Qui est arrivé en premier, la fleur ou le papillon?

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Papillon, sa trompe couverte de pollen plongée dans une fleur. Source: Khew SK, the-butterfly675.blogspot.ca

Les biologistes ont longtemps présumé que les papillons à trompe comme ceux que nous connaissons d’aujourd’hui (ceux du clade Glossata) ont évolué en se nourrissant du nectar des fleurs. Ainsi, les fleurs auraient évolué d’abord et que les papillons ont développé leur proboscis siphonnant (trompe) pour mieux profiter de leur abondance de nectar.

Cependant, des échantillons de roches remontant à environ 200 millions d’années qui ont été collectés en 2012 dans le nord de l’Allemagne par les paléontologues Paul K. Strother du Boston College et Bas van de Schootbrugge et Timo JB van Eldijk de l’Université d’Utrecht ont révélé des fossiles de minuscules écailles creuses qui ressemblaient beaucoup aux écailles des ailes de papillons modernes.

Ils ont demandé l’avis de Torsten Wappler, un spécialiste en insectes anciens de l’Université de Bonn, et il a confirmé leurs soupçons. Ces écailles datant d’il y a 200 millions d’années appartenaient en effet à des papillons à trompe (les papillons les plus primitifs, ceux qui avaient encore des pièces buccales servant à mâcher, avaient des écailles solides). Pourtant, c’était 70 millions d’années avant l’apparition des premières fleurs pollinisables par les insectes.

Donc, quelque chose clochait avec la théorie. Il semblerait que la trompe de papillon a évolué avant l’arrivée des premières plantes à fleurs.

La nouvelle théorie

Cela a conduit à une nouvelle théorie qui dit le suivant: que les papillons ont développé leur trompe pour se nourrir d’autre chose, puis, lorsque les plantes à fleurs sont arrivées sur la scène, ont pu s’y adapter rapidement. Mais de quoi se nourrissaient ces premiers papillons modernes?

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Gouttes de pollinisation sur une fleur femelle de conifère. Source: Cary Pirone, http://www.arboretum.harvard.edu

Les chercheurs suggèrent les gouttes de pollinisation.

Ces gouttes collantes sont sécrétées par les fleurs femelles des gymnospermes (conifères) et servent à fixer le pollen transporté par le vent à partir des fleurs mâles. Ne serait-il pas probable que les papillons aient d’abord développé un proboscis afin d’aspirer les gouttes de pollinisation sucrées et le pollen qui leur est associé, une source de nourriture très intéressante, avant de passer à la récompense de nectar encore plus abondante des fleurs d’angiospermes quand elles ont évolué 70 millions d’années plus tard? Aussi, cela veut dire qu’il y avait déjà sur place des insectes capables de faire de la pollinisation avant l’évolution des fleurs d’angiosperme, ce qui aurait grandement facilité leur développement.

Bien sûr, cela n’est qu’une théorie, mais néanmoins une théorie intrigante. Ce qui est désormais clair, cependant, c’est que le papillon est arrivé longtemps avant la première fleur produisant du nectar.


Vous pouvez en lire davantage sur l’étude en question ici: A Triassic-Jurassic window into the evolution of Lepidoptera.

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