Multiplication des végétaux Vivaces

La division programmée? Pas pour mes vivaces!

Beaucoup de livres de jardinage insistent sur l’importance de diviser vos vivaces selon un horaire spécifique. Pour chaque variété décrite, on recommande inévitablement une division tous les trois ans, tous les quatre ans ou tous les cinq ans. Il n’y a pas d’exceptions.

Je me suis toujours demandé la raison derrière cette obsession avec la division. Après tout, dans la nature, personne ne vient diviser ces plantes et elles réussissent à survivre quand même. Pourquoi alors serais-je obligé de la faire juste quand elles commencent à être belles? Car il faut environ trois ou quatre ans à la plupart des vivaces avant d’arriver au maximum de leur floraison.

Personnellement, je ne divise pas mes vivaces selon un horaire prédéterminé; je les divise au besoin. Si elles s’élargissent tellement qu’elles empiètent sur ses voisines, je les divise. Si leur floraison diminue et que je soupçonne que ce soit parce qu’elles sont devenues trop denses, je les divise. Si elles se vident au centre, je les divise. Si j’ai besoin d’autres plants pour une nouvelle plate-bande, je les divise. Mais tant qu’elles sont belles, productives, florifères et ne dérangent pas leurs voisines, je les laisse pousser à leur guise. Ainsi, je divise très rarement la vaste majorité de mes vivaces et d’ailleurs, la plupart n’ont jamais été divisées et plusieurs ont plus de 30 ans. 

Cas par cas

Pour moi, la division, c’est vraiment du cas par cas. La floraison de certaines astilbes et hémérocalles diminue après quatre ou cinq ans et alors, oui, une division s’impose. Mais d’autres sont encore magnifiques après 20 ans sans le moindre soin! Alors, je n’y touche pas!

Cet Hosta ‘June’ a presque 25 ans, n’a jamais été divisé et est de plus en plus beau tous les ans. Photo: laidbackgardener.blog

Diviser seulement au besoin est d’autant plus logique quand la plante est à croissance lente. Quand je tombe sur un livre qui me suggère de diviser mes hostas et mes pivoines tous les cinq ans (ne riez pas! la plupart y insistent!), je n’en reviens pas. Ces plantes croîssent à la vitesse d’un escargot anémique: il faut au moins dix ans avant qu’elles arrivent à leur meilleur… et même après dix ans, moins on les divise, plus elles sont belles. On voit de superbes hostas et pivoines qui ont 50 ans et plus: ils sont bien plus jolis que les maigrelets spécimens divisés tous les cinq ans.

(Je soupçonne les auteurs qui encouragent un entretien aussi excessif d’avoir un petit côté calviniste dans leur nature, de penser que seulement par le travail acharné peut-on gagner le ciel. Moi, je vis déjà le ciel sur la terre grâce à mes plates-bandes si fleuries qui ont si peu besoin de mon attention!)

Les exceptions

La gaillarde (Gaillardiagrandiflora) est une vivace de courte vie qu’il vaut la peine de diviser ou de bouturer tous les deux ou trois ans. Photo: sunlightgardens.com

Évidemment, il y a des exceptions à toute règle. Ainsi, il y a bien certaines vivaces qui sont «de courte vie». Même dans la nature, elles ne vivent pas longtemps, mais se maintiennent en se ressemant. C’est le cas des gaillardes, des lins vivaces et de plusieurs coréopsis que, logiquement, on devrait diviser tous les deux ou trois ans, sinon elles disparaissent sans crier gare. 

Mais il est beaucoup plus facile de prendre des boutures que de diviser la plante. Coupez une tige feuillue, enlevez tout bouton ou fleur et faites-la enraciner dans un terreau humide: c’est si facile et cela ne réduit pas la floraison de la plante mère comme le fait la division. Donc, je ne divise presque jamais ces plantes non plus.

L »ancolie (Aquilegia) ne vit pas longtemps, mais se maintient par semis spontanés. Photo: http://www.whiteflowerfarm.com

Et il y a d’autres vivaces de courte vie qu’il vaut mieux tout simplement laisser se ressemer, car elles détestent être divisées et se bouturent mal: lupins, ancolies, lychnis, mauves, etc.

Suggestion de jardinier paresseux: rendez-vous la vie plus facile et ne divisez les vivaces que si vous avez une bonne raison pour le faire!

N.D.L.R. Billet originalement publié le 11 mai 2015.

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

5 comments on “La division programmée? Pas pour mes vivaces!

  1. Marie-Paule

    Bon matin à vous,
    Je jardine depuis plus de 50 ans et c’est ainsi que je réfléchie.
    J’ai les pivoines de ma mère en place depuis 30 ans, elles sont magnifiques. Je prélève un bout de souche pour chacune de mes nièces qui veulent grand-maman dans leur Jardin.
    Chez-moi c’est vivre et laisser vivre.

  2. Marie-Ève

    J’ai planté une gaillarde le printemps dernier et cette année…aucun signe qu’elle renaisse! Elle aura eu une très courte vie!

  3. Claire Saint-Georges

    On sent dans cet article et vos conseils en général toute la valeur de l’expérience du jardinier qui en a vu d’autres. Comme disent les anglophones: « Why fix it if it ain’t broken? » qu’on pourrait traduire ici par : Pourquoi s’acharner à diviser si tout va bien au jardin…
    Une maxime à mettre en pratique en suivant votre exemple.

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