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La rotation des cultures: une question de famille

Dans le potager, il faut raire une rotation des légumes d’après leur famille botanique.

La rotation est une pratique culturale qui consiste à ne jamais cultiver le même légume, ni même un légume de la même famille de plantes, au même endroit deux années de suite. L’idée principale est de prévenir les ravages causés par les insectes et les maladies. Par exemple, cultiver toujours des tomates au même endroit, année après année, c’est chercher des ennuis. 

C’est que les spores des maladies (et n’est-ce pas que les tomates sont sujettes aux maladies?) hivernent habituellement dans le sol au pied de leur plante préférée. Quand on replante des tomates au même endroit l’année suivante, la maladie est déjà là, prête à l’attaque. Mais si on les plante ailleurs, les spores ne peuvent plus les atteindre. Et comme les poivrons sont de la même famille que les tomates (les Solanacées) et sujettes à plusieurs des mêmes maladies, il ne faudra pas planter des poivrons à cet endroit non plus. Ni des aubergines, ni des cerises de terre, aussi des Solanacées. C’est la même chose pour tous les autres légumes. 

Illustration montrant des légumes qui tournent autour d'un insecte confuse par cette rotation.
Faire une rotation aide à confondre les insectes ravageurs.

Pour les insectes, c’est la même chose: la plupart hivernent, sous forme d’œufs, de pupe ou de larve, au pied de leurs hôtes préférés. Sauf que… les insectes sont plus mobiles que les spores. S’ils ne trouvent pas leur hôte préféré à proximité, ils peuvent souvent aller le chercher, surtout si ce sont des pupes qui ont hiverné, car elles donnent tout de suite des adultes ailés. Au moins, les œufs hivernants donnent des larves qui ne sont pas très mobiles. 

Couverture flottante sur un rang de fenouil.
En combinant une rotation de cultures avec une barrière ant-insectes, on peut exclure les insectes de leur légume préféré. Photo: http://www.gardensalive.com

On peut combiner la rotation avec l’utilisation d’une barrière anti-insectes, comme la couverture flottante, pour vaincre même les insectes volants. Une simple rotation en deux temps suffira dans ce cas pour les insectes: un insecte qui ne trouve pas sa proie une année ne laissera pas de descendants pour l’année suivante! 

Idéalement, on fera une rotation pendant au moins quatre ans pour la vaste majorité des légumes, car certaines spores peuvent vivre dans le sol trois ans, mais ce n’est pas évident de faire une rotation de quatre ans dans un petit potager familial. Si on fait une rotation aux deux ans, c’est déjà un bon départ. 

Les légumes permanents ne «rotent» pas 

Ce ne sont pas tous les légumes qui devraient faire l’objet d’une rotation. La rhubarbe et l’asperge ne sont pas cultivées comme les autres légumes, elles sont permanentes et n’aiment pas les déplacements. 

Familles des plantes potagères

Pour vous aider à planifier la rotation des cultures dans votre potager, voici une liste des principales «plantes potagères» (légumes, fines herbes et certains petits fruits), soit les végétaux qui sont couramment cultivés dans un potager domestique, classées selon leur famille botanique.

Aizoacées 

Tétragone ou épinard de la Nouvelle-Zélande 

Apiacées (Ombellifères)

Angélique
Anis
Carotte
Céleri
Céleri-rave
Cerfeuil
Coriandre/cilantro
Fenouil
Panais 

Amarantacées (incluant les Chénopodiacées)

Amarante
Arroche 
Bette à carde (poirée)
Betterave
Épinard
Épinard fraise 
Quinoa

Amaryllidacées

Ail
Échalote
Oignon 
Poireau 

Asparagacées 

Asperge

Astéracées (Composées)

Artichaut
Cardon
Camomille
Chicorée
Endive
Estragon
Laitue 
Pissenlit
Salsifis
Topinambour 

Boraginacées

Bourrache

Brassicacées (Crucifères)

Brocoli
Chou
Chou de Bruxelles 
Chou kale (chou frisé) 
Chou-fleur 
Chou-rave
Cresson
Navet
Radis
Roquette
Rutabaga 

Caprifoliacées (Valérianacées)

Mâche

Convolvulacées 

Patate douce 

Cucurbitacées 

Citrouille 
Concombre 
Courge 
Cucamelon
Melon 
Pastèque (melon d’eau)

Fabacées (Légumineuses)

Arachide
Fève (gourgane)
Haricot
Lentille
Pois 
Pois chiche
Soya (soja)

Lamiacées

Basilic
Lavande
Marjolaine
Mélisse
Menthe
Origan
Romarin
Sarriette
Sauge
Thym

Poacées (Graminées)

Avoine
Blé
Maïs
Millet
Riz 
Seigle
Sorgho

Polygonacées 

Oseille
Rhubarbe 

Rosacées

Fraisier
Framboisier

Solanacées 

Aubergine
Cerise de terre 
Piment (poivron) 
Pomme de terre 
Tabac
Tomate
Tomatille


Article tiré en bonne partie du livre Potager du jardinier paresseux, nouvellement publié chez les Éditions Broquet.


Illustrations de Claire Tourigny, tirées du livre Potager du jardinier paresseux.

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

21 comments on “La rotation des cultures: une question de famille

  1. Olivier

    Bonjour.

    Merci de ces explications et de ce classement fort utiles.

    Ainsi que vous le soulignez, le principal obstacle à la rotation des cultures est souvent le manque de place disponible, principalement si on souhaite allier agrément et culture dans un même jardin sauf à associer dans un même espace les deux préoccupations (apparemment, de plus en plus de jardiniers n’hésitent pas à agencer fleurs et légumes de pair).

    Il me semble qu’un intérêt non négligeable de la rotation des cultures est d’éviter l’épuisement du sol. J’ai laissé en place des fraisiers pendant pas mal d’années. Ils ont fini par végéter. Rien n’y faisait (terre retournée autour des pieds, engrais, paillage, remplacement des vieux pieds par des stolons, etc.).
    Par contre, peu après les avoir déplacés dans une exposition similaire, ils ont connu une nouvelle jeunesse et m’ont offert de belles récoltes (du moins celles que les escargots et limaces ont bien voulu épargner).

    Qu’en pensez-vous, s’il-vous-plaît ?

    Merci. Bonne journée.
    Olivier

    • Dans ce texte, je voulais me limiter à un seul aspect de la rotation: les liens familiaux (déjà assez complexes!). L’effet d’éviter l’épuisement des sols est un autre aspect de la rotation… encore, difficile à mettre en pratique dans un petit jardin.

      • Olivier

        Oui, en effet. Vous avez bien raison. Les aspects familiaux des végétaux sont importants et déjà difficiles à gérer. Les possibilités sont parfois bien contraintes quand on les associe aux cultures possibles à telle ou telle saison (par exemple une mise en place en octobre pour une récolte au printemps), au climat, à la nature et à la profondeur du sol.

      • Très vrai!

  2. Très intéressant cet article sur la rotation au jardin M. Hodgson,

    Le compagnonnage au jardin me semble aussi très important, j’essaie d’en comprendre la logique et honnêtement, je m’y perds; d’autant plus que certains sites consultés se contredisent. Y-a-t-il une logique, une association simple de légumes que l’on peut appliquer sans toujours avoir à consulté une liste? Est-ce une question de familles botaniques élargies?

    Merci d’avance.

  3. J’ai toujours voulu faire une rotation des cultures. Mais quand le potager est très petit et que l’ensoleillement est restreint (la voisine est venue mettre une remise du côté d’où venait la plus grande partie du soleil (même si je lui ai demandé de la mettre ailleurs, alors qu’elle n’utilise pas sa cour), c’est à peu près impossible à faire. Après 25 ans, je n’ai pas eu de problème particulier toutefois.

  4. Artisan

    Bonjour Larry.
    Le lien pour votre livre  »Potager du jardinier paresseux » ne fonctionne pas pour moi.
    Je reçois le message  »Expired nonce. »
    Est-ce moi,ou le lien?
    Merci pour vos précieux conseils.
    Jacques.

  5. Maude Laflamme

    Dans un potager très restreint, est-ce que ça vaut vraiment la peine de faire une rotation si ça veut dire planter une famille trois pieds à côté de son emplacement précédent? Dans mon idée, rendue là, aussi bien les remettre au même endroit chaque année, endroit qui est choisi en fonction de l’ombre que font les autres plantes autour. Mais il est vrai que je dois choisir des variétés résistantes à presque tout, sinon la récolte est gâchée.

    • Je suis bien d’accord: dans un petit potager, il n’est pas toujours possible de faire une rotation… et les variétés résistantes deviennent la seule solution quand les maladies s’accumulent.

  6. Joanne Beauvais

    À défaut de déplacer le légume, peut-on déplacer la terre et nettoyer le bac? Mon mari a fait des bacs pour pommes de terre à partir d’un vieil évier « de garage » en plastique dans lequel il a fait des petites portes (pour accéder aux tubercules sans arracher le plan). Je souhaite replanter là cette année, puisque c’est très pratique. Est-ce possible si je remplace la terre?
    Merci et bravo pour votre blogue très instructif!

  7. PATRICIA

    Bonjour,
    Concernant les tomates j’ai lu sur plusieurs sources qu’elles aimaient se retrouver chaque année au même endroit. Qu’en pensez vous ?

  8. Barbara St-Pierre

    Bonjour, qu’en est-il pour ceux qui cultivent en pots? J’ai tendance à garder la même terre pour l’année suivante et y ajouter du compost. Garder le même pot pour la même plante (ici pois à écosser), est-ce risqué?

    • S’il n’y a pas de maladies qui paraissent avec le temps, ce n’est pas un problème, mais certaines plantes (tomates, par exemple) deviennent vite infestées si on ne fait aucune rotation.

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