Truc du jour

Le bandit masqué frappe encore !

Jeune raton laveur dans un gazon.

Par Larry Hodgson

Le raton laveur (Procyon lotor) n’est pas uniquement un problème pour les jardiniers : il réussit à se mettre tout le monde à dos en vidant les poubelles, en faisant du tapage nocturne, en volant les pièges mis pour d’autres animaux, en élisant domicile dans les greniers, en mangeant les poissons dans les jardins d’eau, etc. 

Dans le secteur horticole, sa spécialité est le «blé d’Inde». Il peut vider un carré de maïs sucré en une seule nuit… et semble savoir bien plus que nous exactement quand le maïs est prêt. Il peut aussi piller les melons et les petits fruits et, comme la mouffette, creuser des trous dans le gazon à la recherche de vers blancs. 

Ajoutez à cela le fait qu’il peut être très agressif lorsqu’il est acculé au mur et est de ce fait une menace pour les chiens. Il peut également porter la rage! Vous comprendrez que les ratons laveurs dans la nature, ça va, mais pas dans votre potager ou platebande. 

Au début, il est mignon, c’est vrai, et on court vite chercher la caméra, mais lors de votre troisième ou quatrième rencontre nocturne vers 2 h, vous le trouverez bien moins drôle. C’est un animal très intelligent qui peut contourner presque tous les obstacles : il trouvera vite un accès à travers la plupart des barrières que vous installerez. Mais que faire donc pour l’éloigner ? 

Maintenant en Europe aussi!

Aire de répartition du raton laveur à travers le monde.
Aire de répartition du raton laveur : Rouge: régions d’origine; bleu: régions d’introduction. Ill.: Wikimedia Commons

Le raton laveur est indigène de l’Amérique du Nord et centrale, mais a été introduit en Europe et en Asie où sa population ne cesse de croître. Actuellement, on le dit présent en France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Japon et dans plusieurs autres pays. Dans certains de ces pays, il est classé nuisible.

La plupart des effaroucheurs, objets qui bougent, bruits forts, drôles d’odeurs, etc., fonctionneront quelque temps (lisez à cet effet l’article Les effaroucheurs sont-ils efficaces ?), mais le raton laveur est bien plus intelligent que la plupart des mammifères qui visitent les jardins. Il faut changer de stratégie presque tous les jours pour le maintenir à distance.

Arroseur muni d’un détecteur de mouvement.
Arroseur muni d’un détecteur de mouvement en action. Photo: amazon. com

Le seul effaroucheur qui semble vraiment efficace contre cet animal est l’arroseur muni d’un détecteur de mouvement. Quand il essaie d’approcher le jardin, il reçoit un jet d’eau en plein dans les yeux ! Vous n’aurez jamais vu un raton courir aussi rapidement ! 

Une expérience électrisante

Clôture électrisée contre ratons laveurs.
Pour qu’une clôture soit vraiment anti-ratons laveurs, il faut ajouter de l’électricité. Ill.: Claire Tourigny

Le raton laveur est assez futé pour trouver un passage au travers, par-dessus ou par-dessous presque n’importe quelle clôture… à moins que vous ne l’électrisiez. Voici un modèle. 

Fixez un grillage métallique de type grillage à poule de 120 cm de largeur sur des poteaux qui dépassent le sol de 120 cm. Agrafez 90 cm du grillage aux poteaux en pliant les 30 cm du bas à 90 ̊ vers l’extérieur de la zone protégée, les recouvrant de terre. Cette extension latérale le découragera de creuser. Maintenant, fixez un premier fil électrique sur le poteau à 15 cm au-dessus du grillage et un deuxième, à 15 cm au-dessus du premier. Branchez-les à un transformateur approprié ou à une batterie. 

Tous les matériaux pour une clôture anti-ratons laveurs sont disponibles dans les coopératives agricoles. 

Par la voie des airs 

Raton laveur dans un arbre.
Le raton laveur peut envahir votre jardin par la voie des airs. Photo: David Menke, Wikimedia Commons

Le raton laveur est un excellent grimpeur et passe souvent d’un endroit à un autre en suivant les branches des arbres. Ainsi, votre super clôture électrique «impossible-à-grimper» ne l’arrêtera pas deux instants s’il y a des branches qui passent par-dessus. Coupez toujours les branches surplombant le jardin à protéger si vous voulez que votre clôture soit efficace. 

Filet ou grillage pour tenir le bandit masqué à distance 

Filet de protection autour de plants de vigne avec raisins.
Un simple filet de protection pour les oiseaux semble souvent tenir les ratons laveurs loin des récoltes fruitières. Photo: Iwona Erskine-Kellie, Wikimedia Commons

Le même genre de mince filet qui sert à protéger les fruitiers des oiseaux peut aussi protéger les fruitiers et les légumes des ratons laveurs… tant qu’il est solidement ancré de tous côtés. Même s’il peut facilement couper un tel filet d’un coup de dents, le raton laveur semble avoir en horreur de toucher à un filet semblable, sans doute parce que ses pattes s’y prennent. De même, il déteste marcher sur du grillage métallique de type grillage à poule placé au sol. 

Un piège peut faire l’affaire 

Piège pour animaux vivants avec raton laveur à l'intérieur.

Quand un raton laveur est vraiment détestable ou que rien d’autre ne semble fonctionner, vous pouvez l’attraper avec un piège pour animaux vivants de type Havahart (modèle de grande taille) pour le libérer plus loin. Il ne sera pas content de se faire prendre et se montrera très agressif. Rappelez-vous de le relâcher à au moins 20 km de chez vous. 

Comme appât, essayez du bacon croquant, du poisson, du maïs en épi ou de la nourriture pour chat. Faites attention de placer l’appât loin du bord du piège, sinon le raton laveur rusé ira le chercher par le côté sans y entrer. 

Article adapté du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux.

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

18 comments on “Le bandit masqué frappe encore !

  1. Line Bertrand

    J’en ai attrapé un cet été dans cette cage que je place pour les écureuils mais je ne l’ai pas libéré aussi loin. (Je les déplace, je me sens moins coupable que de les supprimer). S’il revient il fera un beau grand tour de pickup. Là c’est une marmotte que nous apercevons dans le cartier. J’espère bien ne pas attraper une moufette. Ce serait le comble.
    J’ai un système à ultra son acheté l’an passé, je vais l’installer. Ça ne peut pas nuire.

  2. Fabienne

    Les ratons n’aiment pas le « piquant ». Je mélange, eau, savon à vaisselle sauce au piment et cayenne en poudre et je vaporise. J’ajoute aussi du clou de girofle à l’occasion ou de la lavande. J’arrive à proteger mes cailles ainsi. A date ça fonctionne. Effectivement, il faut faire très attention aux chiens. Le raton peut porter une bactérie qui s’attaque au système du chien et le fait  » gonfler » et devenir apathique (histoire vécue).

  3. Vous diabolisez cet animal qui essai juste de survivre avec beaucoup moins de succès que notre espèce. En ce qui nous concerne depuis toujours on cohabite avec eux sans aucun problème.

    • Hélène Roy

      Vous n’avez probablement pas de potager qui a été saccagé en une nuit par cet animal pour être aussi cool avec lui. On en reparlera quand ca arrivera!

    • J’ai une amie à Laval qui a dû faire faire à quatre reprises des rénovations à son toit et du nettoyage à fond en l’espace d’un an après que des ratons laveurs, généralement des femelles avec des petits en chemin, se sont introduits dans son grenier. Les suivants étaient attirés par l’odeur des premiers. Elle en a relocalisés un vingtaine en un an.

      Vous essayerez de lui dire que M. Hodgson les diabolise.

      Quand j’habitais en ville j’en ai eu un qui avait élu domicile sur mon balcon arrière. Ça m’a pris des semaines d’harcèlement pour réussir à le convaincre de foutre le camp. Il était très agressif, plus moyen d’aller arroser mes plantes, me servir du BBQ ou d’avoir accès à l’escalier de secours sauf quand il partait chercher de la nourriture.

      Oui, je suis certain que ça arrive d’en avoir autour sans qu’ils causent trop de ravages, mais c’est loin d’être le cas pour tous.

  4. Vous diabolisez cet animal qui essai juste de survivre. J’ai une maison, j’ai cohabite depuis toujours avec eux sans aucun problème.

  5. jean pierre rousseau

    Concernant les fils électriques vous proposez de les brancher dans une prise NON NON NON ils doivent ABSOLUMENT être branché sur un transformateur qui lui envoie une décharge étonnante et mémorable tandis que votre proposition va le tuer ainsi que n’importe quel humain qui aura la malchance d’y toucher, svp corrigez votre publication avant que l’irréparable accident arrive et vous cause de grands ennuis avec la justice

    • Excusez: je pensais que c’était clair. Je vais faire la correction.

    • Mr le jardinier, dit bien de brancher les fils à un transformateur….et non pas à une prise….peut être relire son texte…

    • Catherine Bertrand

      Un de mes voisins à déjà fait quelque chose du genre… heureusement on a découvert le bricolage du monsieur à l’automne (pas l’été nu pieds en sortant de la piscine…). On est passé proche de griller. On a fait venir la police pour forcer le voisin à démanteler son système qui était branché direct sur le système électrique de sa maison et qui était installé seulement sur la partie contigüe à notre maison … qui voulait-il chasser? des humains ou des écureuils?? On a fait des recherches et aucune règlementation semblait exister à la ville de Laval pour les clôture électriques. C’est pas mal troublant de réaliser qu’une clôture électrique puisse être installée sans règlementation claire dans une municipalité. Pour ma part, j’opterais pour interdire ce genre d’installation au complet. Il y a trop de personnes qui font des bêtises avec l’électricité et qui omettraient de lire « batterie ou transformateur », bref, je ne donnerait même pas l’idée de zapper un tout petit peu un animal sur mon blogue.
      De plus, installer une clôture électrique pour dissuader un animal est une perte de temps, ces derniers doivent être soumis à une différence de potentiel (genre clôture 120 V et sol 0 V) de façon à être électrocuté (Il doit y avoir une mise à la terre pour être électrocuté). Nos amis grimpeurs voyagent allègrement sur les fils de haute tension (15000 V) d’hydro-Québec sans aucun problème, parce qu’il ne touchent pas au sol.

  6. SVP évitez de le déplacer. J’ai l’impression que tous les ratons du village à proximité sont déplacés dans mon coin de campagne :(. Le mélange avec poivre de cayenne est assez efficace mais faut renouveler souvent.

  7. Je nourris depuis plusieurs années les ratons laveur, qui à cause du déboisement, sont privé de leur habitat naturel. Donc mes voisins, n’ont pas besoin de se prémunir contre eux. Ces petites bêtes sont tellement intelligentes et habiles. Ils viennent chercher des barres tendres, que je tiens dans mes mains. Et ils les mangent debout, en tenant la barre dans leurs petites mains. Mais les barres se sont des extras. Je les nourris avec des céréales pour chats, acheté chez Costco. Mon aménagement paysager est en parfaite condition. Mes plants de tomates miniatures en pots aussi.

    • Line Bertrand

      On ne devrait jamais nourrir les animaux sauvages. Pas très très brillant

  8. Thérèse Houdr

    Je n’emploie, plus des filets à carreaux pour protéger les petits fruits. Les écureuils restent pris dans les mailles et, s’ils ne sont pas vu à temps ils meurent.

  9. Line Bertrand

    Je l’ai attrapé de nouveau ce matin. Nous sommes allé le porter plus loin. Je me croise les doigts pour qu’il ne revienne pas ou ses petits frères.

  10. Danielle Brossard

    Personnellement, j’ai réglé le problème des raton-laveurs et des marmottes … avec 2 potagers. Un potager bien en vue en avant de la maison pour moi et un autre plus petit à l’arrière, qui est plus discret et loin des regards, pour mes raton-laveurs et autres petites bêtes nocturnes. Entre les deux, ils préféreront par prudence celui qui est le moins exposé aux regards. Et s’ils boudent mes 2 potagers, et bien j’en aurai plus pour moi! En fait, le raton-laveur n’est pas le seul fin dégustateur de mon potager. Il faut savoir que le lièvre est non seulement diurne, mais surtout nocturne. Et il adore le brocoli mais heureusement, il déguste toujours le même plant. Il suffit alors d’en planter un peu plus pour les partager avec nos amis de la faune.

    Quant à ma marmotte et ses petits quand elle en a, adore le trèfle. Alors j’ai semé du trèfle dans la cour arrière qui est devenu son potager et qui fait son plus grand bonheur, à elle comme à moi.

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