Semaine internationale de la sauvegarde des végétaux

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20170922B FREn fait, il n’y a pas de Semaine internationale de la sauvegarde des végétaux… mais je pense qu’il devrait en avoir une.

20170922A International Peace Garden, gardenpromenade.ca

À la fin de septembre, les jardins publics, comme le Jardin international de la paix à Ottawa ci-dessus, regorgent de belles plantes… toutes destinées à mourir dans quelques semaines tout au plus. Photo : gardenpromenade.ca

Je la vois comme une semaine à la fin du mois de septembre ou au début d’octobre où les jardiniers seraient autorisés à aller chercher des boutures d’annuelles et à déterrer les bulbes tendres dans les espaces publics. Je pense notamment à toutes ces plantations splendides remplies de soi-disant annuelles qui sont en fait des plantes vivaces gélives — des coléus, dahlias, bégonias, abutilons, cannas, pénnisetums rouges, hibiscus, écheverias, bananiers ornementaux, alocasias, colocasias et bien plus encore — qui remplissent actuellement les ronds-points, les parterres routiers et les plates-bandes des parcs municipaux.

Ces jardins sont vraiment à leur plus spectaculaire à la fin de septembre et au début d’octobre, mais toutes ces plantes seront bientôt arrachées et détruites par des employés de la municipalité. Dans les climats les plus doux, ils enlèvent les « annuelles d’été » pour les remplacer par les « annuelles d’hiver ». Dans les climats froids, les annuelles arrachées sont souvent remplacées par des bulbes de tulipe… ou encore la plate-bande est laissée vide jusqu’au printemps suivant. Mais, inévitablement, toutes ces plantes sont destinées à la décharge municipale.

Un peu d’organisation

20170922C Frankie Fouganthin, WC

L’Idée n’est pas de laisser des hordes de jardiniers dévaliser les plates-bandes, mais d’organiser une activité où les plantes pourraient être partagées également avec des gens prêts à les entretenir. Photo: Frankie Fouganthin, Wikimedia Commons

Bien sûr, je ne tiens pas à encourager des hordes de jardiniers débutants à dévaliser les parcs publics, arrachant boutures et plantes sans discrétion. Plusieurs de ces jardins sont composées de plantes permanentes et il faut une certaine expérience pour faire la différence entre les vivaces et les arbustes qui doivent être laissés en paix et les plantes estivales qui iront bientôt aux déchets.

Ainsi, les organisateurs de cette semaine devraient prévoir des journées et des heures spécifiques où la récolte serait permise et assurer la présence d’un employé, d’un maître-jardinier ou à tout le moins un jardinier amateur qui connaît bien les végétaux pour surveiller et diriger la foule. Ou laisser la société d’horticulture locale faire la récolte des boutures et des plantes pour les offrir aux jardiniers selon un horaire prédéterminé.

Si la municipalité ne veut même pas faire cet effort minimal, elle pourrait à tout le moins placer les plantes arrachées dans des piles à des endroits spécifiques et les y laisser pendant 48 heures, le temps que les gens puissent y fouiller à la recherche d’une plante à leur goût. Et si vous pensez que personne ne serait intéressé à fouiner dans un tas de « déchets » composés de plantes flétries, vous connaissez mal les jardiniers !

Esprit criminel

Je dois avouer que, chaque année à cette saison, quand je vois ces plates-bandes luxuriantes débordant de plantes magnifiques qui sont toutes destinées à la décharge publique dans seulement quelques jours, je me sens toujours tenté de sortir la nuit pour récolter quelques spécimens en catimini. En fait, c’est seulement la peur que je puisse être arrêté et emprisonné qui me retient.

20170922D cinemablend.com

Je me vois un peu comme le Robin des Bois de l’horticulture. Illustration : cinemablend.com

Je n’aurais même pas peur du risque d’embarras sur la scène publique : vous pourriez même publier ma photo à la une du journal local avec la légende « Journaliste horticole pris à voler des coléus » et je n’aurais pas honte du tout. Je connais beaucoup de gens qui me verraient plutôt comme une sorte de Robin des Bois horticole : voler des instances gouvernementales pour donner aux jardiniers pauvres, c’est plus qu’acceptable.


Qu’en pensez-vous ? Les jardiniers de partout, ainsi que les végétaux qui mourront bientôt si quelqu’un ne le les sauve pas, ne méritent-ils pas une Semaine internationale de la sauvegarde des végétaux ? Rendez-vous à la prochaine réunion du conseil municipal local et faites-en la suggestion. Ce n’est pas peut-être pas si impossible !20170922B FR

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20 réflexions sur “Semaine internationale de la sauvegarde des végétaux

  1. Ugette

    Il y a plusieurs annees mon gendre est aller recuperer
    des bulbes a agriculture Canada sur le tas de compost…depuis ce temps j’ai des centaines de tulipes provenant du Festival des tulipes..

  2. Carole Forcier

    Je me dis la même chose depuis des années. Merci M. Hodgson de lancer publiquement cette idée. Quel gaspillage. Je me suis déjà consolée en me disant qu’il existait des serres géantes où les villes gardaient les plantes à récupérer pour l’année suivante. Oui, je sais je suis un peu naïve! Bref, j’espère un jour voir cette activité municipale en action. Merci, bonne journée.

    • Clarisse Fontaine

      Quelle merveilleuse idée! En pensant à cette idée, j’ai d’ailleurs osé prendre (discrètement) une  » pointe » de coleus dans un bac de la ville pour en faire une bouture… mais quel plaisir ce serait de pouvoir le faire en toute tranquillité et avec d’autres amoureux des plantes…

  3. Line Bertrand

    Vous avez bien raison et pas seulement les municipalités. Les endroits publics (Centre commerciaux, Caisse Pop, resto etc).
    J’ai vu un reportage (malheureusement je ne me rappelle pas à quelle émission) où des bénévoles ramassaient les pommettes des arbres de la ville et en faisait de la gelée et autres desserts . C’est un bon début.

    Je ne me gêne pas pour prendre des boutures et si quelqu’un me voit je leur dit que c’est pour jeter de toutes façons et leur suggère d’en prendre eux aussi.

  4. Danielle

    Ça fait bien longtemps que je me dis que c’est un énorme gaspillage de jeter les bulbes de cannas et autres plantes …
    Cette année je vais essayer de voir au près de ma société d’horticulture pour sauver quelques plantes du compost
    Bravo pour cette chronique …et toutes les autres.

    • Excellente idée .Moi aussi chaque automne ,je me désespère en pensant que toutes les plantes vont se retouver dans la poubelle .mais il y a surement des pépinières qui bloqueraient notre demande .Ces gens -là diraient qu’on leur enlèvent la chance de vendre de nouveaux plants .Qu’en pensez-vous ?

      • Je ne pense pas qu’ils peuvent nous bloquer. Pourquoi auraient-ils tant d’influence sur les villes et parcs? Je crains plus la réaction des municipalités, avides de règlements pour défendre mille et une choses!

    • Lise Blais

      Bonne idée Colette ! Il y a même une Fédération
      Fédération des sociétés d’horticulture
      et d’écologie du Québec
      4545, Pierre-De Coubertin
      Montréal (Québec)  H1V 0B2
      Téléphone : 514 252-3010
      Télécopieur : 514 251-8038
      fsheq@fsheq.com

  5. Patrick

    Quelle excellente idée! Mais je me trouve bien naïf d’avoir cru que les bulbes et tubercules tendres étaient entreposées dans les serres de la municipalité pour une plantation d’année en année! Et que dire des municipalités qui plantent des palmiers dans es jardins publiques?!!!

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