Le jardin des trois sœurs: le jardinage à l’amérindienne

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La culture des trois sœurs. Photo: http://www.tasteantigua.com

En cette Journée nationale des autochtones (Canada), pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur le jardin des trois sœurs, cette méthode amérindienne de culture des légumes qui était pratiquée autrefois presque à la grandeur de l’Amérique du Nord, du Panama jusqu’au Québec?

Peu de jardiniers modernes pensent à faire cette culture chez eux. Mais, pourquoi pas, puisqu’elle a bien fait ses preuves depuis des millénaires!

Les Iroquoiens du Saint-Laurent, aujourd’hui disparus, pratiquaient cette culture quand Jacques Cartier est arrivé à Stadacona (Québec) en 1534. Les Mayas faisaient la même culture en Amérique centrale sous le nom de «milpa» et la pratiquent toujours de nos jours.

Culture complémentaire

Culture des trois sœurs. Photo: http://www.gardeningaustin.com

L’idée de la culture des trois sœurs est de marier, dans un même lot, trois légumes aux traits complémentaires: le maïs ou blé d’Inde (Zea mays), le haricot (différentes espèces de Phaseolus) et la courge (Cucurbita pepo). 

Les variétés utilisées variaient énormément, en partie selon le climat: certaines variétés réussissent mieux sous les jours longs du nord, d’autres sous les journées équilibrées — toujours 12 heures — des tropiques. Les Iroquoiens du Saint-Laurent, par exemple, cultivaient une quinzaine de variétés de maïs, une soixante de variétés de haricot et au moins huit variétés de courge, incluant la citrouille.

Le maïs (à l’origine, c’était le maïs à farine; le maïs sucré n’a été ajouté qu’au 18e siècle) est une grande plante dressée aux tiges robustes. Ces tiges servent à soutenir les tiges volubiles du haricot. Ainsi, aucun tuteur n’est nécessaire.

Les tiges volubiles du haricot s’entortillent autour des tiges robustes du maïs. Photo: harvesttotable.com

 Le haricot est une légumineuse grimpante et, comme la plupart de ses congénères, vit en symbiose avec des bactéries ayant la capacité de capter l’azote présent dans l’air et de le rendre utile aux plantes. Ainsi, le haricot aide à enrichir le sol et ainsi à nourrir le maïs et la courge.

Enfin, la courge, une plante rampante de grande envergure, recouvre le sol entre les plants, étouffant les mauvaises herbes et agissant comme un genre de paillis vivant, créant un microclimat qui retient l’humidité dans le sol. Aussi, ses tiges épineuses aident à éloigner les prédateurs.

Les trois sœurs étaient souvent aussi cuisinées ensemble et encore une fois, les trois sont complémentaires, le haricot apportant deux acides aminés essentiels manquants au maïs et aux courges.

La légende des trois sœurs

La légende des trois sœurs. Photo: http://www.wabano.com

D’après une légende iroquoise, les trois sœurs forment une trinité divine qui jaillit de la tombe de la Terre mère, morte d’avoir enfanté les jumeaux Bien et Mal. Ces plantes ont permis de nourrir les jumeaux et ainsi d’assurer la survie des humains.

Votre propre jardin des trois sœurs 

Est-ce que cela vous tente de faire votre propre petit potager à l’amérindienne? Il n’est pas trop tard, car ces trois légumes n’aiment pas le froid: il faut les semer une fois que le sol et l’air se sont réchauffés. Et c’est un projet qu’on peut facilement faire avec des enfants. 

Voici comment faire:

Graines de maïs, de courge et de haricot. Photo: achievingadventure.com

Il faut un emplacement ensoleillé au sol ou en bac (d’accord, les Amérindiens ne cultivaient pas en pot, mais si vous n’avez qu’un balcon comme espace de jardinage, pourquoi ne pas improviser?). 

Maintenant, formez un monticule de terre d’environ 30 cm de hauteur et 50 cm de diamètre. On appelle ce monticule un «poquet». Les Iroquoiens enterraient des restes de poisson dans le poquet pour nourrir les plantes, mais cette denrée est rare dans nos maisons où le poisson vient souvent sous forme de bâtonnets. Pour cette expérience, ajoutez tout simplement au sol 3 ou 4 poignées de compost de qualité ou un engrais biologique, ce dernier selon la dose indiquée sur l’emballage du produit. Mélangez bien.

Semez le maïs au centre du poquet. Photo: http://www.rustica.fr

Semez 4 à 6 graines de maïs au centre du poquet, formant un cercle. Semez-les à une profondeur égale à trois fois la hauteur de la graine. Arrosez bien.

Quand le maïs atteint environ 15 cm de hauteur (il faut lui donner un peu d’avance, sinon ses compagnons l’engouffreraient rapidement!), semez encore environ 4 à 6 graines de courge et autant de graines de haricot vers l’extérieur du poquet, toujours à une profondeur de trois fois la hauteur de la graine. Faites-le en alternance: une graine de courge, une graine de haricot, une graine de courge… et ainsi de suite. Arrosez.

Par la suite, faites un entretien de base le reste de l’été, arrosant au besoin. Et récoltez les fruits de vos labeurs quand ils sont prêts. 


Le jardin des trois sœurs: une culture millénaire qui fonctionne toujours aussi bien au 21e siècle!

14 réflexions sur “Le jardin des trois sœurs: le jardinage à l’amérindienne

  1. gisele leblanc

    bonjour j aimerais vous remercier de vos bons conseils je suis novice j aimerais savoir j ai planté des germes de patate dans un grand pot ( 10 pouces ) début mai j ai beaucoup de feuillage j attends peut etre les fleurs un jour pour récolté est ce normal ??

    merci

  2. Marie

    Merci pour les informations! J’ai aussi entendu parler des 4 soeurs (avec tournesols). Est-ce vrai? Si oui, comment est-ce que le tournesol est intégré? Est-ce qu’il remplace du maïs?

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