De la graine à la plante: le miracle de la germination

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Ill.: MAKY.OREL, Wikimedia Commons

En février et mars, les jardiniers de tous âges commencent à fréquenter les jardineries en grand nombre. Et à fouiller dans les catalogues. Et à fréquenter les fêtes de semences. Non pas à la recherche de plants vivants de vivaces, de légumes et d’annuelles pour leur jardin (sous la plupart des climats, c’est encore beaucoup trop tôt), mais pour se procurer des semences. 

Ils savent que la culture des plantes à partir de graines est économique, facile et fascinante… mais combien d’entre eux se sont arrêtés pour se poser la question: «Par quel miracle une petite graine, dure, sèche et apparemment sans vie, peut-elle se transformer en une plante vivante?» 

Et c’est bien un miracle, l’un des miracles les plus impressionnants de toute la nature.

Entre deux générations

Les graines viennent dans une vaste gamme de tailles et de formes. Photo: godshealingplants.wordpress.com

La graine, en effet, est une forme intermédiaire entre la plante adulte et le semis. La plante la produit généralement à la fin de sa saison de croissance… dans bien des cas, juste avant de mourir! Elle peut être aussi minuscule qu’une poussière ou aussi grosse qu’une noix de coco, mais, dans tous les cas, elle contient un germe de vie qui permet à la plante de se renouveler… plus tard, souvent beaucoup plus tard, lorsque les conditions seront plus appropriées.

Les graines voyagent

La graine sert aussi de moyen de locomotion à la plante. 

En effet, une plante adulte est ancrée dans le sol et ne peut pas se déplacer à la recherche de meilleures conditions. Les graines, elles, sont beaucoup plus mobiles.

Certaines graines sont distribuées par le vent. Photo: Sharefaith, http://www.pexels.com

Certaines, très légères ou équipées de «parachutes», se laissent emporter par le vent.

D’autres, en raison de leur enveloppe charnue et juteuse, attirent les oiseaux et les animaux qui les transportent loin du plant mère… puis rejettent les graines une fois le fruit mangé. C’est ainsi que l’homme a introduit le pommier sauvage (Malus domestica), une plante originaire d’Asie centrale, à travers tout l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. 

Les graines des plantes aquatiques ou de rivage utilisent souvent les courants d’eau pour le transport, car elles ont appris à flotter. 

Certaines graines se collent sur les animaux — et les humain! — pour se déplacer. Photo: Sabine Hollmann, flickr.com

D’autres plantes encore (on n’a qu’à penser aux fruits de la bardane (Arctium lappa), appelés «toques» au Canada) s’accrochent aux animaux passant dans le coin ou à nos vêtements pour profiter d’un transport gratuit. 

Certaines plantes utilisent le mimétisme pour se mouvoir: par exemple, les graines d’une plante ressemblent tellement aux œufs de fourmis que ces dernières les transportent lors de leurs déplacements… et, par une heureuse «coïncidence», ces plantes ne peuvent germer que… dans une fourmilière! 

Capsule d’impatiens. Photo: reddit.com.

Il y a même des «plantes-canons» qui lancent leurs graines au loin de façon explosive. Vous n’avez qu’à toucher à une capsule mûre d’impatiens pour voir un bon exemple de ce moyen de transport surprenant.

Un long repos… et un réveil subit

Dans la Réserve mondiale de semences du Svalbard, les graines sont conservées à −18 °C et devraient pouvoir y survivre pendant au moins 1000 ans. Photo: Miksu, Wikimedia Commons

La plupart des graines peuvent vivre plusieurs années, si nécessaire, attendant les conditions qu’il leur faut pour commencer à pousser. On a même déjà retrouvé, dans la toundra de l’Alaska, des graines vieilles de 10 000 ans qui étaient encore viables… mais, pour la plupart des graines, une durée de trois à 10 ans est plus normale.

Lorsque toutes les conditions sont réunies — chaleur, humidité, lumière, air, etc. —, la graine se transforme rapidement et devient un jeune semis. Dans l’hémisphère Nord, c’est généralement au printemps que les graines germent, même si la plupart sont produites en fin d’été ou à l’automne. En fait, plusieurs plantes de climat tempéré, surtout les arbres, arbustes et vivace, ne peuvent germer que si elles passent par un hiver froid. Inutile donc de semer des graines de pommier ou d’érable dans une région tropicale… à moins de leur faire subir une période «de traitement au froid» au réfrigérateur auparavant!

Un contenant et un contenu

On peut voir la graine comme étant composée de deux éléments: un contenant composé d’une ou de plusieurs enveloppes, le plus souvent dures ou coriaces, et un contenu vivant.

Le but de l’enveloppe ou tegument est de protéger le plant embryonnaire contre le froid, la sécheresse, les conditions inacceptables, etc. L’enveloppe est souvent conçue de façon à être parfaitement imperméable aux éléments… jusqu’à ce que toutes les conditions nécessaires à la germination — la bonne température, une humidité suffisante, de la lumière, etc. — soient réunies et alors, elle permet enfin l’infiltration de l’eau et de l’air, ce qui stimule la croissance du germe qu’elle contient… et la germination débute.

Avant la germination, l’enveloppe ou tégument protège le plant embryonnaire. Ill.: societynatureo.blogspot

 Mais qu’y a-t-il à l’intérieur de la graine? Un germe, soit une plante embryonnaire composée déjà d’un début de tige, de racine et de pousse, et aussi des réserves d’énergie contenues dans des feuilles épaisses appelées cotylédons. Une partie de ces réserves servira à garder le germe en vie durant la période d’inactivité relative où la graine attend les bonnes conditions pour germer. Le gros des réserves, cependant, est consacré à la germination, cette poussée subite de croissance où le germe doit se frayer un chemin jusqu’à la lumière en un temps record. 

Et c’est seulement exposé à la lumière que le germe deviendra véritablement plante: sous les effets du soleil, la tige verdit, les cotylédons se déploient et verdissent à leur tour, de nouvelles feuilles se développent… et voilà la graine devenue semis. En effet, une fois les premières vraies feuilles apparues et l’enveloppe tombée, les cotylédons épuisent leurs dernières réserves d’énergie et disparaissent et le semis devient indépendant.

Ainsi, la prochaine fois que vous sèmerez des graines de tomate, de tournesol, de carotte, d’œillet d’Inde, etc., songez que vous participez, à votre façon, au miracle du renouvellement de la vie sur la terre.

5 réflexions sur “De la graine à la plante: le miracle de la germination

    • Willy

      Ce n’est pas parce que l’Homme ne domine pas un sujet qu’il y a forcément des dieux derrière.

      Merci de ne pas faire de prosélytisme sur un site n’ayant rien à voir avec l’obscurantisme.

      #jesuismila

      • Isa

        Disons alors que l’Énergie à l’origine de la Vie (ou Dieu, l’Un, le Créateur, peu importe le nom que vous lui donnez) est vraiment généreuse et magnifique.

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