Arbres Grimpantes Truc du jour

Pourquoi ne pas permettre aux grimpantes de décorer les arbres?

Hydrangée grimpante qui monte dans un arbre, fleurs blanches.

Une hydrangée grimpante (Hydrangea petiolaris) qui monte dans un arbre: rien de plus naturel! Photo: Dave Epstein, @growingwisdom

Peut-on faire monter les plantes grimpantes dans un arbre? Bien sûr! C’est d’ailleurs ainsi que la plupart vivent à l’état sauvage (rares sont les pergolas et les treillis dans la nature!). Dans les grands jardins publics, on voit souvent des arbres décorés d’hydrangées grimpantes, de chèvrefeuilles grimpants ou de clématites, mais, curieusement, peu de jardiniers semblent penser qu’on peut cultiver une grimpante ailleurs que sur un treillis ou un autre support dans leur jardin personnel.

Les grimpantes à crampons, à ventouses et à racines aériennes adhésives (comme la vigne vierge, le lierre de Boston, l’hydrangée grimpante et le lierre commun) sont les plus faciles à utiliser de cette façon: elles y monteront toutes seules, car elles peuvent se hisser sur toute surface le moindrement rugueuse, comme l’écorce.

Aristoloche siphon aux feuilles cordiformes qui monte dans un arbre.
L’aristoloche siphon (Aristolochia macrophylla) fait un joli effet quand elle monte sur un arbre. Photo: paramountplants.co.uk

Les tiges volubiles de certaines autres grimpantes, comme le bourreau des arbres (Celastrus spp.) et l’aristoloche siphon (Aristolochia macrophylla), dessinent de très larges spirales et peuvent ainsi encercler un tronc d’arbre même assez large et donc monter dans l’arbre sans autre aide aussi.

Mélange de clématites grimpant dans un arbre.
Il faut souvent une corde ou un filet pour aider certaines grimpantes, comme ces clématites, à commencer leur montée dans un arbre. Photo: forums.gardenweb.com

Ce n’est pas le cas de toutes les grimpantes volubiles. Plusieurs, comme la clématite et les variétés annuelles comme le haricot d’Espagne ou la gloire du matin, ne peuvent se fixer que sur des supports très minces: une corde, un filet, une branche mince, etc. Il faudrait leur fournir un grillage ou des cordes pour leur permettre d’atteindre au moins les branches inférieures de l’arbre où, grâce aux rameaux plus minces qu’on trouve, elles peuvent prendre leur envol.

Rosa 'Blue Magenta' grimpant dans un arbres.
Il faut fixer les rosiers grimpants (ici Rosa ‘Blue Magenta’) au tronc. Photo: pflanzmich.de

Enfin, il y a les rosiers grimpants (Rosa spp.), qui ne grimpent pas du tout! Il faut fixer leurs tiges au tronc ou à un treillis appuyé au tronc pour les lancer dans la bonne direction. Après, leurs branches se mélangeront librement avec les branches de l’arbre sans votre aide.

Bien planter une grimpante sous un arbre

Illustration de la plantation d'une grimpante à la ligne d'égouttement d'un arbre.
Plantez la grimpante en marge de la ligne d’égouttement plutôt que près du tronc d’arbre pour une plantation facilitée. Ill.: clipart-library.com & pngtree.com.

Il ne faut pas planter la grimpante directement au pied de l’arbre hôte, car il y aura trop de grosses racines à cet endroit et la plantation sera ardue. De plus, en général, près du tronc les conditions seront trop sombres, sèches et faibles en nutriments pour maintenir une bonne croissance. À la place, plantez-la en marge de la ligne d’égouttement (limite de la canopée feuillue), où les racines seront moins dominantes. Par la suite, dirigez les tiges de la grimpante vers le tronc, les fixant au sol avec des piquets s’il le faut. Une fois qu’elles seront en contact avec le tronc, elles commenceront à grimper.

Un choix raisonné

Arbres complètement couverts de kudzu envahissant.
Le kudzu est beaucoup trop envahissant pour être cultivé sur un arbre et risque de l’étouffer… et aussi tous les arbres environnants!. Photo: plants.usda.gov

Évidemment, il faut être logique dans votre choix de grimpante. Si une grimpante est considérée comme envahissante dans votre région, comme le kudzu (Pueraria montana lobata), le chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica) ou le bourreau des arbres (Celastrus orbicularis), considérés comme indésirables dans plusieurs régions d’Amérique et d’Europe, il ne faut bien sûr pas la planter. Mais il y en a des dizaines d’autres qui ne causeront pas de problème d’envahissement.

Rosier grimpant à fleurs rouges qui grimpent dans un pommier.
Une grimpante moins vigoureuse, comme un rosier grimpant, fait un meilleur choix pour un petit arbre comme ce pommier. Photo: http://www.fotocommunity.de

Aussi, une grimpante vigoureuse et de très grande taille, comme le lierre de Boston (Parthenocissus tricuspidata), la vigne vierge (P. quinquefolia), le lierre commun (Hedera helix) ou le bourreau des arbres (Celastrus spp.) pourrait venir dominer et même recouvrir un jeune arbre ou un arbre de taille naturellement restreinte, comme un érable du Japon (Acer palmatum) ou un pommier (Malus spp.). Il faudra limiter la plantation de ces espèces dominantes aux grands arbres déjà assez matures. Pour les petits arbres, limitez vos choix aux grimpantes de vigueur restreinte, comme les rosiers grimpants et les clématites.

Également, recherchez uniquement des variétés bien adaptées à votre climat, notamment à votre zone de rusticité, et à vos conditions.

Mais autrement, deux plantes dans un même espace? C’est parfaitement loisible avec les plantes grimpantes!

Article adapté d’un billet publié le 24 février 2015

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

34 comments on “Pourquoi ne pas permettre aux grimpantes de décorer les arbres?

  1. Hello le paresseux,

    les photos d’illustration sont magnifiques.

    Willy

  2. Ginette Cloutier

    J’ai un hydrangé supposément un grandiflora en façade de ma maison qui ne se tient pas, les fleurs sont toujours sur le sol, je songe à m’en débarrasser ou le déplacer à l’arrière dans la cours et lui mettre un tuteur. Serait-il possible que ce soit un grimpants? Merci de votre réponse

    • Non, l’hydrangée grimpante a comportement différent. Sans doute que la plante manque un petit peu de lumière et donc produit des tiges moins robustes que la normale.

  3. Merci pour votre article inspirant. Nous avons un mûrier pleureur depuis plusieurs années que nous n’avions jamais taillé sauf quelques branches qui descendaient trop bas. Il était devenu hors contrôle. L’été dernier, nous avons décidé de le tailler. La coupe a été assez radicale et la tête est tombée. Je ne sais pas s’il va refaire des branches, mais une plante grimpante serait très jolie. Entre l’hydrangea grimpante ou la clématite mon cœur balance. Il y a du soleil du dîner au coucher du soleil. Laquelle serait mieux adaptée.

    • Les deux fonctionneraient… mais l’hydrangée grimpante, malgré sa grande beauté, est lente à s’installer. Je pense que la clématite, rapide à fleurir, vous donnera plus de satisfaction.

  4. Michèle MacHenin

    Bonjour cher paresseux,
    En fait, j’ai très envie de faire grimper une aristoloche dans deux trois arbres fruitiers mal en point, mais que je n’ai pas envie d’abattre, notamment un vieux poirier qui soit, l’année dernière, m’a donné un bon nombre de poires rouges avant que les guêpes ne se mettent dedans.
    J’habite à 1000 mètres d’altitude dans les Alpes, est-ce qu’un ou une aristoloche est gélive ou non ?
    Merci de me renseigner cher québécois ! Moi aussi, comme Huguette, mon coeur balance entre l’aristoloche ou l’hydrangea ??? Les photos sont tellement belles, ça fait envie de les avoir tous !!!

  5. Je vous en veux presque! Ma maison est entourée de grands arbres dénudés du bas, je n’ai pas fini de rêver. D’abord d’un aristoloche pour l’avoir admiré au Jardin des Quatre Vents, Je ne l’ai cependant jamais vu dans un Centre jardin… Et, la Clématite de Virginie serait-elle une exception parmi les clématites ou a-t-elle aussi besoin d’un tuteur? Dans tous les cas, mon plus grand handicap reste le chevreuil.

  6. Trop petit jardin pour avoir des arbres mais j’ai des clématites qui grimpent dans des arbustes et dans des rosiers aussi .
    Bonne journée !

  7. Alain Gauthier

    Bonjour, j’ai toujours pensé que les plantes grimpantes accrochées aux arbres étaient nuisibles pour les arbres. J’ai des  »tuilia » cèdre mature dans ma cours et tous les ans je  »décroche » ces plantes grimpantes. Si je comprend votre article, je devrais laisser la nature tel quelle….???

  8. Martin Jutras

    Bonjour,
    J’ai une haie de Thuya d’au moins 12 pieds de haut. Malheureusement, sur le côté de la maison, à l’ombre, elle se dégarni de plus en plus de son feuillage.
    Une plante grimpante serait-elle une bonne idée pour « verdire » cette section?
    Si oui, quel type de plante recommanderiez vous?
    Merci pour vos excellents conseils quotidiens!

  9. Bonjour
    Si on plante la grimpante en même temps que l’arbre (ou peu de temps après, par ex. l’année suivante), pourrait-on la planter plus près du tronc? Si oui, à quelle distance?
    Merci pour cet article très à propos qui ouvre une foule de possibilités, loin des murs des maisons et hangars!! Bonne journée!

  10. Christine Lafrance

    Bonjour!

    Je suis vraiment heureuse de lire votre article aujourd’hui!! Nous habitons à Beauport et l’année dernière, nous avons profité de la nouvelle législation pour nous faire un grand potager en façade de la maison… sous notre amélanchier canadensis qui trône en roi au centre de notre nouvel aménagement. N’étant pas certaine de pouvoir faire grimper une plante au tronc, j’ai planté autour de la base les fleurs que j’avais parties en semis et que j’avais « en trop » dont des zinnias et des cosmos, mais ayant été forcée de les tuteurer, l’effet était moyen… Comme j’adore les grimpantes, j’ai commandé cette année des semences de capucines grimpantes et je crois que ça pourrait être un bon choix pour faire grimper sur le tronc et même pour les planter proche puisqu’il me semble qu’elles aiment les sols assez pauvres pour fleurir et, pour avoir défriché à la main l’entièreté de cette parcelle de plus ou moins 14 x 16 pieds 😅 je sais où sont les racines et qu’elles ne nuiraient pas pour planter près de tronc.

    Pensez-vous que ça pourrait bien faire?

    Merci à l’avance et surtout, merci de nous partager votre passion et vos connaissances. Vous êtes toujours ma référence #1 et j’adore lire vos articles!! ☺️

    • Ça devrait fonctionner. Notez que les capucines grimpantes ne sont pas de très bonnes pour s’agripper toutes seules. Il faudrait sans doute une corde or filet.

  11. J’ai ici un cerisier noir qui semble donner du raisin depuis qu’une vigne y a fait son chemin (c’est magnifique, en plus, avec les deux feuillages de verts différents). Merci de l’encouragement: je crois que j’aurai bientôt (bah, je ne suis pas pressée, mais une vigne ça se bouture si facilement) du raisin… partout!

  12. Très joli article. C’est une belle idée pour maximiser le plaisir au jardin même quand on a un petit espace.

  13. Julie Lessard

    Bonjour.
    J’ai 5 vieux cèdres d’envIron 25 pieds de haut mais ils sont très dégarnis. Je souhaite y faire pousser une plante grimpante. Y a-t-il une sorte qui conserve son feuillage l’hiver (Charlesbourg)? Les conseillers des centres jardin visités me disent que non. Merci

  14. Jessica Bayard

    Bonjour! Merci beaucoup pour cet article fort intéressant! J’ai une vigne à cinq folioles qui commence tout juste à pousser sur mon sapin baumier mature, et je me demandais si je devais la laisser. J’ai plus souvent vu en milieu naturel des vignes de rivage qui semblaient « étouffer » des arbres matures, mais je me demandais si je devais m’inquiéter de cette espèce. Vous faites mention dans votre article que la vigne vierge est un danger pour les petits arbres : dois-je donc en conclure que mon sapin, qui fait déjà un bon 10 m de haut, est hors de danger si je laisse la vigne y grimper? Merci beaucoup!

  15. Bonjour, merci pour cet article. J’ai un aristoloche que j’ai fait grimper sur un mur et qui s’accroche egalement sur un saule. celui ci est tres envahissant, se multipliant par ses racines jusqu’à 10 pieds de sa base.
    J’ai un autre aristoloche qui est sur un treillis qui avait pour bu de couvrir un mur, et monte maintenant sur un prunus de 20 pieds de haut. Je me demande si il risque d’étouffer les branches qu’il enroule et d’affaiblir mon arbre. Cet arbre était déjà un peu clairsemé par endroit et manque un peu de feuille.
    Je préfere bien evidemment sacrifier les grimpantes au profit de la santé de mes arbres.
    Est ce dangereux pour eux de les laisser se faire enrouler, et si oui comment se débarrasser durablement d,un aristoloche.
    Merci de partager votre savoir avec nous.

    • C’est plus l’étouffement par la densité de feuillage qui pourrait nuire que l’enroulement. Si votre arbre est faible, il pourrait ne pas pouvoir tolérer la compétition.

  16. jacques daigneault

    Bonjour. J’ai 2 « totetank » empilées contre ma maison pour l’eau de pluie. J’aimerais y faire grimper une plante sans fruits afin de rafraîchir l’eau. Commes elles sont collées sur la maison, la plante ne doit pas causer de problème à la maison. Quelles plantes pourriez-vous me conseiller de planter . Merci

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