La rue: l’herbe pensez-y-bien

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20170628A Leonora (Ellie) EnkingFlickr

Ruta graveolens ‘Jackman’s Blue’, une variété à feuillage exceptionnellement bleutée. Photo: Leonora (Ellie) Enking, Flickr

La rue des jardins ou rue fétide (Ruta graveolens), généralement appelée tout simplement rue, est une plante avec une longue histoire d’utilisation médicinale qui est aussi employée comme herbe condimentaire pour le goût âcre qu’elle infuse aux aliments. De plus, la rue a la réputation d’éloigner les chats et peut-être d’autres mammifères du jardin. Cela stimule les jardiniers intéressés par les plantes curatives, aromatiques ou répulsives de la cultiver et ainsi la rue est facile à trouver en jardinerie dans le rayon des herbes fines… mais la planter n’est pas nécessairement une si bonne idée.

La rue est certainement assez jolie: avec son port dressé à évasé, son feuillage découpé bleu-vert et ses petites fleurs jaune verdâtre, elle peut facilement servir de plante ornementale pour la plate-bande. Et plusieurs personnes incluent d’office la plante dans le potager en pensant ainsi éloigner les mammifères indésirables.

Mais il y a plusieurs problèmes avec ce genre d’utilisation.

Les bémols de la rue

Effet de la rue

Un contact avec la rue peut provoquer de sérieuses irritations cutanées. Photo: Vincent, Wikipedia

La rue provoque souvent des irritations cutanées (rougeurs, brûlures, cloques, etc.) aux humains qui la frôlent, étant phototoxique en raison des furocoumarines qu’elle dégage. (Phototoxique veut dire que les brûlures ne paraissent que lorsque la peau est d’abord exposée à la plante, puis au soleil. Le soir ou par journée grise, il n’y a pas de réaction désagréable.) Ainsi, le simple fait d’aller cueillir des légumes du potager familial peut vous amener à la clinique si vous y avez accidentellement frôlé la rue. La peau des enfants est encore plus sensible aux furocoumarines que celle des adultes et il faut à tout prix les tenir loin de cette plante.

La rue est toxique si ingérée en quantité trop importante. Cela peut être surprenant, sachant que cette plante est utilisée dans la cuisine (notamment dans le Sud de l’Europe), mais c’est la dose qui fait la poison. Une feuille hachée dans une salade n’est pas si nuisible, mais une trop importante consommation provoque des problèmes gastriques et parfois même la mort.

Quant à son utilisation médicinale historique, elle n’était pas tant une plante curative qu’abortive. La légende veut que Julia Titi, la fille de l’empereur romain Titus, serait morte après en avoir consommé lors d’un avortement forcé. D’ailleurs, la rue n’est plus utilisée en médecine de nos jours, bien que certains herboristes lui trouvent encore certains bienfaits.

Aussi, la rue pue. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle rue fétide! D’ailleurs, on peut dire «heureusement», car son odeur pestilentielle jumelée avec son goût âcre dissuade les humains (et les animaux) d’en consommer en trop grosses quantités.

20170628C Pixabay

Certains chats vont éviter la rue; d’autres vont même si frôler avec un plaisir évident. Photo: Pixabay

Sa réputation de plante répulsive, utile pour éloigner les animaux du jardin, est nettement surfaite. Quelques mammifères (certains chats, par exemple, mais pas tous) vont éviter de la frôler à cause de son odeur et très peu vont la manger, mais ils n’auront aucune hésitation à passer tout près. Déjà, à 15 à 30 cm de distance, elle n’a plus aucune efficacité. Pour l’utiliser afin d’éloigner les animaux du jardin, il faudrait alors en planter tout autour du jardin qu’on veut protéger… en espérant que l’animal ne saute pas par-dessus, tout simplement. (La plante atteint rarement plus de 70 cm de hauteur dans les régions froides; jusqu’à 1 m sous les climats doux.)

Cette plante originaire de la région méditerranéenne est aussi passablement envahissante et s’est échappée de la culture en Amérique du Nord et du Sud et en Australie. Pour protéger les cultures agricoles, sa culture est illégale dans certains états.

Si vous tenez à la cultiver malgré tout

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Certaines personnes tiennent à cultiver la rue malgré ses côtés négatifs. Photo: Kurt Stüber, Wikimedia Commons

Malgré les côtés négatifs de la rue, certaines personnes tiennent quand même à la cultiver, parfois parce que son utilisation est traditionnelle dans leur culture ou à cause de leurs croyances herboristes.

Sachez alors que la rue n’est pas de culture difficile, préférant le plein soleil dans un sol bien drainé ou même sec, pas trop riche et plus alcalin qu’acide. C’est une vivace de courte vie (4 ou 5 ans), mais elle se maintient en se ressemant. Elle rustique en zone 5 et l’on peut aussi la cultiver dans les régions plus froides en l’utilisant comme annuelle ou en offrant une bonne protection hivernale.


La rue: maintenant que vous connaissez ses désavantages comme ses avantages, à vous de décider que vous voulez la cultiver!

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