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Démarrer nos pommes de terre à partir de tubercules germés est-il risqué?

En démarrant notre production de pommes de terre à partir de tubercules germés, on risque de propager le mildiou, une maladie dévastatrice. Photo: ZooFari, Wikimedia Commons

Depuis que je jardine, je démarre au moins une partie de mes nouveaux plants de pommes de terre à partir de tubercules qui avaient commencé à germer dans le garde-manger. Après tout, c’est si facile à faire: lorsque le sol commence à se réchauffer au printemps, il suffit de couper le tubercule en sections, chacune avec au moins un germe, puis de les laisser tomber dans un sillon de plantation. On recouvre et on arrose: voilà tout! 

Mais je viens de lire un avertissement issu par le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, la province voisine, qui met en garde contre cette technique dans le potager urbain, un avertissement qui m’a certainement fait réfléchir.

Le problème

Tubercule de pomme de terre atteint du mildiou de la pomme de terre. Photo: Agricultural Research Service

C’est que ces tubercules peuvent être porteurs du mildiou de la pomme de terre, une maladie dévastatrice causée par le champignon Phytophthora infestans. Les spores du champignon du mildiou sont propagées par le vent et peuvent parcourir de longues distances. Les jardiniers urbains n’ont pas accès aux mêmes matériaux de protection des cultures que les producteurs commerciaux, matériaux qui permettent un bon contrôle de cette maladie. Les pommes de terre cultivées dans les zones urbaines sont donc une source potentielle de spores du mildiou qui peuvent infecter les champs de pommes de terre situés jusqu’à 200 km. Et d’ailleurs, plusieurs cas d’infestation sont soupçonnés d’avoir comme origine cette tradition ancestrale des jardiniers amateurs de récupérer et de replanter les tubercules germés!

Pour cette raison, le Ministère déconseille fortement d’utiliser des tubercules de pommes de terre conservées ou des pommes de terre achetées au supermarché pour démarrer sa propre production. Au lieu de cela, il recommande de ne planter que des semences de pommes de terre certifiées exemptes de maladies, disponibles en ligne et en jardinerie.

Quelle mauvaise surprise! Et moi qui pensais bien faire avec cet acte simple de «recyclage végétal»! Mon attitude blasée envers les pommes de terre germées aurait pu sérieusement nuire aux producteurs de pommes de terre de ma région… et il y a une vaste zone de culture de pommes de terre dans le comté de Portneuf, à bien moins de 200 km de mon jardin!

Sacs de pommes de terre de semence certifiées dans un champ de pommes de terre avec une fourche de jardin.
Les pommes de terre de semence certifiées sont largement disponibles et peu coûteuses. Photo: patchseedpotatoes.co.uk

Donc… cette année, j’achèterai des semences de pommes de terre certifiées exemptes de maladies, que je peux facilement trouver dans une jardinerie tout près de chez moi. Et peut-être que vous devriez le faire aussi!


commentaire sur "Démarrer nos pommes de terre à partir de tubercules germés est-il risqué?"

  1. JulieBee dit :

    C’est dommage ?. Savez-vous si cette même maladie affecte aussi les germes de patates sucrées? J’avais déjà essayé avec une patate sucrée de l’épicerie oubliée dans le font d’une armoire, j’avais divisé et planté les germes et ça m’avait donné une belle petite récolte à l’automne.

    • La patate douce (sucrée) est une autre espèce complètement, même pas apparentée à la pomme de terre: la patate douce est une Ipomacée; la pomme de terre, une Solanacée. Il n’y a aucun risque de transmission de maladies entre les deux.

      • Jérôme dit :

        Si les pommes de terre de grande surface ont le mildiou, ça veut dire que leurs producteurs sont les premiers à le répandre, non ? ?

      • Il faut comprendre que les producteurs contrôlent très sérieusement contre cette maladie, n’utilisant que des semences certifiées. Donc, la maladie est absente des champs à moins d’être introduit d’ailleurs.

  2. Line Bertrand dit :

    Si je comprends bien il ne faut pas les mettre au compost non plus si elles trop
    avancées et ne sont plus utilisables pour la consommation .

    • Au compost, pas de problème. La maladie est transmise par les spores présentes dans les tubercules vivants, donc qui ont hiverné à l’intérieur, dans un emplacement libre de gel. Elles ne survivent pas au gel ni au compostage. Si des tubercules de pomme de terre survivent à l’hiver dans le jardin, par contre, ils peuvent transmettre le mildiou.

  3. Paskou dit :

    Y a-t-il moyen de traiter les tubercules fermés avant de les mettre en terre?

  4. Laurent dit :

    en coupant en 2 le tubercule on voit tout de suite si il y a du mildiou!! !! je crains plutôt une Nième action de lobbying des semenciers!!!!

  5. louise dit :

    je suis un peu septique

  6. Marie-Hélène dit :

    Bonjour je cultive la patate rate et prends bien soin d’en garder pour la perpétuer. Je remarque aussi que les pommes de terre oubliées au jardin reviennent presque chaque année à mon grand bonheur. Que faire pour prévenir le mildiou sur les patates qui reviennent au printemps? Je trouve aussi qu’il faudrait des moyens de prévenir le.mildiou a la maison plutôt que de cultiver la dépendance en matière de semences.

  7. dumdum2019 dit :

    Quel ets le lien de l’avis de OMAFRA? Introuvable sur leur site. Merci

  8. B Dumont dit :

    Quel est l’adresse du lien vers l’avis de OMAFRA? Imtrouvable sur leur site. Merci.

  9. Véronique dit :

    Je suis mitigée par rapport à ceci… je n’achète jamais de tubercules pour planter. Je préserve plutôt quelques tubercules de ma récolte de l’an passé et je replante. Ces tubercules sont de mieux en mieux adaptés au climat rigoureux de ma région. Et on peut parler quasiment d’autonomie alimentaire. Je pense que ces avantages dépassent largement le risque mentionné. D’autant plus que je n’ai jamais vu de mildiou dans mes plants de pommes de terre…

  10. janpigo dit :

    Bonjour,
    Beaucoup de confusion autour du mildiou. L’avis du gouvernement ne fait qu’y ajouter, à mon avis.

    Le mildiou, c’est la peste. Quoiqu’on fasse, là où il sévit, on l’attrapera.

    Le mildiou se propage par temps frais et humide, style printannier. C’est rarement le cas au Québec, au printemps éclair. Quand j’y jardinais (Laurentides et Montréal), comme Véronique, je n’ai jamais eu de problème de mildiou, je savais à peine que ça existait.
    Mais en Nouvelle Zélande et en Bretagne, où je vis maintenant, c’est un problème sérieux dans certaines régions.
    Le mildiou se propage avec la moindre brise par ses spores, pas tant par les plants ou tubercules.

    Le mildiou attaque les solanacés, surtout les tomates et les patates. Les symptômes apparaissent d’abord sur les feuilles qui jaunissent et meurent, les tiges qui noircissent et finalement les fruits ou tubercules qui pourrissent.
    Il se propage par le vent. Inutile d’acheter des semences certifiées, il arrive de partout.
    On peut parfois le contrôler avec le cuivre ou bouillie bordelaise. Pas écolo.
    Mais en Bretagne , c’est impossible absolument. Le climat est frais et humide à l’année longue. J’ai commencé mon jardin sur un terrain vierge avec des plants certifiés et des voisins lointains. Peine perdue, cuivre ou pas. Le mildiou a tout ravagé sous mes yeux.
    J’ai pu quand même avoir des patates parce que plantées très tôt (mars). J’en ai même récoltées de plants attaqués et mourants qui n’avaient pas pu fleurir. La ratte adorée des gourmets est très susceptible. J’en ai eues pas mal. Comprenne qui peut.
    Mais vaut mieux une variété hyper résistante, comme la sarpo mira, très productive, de bonne conservation (jusqu’en avril) et très goûteuse. Les plants pètent de santé jusqu’à la récolte.

    Les tomates dans le Finistère il faut les cultiver sous tunnel. Ca ne vaut guère la peine, manque de soleil et de chaleur, elles ont peu de goût. Les tomates cerise arrivent parfois à surmonter le mildiou et donner quelques fruits. Le climat change, les étés sont de plus en plus secs.

    Pour l’instant, j’ai renoncé.

  11. janpigo dit :

    Le gvt a toutefois raison (et Larry de même) de décourager les plants à partir de pdt achetées. Elles pourraient introduire la maladie dans des régions épargnées et avec un été pourri on aurait une épidémie.

  12. Aline Boutet dit :

    Je demeure dans la région de Portneuf et j’utilise des tubercules d’un producteur de ma région. Ça me rassure.

  13. franzhou dit :

    Bonjour. Je tente de trouver des pommes de terre germées, mais je ne trouve rien dans la région de Gatineau. Recommanderiez-vous un endroit, ou un site Internet?

  14. Céline Girard dit :

    J’aimerais avoir la référence d’Agriculture et Alimentation Canada pour le risque que vous mentionnez. J’ai fait des recherches et je n’ai rien trouvé encore. L’article de l’Ontario a-t-il des références ? J’aime avoir des références que je puisse vérifier. Merci.

  15. Jojo dit :

    Qu’en est-il des patates qu’on récupère de notre récolte précédente? Si nous n’avons pas de maladies présentes dans notre jardin je ne vois pas en quoi il y aurait un risque? Ça m’intéresse particulièrement car je suis a quelques dizaines de km de la frontière Ontarienne.

  16. Leslie Rose dit :

    Bonjour, je publie une vidéo cette semaine que j’ai tournée chez un producteur de Pommes de terre, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne YouTube pour être informé de sa sortie ? https://youtube.com/channel/UCI5xYjs1hr4-5QrsPG1Cmdw

  17. Marie-Eve dit :

    Je pensais faire un test et cultiver des pommes de terre en bac dans mon sous-sol. Est-ce qu’il y a moins de risque de contamination comme la maladie semble se propager par les vents et donc à l’extérieur? Un gros merci pour tous vos articles c’est extrêmement intéressant et instructif 😀

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