La pomme de terre du futur sera-t-elle poilue?

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Ce n’est pas le tubercule de la «pomme de terre du futur» qui sera poilu, mais plutôt ses tiges et ses feuilles. Source: openclipart.org

Un trait trouvé sur une pomme de terre sauvage, la pomme de terre de Berthault (Solanum berthaultii), changera peut-être le visage de la pomme de terre domestique (S. tuberosum).

La pomme de terre de Berthault, originaire de la Bolivie, a des tiges et des feuilles couvertes de trichomes (poils collants). Quand un petit insecte, comme un puceron, une altise ou une cicadelle y touche, il se fait asperger de colle et y reste prisonnier. Triste fin de vie pour lui, mais victoire pour la pomme de terre qui se protège ainsi de ses ennemis!

Les plus gros insectes, comme le doryphore de la pomme de terre, parviennent à se libérer de la colle, mais l’expérience est tellement traumatisante qu’ils s’éloignent de la plante et ne veulent plus y retourner, encore moins y pondre des œufs. Très souvent, cette protection élimine tout besoin d’insecticide. La plante se protège toute seule de ses ennemis!

Le même processus semble aussi protéger la plante contre certaines maladies, dont le mildiou, mais on ne sait pas exactement pourquoi.

Créer une pomme de terre poilue

Cela a poussé les chercheurs de l’Université Cornell, notamment Bob Plaisted et Walter DeJong, à croiser la pomme de terre de Berthault, aux petits tubercules à peine digestes, avec la pomme de terre domestique, aux gros tubercules savoureux. (Notez qu’il s’agit d’un croisement sexué qui se fait en apportant le pollen d’une variété sur la fleur d’une autre variété : les plantes qui en résultent ne sont donc pas des OGM!). Il a fallu plusieurs années d’expérimentation pour combiner le trait de résistance aux insectes avec un tubercule commercialisable, mais les premières variétés sont disponibles et d’autres sont à l’étude.

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Pommes de terre «King Harry»: pas un poil en vue! Source: superseeds.com

La première variété lancée, ‘Prince Hairy’ (un jeu de mots si vous comprenez l’anglais, car Prince Harry est le célèbre rejeton royal d’Angleterre alors que «hairy» veut dire poilu), n’a pas connu beaucoup de succès, car elle est jugée beaucoup trop tardive (130 à 140 jours). Son successeur, ‘King Harry’, une pomme de terre jaune à chair blanche de 70-90 jours, a connu plus de succès et est désormais assez largement offerte aux jardiniers biologiques américains (Wood Prairie Farm, Pine Tree Garden Seeds, etc.), mais pas encore au Canada ni en Europe, je pense. Et d’autres variétés sont en voie de développement.

Dans ma boule de cristal…

La pomme de terre du futur sera-t-elle poilue? Peut-être pas sur les fermes de production à grande échelle, abonnées aux traitements insecticides massifs, mais pour les jardiniers biologiques, qui cherchent à produire des pommes de terre en respectant l’environnement, je pense que oui! C’est simplement une question de temps.20180223A openclipart.org.jpg

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