Insectes nuisibles Orchidées Truc du jour

Apprenez à laisser aller

Il arrive des cas où une plante est tellement infestée qu’aucun traitement ne fonctionne et qu’il vaut mieux accepter de la jeter. Ill.: pngegg.com & pngtree.com

Question: J’ai des orchidées qui ont des cochenilles et je n’arrive pas à les supprimer. Elles reviennent toujours. Que dois-je faire?

Sada

Réponse: Je vous comprends parfaitement. Combien de fois ai-je fait la même chose! Traitement après traitement, faisant très attention d’aller chercher les insectes dans le moindre interstice de la plante, et pourtant, quand je pense avoir gagné, souvent des mois plus tard, les cochenilles reviennent.

Puis j’ai traité encore attentivement… avec toujours le même résultat.

Probablement vous avez fait comme moi et avez tenté tous les traitements disponibles: savon insecticide, neem, alcool isopropylique, pyrèthre, même des idées farfelues comme des solutions de marc de café ou de vinaigre.

Cela vaut autant pour les cochenilles farineuses (comme de petites boules d’ouate blanche) que pour les cochenilles à carapace (couvertes d’une carapace en bouclier souvent brune). Les deux sont également difficiles à éliminer.

Finalement, en désespoir de cause, j’ai dû me résigner à jeter les plantes infestées. C’est souvent la seule solution logique. 

J’ai déjà parlé de cette triste situation dans l’article Histoire d’horreur: 30 ans de cochenilles.

Mais la bonne nouvelle est que j’ai maintenant des centaines de plantes d’intérieur, dont une douzaine d’orchidées, et je ne vois plus de cochenilles. Jamais.

Jeter, nettoyer, recommencer

Orchidée infestée de cochenilles farineuses
Quand on traite encore et encore contre les cochenilles, il arrive un point où c’est assez! Photo: wallmur, reddit.com

Je suggère donc de jeter les plantes infestées. C’est dur à accepter, mais, dans votre cas, c’est la seule solution logique. Dans le jardinage, il faut accepter qu’il y ait parfois des échecs, pas seulement des succès. Et une plante infestée d’un insecte sournois qui risque d’infester d’autres plantes, c’est comme une Mary Typhoïde horticole. Tant vous avez une telle plante dans votre collection, elle sera toujours une menace pour les autres.

D’ailleurs, jetez les plantes infestées à la poubelle ou brûlez-les. Ne les mettez jamais au compost où, parfois, les températures restent assez chaudes pour garder les cochenilles en vie. 

Linge dans de l'eau savonneuse
Nettoyez les environs avec de l’eau savonneuse. Photo: scienceabc.com

Et ce n’est pas tout. Tout l’emplacement où étaient vos orchidées infestées peut être une source de contamination, car les cochenilles farineuses quittent parfois les pots de plantes et pondent leurs œufs dans des fissures et interstices des tablettes et des meubles des environs et les nymphes de cochenille à carapace, appelées baladeuses, se déplacent elles aussi hors de la plante. Utilisez alors un linge humide trempé dans un savon insecticide et passez sur toutes les surfaces.

Quant aux pots et aux soucoupes, avant de les réutiliser, nettoyez-les dans avec une solution de savon insecticide ou dans le lave-vaisselle… ou mettez-les au recyclage. 

Maintenant, attendez 40 jours et nettoyez tout de nouveau.

Une quarantaine avant le placement final

Plante isolée dans un sac transparent.

Vous pouvez désormais acheter une autre orchidée d’une source fiable.

Notez qu’il faut quand même l’isoler de toute autre plante pendant quarante jours. Si, après un ce temps, il n’y a aucun signe de la présence de cochenilles, vous pouvez la mettre avec vos autres plantes.

Et à l’avenir, chaque fois que vous achèteriez une nouvelle plante, que ce soit une orchidée ou une autre espèce, mettez-la aussi en isolation. On ne badine pas avec les cochenilles!

Parfois en horticulture, faire table rase est la seule solution valable.

Plante en isolement dans un sac en plastique. Ill.: Claire Tourigny, tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

9 comments on “Apprenez à laisser aller

  1. Article vraiment très utile!! Y a-t-il des plantes qui n’ont jamais de cochenilles? Par ex, les pélargoniums ou encore les plantes aux tiges ou feuilles duveteuses ou poilues? Sont-elles aussi attaquées à l’intérieur?

    • Les pélargoniums peuvent en avoir, malgré leur pilosité, mais ce n’est pas courant. J’ai longtemps pensé que les bégonias étaient immuns, jusqu’à ce que je trouve un plant infesté. Même chose pour les euphorbes dont la sève toxique, pensais-je, pourraient les repousser. Eh bien, non!

      Les plantes d’extérieur sont protégées contre les cochenilles tropicales de nos plantes d’intérieur, car le froid les tue.

  2. Ping : L’obsolescence programmée chez les orchidées – Jardinier paresseux

  3. Après des années de combat acharné, j’ai dû cette semaine me résigner à jeter au compost un magnifique limettier qui me donnait chaque année des fruits délicieux! Isolement, traitements, nettoyages, savons insecticides, etc.: j’ai tout essayé, et chaque fois que je pensais avoir gagné, la bibitte infernale réapparaissait, parfois après des mois sans aucune trace visible. Quelles satanées bestioles que ces cochenilles!

    • Avant vécu la même chose avec un citronnier panaché que j’ai conservé presque 20 ans malgré son infestation, vous comprends! Mes condoléances!

      • Charlotte

        Mais au pire, est-ce si grave d’avoir des cochenilles? si on a tout essayé et qu’elles reviennent mais que la plante semble se porter plutôt bien, est-ce qu’on ne peut pas envisager la cohabitation avec les cochenilles?
        Je viens d’en découvrir sur deux de mes plantes et pas envie de les jeter. J’y ai pulvérisé une solution avec de l’alcool mais je me vois pas jeter une plante à cause d’une bebete… les deux font parti de la nature. Quel est le vrai risque?

      • Le dépérissment lent de la plante. Dans la nature, les cochenilles sont contrôlées par différents ravageurs et arrivent rarement à tuer leur hôte. Dans la maison, normalement, c’est vous qui est la « prédatrice » qui réduit leur nombre.

      • Charlotte

        bon point! et est-ce qu’avec une petite plante infectée, une ultime tentative pourrait etre de mettre la plante au frigo quelques heures? possible que la plante meure avant les cochenilles! mais ça peut se tenter quand même? y-a-t-il un micron de chance que ce soit radical pour les bestioles?

      • Je pense que, justement, la plante a plus de chances de mourir que l’insecte. La cochenille est très tenace!

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