Le miel comme hormone d’enracinement

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Peut-on utiliser du miel pour stimuler l’enracinement des boutures? Ill.: pluspng.com, blog.daleysfruit.com.au & http://www.churchofjesuschrist.org, montage: jardinierparesseux.com

Vous avez peut-être vu sur Internet la suggestion que le miel peut servir d’hormone d’enracinement pour les boutures.

Le concept est très simple: lorsque vous prélevez une tige à bouturer, plongez l’extrémité coupée dans du miel avant de l’insérer dans votre substrat de culture préféré, probablement du terreau ou de la vermiculite. Le miel stimulerait un enracinement plus rapide et plus efficace.

Personne ne prétend que le miel stimule réellement l’enracinement, par contre. Le concept est plutôt qu’il possèderait des propriétés antiseptiques et antifongiques et protégerait ainsi les jeunes boutures des agents pathogènes, permettant ainsi à leurs hormones d’enracinement naturelles d’agir afin de stimuler la production de racines.

Résultats variables

L’utilisation du miel dans l’enracinement a été testée et s’est avérée efficace dans une certaine mesure. Dans la plupart des études comparatives, les hormones d’enracinement commerciales donnent le meilleur taux de succès, mais chez certaines plantes, le miel donne de meilleurs résultats que l’utilisation d’aucune hormone du tout chez le groupe témoin. Et dans d’autres cas, toutes les boutures se sont très bien enracinées, aussi bien celles traitées avec des hormones d’enracinement, du miel et rien du tout. Autrement dit, les résultats sont très variables! 

Malgré cela, on peut en tirer la conclusion que le miel a un «certain effet positif» sur l’enracinement des boutures de certaines plantes.

Voici un exemple. Une étude sur le bouturage des plants de marijuana a montré que les hormones d’enracinement commerciales stimulaient la formation de racines en trois à cinq jours, le miel en sept à 14 jours alors que, sans traitement, cela prenait de neuf à 14 jours. Donc, du moins pour la marijuana, le miel donne des résultats positifs.

Mais qu’arrive-t-il aux bons champignons?

Ce qui m’inquiète dans l’utilisation du miel comme stimulateur d’enracinement est que je crains qu’il aide d’un côté, mais nuise de l’autre. En quelques mots, je veux savoir si le miel, avec ses propriétés antifongiques, nuit à la mycorhization des boutures.

Plante sans traitement aux mycorhizes (à gauche) et plante traitée aux mycorhizes (à droite). Photo: ucanr.edu

Après tout, dans le monde végétal, il n’y a pas que de mauvais champignons; certains sont bénéfiques aux plantes, même très bénéfiques. Les champignons mycorhiziens, notamment, aident à la croissance des plantes pendant tout leur cycle de vie, leur permettant de mieux se développer, d’absorber plus de minéraux et d’atteindre plus d’eau en période de sécheresse. Ils aident même à les protéger des champignons nuisibles! 

J’ajoute systématiquement des champignons mycorhiziens à toutes les boutures et semences que je fais (du moins, celles qui sont capables de former une symbiose avec les champignons mycorhiziens; certaines, comme les chénopodes et les crucifères, en sont incapables). Je ne veux pas utiliser un produit susceptible de nuire à cette relation vitale.

Personnellement, je n’ai pas l’intention d’utiliser du miel comme hormone d’enracinement tant que cet aspect ne sera pas tiré au clair.

Certains jardiniers biologiques refusent d’utiliser les hormones d’enracinement, mais d’autres les acceptent comme un mal nécessaire. Photo: http://www.lowes.com

J’utilise une hormone d’enracinement commerciale (une qui ne contient que de l’hormone IBA [acide indole-3-butyrique] et aucun fongicide synthétique) sur les boutures difficiles à enraciner, comme celles de la plupart des arbustes, arbres et conifères. Certains jardiniers biologiques évitent les hormones d’enracinement commerciales au motif que l’IBA présent dans ces produits commerciaux est d’origine synthétique, mais ne soyons pas plus catholiques que le pape. Une pincée d’hormone d’enracinement ne cause aucun dommage à l’environnement et favorise un bon enracinement des plantes difficiles à propager. L’utiliser est-il vraiment un crime à ce point?

À chacun de décider selon sa conscience, mais la mienne est claire à ce sujet. Il y a des cas où l’on peut être un jardinier biologique sans adhérer à 100% à tous les préceptes du domaine. Et l’utilisation d’hormones d’enracinement est peut-être un de ces cas!

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Une réflexion sur “Le miel comme hormone d’enracinement

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