Fines herbes Semis Truc du jour

Le semis de fines herbes

Semis de fines herbes avec étiquettes blanches

Par Lili Michaud

Lili Michaud est agronome urbaine, formatrice et autrice de six ouvrages. Reconnue pour son professionnalisme, son objectivité et ses qualités de vulgarisatrice, Lili Michaud possède une solide expertise concernant les pratiques écologiques urbaines et la culture des plantes comestibles.

Vous appréciez les fines herbes et avez l’habitude d’acheter des plants, c’est bien. Mais savez-vous qu’il est relativement facile de démarrer ses propres plants de fines herbes à partir de semis et que cette pratique vous permet:

  • de cultiver une très grande diversité de fines herbes (vous aurez accès à une cinquantaine de variétés de basilic);
  • de faire des économies;
  • de produire des plants selon les principes de l’agriculture bio;
  • d’exercer un contrôle sur la qualité des plants (moins de risque de maladies);
  • d’avoir du plaisir?

Bien que la plupart des fines herbes puissent être démarrées par le semis intérieur, certaines ont une préférence pour cette technique alors que d’autres profitent d’un semis extérieur du fait qu’elles n’apprécient pas la transplantation. Un bon truc pour réussir le semis extérieur consiste à couvrir le sol d’une toile flottante de façon à conserver le lit de semences constamment humide durant la période de germination.

Semis de fines herbes dans des alvéoles
Certaines fines herbes réussissent mieux quand on les sème à l’intérieur.

Les fines herbes qui ont intérêt à être démarrées à l’intérieur sont le basilic, la camomille allemande, la citronnelle, la lavande, la pimprenelle, la sauge, le stévia, le tagète luisant et le thym.

Les fines herbes qui profitent d’un semis extérieur sont l’aneth, l’anis vert, le carvi, le cerfeuil, le cerfeuil musqué, la coriandre, le fenouil et le persil.

Les fines herbes qui peuvent bénéficier d’un semis intérieur ou extérieur sont l’agastache, la ciboulette, l’épazote, l’hysope, la livèche, la marjolaine, la mélisse, le périlla et la sarriette d’été.

Enfin, certaines fines herbes sont moins adaptées à la multiplication par semis. On doit les multiplier de préférence par d’autres méthodes telles que le bouturage, le marcottage ou la division. C’est le cas de l’estragon français, du laurier, de la menthe, de l’origan, du romarin, de la sarriette d’hiver et de la verveine citronnelle.

Quand et comment procéder aux semis intérieurs

  • Entre le 15 mars et le 15 avril.
  • Rassemblez le matériel: semences bio ou issues de culture écologique, terreau naturel pour semis, barquettes de champignons, contenants alvéolés ou autres contenants, arrosoir à jets fins, mini-serre.
  • Humidifiez le terreau.
  • Placez le terreau dans les contenants et tassez légèrement de façon à laisser un espace libre d’un centimètre.
Crayon utilisez pour tracer un sillon dans une barquette de champignons.
Tracez des sillons dans le terreau.
  • Tracez des sillons de 0,5 cm de profond, espacés de 3 à 4 centimètres.
  • Effectuez le semis en distribuant une semence à tous les centimètres. Si vous utilisez des contenants alvéolés, semez une graine par alvéole.
  • Couvrez les semences d’à peine 0,5 cm de terreau.
  • Humidifiez la surface en utilisant un arrosoir à jets fins.
  • Placez les contenants dans une mini-serre.
Semis sous une lampe fluorescente.
On peut cultiver les semis sous éclairage artificiel.
  • Placez la mini-serre à proximité d’une fenêtre orientée au sud ou à l’ouest. Autrement, optez pour l’éclairage artificiel.
  • Surveillez quotidiennement les besoins en eau et arrosez au besoin.
  • Éclaircissez les jeunes plants avant qu’ils se touchent. Vous pourrez les consommer.
  • Lorsque les jeunes plants auront au moins deux vraies feuilles, repiquez-les dans des contenants individuels. Si les plants sont plantés dans des alvéoles, transplantez-les dans de plus grands contenants.
  • Effectuez la transition progressive à l’extérieur lorsqu’il n’y a plus de danger de gel.
  • Transplantez au jardin ou en pots.

Quand et comment procéder aux semis extérieurs?

  • Après le dernier risque de gel.
  • Rassemblez le matériel: semences bio ou issues de culture écologique, truelle, arrosoir, toile flottante.
  • Préparez la surface de culture du jardin en extirpant les plantes adventices et les pierres et aplanissez la surface du sol.
  • Pour la culture en pots, humidifiez le terreau avant de le mettre dans les pots. Compactez légèrement le terreau et aplanissez-en la surface.
  • À l’aide de la truelle, creusez un sillon d’un centimètre de profond.
  • Procédez au semis en laissant tomber une semence à tous les centimètres ou plus, puis refermez le sillon.
  • Arrosez en utilisant un arrosoir à jets fins.
Toile flottante placée sur le sol d'un potager.
Couvrez le semis d’une toile flottante.
  • Couvrez la surface à l’aide d’une toile flottante.
  • Surveillez quotidiennement les besoins en eau et arrosez au besoin par-dessus la toile flottante.
  • Enlevez la toile flottante lorsque tous les jeunes plants sont sortis de terre.
  • Effectuez un premier éclaircissage lorsque les jeunes plants atteignent 3 à 4 cm en laissant un plant à tous les 10 cm. Vous pourrez consommer les jeunes plants après les avoir lavés adéquatement.
  • Effectuez un deuxième éclaircissage avant que les plants ne se touchent de façon à leur offrir un espacement final de 15 à 30 cm selon la variété.

Où se procurer des semences de qualité?

  • Auprès des semenciers qui offrent leurs semences par Internet. Consultez «Semenciers du Québec» et «Semenciers d’ailleurs» dans la page Ressources. 
  • À votre jardinerie locale.


Pour en savoir plus sur la culture, la conservation et l’utilisation des fines herbes, consultez le livre Les fines herbes de la terre à la table ou suivez la formation en ligne du même nom.


Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

8 comments on “Le semis de fines herbes

  1. Olivier

    Bonjour.

    Je vous remercie (ainsi que madame Michaud) de cet article et de ces conseils précieux.

    S’agissant des semis d’intérieur, je veille de mon côté à aérer régulièrement les caissettes recouvertes d’un film plastique transparent (je ne dispose pas de mini-serre). Il me semble, mais je n’en suis pas certain du tout, que cette précaution limite la malheureuse « fonte des semis ».

    Concernant les semis extérieurs, je pense qu’utiliser une toile flottante comme recommandé (je n’ai jamais pensé à le faire à ce stade) peut beaucoup aider, en permettant de conserver l’humidité (surtout pendant une période un peu venteuse) et en réduisant des arrosages qui remuent la terre, malgré les précautions prises.

    En y réfléchissant, je me dis également que fermer les côtés de la toile avec des baguettes de bois maintenues au sol peut, peut-être, protéger le semis des fourmis souvent très enclines à s’emparer des graines afin de les « déménager » vers leur nid. Et peut être aussi d’éviter de se laisser surprendre par l’intrusion d’escargots ou de limaces dès la germination, le temps de prendre des dispositions pour les écarter. Qu’en pensez-vous ?

    De nouveau merci de ces conseils.
    Olivier

    • Aération des semis? Au tout début, si l’humidité n’a pas été excessive pour commencer et que le terreau est raisonnablement stérile (pas de terre de jardin), ce n’est pas problablement très utile. La fonte apparaît normalement après la germination, donc après qu’on a enlevé le dôme ou, dans votre cas, le plastique. Donc, je ne vois pas vraiment le rapport. De plus, la fonte des semis est si rare de nos jours comparativement à l’époque où on utilisait de la terre à jardin pour faire des semis…

      La toile peut bien sûr servir de protection contre diverses bestioles dès l’ensemencement… à condition, bien sûr, que les créatures soient à l’extérieur de la barrière et pas prisonnières à l’intérieur.

      Pour les limaces/escargots, c’est évidemment utile… mais avez-vous vraiment tant de problème de vol de semences par les fourmis que cela? Habituellement, les semences étant enterrées (en général), les fourmis n’ont pas le temps de les trouver avant que la germination commence. Mais peut-être avez-vous une fourmilière importante vraiment tout près du jardin.

      • Olivier

        Oui, malheureusement de nombreuses fourmis de toutes tailles se déplacent et s’emparent des graines, spécialement bien sûr celles des semis que j’effectue en début d’été. Par exemple, l’été dernier (en juillet conformément aux recommandations du grainetier – établissement Baumaux en France), j’avais semé des graines de pavot d’orient en mélange (graines fines semées peu profondément) qui ont été victimes des fourmis. Les graines que j’avais soigneusement réparties avec un peu de sable ont été emportées. Les quartiers de citrons disposés pour les éloigner et autres « trucs » n’y ont malheureusement rien fait. Quelques unes ont germé -celles qui ont été probablement abandonnées en chemin- et m’ont donné une quinzaines de plants qui ont poussé de façon groupée, ce qui a probablement freiné leur croissance.

        J’espère que la toile flottante maintenue avec des baguettes m’aidera à les maintenir à l’écart. Je vais tenter l’expérience. Le jardinage est décidément une école d’humilité et de patience.

        Merci de votre réponse.
        olivier

  2. Jocelyne

    J’ai suivi quelques formations en ligne avec Mme Michaud. J’ai beaucoup appris, avec elle c’est simple et net. Autant les débutants que les plus expérimentés en tireront un grand profit.

  3. Bonjour,

    J’ai souvent semé plusieurs fines herbes (persil, cerfeuil, coriandre, aneth, sauge, et même basilic – ce dernier débuté à l’intérieur). Chaque fois ,j’essaie de semer aussi du thym mais je n’ai jamais réussi. L’année dernière j’ai eu une germination toute petite mais insuffisante pour résister le choc de la première transplantation et les tout petits semis ne réussissaient pas à croître, tout au plus à plus d’un centimètre à l’intérieur. Avez-vous des conseils particuliers pour le thym? L’oregano est aussi un peu difficile

    • Oui, l’origan est réputé difficile, mais habituellement, le thym n’est pas si compliqué. Je ne peux que vous suggérer d’essayer de nouveau selon les méthodes habituelles, faisant attention d’offrir un maximum de lumière après la germination. Aussi, avez-vous pensé à cultiver cette plante à partir de boutures?

  4. Patrick

    Bonjour, il est écrit « Effectuez un deuxième éclaircissage avant que les plants ne se touchent de façon à leur offrir un espacement final de 15 à 30 cm selon la variété. » De combien de tige est constitué un plant ?

    • Impossible à résumer: chaque type de fine herbe à son propre comportement. Certaines se ramifient beaucoup, d’autres peu; au sol ou plus haut sur la plante. C’est très variable.

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