Résolutions de jardinier paresseux

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Pour la nouvelle année, passez de jardinier forcené à jardinier paresseux. Source: Claire Tourigny, tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

En cette veille du Nouvel An, quoi de mieux que de vous proposer des résolutions à prendre pour réduire vos efforts en jardinage? Après tout, avoir un terrain encore plus beau qui n’exige que le quart de l’entretien n’est-il pas un but intéressant à viser? Voici donc 10 résolutions qui vous seront utiles :

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Si votre sol est humide, n’y plantez pas de cactus! Source: Sayed Abdo, pngtree.com & jardinierparesseux.com

  1. Je ne planterai que des végétaux adaptés à mes conditions. Si votre jardin est ombragé, ne plantez que des végétaux adaptés à l’ombre. Si le sol y est toujours sec, cultivez-y des variétés adaptées à la sécheresse. Si vous savez que votre sol est très acide, limitez-vous aux plantes qui tolèrent un sol acide. Dans les régions aux hivers froids, prenez en considération la zone de rusticité et ne plantez que les plantes de votre zone ou des zones moindres (exemple, si vous vivez en zone 5, ne cultivez que des plantes des zones 1 à 5). Beaucoup de ces renseignements sont indiqués très clairement sur l’étiquette de la plante en pépinière. Il est toujours sage de bien la lire avant d’acheter.
  2. Je laisserai les rognures de gazon sur le gazon. Quel effort inutile que de ramasser le gazon tondu quand on sait que, si on le laisse sur place, il disparaît tout seul, en nourrissant le gazon de surcroît! On appelle cette technique l’herbicyclage. Votre municipalité vous aimera davantage, d’ailleurs, car elle fait sans doute campagne depuis des années pour vous encourager à le faire. Imaginez les coûts monétaires et environnementaux du ramassage et de l’enfouissement ou du brûlage de ce «déchet qui n’en est pas un».
  3. J’enlèverai les plantes qui sont toujours malades. Certains végétaux sont attaqués par des bestioles ou investis de maladies tous les ans, vous forçant à appliquer des traitements pesticides, souvent au risque de votre propre santé (il y a toujours un risque à appliquer un pesticide, même biologique). Arrachez ces plantes (les hostas mangés par les limaces, les lis dévorés par les criocères, les phlox attaqués par le blanc, les pommiers atteints de tavelure) et remplacez-les par des végétaux qui n’ont pas d’ennemis majeurs. Et, croyez-le ou non, il existe des hostas qui ne sont pas mangés par les limaces, des phlox qui ne sont pas attaqués par le blanc et des pommiers qui ne sont pas atteints de tavelure. Quant aux lis, la nouvelle est moins bonne : ils sont tous sujets aux criocères. Remplacez-les par des hémérocalles, qui ont des fleurs semblables, mais pas de problèmes de santé majeurs.

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    Laissez les plantes prendre leur forme naturelle. Source: clipartlibrary.com

  4. Je ne taillerai plus pour des raisons strictement esthétiques. Supprimer les fleurs d’un lilas ou tailler un arbuste en boule, en carré ou en spirale, voilà de bonnes façons de gaspiller de l’énergie pour rien. Supprimer les fleurs d’un lilas ne vous donne absolument rien (malgré une croyance tenace qui dit le contraire, cela n’augmentera pas le nombre de fleurs l’année suivante). Et la majorité des arbustes prennent une belle forme tout naturellement : pourquoi les forcer à en prendre une autre?
  5. Je vérifierai les dimensions futures d’une plante avant de la planter. La majorité de la taille faite sur les terrains (une tâche bien ingrate dont on pourrait facilement se passer) consiste à réduire la taille des arbustes et des arbres qui deviennent trop gros pour l’espace disponible. Et aussitôt la taille terminée, ils repoussent avec encore plus de vigueur, vous obligeant à les tailler de nouveau. Il est plus facile de vérifier, avant d’acheter une plante ligneuse quelconque (arbre, arbuste ou conifère), quelles sont ses dimensions éventuelles… et d’en choisir une qui convienne à l’espace disponible.

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    La protection hivernale devient inutile si on choisit des plantes bien adaptées au climat. Source: paysagesrodier.com

  6. Je n’emballerai plus les végétaux de protection hivernale. Vous découvrirez que la plupart des plantes n’ont nullement besoin de protection, qu’elles poussent et fleurissent parfaitement sans qu’on s’en occupe le moindrement à l’automne. Quant aux végétaux qui crèvent ou qui se comportent mal sans protection, remplacez-les par des végétaux qui n’ont pas besoin de cet effort. Imaginez la différence d’entretien que cela donnera!
  7. Je ne planterai plus de végétaux envahissants. Herbe aux goutteux, renouée du Japon, lysimaques de toutes sortes… il y a beaucoup de végétaux qui poussent rapidement, tellement qu’ils prennent votre terrain d’assaut et deviennent des mauvaises herbes. Ne les plantez pas… et si vous en avez sur votre terrain, éliminez-les. (Suggestion : toute plante exige de la lumière pour survivre, donc si vous couvrez une plante hors de contrôle d’une toile noire, elle finira par mourir sans même que vous ayez à l’arracher).

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    Le ménage d’automne est essentiellement inutile. Pourquoi continuer de le faire? Source: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

  8. Je ne ferai plus de ménage à l’automne. Couper les tiges et les feuilles des plantes à l’automne nécessite beaucoup d’efforts et donne de mauvais résultats. D’abord, ces soi-disant déchets que sont les tiges et les feuilles de vos plantes sont en fait leur protection naturelle contre le froid. En les éliminant, vous risquez de perdre vos plantes. Mais aussi, la plupart de ces déchets se décomposent tout seuls au cours de l’hiver et du printemps. Quand la neige fondra, vous découvrirez qu’il n’y aura presque pas de ménage à faire. Quelle économie de temps!
  9. J’éviterai le plus possible les monocultures. Planter en masse des spécimens de la même plante, que ce soit un gazon uniquement composé de pâturin des prés, d’un rang complet de pommes de terre dans le potager ou d’un massif de la même vivace, est une invitation ouverte aux insectes et aux maladies, ce qui vous force à faire des traitements souvent coûteux ou, du moins, qui demandent beaucoup de votre temps. De plus, cela épuise le sol, vous obligeant à rajouter de l’engrais. Plantez plutôt en mélangeant les végétaux : une plate-bande mixte, par exemple, ou un potager en carré en mélangeant les végétaux plutôt qu’un potager traditionnel en rangs, réduira facilement des deux tiers les traitements nécessaires, car il y aura peu ou pas de problèmes d’insectes ou de maladies et presque plus besoin d’engrais. Quant au gazon… il n’y a pas de loi qui dise qu’il doive être composé uniquement d’une seule variété de graminée. Juste le fait d’y ajouter du trèfle éliminera aussitôt presque tous les problèmes d’insectes, par exemple. Et si d’autres végétaux s’insèrent dans le gazon, laissez-les y pousser. Plus le gazon est varié, moins il nécessitera d’entretien.
  10. Je lirai assidument les blogues du jardinier paresseux dans la nouvelle année. Quoi de mieux pour vous tenir informé sur les meilleurs moyens de «jardiner en toute paresse»! Et il y en a un par jour, assez pour vous donner un petit peu de lecture quotidienne!
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17 réflexions sur “Résolutions de jardinier paresseux

  1. Carole Marcotte

    Merci pour tous ces conseils! Vous êtes mon mentor depuis longtemps! Je vous souhaite une superbe belle année 2019 et longue vie à vos chroniques!

  2. Nathalie Gagnon

    Merci de nous accompagner dans notre jardinage grâce à vos judicieux conseils! Je vous souhaite une année 2019 remplie de toutes ces choses qui rendent la vie belle! Santé et bonheur à profusion!

  3. Hélène Bernier

    Il y a peut-être un jardinier paresseux mais certainement pas un écrivain paresseux qui continue ses chroniques même durant le temps des Fêtes… Je continuerai à vous lire car, même si j’aime bien la nature, je suis une jardinière paresseuse qui aimé beaucoup vos conseils car ils me permettent de lire tout en étant entourée de verdure. Merci et bonne année.
    N.B.: Je ne savais pas pour Les Lilas. Je me sentais coupable de ne pas le faire… Vous venez de m’enlever une culpabilité de plus.

  4. Lise Ranger

    Bonne et Heureuse Année, cher Jardinier Paresseux! Je ! Merci pour toutes vos chroniques instructives et ludiques à la fois. Je vous souhaite de la santé et de multiples petits bonheurs!

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