Mauvaises herbes Plantes envahissantes

Devrait-on essayer de récupérer les plantes envahies de mauvaises herbes?

Iris barbus envahis par l’herbe au goutteux panachée.

Par Larry Hodgson

Question: Une de mes platesbandes est pleine d’herbe au goutteux et j’ai décidé d’utiliser la méthode de la bâche noire que vous avez décrite dans l’article Se débarrasser à jamais d’une plante envahissante. Cette méthode a fonctionné parfaitement pour me débarrasser du muguet dans une autre partie de mon terrain. Cependant, cette fois-là, j’ai simplement recouvert toute la section d’une grande bâche et je n’ai pas pris la peine d’essayer de récupérer les autres plantes. Cette fois, il y a quelques plantes vivaces (hémérocalles, monardes, échinacées, etc.) que je souhaite conserver. Puis-je les déterrer et les replanter ailleurs, ou seront-elles infestées d’herbe au goutteux?

Sophie

Réponse: Toute plante (vivace, arbuste, bulbe, etc.) déterrée d’un parterre envahi par une plante qui se propage par des rhizomes souterrains comme l’herbe au goutteux (Aegopodium podagraria), le muguet (Convallaria majalis), le macleaya (Macleaya cordata), la renouée du Japon (Fallopia japonica), l’oseille (Rumex acetosa) ou le chiendent (Elymus repens) aura probablement des rhizomes de l’espèce adventice mélangés à ses racines. Ainsi, en déplaçant la plante dans un effort pour la préserver, vous risquez de répandre la mauvaise herbe, car le moindre segment de rhizome transporté par accident donnera une nouvelle plante.

Bâche noire placée sur le jardin pour tuer les mauvaises herbes.
On peut étouffer l’herbe au goutteux et les autres mauvaises herbes aux rhizomes envahissants en les recouvrant d’une bâche de plastique noire pendant un an. Ill.: Claire Tourigny, tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Souvent, la chose la plus simple à faire est donc de simplement abandonner les plantes dans le secteur infesté, de couvrir toute la surface avec une bâche noire, tuant ainsi à la fois les mauvaises herbes et les autres plantes, et de faire table rase.

Cependant, il existe d’autres possibilités.

Nouvelles plantes à partir de boutures

D’une part, avez-vous pensé que vous pourriez prendre des boutures de certaines de vos plantes vivaces?

Ciseaux coupant une plante vivace pour en faire une bouture.
Un nombre étonnamment grand de vivaces peut être cultivé à partir de boutures de tige. Photo: abc.net.au

De nombreuses plantes vivaces peuvent être cultivées à partir de boutures prélevées dans la partie aérienne de la plante et celles-ci, bien sûr, ne contiennent pas de rhizomes adventices. La plupart des plantes vivaces à port ramifié (phlox, sedums, asters, chrysanthèmes, lamiums, monardes et beaucoup d’autres) peuvent être facilement cultivées à partir de boutures de tiges. C’est aussi le cas de presque tous les arbustes.

Ou, s’il s’agit d’espèces (la plupart des cultivars [variétés cultivées] ne seront pas fidèles au type à partir de semences), vous pourriez récolter des semences et les semer.

Un nettoyage parfait

Cependant, vous pouvez également essayer de déterrer les plantes que vous ne pouvez pas cultiver à partir de boutures et de les débarrasser des rhizomes de mauvaises herbes. Il suffit d’être très, très prudent.

Voici ce qu’il faut faire:

Rhizomes d’herbe au goutteux
Vous pouvez souvent distinguer les rhizomes d’herbe au goutteux des racines de vos plantes vivaces grâce à leur mode de croissance horizontal. Photo: Drahkrub, Wikimedia Commons

Déterrez la plante à conserver et rincez ses racines à grande eau pour enlever toute la terre. Inspectez attentivement la masse de racines et retirez tous les rhizomes de la plante indésirable que vous voyez. Maintenant, placez-la en pot. Ne la replantez pas dans la platebande avant qu’elle ait subi une quarantaine en pot de 3 mois. Si aucune herbe au goutteux n’est apparue après cette période, vous pouvez conclure que vous avez réussi à éliminer l’indésirable et vous pouvez replanter la plante en pleine terre.

Hosta dans un pot avec des mauvaises herbes qui commencent à pousser autour.
Gardez votre plante en pot pendant quelques mois et attendez de voir si la mauvaise herbe ressort. Photo: awaytogarden.com

Il peut être utile de diviser la plante que vous souhaitez conserver plutôt que de la replanter au complet. Ainsi, la vérification des rhizomes adventices sera plus facile, car il y aura moins de racines parmi lesquelles les rhizomes pourront se cacher. Pour cette raison, conserver une division est souvent plus sécuritaire que d’essayer de sauver la plante mère entière.

Alors oui, vous pouvez sauver les plantes des plantes envahissantes qui ont envahi leur partie du jardin. Il s’agit tout simplement d’être attentif en le faisant.

25 comments on “Devrait-on essayer de récupérer les plantes envahies de mauvaises herbes?

  1. Suzanne Raynault

    Puis-je utiliser la technique de la bâche noire pour me débarrasser des muguets qui poussent au pied de mes arbres matures sans affecter ceux-ci?

  2. Louise Legault

    Je me pose la question…est-ce que l’herbe au gouteux est vraiment nuisible aux plantes et arbustes, mis à part qu’elle est envahissante?

  3. Marie-Michele Lapointe

    Voici comment régler le problème du chiendent avec zéro effort. J’appel ça « la technique du lâche ». Avis aux âmes sensibles.

    Avez-vous remarqué que les premières plantes qui pointent leurs nez au printemps des plantes indigènes, comme le chiendent ? Très tôt au printemps, il y a une fenêtre de quelques jours durant laquelle les feuilles de chiendent sortent de terre alors que le reste de la plate-bande dort toujours. C’est là qu’ils faut les traiter au RoundUp. Oui, oui, j’ai bien dit RoundUp.

    Cet herbicide systémique pénètre dans la plante par les feuilles. Donc, seules les plantes sorties du sol seront tuées. 99,9 % efficace. Il est cependant possible qu’il y est des exceptions. Si la population est très élevée dans votre plate-bande, il est possible qu’un minuscules pourcentage des plants survive parce qu’il n’a pas reçu de RoundUp. Ces plants n’étaient pas encore sortie du sol. Effectuer la même opération l’année suivante pour les tuer.

    J’avais acheté une maison en campagne entourée d’une immense et magestueuse de vivaces matures… envahie de chiendent. Sur environ deux, j’ai tout déterré et nettoyé méticuleusement. Comme vous vous en doutez, le chiendent réaparaissait içi et là. Puis je me suis rappelé de mes notions d’agriculture conventionnelle. Grâce au RoundUp, j’ai réussi à récupérer la plate-bande bande, mais je n’ai pas eu le temps d’installer des bandes de protection anti ryzomes partout avant de déménager. Je suis repasser deux ans plus tard. Le chiendent avait reprit ses quartiers. Maintenant, j’installe des bandes de protection avant de faire quoi que ce soit dans un plate-bande nouvelle ou existante. Je suis simplement trop lâches pour pour venir à bout du chiendent sans RoundUp.

    Salutations.

    • Paule Desautels

      Qd je lis un commentaire comme celui-là, je suis découragée…

    • Le roud up est efficace, mais toxique ! Monsanto vient encore d ‘être condamné récemment suite à des plaintes d’utilisateurs victimes.
      En France son emploi est interdit sauf pour le lobby des agriculteurs qui seul a le droit de nous empoisonner en en déversant des tonnes chaque .année.
      Interdit à la vente et à l’importation pour les particuliers,(amende possible jusqu’à trente mille € et 6 mois de prison).

    • Contrairement à plusieurs, j’ai apprécié votre commentaire, Mme Lapointe, sous certaines réserves, mais vous posez une bonne question, que je résumerais par : « discernement vs fondamentalisme ».

      Je me dis que, comme en toutes choses, c’est la dose qui fait le poison … même avec de purs poisons comme le Round Up. La nature végétale elle-même est remplie de ces plantes qui peuvent être mortelles, mais s’avèrent aussi totalement utiles pour soigner et apaiser et même sauver des vies, si on les gère prudemment et de manière censée (souvent minimaliste) dans les dosages et les usages.

      Parmi les usages chirurgicaux du RUp, il y a la technique du pinceau pour les plantes indésirées (je préfère ce mot à ‘mauvaises’ ou même ‘indésirables’) quand elles sont vraiment indélogeables par toutes autres méthodes, aussi patientes et de bonnes volontés soient-elles. Je pense ici aux pissenlits et au chiendent qui poussent entre les fentes des massifs de pierres naturelles (gros rochers) ou artificiels (murets ou allées de pierres cimentés ou même non cimentées, là où des débris d’humus leur ont permis de pousser leurs racines et de s’implanter au delà des pierres jusque dans la terre sous-jacentes. Vraiment impossible d’en venir à bout, même avec la meilleure volonté du monde et considérant les limites de temps et de santé variables d’une personne à l’autre. Donc, on applique le poison au pinceau feuille à feuille, en protégeant soigneusement les alentours. C’est un exemple, il y en a d’autres.

      Sur le fond de la question, il faut se servir de sa tête (bon sens) en contrôlant ce qui doit l’être sans tuer tout ce qui bouge et croît autour, dans une attitude qui fait choisir des méthodes non chimiques partout où c’est possible. Je dis bien « partout » et (en conjugaison avec) « où c’est possible ». Il faut rappeler aussi qu’il y a un monde en appliquer du round up ou autre poison sur des champs de culture agricole (immenses surfaces avec des conséquences plus qu’inquiétantes pour l’alimentation de masse), d’une part, et un emploi domestique raisonné et domestiqué, d’autre part, comme ce que je dis plus haut.

      Sur le fond toujours – et je me permets de partager maintenant mon expérience du jardinage, lequel, à deux reprises, m’a vraiment sauvé la vie (j’ai 68 ans et c’est arrivée quand j’avais 25 ans, puis à 63 ans environ) -, je me dis qu’il faut surtout et impérativement avoir la patience, oui, mais surtout la sagesse de base consistant à accepter le principe même du jardinage qui est inséparable de l’idée d’entretien. Même minimal, ce dernier sera toujours requis, surtout avec la culture des vivaces – une fois fait le gros oeuvre d’éradication manuelle des indésirées, pour rester dans le thème de cet article. Le jardinage est un loisir, mais même ainsi, il demeure une véritable école de vie – en tout cas c’est ainsi pour moi et dans une mesure qu’il m’est difficile d’expliquer. Mon idée ici est que rien n’y est jamais fait une fois pour toutes, comme dans la vie, et le plaisir est vraiment dans le processus et l’effort autant que dans le résultat de beauté espéré et atteint (mon autre passion avec le jardinage est la peinture et je peins vraiment avec les fleurs !). Le désherbage au quotidien ou sur une base régulière, selon nos horaires et nos capacités, même pour les jardins le plus paresseusement (pragmatiquement) conçus, sera toujours inévitable quelque part. C’est une pratique qui peut même devenir plaisante en conciliant l’utile à l’agréable – j’y vois en effet une ascèse (étymologiquement : une pratique, un exercice), soit un travail qui purifie l’esprit (attitude zen, discernement herbe à herbe, cas par cas) tout en permettant au corps de travailler (se plier, se mettre à genou, se relever, étirer le dos, respirer, bouger, changer de place, etc.). Dans un processus de ce type, il n’y a pas vraiment pour quelque fondamentalisme que ce soit, dans un sens ou l’autre.

      • Milhau

        Tres belle description du jardinage qui pour moi aussi est une philosophie…

  4. Yasmina

    Si on couvre la cours à la grandeur avec la bache noire ( presence de prele partout, même entre la haie de cèdre) où va s’écouler l’eau? La fente des neiges ? Merci

    • La prêle n’est pas facile à éradiquer, et la couverture en plastique noir est peu efficace, elle passe même parfois à travers(ça m’est arrivé au cours de mes essais).

      Mais avec de la persévérance, simplement en l’arrachant en tirant sur les tiges, je suis arrivé à la fatiguer et elle est devenue bien moins envahissante. De plus j’utilise les plantes arrachées pour faire un excellent paillage, soit seules soit mélangées avec d’autre éléments.
      J’utilise aussi les tiges de prêles pour protéger du soleil les semis de mâche, quand les graines sont nées, la prêle a séché et tombe en poussière.

    • Percez quelques trous, peut-être avec une fourchette.

  5. J’abonde tout à fait dans votre sens M. Hodgson. Les gens tendent à mettre dans le même panier des compagnies comme Monsanto qui nous inondent de poisons à plein champs et un citoyen qui, à l’aide d’un petit pinceau « épand » un trait de Round-Up (poison oui) qui circonscrit l’effet du poison tige par tige seulement d’une plante coriace qui refuse e mourir après des années de désherbage manuel. C’est ainsi que j’ai réussi à me débarrasser de 2-3 plants de pétasites que j’avais eu l’imprudence de planter dans un coin de mon jardin « pour voir ». Pendant 3 ans, j’ai arraché à la main les parties externes puis à la pelle les parties à l’intérieur de la terre. La 4e année, dès la levée des petites têtes des pétasites épuisées, j’ai appliqué au pinceau le « poison » dont le nom commence par R., le tout recouvert d’un léger filet pour éviter la visite d’animaux sans discernement.
    Cela doit faire 20 ans que j’ai le plus petit contenant de R et il m’en reste encore plus de la moitié. Bien entendu, pour un « champ », j’utiliserai la technique de la bâche et je ferai mon deuil des autres « bonnes » plantes emportées par cette technique.

    Tout est question de discernement et de bon sens.

    • Je suis d’accord. J’ai moi aussi utilisé le « poison R » au printemps sur les premières feuilles d’herbe à la puce (je suis allergique) pour éviter qu’elle se répande. C’était pour moi le seul moyen de m’en débarasser.
      Je ne l’ai pas utilisé sur aucune autre espèce.

  6. Monica

    L’ herbe aux goutteux achetée en jardinerie sans prévenir qu’elle est très invasive, j’ai découvert avec plaisir qu’elle poussait très bien et qu’elle était décorative jusqu’à ce que je me rendre compte que je ne pouvais plus l’arrêter ! Deux massifs envahis sur lesquels j’ai du déterrer toutes mes vivaces et les rhizomes de cette fichue herbe descendus très profond. Bien sûr elle est revenue mais moins vigoureuse. Alors c’est une attention de tous les instants, dès qu’une jolie feuille marinée sort de terre, je l’arrache ! Comme elle est facile à reconnaître, c’est assez simple. Je ne veux lui laisser aucune chance. Et dire que dans les jardins de Giverny j’en ai vu quelques bordures bien entretenues… J’en suis restée perplexe !

  7. Monica

    marginée

  8. Denise Bernier

    Bonjour, je lis vos témoignages avec intérêt en espérant que quelqu’un va donner une recette réaliste au sujet des pissenlits. Mon terrain est en campagne (zone rustique 3B) d’une superficie de 25,000pi.ca. Le pissenlit a pris le dessus de mon gazon 3/4 pour 1/4, je ne sais plus vraiment que faire car je n’ai pas les finances pour faire retourner la terre et recommencer à semer ni faire des plate-bande très couteuse. Si quelqu’un a une suggestion. Merci de me lire.

  9. ryndam1962

    un secret pour les pissenlit MANGER LÉS ils sont tres bon pour la santé et pensez aux abeilles ce sont les premières fleurs quelles ont a butiner bonne chançe

  10. Corinne

    Bonjour,
    Enfin je connais le nom de l’ennemi que je combats depuis presque trois ans ! Egopode!
    Pas facile de faire une recherche quand on n’a qu’une description. Par exemple, pour une bestiole d’allure pas très sympa, les quelques mots clé sur un moteur de recherche me donnaient des résultats allant d’objets art-déco à une tortue en passant par des pièces mécaniques. J’ai bien trouvé une photo, mais le nom donné par le photographe n’a abouti à rien. Je suis finalement tombée sur le blog du Jardinier Paresseux avec deux photos (et 2 infos pour le prix d’une) : 1) la bête était un mille-pattes, 2) l’autre photo montre un centipède que je prenais pour un mille-pattes depuis mon enfance …

    Tout ça pour dire que, décidément, on trouve tout ici! L’arrachage de « l’envahissante » comme je l’appelais encore ce matin, était à mon agenda aujourd’hui, justement. Car ma méthode n’est ni paresseuse (pour une rare fois), ni lâche. Ma première attaque du monstre à mille têtes qui repoussent aussitôt, fut à la pioche … Qu’est-ce que j’avais pas fait-là! Plein de petits morceaux de racines qui se brisent comme du verre et ne demandent que ça! Alors maintenant j’arrache tiges et feuilles en espérant que la plante s’épuisera avant moi, et je plante autre chose : herbe, fougères, bourrache, menthe, même de la bardane et de la livèche qui maintenant me semblent des envahissantes sympathiques.

    Le long de la haie (phase 1), en 2 ans, j’ai presque réussi. L’automne dernier, sur une section le long du fossé (phase 2) d’où vient l’invasion, j’ai fait un mur de molènes qui a ralenti la progression. Et c’est tout ce que je pourrai faire, même avec une toile. C’est pour cela que, là où il reste un peu de végétation pas encore étouffée, je préfère essayer de sauver ce que je peux. Cela me fait une activité à la fois zen et défoulante. En plus, je ne l’ai pas encore goutée, mais elle sent tellement bon !

    D’ailleurs j’ai remarqué que dans les hautes graminées, l’egopode est moins fière. Par contre, si mes murs végétaux ne sont pas assez efficaces, je vais penser à la barrière de plastique que vous proposez ici :

    https://jardinierparesseux.com/2016/05/20/sus-a-lherbe-aux-goutteux/

  11. JULIEN C.

    Tellement de choses à dire… je vais essayer de faire court…

    Glyphosate (pour ne pas citer de marque) au pinceau, je le fais parfois (sur les jeunes ronces) toujours avec ma copine Parcimonie… Et puis je m’apitoie de savoir que cette molécule naviguera vers les racines pour les tuer, puis restera, active, dans la terre pendant des années…

    Chiendent : je préconiserai de retourner la terre, enlever le maximum, et de semer du trèfle blanc, capable de tapisser rapidement et de fournir du pollen…

    Bien à vous.

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