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Cloportes: des amis insoupçonnés

Photo: Katia Schulz, Wikipedia Commons

On les trouve dans presque tous les jardins: des créatures aplaties, ovales, généralement grises, ne dépassant pas 1 cm de long, avec un exosquelette segmenté et 14 pattes. Il y a plus de 3?500 espèces de cloportes dans le monde et probablement une demi-douzaine dans votre propre jardin. Certains cloportes peuvent s’enrouler en boule pour se protéger, mais pas tous. On les appelle aussi porcellions, car ils labourent le sol comme un porc… mais à une échelle moindre, bien sûr.

Clopote en boule
Certaines espèces peuvent s’enrouler en boule. Photo: biol326.wordpress.com

Beaucoup de gens ont une aversion naturelle envers les cloportes, comme pour toute autre bestiole rampante, mais ils sont en fait inoffensifs pour les humains. Et, pour la plupart, ils sont bénéfiques dans le jardin. Ce sont essentiellement des détritivores: ils consomment et décomposent les matières végétales mortes, les champignons et autres déchets, les réduisant à une forme que les plantes peuvent absorber. Ainsi, ils nourrissent nos plantes! Ils aèrent également le sol en y creusant. 

Ils sont souvent abondants dans les composteurs, ce que est bien logique, vu leur rôle de décomposeurs. 

Étant en grande partie nocturnes, les cloportes se cachent souvent sous le paillis, les bûches, les roches et d’autres objets au sol pendant la journée. Ils font également partie de la chaîne alimentaire du jardin, nourrissant les oiseaux, les araignées, les musaraignes, les crapauds, les mille-pattes, les carabes et d’autres prédateurs nécessaires à un bon équilibre écologique. Le calcium qui compose en bonne partie leur carapace est particulièrement important pour les oiseaux qui l’utilisent dans la formation de leurs œufs.

Les cloportes sont aussi considérés comme des bio-indicateurs d’un environnement sain. En d’autres termes, si vous n’en trouvez pas dans votre jardin, peut-être que vous devriez vous en inquiéter! Par exemple, ils peuvent être absents des sols contaminés en métaux lourds comme le zinc, le cadmium et le plomb.

Un bémol

On dit que les cloportes endommagent parfois les semis encore fragiles, même si je n’ai personnellement jamais vu cela, mais ont aussi la réputation de trouer les fraises mûres. (L’une des raisons pour lesquelles la paille est souvent utilisée comme paillis dans les champs de fraisiers est qu’il s’agit d’un paillis léger et aéré qui n’est pas propice aux cloportes.) Ils sont parfois accusés d’attaquer d’autres plantes plus coriaces, mais il s’avère généralement que les dommages étaient plutôt faits par des limaces, des escargots ou des perce-oreilles et que les cloportes étaient présents pour faire le ménage des tissus endommagés.

Pas des insectes

4 sortes de cloporte différentes.
Les insectes ont 6 pattes; les cloportes, 14. Photo: Wikimedia Commons

La plupart des jardiniers considèrent probablement les cloportes comme des insectes, mais en fait, ce sont des crustacés, apparentés aux homards et aux crabes, appartenant à une branche de la famille, les isopodes. À l’origine aquatiques, ils ont quitté l’océan il y a plus de 200 millions d’années, bien que certaines espèces soient encore aquatiques ou semi-aquatiques, y compris les isopodes géants trouvés dans les profondeurs de l’océan. D’ailleurs, les cloportes sont les seuls crustacés terrestres. 

Mais les cloportes n’ont pas tout à fait quitté l’environnement aquatique, mais le trainent avec eux. En effet, les cloportes ont toujours besoin d’une fine couche d’eau sur leurs pattes (là où se trouvent leurs poumons) afin de pouvoir respirer. C’est pourquoi ils se limitent aux endroits humides et évitent la sécheresse et le soleil.

La mère cloporte porte ses œufs — et plus tard ses petits — dans une poche sous son abdomen à la manière d’un marsupial. Il peut y avoir plusieurs générations par an, selon les espèces, et les jeunes perdent leur exosquelette plusieurs fois en grandissant. Les cloportes peuvent vivre de 2 à 4 ans.

Que faire des cloportes?

En surélevant les pots sur des pieds, on peut réduire de trop grosses populations de cloportes. Photo: gardenartisans.com

Dans la plupart des cas, vous n’aurez pas besoin de réagir. Vivre et laisser vivre, tout simplement. Rappelez-vous, ils sont bons pour le jardin et les plantes qui y poussent. Si vous en trouvez en grand nombre cachés sous des pots placés dans le jardin, surélevez-les sur des pieds de pot, créant un environnement plus aéré, et les cloportes se déplaceront ailleurs.

Avant de rentrer les plantes à l’intérieur à l’automne, faites tremper leur pot dans de l’eau savonneuse pendant environ 15 minutes pour vous débarrasser de tous les voyageurs indésirables, y compris les cloportes.

Bouteille de terre de diatomée

Les cloportes vivent souvent dans nos demeures dans des endroits humides comme les sous-sols et les salles de bain. Malgré cela, ils ne sont pas nuisibles, mais ne sont pas particulièrement aimés non plus. Une application de terre de diatomées — un insecticide biologique — sur les fissures et fentes dans les zones humides devrait les éliminer. Et passer l’aspirateur en ramassera aussi. 

(Terre de diatomée. Photo: Canadian Tire)

Si vous en trouvez beaucoup à certains endroits à l’intérieur, faites faire une vérification: il y a peut-être une infiltration d’eau ou la présence de bois pourri.

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Cloportes: ils ne sont pas particulièrement gracieux, mais ils sont assurément bénéfiques et le jardinier sage apprendra à les tolérer leur présence.


commentaire sur "Cloportes: des amis insoupçonnés"

  1. Dominique dit :

    Super ma terre est très saine alors !!
    j’en ai beaucoup au jardin !
    Bon dimanche jardinier paresseux

  2. Andrée dit :

    Vous me rassurez! J’ignorais le rôle de ces cloportes dans mon bac de compost et dans mes plates-bandes. Les cloportes sont en grande forme ici, car je vis et laisse vivre. Vous m’apprenez qu’ils travaillent beaucoup; mon compost est de toute beauté, année après année! Merci pour ces renseignements d’importance, et bonne fin de journée!

  3. Gérald Tapp dit :

    “[…] ils [les cloportes] peuvent être absents des sols contaminés en métaux lourds comme le zinc, le cadmium et le plomb”. Vos sources svp.

  4. Bonjour, J’ai aussi beaucoup de cloportes au potager: j’en suis ravie, vu leur utilité, même s’ils élisent domicile dans mes navets en hiver pour s’y reproduire…

  5. Fabienne Hubert dit :

    J’en ai toute une ribambelle qui a colonisé mon pot de Tiarella “Sugar & Spice”… J’interviens ou je reste paresseuse?

  6. Je peux vous envoyer des dizaines de photographies ou vidéos de cloportes en très grand nombre attaquant des pousses juste à la surface du sol, au point de les abattre et finir de les dévorer une fois mortes, surtout des haricots, des cucurbitacées mais aussi des pousses de patates (qui se défendent un peu plus mais pas toujours assez pour survivre). Je les vois aussi se ruer à 5 ou 6 sur des mogettes sèches pour les manger avant même qu’elles ne germent !
    Ça fait des mois que je cherche à comprendre pourquoi ils préfèrent ça aux déchets végétaux en tout genre juste à côté (bois et épluchures diverses), comme il faudrait s’y attendre d’après la littérature et d’après mon expérience passée. Est-ce le fait d’une espèce de cloporte en particulier ? Ont-ils muté dans mes bacs du culture (auquel cas serais-je à l’origine d’une nouvelle catastrophe écologique) ? Je fais des essais avec divers taux d’humidité, mais en vain: ils sont maintenant extrêmement nombreux et ne laissent quasiment plus aucune graine germer.
    Je suis en train de bricoler le nécessaire pour pouvoir rapidement remettre les bacs en accès aux oiseaux du voisinage en espérant qu’ils s’en régalent sans balancer à nouveau de la terre sur les balcons des voisins depuis le mien.

    Moi non plus, avant cette année, je ne croyais pas que les cloportes pouvaient soudainement devenir ravageurs.

    • Avez-vous essayer de la terre de diatomée? Aussi, on peut présumer que leur grand nombre finira par attirer leurs ennemis (oiseaux, crapauds, centipèdes, carabes, etc.) qui offriront un contrôle naturel.

    • Carolane dit :

      Je vous envoie mon lézard, d’ici quelques jours vous serez débarassé de vos cloportes. Ici je les cherche inlassablement dans mon jardins pour nourrir mon lézard. Parfois j’ai peur de ne pas en laisser assez pour dehors.

    • LOQUET Jean Claude dit :

      Bonjour,
      j’ai une invasion de cloportes dans mon composteur, ce qui fait que je ne récupère pratiquement rien en composte au printemps,
      Cette année, j’ai voulu semer des haricots sur le terrain jouxtant le composteur et malgré mes trois rangs de 7 m. aucune pousse, alors j’ai retourné la surface et recommencé à semer, résultat, encore rien.
      Je soupçonne donc les cloportes d’être à l’origine de ce manque de germination .
      Qu’en pensez-vous ?
      Cordialement.
      Jean Claude

  7. Carole Héroux dit :

    Oui en surpopulation ils se sont attaqués de préférence aux pousses de cucurbitacés au point de les détruire. Ils ont aussi un fort goût pour la racine et les tiges de gingembre. J’en ai fait l’expérience dans ma petite serre domestique, un milieu fermée où ils n’ont pas de prédateurs naturels. Selon mon observation ce sont surtout les jeunes sujets qui se retrouvaient par dizaine sur ces plants et à la base des racines de gingembre. J’ai donc procédé à l’enlèvement manuel des cloportes (des centaines) et les plantes qui ont survécu à leur assaut semblent se porter mieux. Vu que dans le passé j’ai d?jà fait face à une invasion de limaces (éliminées manuellement et présentement presque absentes), je commence à envisager, presque sérieusement, l’?levage de crapauds!

  8. Helene Lachance dit :

    allo moi je travaille dans une pepiniere … et on a des caissette darbres et il ce tiennent la dedans … et jai trouver plusieur arbre qui a ete manger au tronc toute mange lecorce …. je me demande si cest les cloporte qui on fait cela ….. ca se peut tu ….. jai penser a la tipule .. mais cest pas juste un spot ces un peut partout .. vraiment a ce poser des question ….

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