À chaque mois sa plante Plantes d'intérieur Truc du jour

À chaque mois sa plante, février 2021: le scindapsus

Trois scindapsus différents sur une table de bois.

Photo: www.maplantemonbonheur.fr, stylisme par Elize Eveleens, Klimprodukties

En suspension, sur table ou sur treillis, le scindapsus ou pothos tacheté exprime sa polyvalence. Cette plante d’intérieur se fait remarquer par ses feuilles satinées en forme de cœur qui sont parsemées de taches de couleur argent. Il s’agit d’ailleurs d’un compagnon fidèle: bien soigné, il peut vivre et rester beau très longtemps dans la maison ou l’appartement, même plusieurs décennies. 

Origine

Répartition du scindapsus à l’état sauvage.
Répartition de Scindapsus pictus dans son aire naturelle, l’Asie du Sud-Est. Ill.: plantsoftheworldonline.org

Le scindapsus est une grimpante tropicale à feuillage persistant appartenant à la famille des Aracées et originaire de l’Asie du Sud-Est, notamment du Bangladesh, de Bornéo, de Java, de Malaisie, des Philippines, de Sulawesi, de Sumatera et de Thaïlande. Il a été décrit pour la première fois par le botaniste et explorateur allemand Justus Hasskarl (1811-1894) à partir d’un spécimen trouvé à Java en 1848. Il fait partie de la tribu Monstereae de la famille, avec une quarantaine d’autres espèces de Scindapsus.

Son nom botanique Scindapsus dérive du grec skindapsos, qui signifie «sur le tronc des arbres», ce qui résume bien le mode de croissance de cette plante qui grimpe avec sa tige solidement fixée au tronc de son arbre hôte, tandis que pictus, du latin, veut dire ‘peint’ en raison des taches argentées qui parsèment sa feuille.

Le nom pothos tacheté, cependant, est dérivé d’une autre Aracée grimpante, du genre Pothos spp., et résulte d’erreur d’identité datant d’il y a plus d’un siècle, mais qui persiste encore aujourd’hui. Je crois qu’il vaut mieux s’abstenir d’utiliser le nom «pothos» avec les plantes du genre Scindapsus pour éviter toute confusion.

Confusion avec son cousin

Le genre Scindapsus est étroitement apparenté à celui d’une autre Aracée, Epipremnum, qui comprend la plante d’intérieur très populaire aussi appelée pothos — ou encore liane du diable — (Epipremnum aureum, anciennement Scindapsus aureus). D’ailleurs, certains taxonomistes estiment que les deux genres devraient éventuellement être fusionnés pour former un seul genre.

La principale différence entre les deux est un détail que vous ne verrez probablement jamais: la floraison, car aucune des deux plantes ne fleurit facilement à l’intérieur. C’est même presque du jamais vu! Car la façon la plus facile pour les distinguer est à la suite de la floraison, quand la plante produit des graines, en vérifiant le nombre de graines qu’elles produisent. Les espèces du genre Scindapsus portent une seule graine par fleur, tandis que les espèces d’Epipremnum produisent deux graines ou plus par fleur. Mince différence, n’est-ce pas?

Comportement dans la nature

cindapsus pictus poussant au sol de la forêt tropicale, feuilles argentées et vertes marbrées.
Le scindapsus commence sa vie rampant sur le sol, puis éventuellement se fixe sur un tronc d’arbre comme plante grimpante. Photo: Pizzas fear me, inaturalist.org

On peut souvent voir les scindapsus vagabonder çà et là sur le sol de la jungle en Asie tropicale, mais ils prennent un mode de vie grimpant quand leur tige rencontre un arbre, une paroi rocheuse ou une autre surface dressée. La plante se met alors à monter à la verticale, s’agrippant à son support au moyen de racines aériennes adhésives, sa tige pressée solidement contre l’écorce ou la pierre. À partir de ce moment, les feuilles se placent alternativement à droite et à gauche de la tige, se chevauchant un peu à la manière de bardeaux, la face inférieure pressée contre le tronc. Ainsi, d’après la théorie en vogue en ce moment, elles perdent moins d’eau à l’évapotranspiration. Il s’agit, à ce stade, de feuilles juvéniles parfaitement planes et d’environ 7 à 10 cm de long, fortement et joliment picotées de gris argenté. 

La marbrure argentée du feuillage est causée par une panachure réfléchissante: des poches d’air juste sous l’épiderme de la feuille. Photo: simchoonheok, inaturalist.org

L’attrait plus frappant aux premiers stades de sa croissance verticale est bien sûr la marbrure argentée de la feuille, une variété spéciale de panachure causée par la réflexion de la lumière sur la surface des feuilles, appelée panachure réfléchissante. L’effet se produit lorsque des poches d’air se forment entre les cellules extérieures de la feuille et la couche de chlorophylle en dessous, provoquant un effet miroir. Cette coloration est en fait assez courante chez les Aracées et se produit surtout chez les espèces qui poussent dans des conditions de très faible luminosité.

La raison d’être de cette coloration frappante n’est pas bien comprise. Une théorie veut que d’une manière ou d’une autre, la zone argentée concentre la lumière et améliore ainsi la photosynthèse dans un environnement où la lumière est rare. (Les scindapsus poussent dans des emplacements très, très sombres!) Une autre théorie est qu’il pourrait s’agir d’un type de camouflage. Les marbrures irrégulières cassent visuellement la forme de la feuille, ce qui la rend peut-être moins facile à distinguer pour les insectes, les limaces et autres prédateurs. Certes, à l’état sauvage, la plante collée contre l’écorce semble très bien imiter la forme de croissance et même la coloration blanchâtre des abondants lichens trouvés sur les mêmes arbres.

Scindapsus pictus poussant sur un tronc d’arbre, avec des tiges grimpantes et des feuilles vertes marbrées d’argent
Les scindapsus grimpent aux arbres au moyen de leurs racines aériennes adhésives. Photo: botanyphoto.botanicalgarden.ubc.ca

Au fur et à mesure que le scindapsus monte vers le haut — et il est connu pour atteindre plus de 12 m de hauteur! —, ses feuilles deviennent de plus en plus grandes et perdent leur silhouette juvénile en forme de cœur pour s’allonger et former plutôt celle d’une faucille. Elles peuvent éventuellement atteindre environ 18 cm de long et 12,5 cm de diamètre. Et elles perdent aussi leurs marbrures argentées, devenant entièrement vertes.

Pothos ou liane du diable (Epipremnum aureum) mature, avec des feuilles découpées marbrées de jaune.
Les feuilles de «l’autre pothos», soit la plante appelée pothos ou liane du diable (Epipremnum aureum), se découpent à maturité; celles du scindapsus (Scindapsus pictus) restent intactes. Photo: Lanna foliage studio By Cafe De Higos

Notez qu’on trouve une certaine désinformation sur les sites Web sur cette plante, même sur les sites autrement fiables, comme ceux des jardins botaniques. On indique fréquemment que les feuilles du scindapsus deviennent fendues et même pennées à maturité, un peu comme un monstera (Monstera deliciosa), mais en fait, elles demeurent toujours entières. Cette erreur découle encore de la confusion avec «l’autre pothos» (Epipremnum aureum), dont les feuilles subissent cette transformation lorsqu’elles atteignent leur maturité. Même les botanistes les plus érudits semblent les confondre!

De toute évidence, le scindapsus doit fleurir relativement abondamment dans la nature, car la plante est répandue sur une vaste région, preuve qu’elle produit bien des semences. Sa floraison, cependant, est rarement observée du fait qu’elle se déroule en grande partie dans les cimes des arbres, un endroit où les observateurs humains ont rarement accès. De plus, l’inflorescence est plutôt insignifiante, composée d’un court spadice entouré d’une spathe blanche. 

Comportement en culture

Deux scindapsus: un retombant d’un tabouret, un sur le sol.
On peut trouver des scindapsus sous plusieurs formes différentes. Photo: pistilsnursery.com

Le scindapsus est le plus souvent vendu comme plante de table de petite taille avec un port légèrement rampant, le résultat de quelques boutures plantées au centre du pot. Les spécimens plus matures sont généralement vendus dans des paniers suspendus et ont déjà de longues tiges retombantes. Notez que la taille des feuilles diminue à mesure que la tige se dirige vers le sol, un phénomène courant chez les plantes grimpantes quand on les fait retomber vers le bas plutôt que pousser vers le haut. Lisez Les plantes grimpantes aiment grimper pour plus d’informations sur ce phénomène.

Deux scindapsus fixés sur des poteaux de mousse: ’Argyraeus (à gauche) et ‘Exotica’ (à droite)
Deux scindapsus fixés sur des poteaux de mousse: Argyraeus (à gauche) et ‘Exotica’ (à droite). Photo: craigmilran

Mais on vend aussi les scindapsus dressés, fixés sur un tuteur, une plaque d’écorce ou un poteau en mousse. Ces plantes continueront à croître verticalement tant qu’elles n’auront pas dépassé les limites de leur support et les feuilles augmenteront en taille à mesure que la tige s’allongera. Quand l’écorce ou la mousse sont arrosées en même temps que le terreau, la plante s’y enracine et grimpe alors d’elle-même. La plante peut même quitter son support d’origine et se mettre à grimper sur le mur le plus proche, s’y fixant avec ses racines aériennes si vous le lui permettez. Sans taille, la plante peut facilement atteindre plus de 3 m de hauteur à l’intérieur de nos maisons.

Scindapsus palissé sur un support en forme de cœur.
Grâce à ses tiges malléables, le scindapsus peut être palissé sur un support de la forme de votre choix et devenir alors une œuvre d’art vivante. Photo: On Ya Garden

À la maison, la plante peut également être attachée avec des liens à un treillis ou palissée afin qu’elle grimpe dans un arbre d’intérieur. Et ses tiges errantes peuvent être dirigées de façon à se fixer et recouvrir une topiaire recouverte de mousse, sur un cerceau ou sur le support de la forme de votre choix.

Le scindapsus est également un excellent choix pour couvrir un mur végétal intérieur.

Scindapsus avec des feuilles vertes marbrées d’argent qui grimpe sur un mur.
Dans les tropiques, on utilise le scindapsus comme plante grimpante ornementale pour embellir les clôtures et les murs. Photo: Min’s Garden

Comme la résistance du scindapsus aux températures fraîches est très limitée, il est utilisé presque exclusivement comme plante d’intérieur, sauf dans les climats les plus tropicaux (zones de rusticité USDA 11 à 12). Seulement dans les régions où il fait toujours chaud, été comme hiver, peut-il servir de grimpante ornementale autoagrippante et y recouvrir magnifiquement les troncs d’arbres, les murs en pierre, les bâtiments et autres structures.

Culture à l’intérieur

Le scindapsus est une plante d’intérieur remarquablement résistante, supportant des conditions difficiles qui tueraient de nombreuses autres plantes d’intérieur. Voici un résumé de la façon de l’entretenir.

Éclairage: Notre sujet donne généralement les meilleurs résultats sous une lumière vive et indirecte, mais accepte très bien aussi 2 ou 3 heures de soleil direct, surtout en matinée: près d’une fenêtre orientée à l’est, par exemple. Il tolérera facilement aussi le plein soleil pendant les journées courtes de l’hiver. Évitez le plein soleil l’été, toutefois, car les feuilles peuvent être endommagées. On peut alors le placer plus au fond de la pièce à cette saison ou encore, tirer un léger voilage entre son feuillage et la fenêtre pendant les heures les plus chaudes de la journée.

Sans dire qu’il adore un éclairage faible, il peut toutefois tolérer cette situation pendant de nombreux mois, même des années, mais finit alors par pâlir et s’étioler. 

Arrosage: Laissez le sol sécher légèrement entre les arrosages, le testant avec votre doigt avant d’arroser de nouveau. Lorsque le bord de la feuille commence à s’enrouler, il est certainement temps d’arroser. Si par mégarde vous le laissez sécher complètement, il n’est pas toujours possible de le récupérer.

Température: La faiblesse du scindapsus est son intolérance au froid. Peu de plantes d’intérieur y sont aussi sensibles! Il est préférable de le garder au chaud en tout temps, car certains clones sont endommagés par des températures de moins de 15 °C, bien que l’espèce elle-même (habituellement vendue sous le nom d’Argyraeus) puisse supporter jusqu’à 12 °C. 

Il n’y a pas de période de repos spécifique, mais sa croissance va de très lente à essentiellement nulle pendant les mois d’hiver.

Humidité: Pour une plante provenant de la forêt tropicale humide, le scindapsus est étonnamment résistant à l’air sec et peut tolérer sans trop de difficulté la faible humidité atmosphérique habituellement trouvée dans nos maisons pendant l’hiver. Cela dit, il sera plus dense, plus vigoureux et produira des feuilles plus grandes et plus attrayantes, tout en poussant plus rapidement, si vous pouvez lui assurer une atmosphère humide en tout temps, peut-être au moyen d’un humidificateur ou d’un plateau humidifiant. Il n’est toutefois pas intéressant de vaporiser son feuillage dans un effort d’augmenter l’humidité ambiante, une méthode souvent recommandée, mais en effet inutile et même nuisible, laissant sur les feuilles des taches difficiles à enlever et provoquant parfois des maladies foliaires.

Sachez que le scindapsus poussera à merveille dans un terrarium, même un terrarium fermé où l’humidité atmosphérique peut approcher 100%, mais ses dimensions éventuelles excluent cette utilisation dans tout sauf dans les terrariums les plus grands.

Fertilisation: Cette plante n’est vraiment pas gourmande. Une application mensuelle d’engrais tout usage très dilué, à peut-être un 1/10e de la dose recommandée, du printemps au début de l’automne, suffira amplement. Nul besoin de le fertiliser l’hiver.

Substrat: Tout terreau pour plantes d’intérieur bien drainé conviendra parfaitement et il réussit très bien aussi dans un substrat pour orchidées. Évitez de le cultiver dans un pot sans trous de drainage.

Rempotage: Il est préférable de l’effectuer au début du printemps, probablement une fois par an pendant les premières années, en plantant le scindapsus dans un pot progressivement plus grand. Une fois qu’il atteint une certaine taille, disons un pot de 20 à 25 cm de diamètre, il est inutile d’agrandir davantage le pot, mais il est quand même bien de le rempoter tous les deux ou trois ans pour remplacer le terreau qui devient contaminé de sels minéraux excessifs avec le temps. 

Sachant qu’il peut être impossible de rempoter les spécimens matures, notamment s’ils sont fixés à un mur, on peut à la place lessiver son terreau à l’eau une ou deux fois par année pour dissoudre et enlever les sels. Aussi, un surfaçage annuel, remplaçant le vieux terreau en surface par un terreau frais, lui fera le plus grand bien.

Trois boutures de scindapsus.
Même de courtes sections de tige s’enracinent facilement, car il y a déjà une racine adventive à chaque nœud prête à pousser. Photo: growandcare.com

Multiplication: Le scindapsus se multiplie facilement par boutures de tige. Vous pouvez utiliser à cette fin un segment terminal de 8 à 10 cm ou même couper une plus importante longueur de tige en sections, chacune ayant un ou deux nœuds, et quand même très bien réussir. Placez les sections prélevées dans un terreau légèrement humide, vous assurant de couvrir la racine adventive de terreau. La bouture prendra plus rapidement racine si elle est placée à l’étouffée (sous un dôme ou sac de plastique transparent). Deux ou trois boutures par petit pot donneront une jolie plante cadeau en quelques mois seulement. 

Vous pouvez également multiplier cette plante par marcottage ou par marcottage aérien.

Soins spéciaux: Pincez ou taillez les plantes au besoin pour les garder sous contrôle.

Problèmes: Cette plante souffre peu d’insectes ou de maladies. Les cochenilles de toutes sortes (farineuses, à carapace et des racines) sont possibles, mais plutôt rares. Quand les feuilles diminuent en taille et en intensité de couleur, cela peut indiquer un éclairage insuffisant.

⚠️ Toxicité: La sève du scindapsus est légèrement toxique et peut provoquer une irritation douloureuse des muqueuses: tenir hors de portée des enfants et des animaux domestiques.

Assortiment

Deux scindapsus: ‘Exotica’ feuilles plus grandes et plus densément panachées et Scindapsus pictus classique, Argyraeus
Scindapsus pictus ‘Exotica’ (à gauche) avec des feuilles plus grandes et plus densément panachées que le Scindapsus pictus classique, Argyraeus (à droite). Photo: reddit.com

Le «cultivar» de loin le plus populaire est Argyraeus (le nom signifie argenté), mais en fait, ce n’est pas un vrai cultivar, mais tout simplement la forme juvénile typique de la plante. Les petites feuilles sont vert foncé mates avec des marbrures argentées limitées, bien que frappantes, ici et là dans le limbe de la feuille. Aussi, il y a toujours une bande libre de marbrure au centre, le long de la nervure principale, et sa marge est ourlée d’une mince ligne argentée.

Le scindapsus ‘Platinum’ a des feuilles presque entièrement argentées.
Le scindapsus ‘Platinum’ (aussi appelé ‘Silver Hero’) a des feuilles presque entièrement argentées. Photo: http://www.aroid.org

Moins commun, mais quand même facile à trouver, est le cultivar ‘Exotica’, avec des feuilles plus grandes et beaucoup plus argentées. Sa marge aussi est très argentée. Seul le centre de la feuille est toujours vert foncé.

Illustration montrant les feuilles de différents cultivars de scindapsus.
Certains cultivars de scindapsus sont particulièrement saisissants. Photo: aaronapsley.com

Il existe un nombre croissant d’autres cultivars de scindapsus sur le marché qui diffèrent entre eux surtout par les différents degrés de marbrure argentée de leur feuillage, allant d’aucune (la feuille est entièrement vert satiné), comme pour ‘Jade Satin’ ou ‘Nearly Black’ (ce dernier en vert très foncé) à presque entièrement argentée, dans le cas de ‘Platinum’ (également appelé ‘Silver Hero’). 

Scindapsus pictus ‘Silvery Ann’ à coloration variable, certaines feuilles presque entièrement argenté blanchâtre.
Scindapsus pictus ‘Silvery Ann’ a une panachure variable, mais très pâle, et certaines feuilles sont de couleur blanc argenté presque spectral sur plus que la moitié de leur surface. Photo: Etsy.com

Parfois, des spécimens avec des plaques de tissu albinos sont proposés, ajoutant ainsi un deuxième type de panachure à la coloration originale de la feuille, mais ces variétés très coûteuses ont tendance à être instables et retournent souvent à leur forme originale sans panachure albinos. 

Scindapsus treubii ‘Moonlight’ avec des feuilles plus étroites principalement argentées à l’exception de la nervure centrale verte.
Scindapsus treubii ‘Moonlight’. Notez les feuilles plus étroites, nullement cordiformes, et la panachure plus également étendue, plutôt que concentrée en taches et marbrures inégales. Photo: _hulloshinies, instagram.com

Il existe également d’autres espèces de Scindapsus qui sont parfois proposées. L’un d’eux est le scindapsus de Treub (S. treubii), nommé pour le botaniste néerlandais Melchior Treub (1851-1910), parfois vendu sous le nom erroné S. pictus ‘Trebi’. Il s’agit plutôt d’une espèce différente avec des feuilles plus longues et étroites, nullement cordiformes. Elles ont une marge et une bande centrale verte et, ailleurs, une coloration argentée assez égale.

S. treubii ‘Moonlight’, le cultivar de scindapsus de Treub le plus populaire, a à peu près le même motif, mais offre une sorte de coloration argenté presque spectrale. Cette espèce peut avoir une croissance très lente, surtout sous une humidité faible, et nécessite un éclairage plus intense et un arrosage plus modéré (il faut vraiment le laisser sécher un petit peu avant de l’arroser de nouveau, au point que la marge de la feuille s’enroule un peu). Elle est, en général, un peu moins facile à cultiver. À cause de sa croissance plus lente, elle coûtera probablement toujours un peu plus cher que les cultivars de S. pictus.

Où trouver des scindapsus de collection?

Collecionneuse Erica Lodes semble bien heureuse de ses plantes de scindapsus Argyraeus (à gauche) et ‘Exotica’ (à droite). Photo: Erica Lodes

Oui, il est très tendance de collectionner des scindapsus, comme d’autres personnes collectionnent des timbres ou des cartes de hockey, surtout parmi la nouvelle génération de jardiniers si passionnée de plantes d’intérieur.

Vous n’aurez aucune difficulté à trouver des spécimens de S. pictus Argyraeus ou ‘Exotica’: ils aboutissent régulièrement dans presque toutes les jardineries.

En ce qui concerne les autres cultivars, ils arrivent au compte goutte parmi les «arrivages» réguliers de plantes vertes que reçoivent les jardineries (lots de plantes d’intérieur mixtes venant des pépinières productrices tropicales). Pour en trouver, il faut soit visiter votre jardinerie locale souvent, ou encore, fréquentez une boutique spécialisée en plantes d’intérieur qui recherche particulièrement de telles perles végétales et où, malheureusement, toutes les plantes coûtent quatre fois plus cher qu’en jardinerie. La rareté a un prix!

Encore, à la belle saison, ces plantes paraissent de temps en temps sur des sites Internet comme Etsy, eBay, etc. ou des magasins de plantes d’intérieur faisant de la vente par correspondance. 


Les scindapsus: si l’argent scintillant est dans votre palette de couleurs, cette plante facile à cultiver en est une que vous allez vraiment adorer et apprécier!

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

12 comments on “À chaque mois sa plante, février 2021: le scindapsus

  1. Bonjour le Paresseux,

    Comment cette plante qui vit naturellement dans un environnement peu lumineux peux au final nécessiter un bon éclairage pour bien se développer comme plante d’intérieur ?

    bonne semaine
    Willy

  2. C’est que nos intérieurs, du moins, loin d’une fenêtre, sont encore plus sombres qu’au pied des arbres dans une jungle! On trouve difficilement un milieu aussi peu éclairée qu’un appartement dans la nature, sinon dans une caverne!

    • Aussi, la plante ne pousse pas très vigoureusement dans sa jeunesse, non plus. C’est quand elle réussit à se hisser sur un tronc et atteindre plus de lumière qu’elle commence à vraiment se développer.

  3. Louise Brunette

    Autre disposition du scindapsus du plus joli effet : sous une table basse en verre. Le mien s’est enroulé sur la base en X de ma table de salon. Suggestion : le placer dans un cache-pot argenté.

  4. willywfr33

    merci

  5. Danielle T Paiement

    Vous êtes une encyclopédie vivante!
    Merci pour votre très grande générosité à partager votre expertise horticole!

  6. J’ai déjà eu jadis cette plante et l’avais offerte à mon voisin lorsque j’étais déménagée et maintenant je regrette car je n’en trouve plus du tout! SI jamais quelqu’un connait un endroit à Montréal qui en vend je serais très intéressée à le connaître!

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