10 mythes sur les hostas

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Que savez-vous vraiment sur les hostas? Photo: http://www.grassrootsdesign.ca

Le hosta est l’une des plantes vivaces les plus cultivées dans les climats tempérés, mais cela ne signifie pas que toutes les informations qui circulent à son sujet sont exactes. Il existe quelques mythes sur les hostas qui se répètent sans fin. En voici 10:

Mythe 1: Les hostas aiment l’ombre.

Réalité: En fait, de nombreux hostas peuvent tolérer l’ombre, mais cela ne veut pas dire qu’ils l’aiment. C’est plus comme s’ils supportaient cet état puisqu’ils n’ont pas d’autre choix (si vous les avez plantés à l’ombre, ils n’ont pas la capacité de se déplacer à un endroit mieux éclairé par leurs propres moyens).

Dans la nature, au Japon et en Chine, pays d’origine des hostas, la plupart reçoivent au moins quelques heures de soleil quotidiennement et bon nombre poussent même au plein soleil. Il est vrai que, dans les climats où les étés sont chauds, leurs feuilles peuvent brûler l’été si elles sont constamment exposées au soleil mais, dans les climats plus froids (comme où je vis, à Québec), les hostas se portent parfaitement bien dans un endroit ensoleillé, surtout s’ils sont adéquatement arrosés.

En général, les hostas ont un feuillage plus dense et une meilleure coloration quand ils reçoivent au moins quelques heures de soleil matinal (plus frais que le soleil de l’après-midi) chaque jour. Les hostas jaunes, en particulier, ont des couleurs plus vives dans des endroits assez ensoleillés.

Les hostas bleus sont peut-être ceux qui semblent se comporter le mieux à l’ombre, car la pruine blanche cireuse qui les colore a tendance à s’estomper plus rapidement au soleil.

Dans le fond, c’est l’ombre partielle qui est préférable pour la plupart des hostas, mais si vous souhaitez les faire pousser à l’ombre profonde, ils peuvent au moins y survivre. Ne vous attendez pas à ce qu’ils y grandissent très vite cependant!

Mythe 2 : Les hostas sont adaptés à l’ombre sèche.

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Les hostas doivent se battre pour leur survie quand vous les plantez dans un sol envahi par les racines des arbres. Ill.: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Réalité: L’ombre sèche est cet environnement que l’on trouve au pied des arbres aux racines peu profondes, notamment dans un milieu boisé, où les racines des plantes ligneuses absorbent la plus grande partie de l’humidité, laissant le sol constamment sec. Et c’est un environnement hostile à la plupart des végétaux, y compris aux hostas.

En fait, les hostas préfèrent les sols humides et réussissent donc mieux dans des sols qui sont toujours au moins un peu humides. Par contre, ils peuvent tolérer la sécheresse s’il le faut. Cela ne veut pas dire qu’ils aiment ça. S’ils sont constamment stressés par un manque d’eau, leur croissance sera lente, voire inexistante. Mieux vaut garder au moins les jeunes hostas modérément humides jusqu’à ce qu’ils approchent de leur taille maximale.

Le paillage peut aider à maintenir les hostas dans un état d’humidité raisonnable, mais d’occasionnels arrosages en profondeur peuvent être nécessaires sous certains climats ou en période de sécheresse.

Mythe 3: Les hostas doivent être divisés tous les 3 à 5 ans.

Réalité: Les hostas ont rarement besoin de division. Ils grandissent mieux si on leur permet de prendre leur pleine forme naturelle. Et cela peut prendre des années, en particulier dans le cas de très grands hostas, comme ‘Sagae’ et ‘Sum and Substance’.

Il n’y a rien de mal à diviser les hostas, mais sachez que cela retarde leur développement, voilà tout. Du point de vue de la plante, la meilleure fréquence pour la diviser est donc… jamais!

(J’ai toujours pensé que ce mythe avait été conçu par des jardiniers jaloux qui souhaitaient obtenir de petites divisions de nos plantes.)

Mythe 4: Tous les hostas sont endommagés par les limaces.

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Dégâts des limaces? En fait, ces trous ont été causés par la grêle. Photo: Kyle Danielag, purdue.edu

Réalité: Il est vrai que certains hostas peuvent être gravement endommagés par les limaces, qui percent des trous dans leur feuillage, en particulier les hostas bas de gamme et bon marché tels que les cultivars ‘Undulata Albomarginata’, ‘Undulata Mediovariegata’ et ‘Undulata Univittata’, mais d’autres ne souffrent presque jamais de dégâts causés par les limaces.

Les hostas bleus (la pruine cireuse qui couvre leurs feuilles semble dissuader les limaces) et ceux à feuilles épaisses sont particulièrement résistants.

De nombreux producteurs de hostas indiquent clairement dans leur catalogue les cultivars qui sont résistants aux limaces: pourquoi ne pas choisir ces variétés et vous épargner tout l’effort de contrôler les limaces? D’ailleurs, j’ai publié une liste de plus de 100 hostas résistants aux limaces: Toute une liste de hostas résistants aux limaces.

Notez aussi que les trous faits dans les feuilles de hostas ne sont pas toujours dus aux limaces: la grêle, les branches tombées, les vers-gris, les lapins et le passage des pieds peuvent également endommager les feuilles. Il ne faut donc pas toujours blâmer les limaces pour les dégâts.

Mythe 5: Vous devez enlever les fleurs des hostas pour maintenir la santé de vos plantes.

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Certains hostas, comme le hosta plantain (Hosta plantaginea), ont des fleurs si spectaculaires que vous ne voudrez pas les supprimer! Source: jardinierparesseux.com

Réalité: Ce mythe repose sur la croyance que si l’on permet à un hosta de produire des fleurs (et les semences qui en découlent), cela minera sa croissance future. Cependant, que vous retiriez ou non les fleurs d’un hosta ne fait essentiellement aucune différence.

Comme beaucoup de plantes très pérennes, les hostas ne consacrent qu’une petite quantité d’énergie à la floraison et à la production de semences. Vous ne verrez probablement aucune différence dans leur croissance si vous laissez les fleurs en place.

Ce mythe est probablement dû au fait que les hostas sont généralement cultivés pour leur feuillage et que leurs fleurs n’ont qu’un intérêt secondaire ou peuvent, dans certains cas, nuire à l’effet général de la plante. Alors, beaucoup de jardiniers les enlèvent pour des raisons esthétiques, puis cherchent à se justifier sous prétexte que l’action est bonne pour leurs plantes.

Par contre, oui, vous pouvez supprimer les fleurs de hosta : c’est loin d’être un crime, mais il y a d’autres éléments à considérer.

D’abord, si on les laisse intactes, les fleurs de hosta nourrissent les abeilles, plusieurs autres insectes et même les colibris.

Aussi, il existe des hostas dont la floraison est vraiment remarquable, que ce soit par son apparence ou son parfum… ou les deux. Pourquoi se donner la peine de planter des hostas aux fleurs éblouissantes et parfumées comme le hosta plantain (Hosta plantaginea) ou H. ‘Fragrant Bouquet’ si vous avez l’intention de les couper?

Mythe 6: Il ne faut pas acheter de hostas issus de la culture in vitro, car ils ne seront pas fidèles au type.

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La plupart des hostas sont produits à partir de la culture in vitro. Photo: statebystategardening.com

Réalité: De nos jours, presque tous les hostas présents sur le marché sont issus de la culture in vitro (micropropagation). D’ailleurs, vous aurez du mal à trouver autre chose, même si vous vous adressez à un pépiniériste spécialisé.

Le concept derrière la culture in vitro est que le producteur prélève quelques cellules d’un cultivar intéressant de hosta, puis fait multiplier ces cellules en laboratoire, dans des éprouvettes, ce qui permet d’obtenir des milliers de plantes identiques, voire des centaines de milliers. Par la suite, il fait grandir et enraciner les plantules, puis les cultive selon des méthodes plus traditionnelles jusqu’à ce qu’ils arrivent à une taille vendable. C’est cela qui fait que les nouvelles variétés de hostas arrivent rapidement sur le marché à un prix abordable, plutôt que 20 ans plus tard à des prix que peu de gens peuvent se permettre de payer.

Bien sûr, il y a eu quelques ratés aux balbutiements de la culture in vitro, donnant un certain nombre de plantes qui n’étaient pas fidèles au type et une mauvaise réputation à la technique, mais la situation s’est maintenant grandement améliorée et certains laboratoires profitent même d’une excellente réputation pour la fiabilité de leurs plants.

Il faut comprendre que des mutations et des réversions (les cultivars de hosta qui reviennent à une forme ancestrale) sont possibles lors de n’importe quel type de multiplication. Tout comme, en tant que jardinier, vous supprimerez toute partie d’un hosta de votre jardin qui ne correspond pas à la forme voulue, des laboratoires de qualité supérieure examinent et éliminent avec soin toutes les plantules qui ne sont pas fidèles au type.

Tant que vous achetez vos hostas d’un pépiniériste réputé, vous n’aurez pas à vous soucier de la méthode de multiplication utilisée pour les produire!

Mythe 7: Les hostas colorés vireront au vert si vous les fertilisez.

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Hosta ‘Guardian Angel’ qui commence à verdir à mesure que l’été avance. Photo: http://www.nhhostasdatabase.com

Réalité: Oui, certains hostas deviennent de plus en plus verts au fur et à mesure que l’été avance, mais ce n’est pas à cause de l’engrais.

De nombreux hostas sont «viridescents»: leur panachure peut être blanche ou jaune au début, mais elle deviendra lentement verte au fur et à mesure que l’été avancera. Hosta ‘Undulata Mediopicta’, qui porte une macule blanche au centre de chaque feuille au printemps, devient souvent entièrement vert à la fin de l’été, puis reprend sa coloration panachée au printemps suivant. Parmi les autres hostas panachés réputés pour leur viridescence, mais dans une moindre mesure qu’H. ‘Undulata Mediopicta’, il y a ‘Allegan Fog’, ‘Dancing Stars’, ‘Guardian Angel’, ‘Midnight at the Oasis’, ‘Whirlwind’, ‘White Christmas’, ‘White Elephant’ et ‘Zebra Stripes’. Il est normal que ces variétés verdissent l’été.

Il y a aussi le cas des hostas à feuilles bleues. La pruine cireuse qui leur donne leur coloration bleue a également tendance à s’estomper au cours de l’été, les rendant de plus en plus verts. Cet effet de verdissement est plus visible sur les plantes cultivées au soleil, mais quand même présent sur les hostas placés à l’ombre.

Vous remarquerez que ces verdissements sont dus à la génétique de la plante, non pas à l’engrais. Alors, n’hésitez pas à fertiliser vos hostas, surtout si vous faites partie de ces jardiniers fanatiques qui suppriment systématiquement les feuilles des hostas à l’automne (les feuilles de hosta laissées sur place se décomposeront et couvriront l’essentiel des besoins de la plante pour la saison). Faites-le avec modération, jamais à plus de la moitié du taux recommandé sur l’étiquette, car les hostas sont à croissance lente et préfèrent recevoir leurs minéraux en petites quantités.

Vous pouvez d’ailleurs utiliser l’engrais de votre choix: les hostas ne s’intéressent guère à la formulation que vous prenez!

Mythe 8: Les hostas sont libres de maladies.

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Les marbrures sur ce H.‘Ginko Craig’ sont un symptôme du virus X du hosta. Photo: hostalibrary.org

En fait, c’était le cas auparavant, mais au cours des dernières décennies, un virus, appelé virus X du hosta (HVX), a commencé à faire son apparition parmi les hostas. De plus, il existerait quelques autres virus présumés qui commenceraient peu à peu à envahir cette vivace populaire.

Les principaux symptômes du HVX sont des feuilles marbrées de façon anormale, un effet qui revient souvent en s’accentuant année après année, des feuilles un peu tordues et parfois des taches brunes.

Il n’y a pas de remède pour les virus des plantes, du moins, pas en ce qui concerne le jardinier amateur. Vous feriez mieux de détruire la plante et tous les hostas immédiatement voisins (la maladie peut y être présente, mais prendre quelques années pour se manifester et il faut alors considérer suspectes des plantes apparemment en bonne santé qui poussent à proximité).

Notez que la plupart des jardiniers qui ne cultivent que deux ou trois variétés de hostas ne rencontrent jamais le virus X du hosta. Ce sont plutôt les collectionneurs de hostas, qui ont des dizaines de variétés, qui doivent rester vigilants.

Mythe 9: Le meilleur moment pour diviser les hostas est au printemps.

Réalité: En fait, vous pouvez diviser les hostas à tout moment, du moins, tant que le sol n’est pas gelé. Oui, même en plein été!

Cependant, du point de vue de la plante, le meilleur moment est l’automne, 4 à 6 semaines avant le premier gel. C’est à ce moment que la plante a stocké un maximum d’énergie dans ses rhizomes, ce qui permet aux nouvelles divisions de démarrer vigoureusement quand vous les plantez.

Mythe 10: Les hostas sont des plantes strictement ornementales.

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Urui comme on le voit dans les supermarchés japonais. Photo: Specialty Produce

En réalité, les hostas sont comestibles et sont cultivés comme légumes au Japon. Les pousses de printemps, appelées urui, sont même vendues dans les supermarchés. Les fleurs aussi sont comestibles.

Sachez toutefois que les hostas contiennent des saponines qui sont légèrement toxiques pour de nombreux animaux domestiques, comme les chiens, les chats et les chevaux, et qui sont encore plus toxiques pour les poissons.

Pour en savoir davantage sur les hostas comestibles, lisez Mangez vos hostas.

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12 réflexions sur “10 mythes sur les hostas

  1. Marthe

    Bonjour
    Je suis une amoureuse des hostas
    J’ai une magnifique sun and substances qui jusqu’à la moitié de l’été est resplendissante après ses feuilles jaunissent avec un portour bruns on diraient qu’ elle est brûlée par le soleil, au début quand elle était petite elle était mi-ombre maintenant une grande partie est au soleil ,je ne sais pas si je dois la déplacer, elle est énorme et est une des vedette de mon jardin
    Merci

  2. Fernande Pelland

    Merci pour cet article fort intéressant.
    J’ai un hosta qui serait atteint, selon des membres de ma société d’horticulture, du virus que vous mentionnez. Il est pourtant magnifique, de bonne taille et il est le seul hosta dans ce coin de mon terrain. Évidemment, il ne ressemble pas à un « Sum adns substance » (ce que dit l’étiquette), mais je l’aime bien malgré tout. Va-t-il mourir ou continuer à pousser ainsi? Il a 6 ou 7 ans au moins.
    Merci.

  3. Duhamel

    Bonjour,
    j’ai commencé les hostas avec Drinking Gourd qui n’a pas résisté au gastéropodes et a abandonné la partie au bout de quelques années. J’ai une prédilection pour les cultivars bleus, je ne me souviens plus des noms (sauf Neptune), mais aucun ne résiste, je suis donc obligé de mettre des granulés anti-limace régulièrement, sous peine de ne conserver que les nervures, et encore, ce qui n’est pas très « paresseux » je vous l’accorde…

  4. Tomate urbaine

    Bonjour. J’ai des hostas Victory plantés au pied d’un énorme érable. À l’automne, j’ai laissé les longues tiges avec les fleurs en place. Devrais-je les enlever avant l’été? L’été, les tiges ont tendance à piquer du nez. En fait, elles se couchent presque sur le sol. Est-ce qu’elles cherchent le soleil? Est-ce qu’elles manquent d’eau? Je leur donne pourtant régulièrement un bon arrosage en profondeur. En bonne paresseuse, je n’ai pas coupé non plus les tiges de mes Cimifuga ramosa Artropurpurea à l’automne. Devrais-je le faire au printemps? Merci de vos précieux conseils et bonne journée.

    • Si les tiges vous dérangent, vous pouvez les enlevez. Elles ne dérangent nullement la plante ni sa reprise au printemps. Personnellement, je les laisse et elles disparaissent toutes seules.

      ‘Victory’ a des tiges exceptionnellement hautes. Si elles plient pendant la floraison, il est possible que ce soit parce que la plante manque un peu de lumière, mais comme on cultive les hostas surtout pour leur feuillage, si le feuillage est beau, est-ce vraiment un problème?

      Quant aux cimicifugas, encore, vous enlevez les tiges si vous voulez, voilà tout.

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