Mangez vos mauvaises herbes!

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Votre potager est envahi par le pourpier, votre pelouse est jaune de fleurs de pissenlit et l’herbe aux goutteux a avalé votre jardin d’ombre tout rond. Autrement dit, les mauvaises herbes dominent votre vie! Que pouvez-vous faire?

Eh bien, plutôt que d’essayer de les arracher ou de les empoisonner, pourquoi ne pas les manger? Beaucoup de mauvaises herbes sont parfaitement comestibles. Et si vous mangez vos mauvaises herbes, non seulement cela vous aidera à les contrôler, mais elles ne seront plus, par définition, des mauvaises herbes, mais des plantes utiles. Vous gagnez sur toute la ligne!

Voici quelques mauvaises herbes que vous pouvez mettre dans l’assiette:

Quand le chénopode blanc apparaît dans votre potager, mangez-le! Photo: tropical.theferns.info.

Chénopode blanc (Chenopodium album): Cette mauvaise herbe annuelle fort répandue, aussi appelée chou gras, poule grasse ou poulette grasse, a une longue histoire d’utilisation comme légume et peut se consommer crue ou cuite. Toute la plante se mange, des feuilles aux tiges, en passant par les graines et les fleurs.

Qu’elles soient vertes ou panachées (comme ici), les jeunes feuilles de l’herbe aux goutteux sont comestibles. Photo: http://www.baumschule-horstmann.de

Herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria): Cette plante vivace envahissante a des feuilles comestibles… qui d’ailleurs dégagent un bel arôme frais lors de la récolte. C’est un légume printanier: vous voudriez la récolter avant que la floraison débute, car les feuilles mûres ont un goût désagréable… et un effet laxatif pas toujours apprécié.

Portez des gants quand vous récoltez l’ortie. Photo: Michael Gasperl, Wikimedia Commons

Ortie (Utrica dioica): Certes, vous devez faire attention lorsque vous récoltez cette plante aux poils si irritants, mais la soupe à l’ortie est délicieuse et les jeunes feuilles constituent un excellent substitut pour les épinards, en particulier dans les soupes et les ragoûts. Les feuilles séchées peuvent être utilisées pour faire une tisane médicinale et il existe même une bière d’ortie! Le séchage ou la cuisson enlèveront l’effet irritant de la plante.

Toutes les parties du pissenlit sont comestibles. Photo: keyserver.lucidcentral.org

Pissenlit (Taraxacum officinale): À peu près tout est comestible sur cette plante utile. Les jeunes feuilles sont délicieuses dans les salades et les quiches, tandis que les plus matures ne seront pas aussi amères si vous les faites cuire à la vapeur. Les fleurs et les boutons floraux, doux et croquants, sont comestibles crus ou frits ou peuvent être utilisés pour faire du vin de pissenlit. Vous pouvez bouillir ou rôtir les racines et les manger comme légume racine ou encore les sécher et les faire rôtir pour faire un substitut de café.

Mauvaise herbe urbaine par excellence, le plantain peut pousser presque n’importe où, même dans les fissures d’un trottoir. Photo: http://www.naturespot.org.uk

Plantain  (Plantago major): Légume-feuille nutritif, le plantain est riche en calcium et en vitamines A, C et K. Les jeunes feuilles sont tendres et délicieuses. Les plus matures ont besoin d’un peu de cuisson et conviennent mieux alors aux soupes et aux ragoûts. C’est aussi une plante médicinale qu’on peut appliquer sur les plaies et les piqûres pour faciliter la guérison et prévenir l’infection. Le plantain est un peu l’aloès des climats tempérés!

Le pourpier ressemble à une mini plante jade. Photo: plants-animals-northeast-colorado.com

Pourpier (Portulaca oleracea): Il suffit de le rincer, le hacher et le manger! Les feuilles et les tiges peuvent être utilisées dans les salades, les sautés, les soupes, les ragoûts et bien d’autres recettes encore. Et il est bon pour la santé: le pourpier contient plus d’acides gras oméga-3 que tout autre légume à feuilles!

Les jeunes pousses de la renouée du Japon peuvent remplacer la rhubarbe. Photo: lovindublin.com

Renouée du Japon (Fallopia japonica, maintenant Reynoutia japonica): Certainement l’une des mauvaises herbes les plus envahissantes de la planète, cette vivace géante est quand même comestible. Dans certaines régions d’Asie, on l’appelle d’ailleurs la rhubarbe des pauvres et, en effet, elle a vraiment le même goût que la rhubarbe. On récolte les pousses printanières qui ressemblent alors à des turions d’asperge. On peut les manger crues, mais elles sont meilleures cuites avec du sucre: elles peuvent alors servir dans n’importe quelle recette qui demande de la rhubarbe. 

Le trèfle est courant dans les champs et les pelouses. Ses feuilles et fleurs sont comestibles. Photo: Hugo.arg, Wikimedia Commons

Trèfle blanc (Trifolium repens) et trèfle rouge (Trifolium pratense): Les deux espèces ont des feuilles et des fleurs comestibles. Ajoutez-les à presque n’importe quel plat ou utilisez les fleurs pour faire de la gelée. Vous avez probablement déjà mangé du trèfle indirectement, car le miel de trèfle, produit par les abeilles à partir de fleurs du trèfle, est largement disponible.

Et beaucoup d’autres

Voici quelques-unes des nombreuses mauvaises herbes qui sont comestibles. Vous en découvrez davantage sur leur utilisation culinaire* sur n’importe quel site Web consacré aux plantes sauvages comestibles.

  1. Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
  2. Aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria)
  3. Amarante (Amaranthus spp.)
  4. Aralie chassepareille (Aralia nudicaulis)
  5. Armoise commune (Artemisia vulgaris)
  6. Asclépiade de Syrie (Asclepias syriaca)
  7. Aster de la Nouvelle-Angleterre (Symphyotrichum novae-angliae)
  8. Bardane (Arctium spp.)
  9. Bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris)
  10. Brunelle commune (Prunella vulgaris)
  11. Bugle rampante (Ajuga reptans)
  12. Camomille sauvage ou camomille allemande (Matricaria recutita)
  13. Campanule fausse raiponce (Campanula rapunculoides)
  14. Cardère (Dipsacus spp.)
  15. Carotte sauvage (Daucus carota)
  16. Cataire ou herbe aux chats (Nepeta cataria)
  17. Centaurée noire (Centaurea nigra)
  18. Chardon vulgaire (Cirsium vulgare)
  19. Chénopode (Chenopodium spp.)
  20. Chicorée (Cichorium intybus)
  21. Claytonia perfolié (Claytonia perfoliata)
  22. Cresson des vignes (Cardamine hirsuta)
  23. Dentaire à deux feuilles (Dentaria diphylla)
  24. Éphémère de Virginie (Tradescantia virginiana)
  25. Épilobe à feuilles étroites (Chamerion angustifolium)
  26. Eupatoire pourpre (Eupatorium purpureum, maintenant Eutrochium purpureum)
  27. Euphraise officinale (Euphrasia officinalis)
  28. Fougère à l’autruche (Matteuccia struthiopteris)
  29. Gaillet gratteron (Galium aparine)
  30. Géranium herbe à Robert (Geranium robertianum)
  31. Grande aulnée (Inula helenium)
  32. Herbe à l’ail (Alliaria petiolata)
  33. Herbe de Sainte-Barbe (Barbarea vulgaris)
  34. Hydrophylle de Virginie (Hydrophyllum virginianum)
  35. Immortelle vivace (Anaphalis margaritacea)
  36. Julienne des dames (Hesperis matronalis)
  37. Kudzu (Pueraria lobata)
  38. Laiteron (Sonchus spp.)
  39. Lamier amplexicaule (Lamium amplexicaule)
  40. Lamier maculé (Lamium maculatum)
  41. Lamier pourpre (Lamium purpureum)
  42. Lépidie densiflore (Lepidium densiflorum)
  43. Lierre terrestre (Glechoma hederacea)
  44. Linaire vulgaire (Linaria vulgaris)
  45. Luzerne (Medicago sativa)
  46. Marguerite commune (Leucanthemum vulgare)
  47. Marrube blanc (Marrubium vulgare)
  48. Matricaire odorante (Matricaria discoidea)
  49. Mauve (Malva spp.)
  50. Mélilot blanc (Melilotus albus)
  51. Millepertuis commun (Hypericum perforatum)
  52. Molène (Verbascum thapsus)
  53. Monarde fistuleuse (Monarda fistulosa)
  54. Mouron des champs (Anagallis arvensis)
  55. Myosotis ou ne m’oubliez pas (Myosotis spp.)
  56. Onagre bisannuelle (Oenothera biennis)
  57. Oseille crépue (Rumex crispus)
  58. Oxalide dressée (Oxalis stricta)
  59. Pensée sauvage (Viola tricolor)
  60. Petite oseille (Rumex acetosella)
  61. Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)
  62. Plantain maritime (Plantago maritima)
  63. Podophylle pelté (Podophylllum peltatum)
  64. Potentille ansérine (Potentilla anserina)
  65. Prêle des champs (Equisetum arvense)
  66. Quenouille (Typha latifolia)
  67. Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
  68. Renouée persicaire (Persicaria maculosa, syn. Polygonum persicaria)
  69. Salsifis des prés (Tragopogon pratensis)
  70. Stellaire moyenne (Stellaria media)
  71. Tabouret des champs (Thlaspi arvense)
  72. Trèfle couché (Trifolium campestre)
  73. Tussilage (Tussilago fafara)
  74. Valériane (Valeriana officinalis)
  75. Verge d’or (Solidago spp.)
  76. Vergerette annuelle (Erigeron annuus)
  77. Vergette du Canada (Erigeron canadensis)
  78. Verveine hasté (Verbena hastata)
  79. Vigne sauvage (Vitis riparia et autres)
  80. Violette (Viola spp.)

* Ne consommez aucune plante sauvage à moins que 1) vous puissiez l’identifier correctement et 2) vous avez vérifié auprès d’une source fiable son utilisation en cuisine. Après tout, certaines mauvaises herbes sont toxiques en tout temps ou à certaines périodes de l’année et beaucoup d’autres, même si elles ne sont pas toxiques, ne sont tout simplement pas comestibles.

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9 réflexions sur “Mangez vos mauvaises herbes!

  1. Lucie Provencher

    Chez moi, c’est l’épervière piloselle (enfin selon mes recherches je crois) qui envahit ma pelouse, je l’ai constaté quand j’ai acheté il y a 7 ans. Impossible d’en venir à bout. Pouvez-vous m’en dire plus sur cette plante? J’ai fini par me dire que c’est un excellent couvre-sol … 🙂 Merci!

    • Je la trouve magnifique en pelouse! Comme sa croissance est basse, pas besoin de tondre non plus… du moins, quand elle domine complètement le secteur. Ou peut-être seulement après la floraison, pour faucher les tiges florales. Elle est allélopathique et tend alors à éliminer les plantes voisines en les empoisonnant. (Pas un poison toxique aux animaux.) Le feuillage résiste assez bien au piétinement aussi. Si ce n’était pas pour le fait qu’elle d’envahir les pelouses des voisins (qui ne seront sûrement pas très heureux), elle ferait un excellent couvre-sol. Il y a ce site qui en parle un petit peu: https://www.plantdelights.com/collections/pilosella#more_info

      • Provencher, Lucie

        Bien alors, je vais l’aimer plus, surtout que mon objectif est de tondre moins, c’est à croire que quelqu’un avant moi l’a planté volontairement. Merci beaucoup pour le lien, je vais le lire avec beaucoup d’intérêt! Très apprécié M. Hodson!

  2. Le chénopode blanc, chez-moi on parle de poulette grasse et on la fait cuire dans une soupe à l’orge. C’est succulent! Il y a quelques années, je vivais à MTL et mes voisins angoissaient beaucoup de me voir cueillir mes « mauvaises herbes » pour en faire de la soupe. Ils n’ont jamais voulu y goûter… 😉

  3. Mon terrain a été traité aux herbicides dans le passé. Ça fait trois ans que ce n’est plus le cas. Est-ce qu’il y a des risques que les pissenlits et autres herbes qui y poussent maintenant soient contaminées? Ou on peut les consommer sans problème?

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