? À long terme, l’arbre peut-il mourir?

Sophie Marcotte

Réponse: Votre pommetier (pommier ornemental) semble souffrir de la tavelure du pommier (Venturia inaequalis), une maladie très courante chez les pommetiers et les pommiers (Malus spp.) et aussi chez les poiriers (Pyrus spp.).

Feuille atteinte de taverlure. Photo: agric.wa.gov.au

Dans cette maladie, on voit se former sur les feuilles des taches veloutées olivâtres qui deviennent noires. Les feuilles très atteintes jaunissent et tombent prématurément.

Pommes atteintes de tavelure. Photo: Rasbak, Wikimedia Commons

Quant aux fruits, soit ils tombent jeunes, soit il s’y forme des taches liégeuses brunes. (Notez que les fruits atteints peuvent quand même être consommés: il suffit d’enlever les lésions.)

Effectivement, il y a des traitements fongicides possibles, mais il faut les appliquer assidûment, du printemps à la fin de juin, parfois jusqu’à l’automne, entre 3 à 11 fois par année et, comme vous le soulignez, vaporiser un arbre de bonne taille n’est pas une sinécure.

Par contre, même sans traitement, les pommetiers atteints de cette maladie peuvent vivre encore pendant des décennies et donner quand même une floraison spectaculaire et, dans le cas des pommiers, de délicieuses pommes, et ce, la plupart des années. D’accord, les pires années, il peut y avoir une chute massive de feuilles et de fruits en plein été, mais, très honnêtement, le traitement est si difficile à appliquer et si rarement très efficace que le plus facile est d’apprendre à accepter ce problème comme un trait normal des pommetiers/pommiers. 

Un petit traitement facile, cependant, serait de ramasser et de composter les feuilles et les fruits tombés, car c’est sur eux que les spores de la tavelure hivernent. Oui, on peut les mettre au compost.

Quand l’arbre meurt (eh oui, la tavelure peut être éventuellement mortelle), pensez remplacer l’arbre malade par un pommetier qui n’est pas sujet à la tavelure. Il est malheureux de constater que plusieurs pommetiers très sujets à la tavelure sont encore couramment vendus en pépinière, même si leur sensibilité est connue depuis plus de 40 ans. 

Malus ‘Prairifire’ est un pommetier hautement résistant à la tavelure. Photo: David J. Stang, Wikimedia Commons

Parmi les pommetiers à éviter il y a ‘Brandywine’, ‘Hopa’ (le plus sensible) ‘Indian Magic’, ‘Indian Summer’, ‘Profusion’ et ‘Radiant’. Parmi les variétés recommandées à cause de leur bonne résistance à la tavelure, il y a ‘Lollipop’, ‘Prairifire’, ‘Sugar Tyme’, ‘Snowdrift’ et ‘Thunderchild’. Vous trouverez d’autres pommetiers résistants dans cet article: 50 pommetiers sans complications.

Chez les pommiers aussi, il y a des variétés très sensibles à la tavelure (surtout ‘Cortland’, ‘Empire’, ‘Gala’ et ‘McIntosh’) et des variétés résistantes, comme ‘Liberty’, ‘NovaMac’ et ‘Priscilla’. Vous trouverez une liste plus complète de pommiers résistants aux maladies en général, dont la tavelure, dans l’article Pommiers résistants aux maladies

9 comments on “Taches noires sur feuilles de pommetier

  1. Marie-D

    Bonjour, j’ai le même problème avec mon pommetier Makamik auquel je tiens beaucoup. Je me demandais si l’huile de dormance pourrait aider à réduire le problème. Merci

    • Anonyme

      J’ai un pommetier Makamik et depuis que je le traite ainsi je n’ai plus de tavelure:
      Huile de dormance et bouillie souffrée avant l’eclosion des bourgeons
      Bouillie souffrée immédiatement après la floraison.

    • L’huile aura très peu d’effet, étant donnée que c’est un insecticide (il faut un fongicide).

  2. Quel pommier produit des pommes dures et sûres. Actuellement nous mangeons des pommes qui ne sont pas prêtes pour retrouver le côté sûr. Les premières pommes dont je ne connais pas la sorte sont souvent plus sûres mais deviennent molles très rapidement. Ce sont des pommes blanches et tout le monde veut nous les vendre en disant qu’elles sont très sûres mais nous n’aimons pas du tout. Nous mangeons des cerises grillottes et nous adorons et pourtant la plupart des gens n’aime pas et les utilisent pour cuisiner.

  3. Aïda Barsoum

    Sans être une experte en jardinage, j’aimerais contribuer mon expérience avec un érable ( Acer tataricum « Hot wings »), aussi affecté d’une maladie fongique qui causait des taches noires très abondantes et collantes sur les feuilles. Cette année je l’ai arrosé à plusieurs reprises avec un thé d’herbes aromatiques ( https://www.gardeningknowhow.com/garden-how-to/soil-fertilizers/herbal-tea-for-plants.htm) , et l’arbre se porte beaucoup mieux. On arrose le sol, et non les feuilles, ce qui est bien plus facile. Penser que c’est à la périphérie, et non près du tronc, que led racines sont plus fines et l’absorption est meilleure.

    • Me AITOU

      Oh ! un grand merci pour ceci madame, c’est tout à fait le genre de pratique que j’adore ! Qui ne laisse pas de poison dans la terre, ou dans l’air, et ni dans les fruits.

    • Bonjour Aïda Barsoum ,Avez-vous utilisé des herbes spécifiques?
      Merci pour cette belle suggestion. Bonne journée!

      • Aïda Barsoum

        Vous trouverez plusieurs suggestions par une spécialiste sur le site que j’ai indiqué en référence, mais en ce qui me concerne, j’ai simplement employé ce que j’avais sous la main et qui devait être taillé de toute façon : thym, menthe, aneth, aspérule, origan, aussi certaines  » mauvaises herbes » que je sais être comestibles, comme le pissenlit et le poupier. J’ai essayé de varier le mélange et de le remuer plusieurs fois pour favoriser la multiplication de bonnes bactéries.

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