Légumes

L’oignon idéal pour les jardiniers paresseux

Bulbilles à la tête d'un oignon égyptien

Par Larry Hodgson

Si vous trouvez la culture des oignons par semis ou par oignonets trop exigeante, essayez l’oignon égyptien, appelé aussi oignon rocambole, oignon d’Égypte, oignon perpétuel ou oignon à caboche (Allium × proliferum, syn. Allium cepa proliferum). Il s’agit d’un hybride entre l’oignon classique (A. cepa) et la ciboule (A. fistulosum). C’est un oignon vivace qu’on plante à partir d’une bulbille ou d’une division. 

Durant l’été, il produit une tige florale d’environ 60 cm, souvent tordue à l’extrémité, sur laquelle pousse une grappe de bulbilles… et ce sont principalement ces bulbilles que vous allez récolter.

Quant aux fleurs, il n’en produit que peu. 2 ou 3 minces tiges avec une petite fleur insignifiante à l’extrémité ressortent parfois de la grappe de bulbilles… et elles sont stériles. Ainsi, la plante ne produit pas de semences.

Un oignon qui se déplace!

Oignon égyptien dans un potager, bulbilles rouges.
À la fin de l’été, la tête lourde de bulbilles peut s’écraser au sol, permettant à la plante de se multiplier. Photo: Dave Whitinger, Wikimedia Commons

On appelle aussi cette plante l’oignon marchant, car si vous ne récoltez pas les bulbilles quand la tige florale s’assèche à la fin de l’été, le poids des bulbilles la fait ployer et elle touche au sol à une certaine distance de la plante mère. Alors, les bulbilles s’y enracinent, formant une nouvelle touffe. Ainsi, la plante peut «marcher» à travers votre potager.

Un oignon vraiment perpétuel

Comme c’est une vivace très rustique (zone de rusticité 3, du moins sous une bonne couche de neige), l’oignon égyptien revient d’année en année, vous assurant une récolte annuelle sans devoir le replanter. Après quelques années, quand la touffe devient trop dense et que le nombre de tiges florales diminue, vous pouvez aussi diviser les bulbes qui poussent au sol (ils seront de la taille d’une échalote), replantant certains, mais utilisant les surplus comme oignons.

Et sa culture est des plus faciles ! Plantez une bulbille au soleil dans tout sol bien drainé, même pauvre ou sablonneux, au potager ou dans la platebande, la recouvrant à peine de terre. Le moment le plus logique pour les planter est à l’automne (août, septembre ou octobre), quand les bulbilles sont matures, mais certains marchands offrent des plants en pot au printemps ou même l’été.

Si vous n’en trouvez pas localement (vous aurez plus de chance d’en dénicher dans un marché de fermiers), essayez des fournisseurs qui en vendent par la poste, comme, au Canada, la Société des plantes, le Jardin des vie-la-joie ou Richters Herbs, ou, en Europe, Ferme de Sainte-MarthePépinières QuissacPromesse de fleurs ou Pépinière Éric de Loulay. Il y en a beaucoup d’autres.

En plus de l’oignon égyptien classique, il y a un cultivar aux bulbilles rougeâtres plus grosses, le ‘Red Catawissa’, mais il est souvent difficile à trouver.

Emploi

Bulbilles d'oignon égyptien avec quelques petites feuilles.
Bubilles prêtes à récolter. Photo: Kurt Stüber, Wikimedia Commons

Utilisez les bulbilles dans toute recette qui nécessite des oignons ou des oignons verts. Vous pouvez commencer à récolter les bulbilles très jeunes, grosses comme des pois, au début de l’été, ou à maturité, vers la fin de l’été. 

Aussi, parfois de courtes feuilles ressortent de la grappe de bulbilles. Vous pouvez aussi les récolter et les employer comme oignons verts.

Vous pouvez également récolter les feuilles de votre oignon égyptien et aussi les utiliser comme oignon vert. Pas plus d’une ou deux feuilles par bulbe, par contre, sinon vous affaiblirez trop la plante.

Enfin, les bulbes à la base de la plante, plus gros, mais aussi au goût plus intense, peuvent aussi s’employer en cuisine.

Voilà : un oignon vivace qui pousse tout seul, parfait pour le jardinier paresseux !

Billet adapté d’un article paru dans ce blogue le 15 juin 2015.

21 comments on “L’oignon idéal pour les jardiniers paresseux

  1. Manon B.

    C’est un des premiers légumes à pousser au printemps alors qu’il y a encore des plaques de neige au sol. Nous en avons dans la famille depuis plus de 40 ans. Les tiges deviennent coriaces lorsqu’elles produisent les bulbilles au bout des hampes mais on peut en rabattre une partie au sol et elle se reformeront toutes fraiches comme au printemps. Quand on est paresseux (se), on adore les légumes vivaces… 🙂

  2. alouis16

    Merci de nous mentionner dans votre article! Roby du Jardin des vie-la-joie! Bonne journée!

  3. lorraine fortin

    Merci je cherche le nom de cet oignon depuis longtemps. Perpetuel !

  4. Claire L.

    Facile comme tout à cultiver. Et en plus, c’est très bon ! Que demander de plus ?

  5. Jean Montambeault

    Cultivés ici par un ami du Jardin Pré-Carré. Nous nous spécialisons dans les échalotes de Sainte-Anne. De joyeux échanges s’ensuivent.

    Je recommande votre site à tous nos nouveaux jardiniers et jardinières. Mais beaucoup le connaissent déjà.

    Merci pour tout votre travail.

    • Sylvie

      Est-ce la même chose échalote de ST ANNE et oignons égyptiens ou perpétuels ?

      • Jean Montambeault

        Les deux sont différents par la forme, le mode de reproduction et particulièrement le goût. L’oignon égyptien est plus productif peut-être mais ma femme est accro aux échalotes de Sainte-Anne.
        On les récolte à la Saint-Jean. Ils sèchent un mois, puis on en replante environ le dixième fin juillet.
        J’ai réussi à en conserver jusqu’à la fin de mars mais ils font moins bien que l’ail.
        Ils sont un peu difficiles à trouver, mais nous avons un jardinet dans un Jardin communautaire où les échanges sont possibles.

  6. valukhova

    Merci pour cette super proposition. Cela m’a l’air d’être une bonne solution aussi pour les personnes qui prennent de l’âge, mais veulent continuer à faire un peu de jardin. Mais où trouver des semences d’oignon égyptien, bio.
    Merci de me renseigner, pour la France.

  7. Curare-

    Je profite de ces échanges de bonnes civilités pour vous presenter mes hommages du soir, je vis en Bretagne depuis 2 ans et je suis depuis quelques mois au pays bigouden ; j’ai un (petit) jardin de 800 m2 et je viens de démarrer un potager façon permaculture ; j’ai trouvé votre blog au hasard et j’aime beaucoup vos conseils . . Je voulais vous remercier de ma lointaine France ; j’aurais mille questions à poser mais d’apprendre votre savoir c’est déjà énorme . . Le bonjour chez vous, les bretons en se disant au revoir disent ‘Kénavo’ 🙂

  8. J’en ai mis chez nous, suivant vos conseils, il doit bien y avaoir 7 ans. Eh bien! Il est bon, il se déplace (manuellement, au besoin) à merveille, et il produit tellement de bulbilles que j’ai pu approvisionner mes jardiniers-maraîchers l’an passé pour que cet été, ils puissent en ajouter dans leurs paniers. Dès le printemps, je n’achète plus d’oignons verts. C’est un trésor, ce légume!

  9. JULIEN C.

    Effectivement, il est très facile à multiplier… et j’adore en grignoter, cru, à l’heure de l’apéro 🙂

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